Les jardins de la préfecture de la Vienne à Poitiers
Sous le Second Empire, un hôtel de préfecture est construit à Poitiers (Vienne), sur le rebord du « plateau » en surplomb de la gare et de la vallée de la Boivre. Un vaste parc est planté entre 1868 et 1870 sur la terrasse postérieure du bâtiment.
Une nouvelle préfecture à Poitiers
Après l’abandon de plusieurs projets, la préfecture de la Vienne à Poitiers est construite sous la direction de l’architecte Alphonse Durand, de son assistant Gaëtan Guérinot et de son « inspecteur des travaux » Alexandre Martin, qui exerçait par ailleurs les fonctions d’agent-voyer et occasionnellement d’architecte de la ville de Poitiers. Les chantiers du gros œuvre sont adjugés en novembre 1863. Le chantier est définitivement réceptionné le 5 juin 1868 et les bureaux de l’ancienne préfecture, située dans l’évêché, ferment du 22 au 24 juin pour permettre le déménagement des services.
Les jardins
Dans son premier projet (1857-1859, non réalisé), l’architecte parisien Charles Rohault de Fleury prévoyait un parc à l’arrière de la préfecture, destiné aux réceptions et à l’usage privé du préfet, et un jardin dans la cour d’honneur. Ce projet présentait l’inconvénient d’avoir été dessiné sans prendre en compte la topographie de la parcelle très pentue initialement retenue de l’ancienne gendarmerie, à l’emplacement de l’actuel théâtre-auditorium.
Le terrain finalement choisi est situé au bord du « plateau » de Poitiers, sur une terrasse dominant la vallée de la Boivre, dans un quartier en pleine restructuration après l’ouverture de la gare avec le percement de nouveaux boulevards, dont un seul sera construit, d’un nouvel hôtel de ville et d’une rue reliant la préfecture à l’hôtel de ville. Le projet s’inscrit donc dans un ensemble monumental, et le bâtiment de la préfecture doit être entouré d’un parc.
Nommé préfet le 12 décembre 1860, Charles Levert exige la présence de l’architecte sur le chantier, mais celui-ci prend prétexte de ses obligations parisiennes et se retire définitivement en juin 1861. Suite à cet abandon, au cours de la session de 1861 du conseil général de la Vienne, " M. le Préfet réplique qu'il examinera la question dont il s'agit, et que si les plans de M. Rohault de Fleury doivent être abandonnés, il mettra au concours la construction de la Préfecture. [...] Attendu que les plans de M. Rohault de Fleury pourraient ne pas s'adapter aux terrains nouvellement choisis, le Conseil invite M. le Préfet à faire étudier ces plans par un autre architecte, qui les modifiera, s'il y a lieu. "
Dans son premier projet, en 1863, l’architecte Alphonse Durand dessine à son tour un parc sur la façade postérieure de la préfecture, face à la vallée, et un jardin d'agrément le long de la façade nord, où seront construits plus tard les écuries puis le conseil général, aujourd'hui conseil départemental.
En janvier 1866, alors que le chantier du bâtiment est bien engagé, Alphonse Durand dessine l’aménagement de la place de la préfecture, aujourd’hui place Aristide-Briand. Il propose de céder à la ville une partie des terrains où il devait établir les jardins et d’acquérir d’autres parcelles du côté de la gare : « en réduisant de ce côté les dimensions du jardin, il me paraîtrait opportun, ainsi que le propose M. l'Architecte, de l'étendre du côté de la gare. Il existe, entre le jardin et la roche à pic, une bande de terrain, d'une superficie d'environ 1200 mètres, qu'il semble indispensable d'ajouter au jardin pour assurer à la Préfecture une sortie du côté de la gare et pour empêcher que des constructions ne viennent à s'y établir, ne prennent du jour sur le jardin, ou ne masquent la vue d'une manière très préjudiciable à la propriété départementale » (Rapport au Conseil général de la Vienne, 1866). Une bande de terrain est acquise sur le coteau vers la gare et une autre au nord, sur la propriété de la communauté de la Grand-Maison.
Les travaux sont adjugés à M. Yvonnet, maître jardinier, et à " son tâcheron, M. Barreau ". Il réalise les terrassements pour rattraper la pente et apporter de la « terre à claie » (terre arable). Ce chantier ne se passe pas correctement, des travaux complémentaires sont nécessaires. Alors que cet entrepreneur espérait obtenir réalisation de la suite de l’aménagement, la fourniture d'arbres et arbustes est adjugée à Bruant le 30 juillet 1868. Des terrassements complémentaires sont réalisés et de nouveaux massifs sont plantés dans la cour d’honneur à la demande d’Alexandre Martin, architecte de la ville et inspecteur des travaux de la préfecture pour le compte d'Alphonse Durand.
Si les plans précis du parc n’ont pas pu être retrouvés, il subsiste le plan annexé à la soumission de M. Bruant en 1867.
Il est possible de reconstituer la liste des plantations réalisées en 1868 pour le parc : 100 arbres verts résineux ; 1050 arbres tiges ; 3000 arbrisseaux à feuilles caduques ; 1550 arbrisseaux à feuilles persistantes ; 40 arbres tiges très forts à isoler sur les pelouses ; 200 arbres résineux moins forts ; 200 rosiers ; 300 arbres fruitiers ; 200 rhododendrons ; 150 kg de ray-grass mélangé de plantes traçantes pour consolider le talus.
Le musée de Poitiers conserve plusieurs photographies d'Alfred Perlat montrant la préfecture depuis les coteaux du pont Achard, de l’autre coté de la Vienne, et un cliché après construction avec les arbres peu après leur plantation.
Un projet non réalisé d’ascenseur entre le boulevard de la gare et l’actuelle rue Thibaudeau par la Société des Ascenseurs Léon Édoux, en 1894 prévoyait de céder une partie du parc et montre une répartition des massifs à la fin du 19e siècle.
Pour les massifs de la cour d'honneur, en 1870, sont plantés 101 arbustes et 195 pots de fleurs, soit : 25 fusains forts ou arbustes à feuilles persistantes, 35 arbousiers ou arbustes de 0,90 à 1,00 m à feuilles persistantes, 21 lauriers du Portugal de 1,00 à 1,20 m à feuilles persistantes, 20 cannas variés forts en pots, 50 achyranthes forts en pots, 30 reines-marguerites belles touffes en pot, 25 chrysanthèmes arborescents forts, 23 géraniums, 23 fuschias forts, 4 iris panachés, 20 héliotropes bleus et 22,50 m² de gazonnage. Ces massifs sont rapidement détruits pour laisser un espace ouvert à la circulation des véhicules hippomobiles puis automobiles, même si elle a parfois été brièvement revégétalisée.
La façade postérieure de la préfecture a été rapidement maquée par la croissance des arbres du parc, dont certains ont été coupés en vendus à des scieries dès les années 1920.
Une serre et une l'orangerie aujourd'hui disparus sont mentionnés dans les réceptions de travaux.
Charles Royer, nouvel agent-voyer, dessine un projet de bassin pour l’arrosage du parc et des massifs en 1870. Il dessine ensuite, en 1874, un projet d'escalier pour relier directement le parc à la gare sans passer par le boulevard.
Ce parc ne se visite pas.
Auteure : Véronique Dujardin
Ressources documentaires
Dossiers d'inventaire
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Parc et jardin de la préfecture de la Vienne
DossierDossier d'oeuvre architecture
Les jardins, dont les plans ne sont pas signés, sont suivis par Alexandre Martin, architecte de la ville, pour le compte d’Alphonse Durand, qui réclame les devis au jardinier, mais une partie de la correspondance est signée par Antoine-Gaëtan Guérinot ...
Parc et jardin de la préfecture de la Vienne
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Titre : Parc et jardin de la préfecture de la Vienne
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Auteur de l'oeuvre : Durand Alphonse Martin [Antoine] Alexandre Gris Antoine Royer [Nicolas] Adolphe Yvonnet Pierre-Joseph
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Période : 3e quart 19e siècle , 20e siècle , 1er quart 21e siècle
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Protection :
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Localisation : : Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Poitiers , 7 place Aristide-Briand
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Date d'enquête : 2022
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Auteur du dossier : Dujardin Véronique
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Copyright : (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
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Préfecture de la Vienne
DossierDossier d'oeuvre architecture
Depuis l'Antiquité, la ville de Poitiers s'est développée sur un plateau calcaire à la confluence de deux rivières, le Clain et la Boivre.De l'est à l'ouest de la villeDepuis le Consulat, la préfecture est installée à l’est de la ville, à mi-pente, dans l’ancien évêché près de la cathédrale ...
Préfecture de la Vienne
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Titre : Préfecture de la Vienne
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Auteur de l'oeuvre : Durand Alphonse Guérinot [Antoine] Gaëtan Deshoulières-Jeanneau Fauvel et Fouché Martin [Antoine] Alexandre Crosnier Pierre Gris Antoine Royer [Nicolas] Adolphe
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Période : 3e quart 19e siècle , 20e siècle , 1er quart 21e siècle
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Protection : inscrit MH (1975/10/29)
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Localisation : : Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Poitiers , 7 place Aristide-Briand
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Date d'enquête : 2003
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Auteur du dossier : Masson Maïna , Dujardin Véronique
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Copyright : (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
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Carnet du patrimoine
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L'hôtel de la préfecture de la Vienne à Poitiers
Après avoir fait voler en éclats les cadres administratifs d’Ancien Régime, la Révolution française institue les départements, avec à leur tête des préfets qui représentent l’État et deviennent les hommes forts de la vie politique locale.
Bibliographie
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Hôtel de la préfecture de région Poitou-Charentes, préfecture de la Vienne : hôtel du département de la Vienne. Poitiers
BibliothèqueType de référence : Monographie
Éditeur(s) : Geste éditions (La Crèche)
Date de publication : 2004
Voir la notice
- Archives départementales de la Vienne, 1 N 2/1-29 et 1 S 45
- Conseil général de la Vienne. Rapports et délibérations. Poitiers, Imprimerie de A. Dupré, 1861-1869
- Masson, Maïna. L'hôtel de préfecture et du département à Poitiers : les fastes du Second Empire. Le Picton, mars-avr 2004., p. 48-53.
- Dujardin, Véronique. L'hôtel de la préfecture de la Vienne à Poitiers, dans Alphonse Durand. 1813-1882. Une vie au service des monuments / Musée de l'Hôtel-Dieu (Mantes-la-Jolie), catalogue d'exposition sous la dir. Jeanne Paquet, Roselyne Bussière, Caroline Koenig. - Milan : Silvana Editoriale, 2022, p. 130-137.