Manoir des Crouzats

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Nalliers

La présence d'accolades, d'une fenêtre à meneau et coussiège et la forme du manoir avec sa tour d'escalier semi-hors-œuvre permettent de proposer une datation au 15e ou au 16e siècle. Les hautes accolades des linteaux suggèrent une datation plutôt dans le cours du 16e siècle.

Un acte notarié conservé aux Archives départementales de la Vienne et daté du 26 février 1577, fait mention du fief des " Crouzats " comme relevant de Jean Giffart, " équier, seigneur de la Cochonnière".

Le village des Crouzats est cité parmi les biens de l'abbaye de Saint-Savin en 1627 puis comme Chanbon alias les Crouzats vers 1650. La cure de Nalliers y possède des biens cités en 1629 (des Cheux des Crouzats) et vers 1682 (Rédet, p. 146).

Le hameau est figuré sur la carte de Cassini sous le vocable " les Croussas " et " les Crousas " sur le plan cadastral de 1826, feuille C1.

Sur ce plan cadastral sont figurés plusieurs bâtiments cadastrés séparément, dans un îlot délimité au nord par un chemin menant à une zone réservée à l'abreuvage des animaux et au sud par un chemin, intégré dans la propriété privée mais en grande partie cadastré à part (C1 998), et qui menait au gué et au lavoir. La porte couverte d'un arc brisé se trouve au déboucher de l'ancien chemin et est donc un remploi. Les deux fermes situées au sud du chemin sud, la première regroupant trois propriétés bâties en 1826 et la seconde un seul bâtiment de plan carré, dépendaient peut-être du manoir et ont aujourd'hui le même propriétaire.

Les parcelles du cadastre anciens montrent, par rapport au cadastre actuel :

- l'ancienne parcelle C1 306 était occupée par trois bâtiments alignés parallèlement à la Gartempe et deux autres bâtiments plus petits, aujourd'hui détruits, situés pour le premier dans l'angle sud-ouest de l'ancienne parcelle (aujourd'hui parcelle C1 312) et pour le second dans l'angle sud-est de la parcelle (aujourd'hui parcelle C1 998) ; pour les bâtiments alignés, la partie nord, le bâtiment occidental correspond à l'actuelle chapelle (C1 311) ; les deux autres bâtiments ont été détruits ;

- l'ancien logis, aujourd'hui sur les parcelles 310 et 309, correspond au bâtiment situé sur la parcelle 300 et une partie du bâtiment au nord de la parcelle 307. Le bâtiment figuré le long du chemin, dans un axe différent, de la même ancienne parcelle 307 a été détruit ;

- le bâtiment situé sur l'ancienne parcelle C1 302 a la même emprise que le bâtiment C1 312 situé au nord-ouest du manoir, mais il a perdu le bâtiment qui lui était adossé sur le tiers central de sa façade sud ; il s'agit aujourd'hui d'une grange dont la porte charretière se trouve sur la partie gauche du mur gouttereau ouest, vers la Gartempe ;

- l'ancienne parcelle C1 299, non bâtie, est toujours non bâtie, mais partagée entre les parcelles 308, 997 et 994.

D'après le registre des augmentations-diminutions du cadastre (Archives départementales de la Vienne, 4 P 2739), une maison neuve a été construite sur la parcelle C1 301 du plan cadastral de 1826 par M. Robin en 1839 (devenue imposable en 1842), incluse dans la propriété actuelle. Cette parcelle était pourtant bâtie en 1826, son emprise est conservée dans la parcelle C1 311, qui comprend aujourd'hui la tour d'escalier semi-hors-oeuvre accolée au nord du manoir et un espace non bâti.

Un verrier utilisant la force motrice est signalé au 19e siècle ; il s'agissait probablement d'une activité reliée à la propriété du manoir ; un vestige de barrage est visible dans le cour de la Gartempe, en contrebas du manoir.

La ferme est datée 1880.

Dans les années 1980, au moment de l'acquisition du manoir par les actuels propriétaires, les plus anciens du village désignaient l'ensemble des bâtiments par le nom de " Premiers Crouzats ".

Le four à pain a été détruit.

La nouvelle chapelle privée est bénite le 13 août 2005 et une croix érigée sur l’ancien chemin au sud des Crouzats est bénite le 8 juillet 2006.

La croix de chemin érigée est un remploi repositionné sur le tracé de l'ancien chemin sud par l'actuel propriétaire.

Périodes

Principale : 15e siècle, 16e siècle (incertitude)

Secondaire : 2e moitié 20e siècle

Auteurs Auteur : maître d'oeuvre inconnu,

Ce manoir, situé à environ 1,5 km au nord du bourg, est aujourd'hui situé dans le hameau des Crouzats, sur la rive droite de la Gartempe. Son implantation est probablement conditionnée par la présence d'un gué et le manoir est à l'origine du développement du hameau.

La propriété est enclose de murs avec un portail principal qui s'ouvre sur le chemin nord et un portail secondaire, en remploi (voir historique), au niveau de l’ancien chemin sud. Le portail principal comprend une porte cochère accostée d'une porte piétonne, toutes deux couvertes en arc segmentaire.

Étant donnée la pente du terrain, le logis comprend un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble, reliés entre eux par un escalier droit.

L'ensemble correspond à trois bâtiments accolés les uns aux autres. Le bâtiment le plus ancien est celui situé au centre. Les trois bâtiments communiquent entre eux par des portes intérieures. La toiture du logis le plus ancien est plus basse que celle du logis oriental.

L'ancien escalier semi-hors-œuvre se trouve sur le mur gouttereau nord, pour moitié sur la pièce la plus à l'ouest et pour moitié sur la pièce suivante, ce qui pose la question de la datation de sa construction, la deuxième pièce correspondant au logis ancien et la pièce la plus à l'ouest à un bâtiment indépendant construit dans un deuxième temps ; son élévation est plus haute que les deux bâtiments et suggère donc que ceux-ci ont été abaissé ; le dernier niveau de l'escalier a donc été fermé par un mur sur son élévation nord. Les anciens jours, sur son élévation ouest, à piédroits et linteau chanfreinés, ont été doublés sur la même élévation par des fenêtres à appui saillant mouluré, transformant chaque palier en sol d'une pièce à part entière, après destruction de l'escalier en vis et de son noyau. Deux fenêtres de même type ont été percées du côté est, qui comprend aussi une porte au niveau de l'étage de soubassement ; le côté ouest est aveugle. En 1974, cet escalier était couvert par un toit en appentis, en pente vers le nord. Le propriétaire actuel l'a fait couvrir d'un toit à un pan sur sa moitié orientale et en demi-poivrière sur sa moitié ouest. Les linteaux des fenêtres ont été remplacés lors des mêmes travaux de restauration par des linteaux en accolade.

Le bâtiment le plus à l'ouest, adossé contre le pignon ouest du logis le plus ancien, comprend un rez-de-chaussée et un étage de comble. Ce bâtiment est couvert d'un toit à longs pans en tuile plate, le pan sud descendant beaucoup plus bas que le pan nord. La porte d'accès se trouve sur le mur pignon ouest ; la cheminée se trouve sur ce même mur. Le comble est éclairé sur le mur pignon ouest par un jour chanfreiné et du côté sud par une large lucarne couverte d'un toit à un pan en 1974 ; la toiture a été refaite de manière à dégager la fenêtre de l'ancien logis ; la lucarne sud est désormais une lucarne plus étroite, couverte d'un toit à longs pans et croupe en façade.

Le corps de logis le plus ancien est couvert d'un toit à longs pans à faible pente en tuiles creuses. Il comprend un rez-de-chaussée, un étage et un étage de comble. Le linteau de la porte située sur le pignon oriental, surmonté d'un arc de décharge en pierre, est orné d'une haute accolade et de l'amorce d'une seconde accolade à gauche de la première ; ce linteau pourrait être un remploi, provenant d'une fenêtre à meneau. Le piédroit droit de la porte est chanfreiné. La pierre de seuil photographiée en 1974 est un remploi qui provient d'un piédroit ou d'un linteau chanfreiné. Cette pierre de seuil a été remplacée par l'actuel propriétaire. La pièce du rez-de-chaussée, éclairée par une fenêtre sur l'élévation nord, était chauffée par une cheminée aménagée au revers du mur pignon occidental. À l'étage, sur le mur pignon occidental, se trouve une fenêtre peu large à meneau et piédroits chanfreinés mais qui n'a probablement jamais eu de traverse ; son linteau monolithe présente une double accolade assez haute, la moitié gauche était partiellement masquée par la toiture de la dépendance adossée à l'ouest en 1974. Cette toiture a été abaissée par le propriétaire actuel pour dégager la fenêtre double. Sur le pignon occidental, sept petites ouvertures non chanfreinées, réparties autour d'un jour à piédroits et linteau chanfreinés, ne sont pas alignées et ne correspondent pas à des opes mais plutôt à des trous à pigeons. Un cadran solaire est gravé sur la face sud d'une pierre de la chaîne d'angle sud-ouest.

Le logis oriental est composé d'un étage de soubassement, d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un étage de comble. Il comprend deux pièces à chaque niveau, et une partie en avancée sur la moitié nord de son élévation orientale. Il est couvert d'un toit à longs pans à faible pente en tuiles creuses. Le mur nord est quasiment aveugle, à l'exception de deux petites fenêtres, l'une éclairant la pièce ouest du rez-de-chaussée surélevé et l'autre la pièce ouest de l'étage de comble. L'étage de soubassement comprend une cave à l'est et une pièce à l'ouest, accessible par une porte percée sur l'élévation nord ; cette porte est couverte d'un auvent en tuile creuse qui protège également la fenêtre du logis ancien et la porte de l'escalier semi-hors-œuvre. Le rez-de-chaussée surélevé est accessible par deux portes couvertes d'un linteau en accolade, l'une au sud, l'autre à l'est. La porte sud est accessible par un escalier extérieur droit, en maçonnerie, plaqué contre l'élévation sud du bâtiment le plus ancien, et par un second escalier droit le reliant à la cour. Le linteau de cette porte sud est en haute accolade. Le linteau de la porte orientale était également en accolade, réduite à sa seule pointe sculptée de manière assez maladroite ; les piédroits de cette porte sont chanfreinés. Lors des travaux de restauration, ce linteau a été remplacé par un linteau en accolade mouluré, dans un style plus ancien que la haute accolade d'origine ; le linteau monolithe de la fenêtre à droite de la porte a également été remplacé par un linteau similaire à celui de la porte. Les deux pièces du rez-de-chaussée surélevé sont chauffées chacune par une cheminée; ces deux cheminées sont situées dos à dos contre la cloison de séparation des deux pièces. L'étage de comble est éclairé du côté sud par deux lucarnes couvertes d'un toit à longs pans en tuiles plates avec croupe sur le mur gouttereau sud.

Au nord-ouest du manoir, en bordure du chemin menant à l'ancien abreuvoir, se trouve une grange avec une porte charretière sur chacun des deux murs gouttereaux.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

Toits
  1. tuile creuse, tuile plate
Étages

1 étage carré, étage de comble

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

  2. Forme de la couverture : toit conique

    Partie de toit : croupe

Escaliers
  1. Emplacement : escalier demi-hors-oeuvre

    Forme : escalier en vis

    Structure : en maçonnerie

  2. Emplacement : escalier intérieur

    Forme : escalier droit

  3. Emplacement : escalier de distribution extérieur

    Forme : escalier droit

    Structure : en maçonnerie

État de conservation
  1. remanié
Décors/Technique
  1. sculpture

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Nalliers , n° 11 les Crouzats

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: les Crouzats

Cadastre: 1826 C1 299-307, 1955 C1 309-312, 994, 997, 998, 994 ([Idem en 2016] Corps de logis parcelle 310 Tour d'escalier extérieur parcelle 312 Bâtiment oriental parcelle 309 Ancien chemin parcelle 998)

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