Mairie, école, aujourd'hui mairie, poste, salle des fêtes et logements

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Nalliers

Au milieu du 19e siècle, la mairie se trouvait sur la rive opposée de la Gartempe, installée dans le manoir de la Caillerie.

En 1833, la loi Guizot impose aux communes l'organisation d'une école (ni gratuite, ni obligatoire) pour les garçons. L'école est alors probablement donnée dans une maison en location. Comme dans de nombreuses communes, un projet de construction d'une maison d'école est évoqué dès 1869. Avec la loi du 10 avril 1867, Victor Duruy contribue à développer l'enseignement primaire, obligeant les communes de plus de 500 habitants à créer une école de filles.

En 1867, le préfet note dans son rapport au conseil général que Saint-Germain fait partie des 10 communes sans école publique, mais que " cinq paraissent pouvoir s'en passer sans inconvénient : [...] une qui possède une école libre (Nalliers) [...] ".

Une lettre du directeur de l'Enseignement primaire au préfet en 1874, rappelle l'obligation légale de séparer les classes pour les filles et les garçons (voir annexe n° 1). En 1877, une lettre de l'inspecteur d'académie au préfet montre que l'école est toujours mixte (voir annexe n ° 1).

Les lois dites lois Jules Ferry rendent l'école gratuite (1881), l'instruction obligatoire et l'enseignement public laïque (1882).

L'école de Nalliers, auparavant mixte par manque de place et de moyens financiers, est agrandie vers 1880 pour recevoir un groupe scolaire avec une seule classe pour chaque sexe.

En 1881, Alfred Richard témoigne dans le Bulletin des Antiquaires de l'Ouest : " à quelque distance de l'église, l'école est installée dans les restes d'un donjon primitif, pouvant remonter au XIIe siècle ; c'est une masse carrée, flanquée à chaque angle de contreforts ronds et pleins. On y pénètre par une entrée élevée de plusieurs mètres au-dessus de sol ". La classe était donc donnée dans le manoir de la rue de la Chapelle, au nord-est de l'église. Dans les mêmes années (1879-1881), l'instituteur loge à l'angle de la rue de la Chapelle, dans une " maison, jardin, bâtiment " [= dépendance] appartenant à Marie Rodais sur les parcelles C2 908 et 909, et jouit du jardin voisin appartenant à Sylvain Maître.

Les classes devant accueillir 90 élèves dans des locaux séparés pour les filles et les garçons, le projet de construction d'une école devient indispensable. Après un débat houleux (voir dossier du presbytère) entre le curé et le maire, une partie du jardin du presbytère devient propriété de la commune à cet effet.

Un premier projet de construction d'une mairie encadrée par deux salles de classe à l'arrière avait été approuvé par le conseil municipal en 1870 (voir annexe n° 1), mais probablement non réalisé. La délibération du conseil municipal du 10 février 1870 permettant d'acquérir le terrain nécessaire à la construction n'est en effet approuvée par le préfet que le 27 août 1877. Le 30 novembre 1879, les terrains ne sont toujours pas acquis.

Le rapport des services du conseil général note en août 1883 que deux écoles (en fait une salle pour les filles et une pour les garçons) ont été construites en 1882. En 1883, le maire demande au préfet une subvention afin de faire surélever le mur séparant le presbytère de la nouvelle maison d'école des filles par Jean-Baptiste Carriot, maçon à Nalliers. Un plan du projet de cette construction ainsi que de la construction de deux toits (= sanitaires des filles et des garçons) permet d'avoir une idée de la maison école à cette date et des attributions des pièces à l'époque ainsi que le financement et l'endroit des travaux prévus (voir annexe n° 1 et illustrations).

Le conseil général de la Vienne délibère en août 1883 pour un secours supplémentaire de 5683,79 francs pour porter le budget de construction de l 'école de 25250 francs à 30933,79 francs.

Une demande de subvention du maire au préfet pour obtenir du mobilier scolaire permet de savoir la date approximative de fin des travaux de la mairie-école, vers 1884 (voir annexe n° 1).

En 1914, l'instituteur ayant été mobilisé, son épouse, Mme Fradet, également institutrice, fait la classe pendant un an à 80 filles et garçons (Gésan, p. 66).

En 1930, une demande de subvention du Conseil municipal au conseil départemental (voir annexe n° 1) pour équiper les classes de mobilier scolaire neuf, des dessins de ce mobilier par Roger Boisard, architecte de l'école, en donne un aperçu (voir illustrations).

En 1936, un terrain de 632 m² jointif à l'école est acquis (parcelle 1826 C 1378) pour répondre aux instructions ministérielles du 24 août 1936 (voir annexe n° 1).

Un projet est mis en place entre 1936 et 1938, trois nouvelles classes devraient être construites. L'architecte retenu pour cette école est Roger Boisard (voir annexe n° 1 et illustrations des plans de ce projet).

En janvier 1946, André Rossignol, instituteur, et son épouse Madeleine, également institutrice, créent un matériel pédagogique nouveau : les éditions Rossignol publiées sous le label " La coopération pédagogique " (voir annexe n° 2). Ces publications sont autant d'outils pédagogiques à destination des élèves et des maîtres constituées notamment d'une importante collections d'images, de revues, de cartes touchant à toutes les matières (l'histoire, la vie quotidienne, l'orthographe, les sciences...). Ces imprimeries sont fondées à Nalliers puis déplacées à Montmorillon en 1953. La même année, l'instituteur consacrant beaucoup de temps à cette activité de libraire, des conflits apparaissent avec l'Éducation Nationale et les parents d'élèves, une plainte (voir annexe n° 3) est déposée contre l'instituteur par les parents d'élèves et la mairie. Ces tensions apparaissent en 1948 suite à la volonté de la commune d'aménager une classe enfantine, en attendant la construction d'un groupe scolaire neuf, dans deux pièces que l'instituteur et sa famille occupent, notamment par l'imprimerie (voir annexe n° 3). Plusieurs faits sont reprochés au couple d'instituteurs quant à l'espace et au temps que nécessite ce commerce mais aussi aux manières d'enseigner, une enquête est donc requise en novembre 1948 par l'Inspecteur d'Académie afin de vérifier la véracité des accusations portées contre eux (voir annexe n° 3). Le rapport de l'inspecteur primaire se pose en faveur d'André Rossignol mais suggère tout de même à ce dernier de demander une mutation car l'espace requis pour la classe enfantine est primordial pour le confort de l'enseignement des élèves (voir annexe n° 3). L'inspecteur d'académie, en accord avec l'inspecteur primaire écrit au préfet que " les motifs invoqués dans la pétition des familles ne reposent pas sur des fondements sérieux " et que " seule l'activité commerciale signalée était conforme aux faits " et que cette dernière a cessé. Il ajoute que " l'enquête n'a rien révélé qui permette de justifier une sanction aussi grave que le déplacement de M. Rossignol sans qu'il en ait manifesté le désir ". Malgré cela, la famille Rossignol quitte Nalliers et déplace leur commerce à Montmorillon, sans doute par choix face aux mécontentements des parents ainsi qu'au manque d'espace des pièces où la famille vivait et le commerce grandissant des éditions Rossignol et de la nécessité de laisser celles-ci libres pour l'aménagement urgent de la classe enfantine.

Aujourd'hui la mairie possède une vingtaine d'affiches des imprimeries de Nalliers et de Montmorillon que dirigeait l'instituteur (voir illustrations). Ces affiches, hautes en couleurs et riches de détails, étaient faites pour que les enfants les commentent et expliquent les différentes situations visibles ; apprenant ainsi à décrire et à employer un vocabulaire varié de manière ludique.

Cette ancienne école avec logement pour les instituteurs et salle pour la mairie est active de 1885 jusqu'à 1955.

Une nouvelle école est construite en 1956 en marge du bourg.

Lors de la fête des associations de Nalliers le samedi 3 septembre 2016, une peinture (réalisée sur le mur des toilettes publiques de l'aire de repos de la rive gauche de la Gartempe) reprenant l'affiche " la rivière en été " est inaugurée par Philippe Rossignol en hommage à son père l'instituteur André Rossignol et à ses outils pédagogiques.

L'ancienne mairie-école abrite toujours la mairie. Les bâtiments annexes quant à eux sont occupés par une agence postale et par la salle des fêtes depuis 1959 (voir annexe n° 4). Au fond de la cour de la salle des fêtes se trouve une machine à agglomérer les parpaings pleins qui appartenait à Fernand Robin, maçon actif à Nalliers à partir des années 1945. L'ancienne classe des filles, à gauche de l'actuelle agence postale est aujourd'hui transformée en logements.

Périodes

Principale : 4e quart 19e siècle (daté par source)

Dates

1882, daté par source

Auteurs Personnalite : Rossignol André

Instituteur originaire de Haims (Vienne) ; créateur et éditeur de matériel pédagogique à Nalliers, où il était instituteur avec sa femme Madeleine, en 1946, puis à Montmorillon à partir de 1953.

, personnage célèbre (attribution par source)
Auteur : Boisard Roger

Architecte à Chauvigny dans les années 1930. Dresse notamment des plans pour l'école de Nalliers. Architecte agréé pour la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.

, architecte (attribution par source)

La mairie, école est implantée dans le bourg, sur la rive droite de la Gartempe, au sud de l'église et de l'ancien presbytère.

Construite sur des plans communs à de nombreuses écoles-mairies de l'époque Jules-Ferry, elle se compose d'un corps central à étage accueillant la mairie, en bord de rue, et les logements de l'instituteur et de l'institutrice à l'étage de part et d'autre de la mairie, en léger retrait, séparés chacun de la rue par une courette fermée par un muret surmonté d'une grille, percé d'un portail à piles maçonnées. À l'arrière se trouvent les deux salles de classe en rez-de-chaussée, l'une pour les garçons, l'autre pour les filles.

Le corps central comporte trois travées.

Aujourd'hui, la poste a été installée dans l'ancienne mairie, la mairie dans l'ancien logement de l'instituteur, la salle des fêtes dans l'ancienne salle de classe des garçons agrandie vers le nord-est. L'ancien logement de l'institutrice et la salle de classe des filles sont loués comme logement.

Un puits se trouve dans la cour nord.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. tuile plate
Plans

plan régulier

Étages

1 étage carré

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe

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