Peinture monumentale du chœur : Attributs de saint Martin et symboles eucharistiques

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Un premier décor mural, de goût néogothique, fut réalisé dans l'église en 1865 par le peintre bordelais Henry Pouget (registre paroissial). Les peintures du chœur furent remplacées en 1937, aux frais de la famille Lagière-Mage, par le peintre mugronnais Jean-Laurent Meyranx (1876-1943) assisté de son fils Joseph-Henri-Albert (1906-1991), tous deux issus d'une famille d'artisans et de peintres connue à Mugron dès le XVIIe siècle. Le projet initial prévoyait un simple décor de tentures feintes, que Meyranx remplaça de son propre chef par "des fausses arcatures de dimensions presque égales à celles des niches existantes" (registre paroissial). Le coût total fut de 2000 francs.

Certains éléments du décor de 1865 subsistèrent toutefois, telles les fausses niches à gâble et pinacles qui servaient de fond aux statues de la nef. L'ensemble, à l'exception des peintures du chœur, a été recouvert d'un badigeon beige uniforme après 1991 (l'inscription mentionnant les artistes et la famille donatrice a disparu à cette occasion).

Est toujours visible en revanche, sur la voûte de la travée droite de chœur, la colombe du Saint-Esprit en gloire sculptée en plâtre lors de la campagne de restauration de 1842 menée par le doreur dacquois Vincent Dombrowski (Dombroski) et le plâtrier Jean Monne (1789-1859) sur un devis du maître charpentier local Barthélemy Deyroze (1798-1863), qui la décrit en détail (voir annexe) ; c'est Monne qui fut chargé de l'exécution du relief de plâtre.

Périodes

Principale : 2e quart 19e siècle

Principale : 2e quart 20e siècle

Dates

1842, daté par source

1937, porte la date

Auteurs Auteur : Meyranx Jean-Laurent

Jean-Laurent Meyranx, peintre-décorateur et photographe, né à Mugron le 5 août 1876 et mort dans la même commune le 18 novembre 1943, fils d'André-Henri (Henry) (1846-1894), aussi peintre, et de Jeanne Malvina Dulau (1846-1908). Marié à Paris, le 18 octobre 1902, à Marie Vollet (Rochon) (Paris 18e, 24 décembre 1874 - Mugron, 18 janvier 1964), fille de Joseph-Marie Vollet (Rochon) et de Jeanne Prot, dont il eut trois enfants : Suzanne (1903-1966), en 1927 Mme Paul-Joseph Boudou, Joseph-Henri-Albert (1906-1991), photographe à Mugron, et Pauline Renée Colette (1908-1992), épouse (à Mugron en 1929) d'Albert-Hippolyte Gaulin.

, peintre, décorateur (signature)
Auteur : Meyranx Joseph-Henri-Albert

Peintre-décorateur puis photographe, né à Mugron le 5 juin 1906 et mort à Mont-de-Marsan le 23 octobre 1991, fils (et assistant) du peintre-décorateur Jean-Laurent Meyranx et de Marie Vollet. Marié à Mugron en 1929 à Gabrielle Marie Gaulin.

, peintre, photographe (signature)
Auteur : Dombrowski / Dombrowsky / Dombroski Vincent

Vincent Dombrowsky ou Dombrowski (orthographe parfois simplifiée en "Dombroski"), doreur et marchand d'origine polonaise actif à Dax au milieu du XIXe siècle. Il travailla pour les églises landaises d'Ozourt en 1842 et de Téthieu en 1846 ; le "Vincent Dombrossis", doreur à Dax, qui redore en 1845 le maître-autel de Cagnotte est certainement identifiable à Dombrowski.

Peut-être identifiable à Vincent Dombrowski, né à Wola Peerowa (id est Wola Piotrowa, département de Mazowie, Pologne) le 31 décembre 1814, fils de "Wamzenieuc" (id est Wawrzyniec) Dombrowski et de Solomeyra Wielobieka. "Employé au chemin de fer du Midi", il épousa à Mont-de-Marsan, le 16 décembre 1857, Maria Adélaïde Hun (née à Saint-Denis, Seine, en 1834), fille de Charles Hun, receveur central de l'octroi, et de Justine Adélaïde Merlut (AD Landes, 4 E 192/48-49). L'identification impliquerait un changement de profession entre 1846 et 1857.

Un peintre nommé Dombrowski, peut-être le même artiste, a aussi signé en 1865 un tableau du Christ en croix dans l'église de Monségur en Gironde (réf PM33001956).

, doreur (attribution par source)
Auteur : Deyroze Barthélemy

Barthélemy Deyroze, maître charpentier à Ozourt (Landes) au XIXe siècle. Né à Préchacq (aujourd'hui Préchacq-les-Bains) le 4 vendémiaire an VII (25 septembre 1798) et mort à Ozourt le 12 septembre 1863 ; fils de Jean Deyroze ou Deyrose, laboureur à Préchacq puis à Téthieu, et de Jeanne Villenave. Marié à Ozourt, le 14 février 1822, avec Jeanne dite Vincente Gareste (Ozourt, 1795 - 1862/1890), fille de Mathieu Gareste, sabotier à Ozourt, et de Magdelaine Gaix, tisserande, et sœur de Bertrand Gareste, sabotier. Le couple eut quatre enfants, tous nés et morts à Ozourt : les jumelles Françoise (25 juillet 1824 - 12 novembre 1892) et Marie (25 juillet 1824 - 27 octobre 1890), Jean (2 janvier 1827 - 22 avril 1904) et Marie (14 novembre 1832 - 11 juin 1907). Les trois filles furent tisserandes puis couturières ; les deux premières moururent célibataires, la dernière veuve du laboureur Pierre Lonné (épousé à Ozourt le 28 décembre 1859) ; Jean Deyroze fut charpentier à son tour et épousa à Ozourt, le 30 avril 1861, Marthe Tourné, dont il eut deux fils (Barthélemy et Pierre-Paul) et une fille (Vincente Noëline). Source : AD Landes, E dépôt 237 / ES 1723 4 (Téthieu), 4 E 216/4-5, 4 E 216/6-9, 4 E 216/13 (Ozourt).

, charpentier (attribution par source)
Auteur : Monne / Monnes Jean

Jean Monne ou Monnes (la première orthographe est celle de sa signature et de ses actes de naissance, mariage et décès), plâtrier à Dax dans la première moitié du XIXe siècle ; il travailla pour l'église d'Ozourt en 1842. Né à Dax le 14 juin 1789, fils de François Monne, "plâtreur" originaire de Montfort-en-Chalosse, et de sa première femme Catherine Baradat, et demi-frère de Pierre Monne (1807-1879), plâtrier à Sennecey-le-Grand (Saône-et-Loire) ; baptisé le même jour, filleul de son oncle maternel Jean Labat, "plâtreur", et de Pascase Peireblanque (AD Landes, E dépôt 88 / GG 23). Mort à Dax (8, place Saint-Pierre) le 23 avril 1859 (AD Landes, 4 E 88/55). Marié à Dax, le 22 février 1811 (AD Landes, 4 E 88/15) avec Marie Labat (Dax, octobre 1792 - Dax [19, boulevard Saint-Pierre], 3 avril 1867 [AD Landes, 4 E 88/131]), fille de Bernard Labat, tisserand, et de Marie Vergès. Le couple eut au moins deux fils nés à Dax : Jean Prosper (6 mars 1818 - Dax, 1er juin 1865) et Jean (12 janvier 1821). Jean Prosper fut plâtrier à son tour et épousa à Dax, le 24 novembre 1847, Marie dite Rose Lacau (Dax, 1831 - Dax, 8 avril 1875), fille de Pierre Lacau, coutelier, et de Marie Carrère, dont un fils, Michel (1857), boucher. Un autre membre de la famille exerça la profession de plâtrier : Bertrand (né à Dax en 1837, fils de Jean-Baptiste d'Anne Bavers), qui fut arrêté à Paris en 1871 pour participation à la Commune.

, plâtrier (attribution par source)

Les peintures, qui couvraient encore en 1991 l'ensemble des murs et voûtes de l'église, ont été partiellement recouvertes par un badigeon après cette date (nef, collatéral). Le décor du chœur, exécuté à la détrempe (?), couvre le registre supérieur du mur de l'hémicycle au-dessus du lambris de demi-revêtement, la voûte (travée droite et cul-de-four), les consoles et le doubleau de l'arc d'entrée. La colombe du Saint-Esprit dans une gloire d'angelots, au centre de la voûte de la travée droite, est en plâtre peint polychrome (vestige du décor de 1842).

Catégories

peinture murale

Matériaux
  1. Matériau principal : enduit

    Mise en oeuvre : support

    Techniques : peint

Dimensions
  1. Type de mesure : h

    Valeur : 125

    Précision sur la mesure : hauteur des peintures du mur au-dessus du lambris

Iconographie
  1. Caractère général : symbole

    Thèmes : trophée de guerre, trophée liturgique, Pélican mystique, Agneau mystique, les Tables de la Loi, calice, ostensoir, épi, Main de Dieu, Alpha et Oméga, nuée, Saint-Esprit, colombe

  2. Caractère général : ornementation

    Thèmes : croix pattée, fleur de lys


Précision sur l'iconographie :

Le mur de l'hémicycle est peint d'une arcature (ou d'une série de fausses niches) en plein cintre rythmée par des pilastres pseudo-corinthiens. Chacune des 15 fausses niches (quatre autres travées sont occupées par deux fenêtres et par deux niches véritables abritant des statues) encadre un motif symbolique en rapport avec le patron de la paroisse ou avec le mystère eucharistique, sur fond alternativement brun (trophées militaires), violet (trophées épiscopaux) ou rouge (symboles eucharistiques). On trouve ainsi, du nord au sud : un trophée d'armes évoquant saint Martin, soldat romain (casque, glaive, deux lances en sautoir, manteau) ; un trophée liturgique évoquant saint Martin, archevêque de Tours (chasuble, mitre, crosse et croix épiscopale en sautoir, livre de l’Évangile) ; un ostensoir et des épis de blé ; un 2e trophée épiscopal identique ; [une niche avec statue de l'Immaculée Conception] ; un 3e trophée épiscopal identique ; le Pélican mystique ; un 3e trophée militaire identique ; [la fenêtre axiale du chœur] ; un 4e trophée épiscopal identique ; l'Agneau mystique ; un 4e trophée militaire identique ; [une niche avec statue du Sacré-Cœur] ; les tables de la Loi ; [la fenêtre sud du chœur] ; un 5e trophée épiscopal ; un calice et des branches de vigne ; un 5e trophée militaire.

L'intrados de l'arc d'entrée du chœur est peint de motifs végétaux répétitifs sur fond bleu, l'extrados d'un faux appareil, les consoles supportant l'arc de monogrammes SM (saint Martin), de croix pattées et de fleurs de lys.

La voûte en berceau de la travée droite de chœur est ornée de deux panneaux échancrés à fond damas brun semé de rosaces jaunes et de fleurettes bleues, entourant un compartiment central circulaire à fond bleu avec, en relief de plâtre, la colombe du Saint-Esprit dans une gloire de nuées, de rayons et d'angelots. Le cul-de-four de l'abside porte, sur un fond de ciel bleu semé d'étoiles d'argent, un médaillon circulaire entouré d'une gloire et orné d'une dextre divine entre l'alpha et l'oméga, avec le nom de Jésus Christ en grec.

Inscriptions et marques
  • inscription concernant le donateur, peint
  • inscription concernant l'auteur, peint
  • date, peint
  • inscription concernant l'iconographie, grec, peint

Inscription (autrefois visible à l'entrée de la nef, recouverte par un badigeon après 1991) : Peintures offertes par la famille Lagière-Mage et exécutée en 1937 par A. et L. Meyranx de Mugron. Inscription grecque peinte sur le pourtour du médaillon de la dextre divine sur la voûte du chœur : ΙΗΣΟUΣ ΧΡΙΣΤΟΣ (= Jésus Christ).

État de conservation
  • oeuvre restaurée

La peinture du chœur a été récemment restaurée. Le reste du décor (nef et collatéral) a été recouvert d'un badigeon beige après 1991.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Ozourt

Milieu d'implantation: en village

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