Villemorin : demeures

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En plus des éléments remarquables du patrimoine, l´inventaire de Villemorin a porté sur 9 maisons et 32 fermes ou anciennes fermes. Cette analyse prend en considération les constructions antérieures aux années 1950, à l´exception de celles pour lesquelles de récents remaniements rendent l´état d´origine illisible. La datation se base principalement sur l'étude et la comparaison des formes architecturales et des décors. Les dates portées sur les bâtiments sont par chance relativement nombreuses à Villemorin (plus du tiers des propriétés présentent une date).

Les vestiges de l'habitat médiéval repérés lors de l'enquête sont maigres, seules quelques rares ouvertures à accolade, sans doute remployées, ont été identifiées et pourraient dater du 15e ou du 16e siècle. Ces éléments sont trop ténus pour en tirer des conclusions. En revanche, environ un quart des maisons et fermes sont attribuables à la période moderne (17e ou 18e siècle). Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite, mais il subsiste néanmoins quelques rares édifices de cette période conservés en l'état. Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Les constructions du 18e siècle, semble-t-il assez rares à Villemorin, peuvent présenter des linteaux en arc segmentaire délardé ou des baies en plein cintre. Le cadastre napoléonien de 1835 nous apprend que la physionomie du bourg et des hameaux n'a pas vraiment changé depuis le début du 19e siècle.

L'inventaire du patrimoine révèle toutefois que la quasi-totalité des habitations a été remaniée ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement traduit un certain essor économique notamment lié à la culture de la vigne. On relève un ralentissement net de la construction dans le 4e quart du 19e siècle, suite à la crise du phylloxéra. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (double génoise dans la 1ère moitié du 19e siècle, solin, bandeau et corniche dans la 2e moitié du 19e siècle).

La construction de la 1ère moitié du 20e siècle est quasi-nulle à Villemorin, suite à un repli de l'économie locale et à un exode rural important. A partir de la fin du 20e siècle, quelques pavillons individuels ont été édifiés en périphérie du bourg. Nombre de bâtiments ont fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne.

Périodes

Principale : Temps modernes, 19e siècle

Un gros bourg et de petits hameaux

La commune de Villemorin présente la particularité de posséder un bourg relativement important et densément bâti, quatre hameaux très modestes et une petite portion du village du Chiron, également sur la commune de Néré.

Le bourg de Villemorin est établi au nord-est de la commune, à proximité de la route d'Aulnay à Néré. Il est traversé principalement par la voie qui relie Contré à cette route et qui constitue l'axe principal nord-sud. De là part tout un maillage serré de petites rues desservant de nombreux îlots composés de quelques maisons. Au centre se trouve la place Jean Chevalier, où l'église fut édifiée au 19e siècle, mais qui était auparavant complètement vierge. L'ancien logis seigneurial donnait sur cette place. Il est intéressant de noter que, contrairement à beaucoup d'autres, le bourg de Villemorin ne s'est pas développé autour de son église, qui était au Moyen-Age isolée du bourg, certainement dans l'actuel cimetière.

Par sa structure, le bourg de Villemorin appartient à la catégorie des villages dits réticulaires, un type d'organisation plus fréquent autour de Néré que dans le reste des Vals de Saintonge. Les caractéristiques de ce type de village sont l'organisation en îlots selon un plan plus ou moins orthonormé, un bâti dense centré sur lui-même et un parcellaire très imbriqué. Peu transformé par la suite, épargné de toute percée, le bourg a conservé son organisation du 19e siècle. L'implantation de la gare au nord, en 1896, semble même être arrivée trop tard pour permettre une réelle extension du bourg dans cette direction.

En réalité, la commune compte deux bourgs, puisque Saint-Coutant fut jusqu'en 1827 le chef-lieu d'une minuscule paroisse puis commune. L'ancien bourg est si modeste qu'il ne peut pas véritablement être classé selon sa structure. Aujourd'hui simple hameau, il ne compte que trois propriétés, il n'y en avait guère plus au début du 19e siècle. L'église, aujourd'hui disparue, se trouvait au centre, derrière le four commun. Elle était flanquée de son cimetière, également détruit.

Quant aux autres hameaux, ils ne comptent chacun qu'un seul ensemble : le manoir de Presle, le logis de Saint-Coutant le Petit, la ferme de la Borderie. Très isolés, ils ne sont pour certains accessibles que par de modestes chemins.

L'empreinte des activités agricoles

Les fermes ou anciennes fermes représentent une très large majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a de tous temps été la première activité.

L'analyse du plan des fermes montre que la très grande majorité d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour est de très loin le plus fréquent et représente la quasi-totalité des ensembles recensés. On trouve également quelques fermes à bâtiments organisés autour d'une cour, de plan en L ou de plan allongé, mais elles restent rares.

Le nombre de logements donne également une idée de l'opulence des fermes : les deux tiers de celles de Villemorin ne comptent qu'un logement, ce qui souligne la modestie des anciennes exploitations agricoles. Le reste des ensembles comptent deux, plus rarement trois logements, mais ils peuvent avoir été occupés à des périodes différentes.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. A Villemorin, elles sont généralement de petite taille et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de quelques hangars rarement imposants et parfois d'un four à pain. Le pigeonnier est l'apanage des maisons nobles : on en trouve la trace ou les vestiges pour les trois logis. Les trous à pigeons et les creux à moineaux sont cependant très fréquents dans les propriétés plus modestes. Une cage à chanterelle a également été repérée : cette pierre percée de fentes permettait d'y enfermer un oiseau qui par son chant en attirait d'autres qui étaient ensuite capturés.

Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux puits communs que l'on peut encore voir dans les impasses et les quéreux. Il subsiste également un lavoir commun au Chiron.

Des demeures à l'architecture simple et modeste

Excepté quelques rares exemples, les logements de Villemorin accusent une certaine simplicité. De manière générale, le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, la totalité des façades est en moellon de calcaire, généralement enduit : aucune maison n'est édifiée en pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi systématique de la tuile creuse. La pierre de taille et l'ardoise ne concernent que le logis de Presle.

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Parmi les logements ou anciens logements identifiés sur la commune, on compte davantage de maisons saintongeaises que de cellules charentaises. Toutefois, la taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées relativement restreint. Les maisons à cinq travées sont exceptionnelles. Les logements les plus fastueux sont deux grandes maisons à cinq travées sur trois niveaux situées au sud du bourg.

La décoration des façades est tout aussi sobre. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). La double génoise est fréquente. Les décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées sont peu nombreux. A noter toutefois la récurrence d'un motif dans le bourg, l'écharpe sculptée sur le linteau de la porte, qui concerne plusieurs maisons du 3e quart du 19e siècle. On ignore toutefois la symbolique de ce motif, s'il y en a une.

On notera pour finir la présence de plusieurs escaliers extérieurs rustiques conservés sur certaines maisons, qui desservaient un logement à l'étage ou un grenier. Ces éléments, qui ne sont pas postérieurs à la 1ère moitié du 19e siècle, sont aujourd'hui de plus en plus rares.

Localisation

** Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Villemorin

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