La Fozera – Collecte de mémoire à Libourne
Et si l’histoire de Libourne se racontait par celles et ceux qui la vivent ? Plongez dans une mémoire vivante à travers des capsules sonores issues des témoignages d’habitants. En attendant la sortie de La Fozera, série de podcasts prévue en septembre 2026, découvrez dès maintenant des extraits en avant-première et laissez-vous porter par ces récits sensibles, entre passé, présent et transformations de la ville.
Carnet du patrimoine
Publié le 12 mai 2026
# Gironde, Libourne
# Opération d'inventaire : ville de Libourne
# Mémoire, Convention de Faro, Droits Culturels, Podcasts
# Tout type de patrimoine
# Toutes périodes
Un aperçu en avant-première
Au fil des semaines, ce Carnet du patrimoine dévoilera progressivement plusieurs capsules sonores mises en images, issues de la collecte de mémoire menée avec les habitants de Libourne.
Ce projet a déjà fait l’objet d’une présentation officielle lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 30 avril à Libourne, offrant un premier éclairage sur le projet, ainsi qu’une mise en avant de l’implication des habitants et du travail de collecte engagé.
Une démarche collaborative
Depuis 2023, la Ville de Libourne conduit, avec la Région Nouvelle-Aquitaine, une étude sur son patrimoine dans le cadre de l’Inventaire général.
L’objectif : mieux comprendre l’histoire et l’évolution de la ville, à travers son développement urbain, son architecture et les activités économiques et sociales qui ont façonné son territoire, notamment le commerce, l’activité portuaire et la viticulture. Ce travail permet d’identifier et de documenter les éléments constitutifs du patrimoine libournais, en produisant une connaissance précise des formes urbaines et de leur évolution. Il met en lumière une identité urbaine certes héritée de sa fondation comme bastide au 13ᵉ siècle, mais surtout profondément transformée aux 18ᵉ et 19ᵉ siècles. Ville de commerce et de négoce étroitement liée à son territoire viticole, Libourne se caractérise par un tissu urbain mêlant maisons, hôtels particuliers et bâtiments néoclassiques d’envergure, tels que les casernes Lamarque.
Les résultats de cette étude nourrissent directement la politique patrimoniale et culturelle de la Ville. Ils contribuent également au dossier de candidature de Libourne au label Ville d’art et d’histoire, attribué par le ministère de la Culture, qui valorise les collectivités engagées dans une politique active de connaissance, de transmission et de valorisation du patrimoine.
Des ateliers patrimoine
L’étude d’inventaire du patrimoine de la commune de Libourne intègre également un volet expérimental qui s’appuie sur les principes de la Convention de Faro [1] et des droits culturels, qui reconnaissent à chacun la possibilité d’agir dans la construction et la transmission du patrimoine.
Dans ce cadre, des ateliers du patrimoine ont été proposés aux habitants.
Au fil de ces rendez-vous, les participants ont été invités à porter un nouveau regard sur la ville, en explorant des lieux emblématiques tout en découvrant, de manière concrète, comment se construit la connaissance du patrimoine.
- À la médiathèque Condorcet, ils ont exploré des fonds iconographiques anciens — cartes postales, ouvrages, documents historiques — révélant les évolutions de Libourne. L’histoire du lieu, ancien couvent devenu hôpital militaire, puis lycée et enfin médiathèque, a nourri une réflexion collective sur les transformations des espaces et de leurs usages.
- Au musée de Libourne, ils ont découvert les coulisses du travail scientifique : comment objets et collections dialoguent pour construire une exposition, révélant la richesse des fonds archéologiques, lapidaires et mobiliers.
- Aux archives municipales, ils ont accédé à des documents rarement présentés — plans anciens, registres, photographies — prenant ainsi la mesure de la profondeur historique de la ville.
Souvent prolongés par des visites urbaines, ces ateliers ont permis de croiser savoirs scientifiques et regards sensibles, offrant une nouvelle manière de comprendre et d’habiter la ville.
Collecter la mémoire : une quarantaine de « mémoristes » [2] mobilisés
Dans la continuité des ateliers du patrimoine, la question de la mémoire et de l’urgence de sa préservation s’est progressivement imposée comme un prolongement naturel de la démarche d’Inventaire.
Afin de recueillir ces récits, des ateliers dédiés à la collecte de mémoire ont été mis en place, organisés en plusieurs temps de travail associant étroitement les habitants :
- Identifier les thématiques structurantes de la mémoire libournaise : à partir des échanges, plusieurs axes se sont dégagés, notamment le commerce, l’activité portuaire, l’eau, la viticulture et la vie des quartiers.
- Repérer des témoins, identifiés par les habitants eux-mêmes comme porteurs d’une mémoire de la ville : anciens commerçants, professionnels, habitants de longue date ou acteurs de la vie locale.
- Préparer les entretiens : récits à recueillir, sensibilisation à l’écoute et à la transmission.
Cette démarche a posé les bases d’un travail structuré, tout en valorisant la coopération directe des habitants dans la construction du projet.
Une collecte collaborative enrichie par une création artistique
Cette collecte de mémoire orale a été réalisée dans le cadre d’une commande artistique confiée par le service Patrimoine et Inventaire de la Région Nouvelle-Aquitaine à Benjamin Charles, artiste plasticien et réalisateur au sein de l’association N’A QU’1 ŒIL [3].
Des habitants, qui se sont autodésignés « mémoristes », ont activement participé à la conduite des entretiens auprès de témoins du patrimoine libournais. Cette collecte a permis de réunir plus de onze heures d’entretiens. Les enregistrements ont été indexés et archivés afin de constituer une source documentaire pérenne, destinée à être conservée au sein des archives de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Au-delà de la collecte et de l’archivage, l’enjeu était également de proposer un « pas de côté » artistique : transformer ces témoignages en un récit construit, capable de transmettre une histoire et de créer un lien sensible avec le public. Cette approche a donné lieu à un travail d’écriture et de mise en forme sonore à partir des paroles recueillies, afin d’en faire une matière narrative à la fois accessible, sensible et incarnée.
Une création sonore : La Fozera
À partir de ces témoignages, une série de podcasts a été réalisée. Intitulée La Fozera, elle propose une immersion sonore dans la mémoire de la ville de Libourne.
Cette série, composée d’une dizaine d’épisodes d’environ vingt minutes, se distingue par son ancrage : ce sont les habitants eux-mêmes qui ont choisi les interlocuteurs, orienté les échanges et contribué à définir les manières de raconter et de développer les sujets de mémoire. Les récits ainsi recueillis reflètent leurs regards, leurs priorités et leurs sensibilités.
Les thématiques abordées – le commerce, le vin, le fleuve, les flux migratoires, l'eau – dessinent un portrait sensible de la ville à travers ses activités, ses lieux et ses usages, tels qu’ils sont vécus et transmis par celles et ceux qui y habitent. Chaque épisode donne à entendre des fragments de vie, des souvenirs et des récits qui racontent l’histoire de Libourne, en proposant une mise en récit à la fois documentaire et narrative, façonnée par les choix et les voix des habitants.
Lancement en septembre 2026
La série complète sera dévoilée à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, autour du thème « Patrimoine en danger ».
Les podcasts seront disponibles gratuitement sur différentes plateformes ainsi que sur le site Patrimoine et Inventaire de la Région Nouvelle-Aquitaine et celui de la Ville. Ils contribueront ainsi à valoriser et transmettre la mémoire de la ville, en offrant une forme de diffusion fidèle à la parole et à l’implication de ses habitants.
À écouter dès maintenant
En attendant, plongez dans les premiers extraits : des capsules sonores mises en vidéo, à explorer sur cette page et sur les réseaux sociaux.
1er extrait la Fozera, les voix de Libourne : l’Aviron
À Libourne, l’histoire de l’aviron s’inscrit dans une relation étroite avec l’Isle et la Dordogne. Dès le 19ᵉ siècle, portées par l’essor du commerce portuaire, les activités nautiques s’affirment, passant du simple loisir à une pratique sportive structurée.
Peu à peu, l’aviron façonne la vie locale. Tandis que les clubs et les compétitions animent les berges, les techniques se transmettent de génération en génération. La rivière et le fleuve deviennent alors de véritables espaces d’apprentissage et de sociabilité.
Cette capsule vidéo retrace cette épopée en donnant la parole à celles et ceux qui ont fait vibrer l'aviron libournais. À travers leurs témoignages et leurs souvenirs, se dessine une mémoire collective où s’unissent sport, patrimoine et identité locale.
Réalisation : Benjamin Charles - Production : N’A QU’1 ŒIL
Auteure : Fabienne Manguy
En savoir plus sur la démarche d’Inventaire partagé à Libourne
Opération d'inventaire
- Consulter la présentation de l'opération d'inventaire
- Consulter les premiers dossiers d'inventaire mis en ligne
Ateliers patrimoine
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Les habitants associés à l’enquête d’inventaire conduite à Libourne (Gironde)
Dans le cadre d’un partenariat entre la Ville de Libourne et la Région Nouvelle-Aquitaine, une opération d’inventaire général du patrimoine culturel de la ville de Libourne a été engagée en juin 2023. La Région et la Ville de Libourne ont souhaité associer les habitants au débat public et s’expriment sur « ce qui fait patrimoine » pour les Libournais. Le service régional du patrimoine a donc inscrit l’opération dans cette dynamique locale de concertation à travers des ateliers collaboratifs.
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Inventaire partagé du patrimoine à Libourne : atelier N°2
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Collecte de mémoire
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Notes
[1] Convention du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine pour la société, dite convention de Faro, signée à Faro au Portugal, en 2005. Plus d’informations sur le site du Conseil de l’Europe : https://www.coe.int/fr/web/culture-and-heritage/faro-convention
[2] Mémoristes : terme choisi par les membres de l’atelier mémoire pour se nommer collectivement et affirmer leur place active dans la démarche. Les mémoristes sont des habitants qui s’impliquent dans la collecte, la transmission et la valorisation des récits liés à la mémoire de Libourne. À la fois chercheurs du quotidien et passeurs d’histoires, ils contribuent à construire un patrimoine vivant, ancré dans les expériences et les voix de chacun.
[3] Créée en 1996 à Bordeaux, l’association N’A QU’1 ŒIL est active dans les domaines de la création audiovisuelle et sonore. Sa démarche, fondée sur la collecte de paroles, croise enquête documentaire, création artistique et valorisation des mémoires individuelles et collectives, s’inscrivant ainsi pleinement dans les enjeux du projet.