Historique
A Aubusson, de nombreux moulins utilisant l´énergie hydraulique sont attestés sur les rives de la Creuse et sur celles de son affluent, la Beauze - et ce dès l´époque médiévale.
Selon l´historien Cyprien Pérathon (1886), cinq moulins seraient d´origine seigneuriale et auraient relevé des possessions des vicomtes d´Aubusson, puis des comtes de la Marche (à partir de 1260) et enfin du roi de France (après la confiscation, en 1527, des biens du connétable de Bourbon) : le moulin à farine de la Roche, situé dans le faubourg de Vaveix et détruit au cours du 19e siècle ; le moulin à farine du Bois (voir notice IA23000566) ; les moulins à foulon de La Rue (voir notice IA23000575) et du Got Barbat (voir notice IA23000567) et le moulin à tan de la rue des Tanneurs (actuelle rue Jean Jaurès), aujourd’hui disparu.
Vers 1560, Evrard d´Ahun confirme la présence de ces nombreux moulins à Aubusson : « Au flanc de laquelle ville coule lentement ledit fleuve de la grande Creuse descendant des montagnes Filitinnées distantes de deux milles pas, lequel fleuve est bien commode et propre en ladite ville pour raisons des moulins qui sont assis dessus, tant pour l'usage des draps et laines que pour moudre les grains »
Ces moulins d´origine seigneuriale furent reconstruits à partir du 17e siècle. Le moulin de la Roche est ainsi rebâti en 1616.
Par la suite, ces moulins revinrent en 1686 au maréchal de La Feuillade, avec l´ensemble de la vicomté d´Aubusson, que lui céda Louis XIV en échange de la terre de Saint-Cyr. Ils furent vendus comme biens seigneuriaux sous la Révolution.
A la fin du 18e siècle, furent construits deux moulins à blé, en aval du Pont Neuf, sur le bief de dérivation doublant la rive droite de la Creuse et longeant la rue des Tanneurs : le moulin Bagnard (disparu) et le moulin des Récollets (voir notice IA23000569). A la même époque fut bâti, sur la Beauze, un autre moulin à farine (voir notice IA23000578). Pérathon mentionne également un dernier moulin à la Croix-Blanche, « de création moderne ».
Parmi les neuf moulins ainsi identifiés lors de l´enquête (sur le terrain ou dans les sources), quatre n´ont pas été étudiés car ils ont totalement disparu.
Cinq moulins ont donc fait l´objet d´un dossier : deux d´entre eux (le moulin des Récollets et celui de La Rue) sont désaffectés et transformés en logements. Deux autres (le moulin du Got Barbat et celui de Beauze) ont été détruits, mais la présence de nombreux documents d´archives, permettant de les localiser avec précision, a justifié leur étude. Seul le moulin du Bois, reconverti en tissage (usine de tapis et de tapisseries) dit manufacture Four, reste en activité.
Jusqu´assez tard dans le 19e siècle, les moulins à farine étaient équipés d´un système mécanique simple, comprenant le plus souvent une unique roue hydraulique, entraînant une paire de meules. La roue à eau était mue par la force du courant provenant d´un bief de dérivation. Le moulin se composait généralement d´un logis (maison de meunier) et (souvent en vis-à-vis, de l´autre côté du bief) d´un atelier de meunerie (bâtiment d´eau).
L´une des caractéristiques essentielles des moulins à farine constitue en leur transformation, dans le dernier quart du 19e siècle ou au début du 20e siècle, en minoteries - et ceci sous l´effet d´un changement de méthode de travail dans le broyage des grains (remplacement des meules par des cylindres) et afin d´intégrer au sein d´un même bâtiment toutes les tâches précédant et suivant le broyage (nettoyage des grains, tri, finitions et conditionnement).
Détail de l'historique
| Périodes |
Principale : 17e siècle Principale : 18e siècle Principale : 19e siècle Principale : 20e siècle |
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Description
Huit moulins se trouvent sur la rivière Creuse (rive droite) et un seul sur le ruisseau de Beauze, son affluent. Ils sont tous implantés sur un bief de dérivation du cours d´eau. Les moulins Bagnard, de La Rue, des Récollets et de la Croix-Blanche, ainsi que le moulin à tan, étaient établis sur le bief qui longeait la rue des Tanneurs (actuelle rue Jean Jaurès) sur la presque totalité de son emprise. Aucune roue n´est encore en place. L´une des deux roues hydrauliques du moulin de La Rue est conservée, en partie démontée, dans une extension construite derrière son ancien bâtiment d´eau.
Détail de la description
| Murs |
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Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier collectif, aire d'étude |
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| Référence du dossier |
IA23000568 |
| Dossier réalisé par |
Philippe Emmanuelle
Chercheur Inventaire, SRI Limousin de 2009-2012 |
| Cadre d'étude |
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| Date d'enquête |
2012 |
| Copyrights |
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, (c) Ville d'Aubusson |
| Citer ce contenu |
Moulins, Dossier réalisé par Philippe Emmanuelle, (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, (c) Ville d'Aubusson, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/67af69ff-21ea-4d42-a1ca-ffe7c1ae4741 |
| Titre courant |
Moulins |
|---|---|
| Dénomination |
moulin |