Église Saint-André de Ruffec

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente > Ruffec

Construite dans la seconde moitié du 12e siècle, l´église a été incendiée lors de la guerre de Cent Ans, en décembre 1415. Le chantier de reconstruction s´est achevé en 1442 (Comte, 2010, p. 398, 413). La façade aurait été profondément remaniée au milieu du 17e siècle suite à un incendie.

Périodes

Principale : 12e siècle

Principale : 15e siècle

Principale : 17e siècle

Dates

1442, daté par source

Auteurs Auteur : auteur inconnu,

Ancienne vicairie perpétuelle et siège d'un archiprêtré, l'église Saint-André de Ruffec était rattachée au diocèse de Poitiers et dépendant de l'abbaye de Nanteuil-en-Vallée.

De l´église romane de Ruffec ne subsistent que la façade (partie centrale de la façade actuelle) et des éléments du portail de l´ancien transept sud.

La façade romane présente deux niveaux. Elle se compose au rez-de-chaussée d´un portail central encadré de deux arcatures aveugles un peu moins élevées, d´un premier étage composé d´arcades abritant des statues de part et d´autre de la fenêtre centrale, et d´une Ascension du Christ sur le pignon. Elle est encadrée de chaque côté d´une adjonction du 15e siècle.

Quatre colonnes engagées marquent la répartition tripartite de la façade ; elles montent jusqu’au sommet de l´élévation, les deux colonnes centrales sont donc plus hautes. Toutes les quatre se terminent en cône à leur sommet.

Dans l´arcature aveugle nord est représenté un homme barbu allongé à plat ventre sur un lit, les fesses à l'air, surmonté par un personnage ailé (diabolique). Des serpents s´enroulent à la tête (derrière l´oreiller) et au pied du lit. Certains auteurs, à la suite de Gustave Chauvet (1904) ont identifié cette scène à Judith et Holopherne, d´autres penchent pour le songe de Nabuchodonosor. L´abbé Michon (1844, p. 308) penchait quant à lui pour le tombeau du donateur. Marie-Thérèse Camus (2009, p. 76) reprend l´hypothèse retenue Émile Mâle (1928, note p. 440). Pour elle, il s´agirait plutôt de la représentation de la parabole de Lazare et du mauvais riche et elle émet l´hypothèse que la suite de la scène ait pu se trouver dans le tympan de l´arcature sud, avec la mort de Lazare et son accueil au ciel et être détruite lors du remaniement de l´édifice au 17e siècle. Le rouleau et l´archivolte de cette arcature nord sont ornés de feuillages. Les chapiteaux portent un décor de feuilles (sur quatre registres pour celui au centre à gauche) et d´animaux (lions, dragons).

Le portail central est couvert d´une voussure composée de trois rouleaux et cordons très ornés retombants sur des chapiteaux sculptés. Un rouleau intérieur lui a été ajouté à la Renaissance, avec linteau horizontal, soulagé par un arc brisé.

Les piédroits du portail sont constitués de trois colonnes séparées par de fines colonnettes. Les chapiteaux, érodés, notamment du côté sud, portent des motifs variés : lions, feuilles, entrelacs, chouette, sagittaire. Le motif géométrique (deux registres de croisillons à gauche, deux registres de triangles à droite) des hauts tailloirs des chapiteaux du portail forme une frise continue avec les tailloirs des chapiteaux des arcatures nord et sud ; leur décor se prolonge sur le fut des contreforts-colonnes et forment un cordon qui délimite les tympans de ces arcatures.

Le rouleau roman interne de la voussure du portail porte une suite d´animaux (lions, dragons, oiseaux) aux cous et aux queues entrelacés, qui se mordent les uns les autres. Le rouleau central, plus étroit que les deux autres et séparé du rouleau interne par un étroit cordon localement orné de pastilles plates (et fâcheusement repris par du ciment), est sculpté d´animaux s´apparentant aux oiseaux ; la plupart des ailes et des queues se terminent par de petits feuillages. La sculpture du rouleau externe se développe sur sa face et sur son intrados, le sculpteur jouant avec la présence de l´arête. Des animaux (majoritairement des oiseaux, mais on reconnaît également un dragon) se mêlent à un décor d´entrelacs, de tiges et de feuilles. L´archivolte est ornée de feuilles. Ce foisonnement d´animaux dans des entrelacs rappelle celui de la cathédrale d´Angoulême.

L´arcature sud a été remaniée au 17e siècle et porte un décor Renaissance. Les chapiteaux sont très érodés et portent un décor de feuilles et probablement d´animaux. Le tympan ne porte pas (ou plus) de décor et son rouleau est sculpté, sur sa face et sur son intrados, de motifs végétaux (rosaces, fleurs, feuilles) et de visages accompagnés d´un personnage en buste, tous étant inscrits dans des caissons.

Une corniche constituée d´un simple tore sépare le rez-de-chaussée du premier étage. Il est marqué par une fenêtre centrale encadrée par six arcades de chaque côté, quatre dans les travées nord et sud et deux entre les contreforts-colonnes et la baie centrale. Ces arcades, dont la composition rappelle celle de la façade de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, renfermaient chacune une statue d´apôtres. Il n´en subsiste aujourd’hui que cinq au nord et une au sud. Tous les apôtres sont représentés debout et pieds nus, portant pour la plupart un livre. Une seule de ces statues a conservé sa tête, levée vers le Christ du pignon ; certains auteurs, à la suite de l´abbé Michon (1844, p. 308) l´identifie à saint André, patron de l´église, bien qu´aucun attribut ne permette de conforter cette hypothèse. À gauche de la baie, saint Pierre est reconnaissable à ses clefs, et c´est donc vraisemblablement saint Paul qui lui fait le pendant à droite. Les arcs de ces arcades sont sculptés d´un décor foisonnant de feuillages, d´animaux (lions, cheval ? chien ?) et d´une tête monstrueuse sur l´avant dernier arc à droite ; les intrados sont également sculptés.

La corniche qui sépare le premier étage du pignon, interrompue au niveau de la fenêtre qui déborde vers le haut, est portée par des modillons séparés par des métopes sculptées. Les motifs des modillons et des métopes sont variés : animaux (lions, oiseaux), personnages dans des positions variées (l´un, penché en avant, tient un végétal crossé et montre son postérieur dénudé), décor végétal (entrelacs, feuilles). Le chanfrein de la corniche est orné d´une frise de feuilles.

Le Christ est représenté dans une Gloire ornée de nuées au centre du pignon. Il est représenté debout, mains largement ouvertes, les pieds nus débordant sur le rebord de la mandorle. Il est encadré, un peu plus bas, par deux anges dont le mouvement est marqué par la position des bras (main droite pointée vers le sol, main gauche dirigée vers le ciel), des jambes et de leurs vêtements. Ces nages regardent vers les apôtres situés dans le registre inférieur. Cette composition s'apparente à celle de la cathédrale d'Angoulême, l´encrassement des sculptures de Ruffec ne permet cependant pas d´affirmer qu´il s´agit du même sculpteur qu´à Angoulême.

Deux ailes ont été ajoutées au 15e siècle. Leur toit continue le pignon de la partie centrale.

Des traces importantes d´incendie sont visibles notamment au niveau de l´ancien transept sud.

On descend par dix marches dans une triple nef des 15e-16e siècles.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moyen appareil

  3. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : grand appareil

Toits
  1. tuile creuse, ardoise
Plans

plan allongé

Étages

3 vaisseaux

Couvrements
  1. voûte d'ogives voûte en berceau plein-cintre
Décors/Technique
  1. sculpture
Décors/Représentation
  1. Representations : scène chrétienne

  2. Representations : sujet chrétien

  3. Representations : ornement animal

  4. Representations : animal fantastique

  5. Representations : ornement végétal

  6. Representations : ornement figuré

  7. Symboles : symbole du zodiaque


Précision sur la représentation :

Seule la sculpture romane est prise en compte dans le champ représentation.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente , Ruffec , rue Saint-André

Milieu d'implantation: en ville

Cadastre: 1819 B2 331, 2012 AM 146

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