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Historique
La première coupole en bois de la croisée (1717-1719) était, si l'on en croit l'abbé Pédegert (1847), composée "de boudins rayonnants et de médaillons circulaires encadrant une série de portraits à cadre ovale, avec une sorte de colombe qui se perd au centre". Et l'abbé de déplorer "l'effet de ces pochades, absolument nul parce que l'artiste n'a pas songé à la perspective". Pédegert proposait de remplacer ces pauvretés par "un fond clair, des figures peintes de manière à être vues d'en bas, des chairs à teintes chaudes et animées, de riches et flottantes draperies", de sculpter les figures des Évangélistes sur les pendentifs et de peindre la calotte d'une "Assomption de Marie [...], sujet admirablement approprié à une coupole" (la cathédrale est dédiée à "la Vierge dans son Assomption" comme le rappelle la plaque de consécration de 1755). Son vœu fut exaucé trente-cinq ans plus tard et ses choix iconographiques confirmés. La seule modification notable fut le remplacement des évangélistes en bas-relief projetés pour les pendentifs par quatre symboles des Litanies (maison dorée, tour d'ivoire, porte du ciel, tour de David) peints et non sculptés (ces motifs ont été supprimés peu après 1988).
Deux ans après les travaux de sculpture, le décor peint est exécuté par "un enfant de Dax" selon P. Coste (1908, p. 178) ou par un "peintre bordelais" selon d'autres auteurs. En réalité, une délibération du conseil de fabrique, en date du 15 juillet 1882, révèle que le projet de peintures de la coupole, avec "le sujet central qui représente l'Assomption de la Ste Vierge", est présenté par le peintre parisien Louis François Icard (Lagrasse, 1820 - Boulogne-Billancourt, 1891), déjà auteur des peintures murales de la chapelle de la Vierge dans les années 1870. Ses dessins, "trouvés fort beaux et bien exécutés", sont approuvés sur le champ par le conseil, tandis que l'archiprêtre Lorreyte offre de payer de ses deniers les futurs travaux, aidé par "des personnes de bonne volonté". L'œuvre est achevée avant le 4 juillet 1883, date à laquelle est enlevé le "plancher volant" posé à la base du tambour (par le charpentier Étienne Bernadet) pour servir de support aux exécutants. La signature (sans doute fortement repeinte) et la date "C. Casles 1883" relevées par Agnès Chauvin (1988) au registre inférieur de la calotte désignent certainement l'associé et "second" d'Icard, Louis François Carlier (Paris, 1829 - ?), à qui fut confiée l'exécution matérielle de la peinture. Si son nom n'apparaît dans aucun document lié à la coupole, il pourrait toutefois être rapproché de la mention, dans les comptes de la fabrique à la date du 5 mars 1883, d'un nommé "Mr Carl, peintre", payé vingt francs pour la restauration du tableau de Saint Vincent de Paul. Qu'elle qu'elle fût, l'identité du peintre dut rapidement se perdre dans la mémoire locale, puisque l'archiprêtre de la cathédrale, qui mentionne avec louange le nouveau décor dans sa monographie paroissiale de 1887 - et en fait à tort une copie d'après Murillo - ne nomme pas son auteur. Pierre Coste (1908), comme on l'a dit, le donne pour sa part à "un enfant du pays", tandis que d'autres auteurs évoquent "un peintre bordelais", peut-être par confusion avec Jean-Henri Bonnet, qui décore en 1892 la nouvelle sacristie de la cathédrale (aujourd'hui oratoire).
Le fonds de l'antiquaire Charles Campet-Larrère, aujourd'hui déposé aux Archives départementales des Landes, conserve une carte ou image pieuse où est reproduite la peinture de la coupole (sans ses écoinçons) avec la mention "Offerte à Marie par les âmes pieuses de la paroisse" et une dédicace (?) à "Madame du Boucher" - sans doute Élisabeth Lamathe (1811-1897), épouse d'Adolphe du Boucher (1797-1883) et mère de Charles Henry du Boucher (1835-1891), le fondateur et premier président de la Société de Borda. On peut en déduire que Mme du Boucher fut à la tête des "personnes de bonne volonté" qui aidèrent l'archiprêtre Lorreyte à financer l'exécution de la peinture.
Détail de l'historique
Description
La peinture de la calotte, qui n'a pu être étudiée de près, semble exécutée à l'huile sur enduit ; aucune trace de marouflage n'est visible depuis le sol de l'église. Les peintures des Litanies qui ornaient les pendentifs ont été supprimées après 1988.
Détail de la description
| Catégories |
peinture murale |
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| Structures |
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| Matériaux |
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| Dimensions |
Précision sur les dimensions : Diamètre approximatif de la coupole d'après un devis de l'architecte Boubé (1835) qui donne un diamètre de 28,28 mètres et un rayon de 4,50 mètres. |
| Iconographie |
Précision sur l'iconographie : La peinture est inspirée des décors plafonnants des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans la calotte centrale, la Vierge s'élève au ciel sur une nuée soutenue par des anges, au sein d'une gloire dorée peuplée de têtes d'angelots ; sur le pourtour, des nuées portent des anges musiciens (chanteurs, trompettistes, luthiste et flûtiste), en prière, tenant les attributs mariaux (lys, palme, couronne de fleurs) ou déployant des guirlandes fleuries. La calotte est cernée d'un tore de laurier à rubans entrecroisés. Entourant la calotte, un décor architecturé illusionniste de couleur pierre est composé de quatre lunettes feintes abritant des couples d'anges adolescents portant des cartouches à enroulements timbrés du monogramme marial, et de quatre écoinçons ou trompes meublés par de grands vases de parfum fumants. Le décor du tambour, essentiellement sculpté (pilastres pseudo-ioniques, corniche à rinceaux peuplés d'anges, niches à statues), comporte cependant des peintures à l'intérieur des niches en arc segmentaire du registre inférieur : un réseau serré de rinceaux dorés sur fond vert incluant le monogramme de la Vierge et simulant des grilles de fer ouvragé. Ce décor était complété jusqu'à une époque récente par quatre symboles des Litanies sur les pendentifs de la coupole : la maison dorée, figurée comme un portique à trois ouvertures avec dômes (au nord-est), la tour d'ivoire, édifice crénelé entre deux volutes soutenues par quatre anges (au sud-est), la porte du ciel, portail frappé du monogramme MA et gardé par quatre anges (au sud-ouest) et la tour de David, édifice à deux tours crénelées flanqué de deux anges (au nord-ouest). |
| Inscriptions et marques |
Signature et date (relevées par Agnès Chauvin) sous l'un des vases de parfum des faux écoinçons : A. Casles 1883. |
| État de conservation |
Les peintures des Litanies sur les pendentifs ont été détruites après 1988. |
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre objet mobilier |
|---|---|
| Référence du dossier |
IM40004540 |
| Dossier réalisé par |
Maisonnave Jean-Philippe
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| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Dax sud |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2012 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Peinture de la coupole : Assomption, Dossier réalisé par Maisonnave Jean-Philippe, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/134ab1c7-78a6-4fc1-8584-ab053810ca86 |
| Titre courant |
Peinture de la coupole : Assomption |
|---|---|
| Dénomination |
pilastre niche statue peinture monumentale |
| Statut |
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| Protection |
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| Intérêt |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Dax , place de la Cathédrale
Milieu d'implantation: en ville