Église paroissiale Notre-Dame-de-l'Assomption

France > Nouvelle-Aquitaine > Pyrénées-Atlantiques > La Bastide-Clairence

Édifiée trois ans après la fondation de la bastide, l'église est consacrée à la Vierge de l'Assomption en 1315 par l'évêque de Pampelune Arnaud de Puyana, avec l'accord de Bernard de Viele, évêque de Bayonne. Un confrérie dédiée à saint Nicolas s'y installe dès 1366, dont le rôle majeur était l'organisation des funérailles et les hommages aux défunts de la paroisse. Le portail d'entrée à décor tardo-gothique inséré sous un porche probablement contemporain, témoigne d'un chantier réalisé dans la seconde moitié du 15e siècle.

En 1688, l'architecte Philippe Barthe, qui travaille à la cathédrale de Bayonne, construit deux sacristies. Un décor peint est également réalisé au 17e siècle, qui subsiste en partie occulté sous le plafond actuel de la nef.

Au 18e siècle, l'édifice présente un état de grande faiblesse : une première visite est effectuée par l'évêque de Bayonne en 1737, quelques réparations sont à faire mais leur description n'est pas très développée. Son état alarmant est confirmé à la suite de la visite effectuée en 1768 par Philippe Marie de Hureaux, qui détaille l'état de délabrement de l'édifice, l'évêque de Bayonne ordonne sa reconstruction. La célébration des offices est alors interdite, l'évêque proposant de les faire célébrer dans la Maison Mourique. Le 5 avril 1769 est présenté le devis estimatif et les plans des travaux de réédification de l'église par Jean Bidart, architecte à Hasparren. Le projet est approuvé en 1771 par l'évêque et par la communauté ; le corps de Ville participe financièrement à ces travaux. Un acte notarié du 10 décembre de cette même année désigne le maître maçon Pierre Dibarbourre, sieur de Derreca, maître maçon de Jatxou, comme adjudicataire chargé de la réédification du sanctuaire en 1771. Plusieurs campagnes sont menées jusqu'en 1776. Le chœur et la nef sont presque entièrement restaurés, un troisième niveau de galeries ainsi que la chaire sont créés. Une partie du décor intérieur subsisterait également de cette période.

L'époque révolutionnaire a amené son lot de destructions : le 13 juin 1792, les armes de Navarre surmontant le porche sont martelées. Le 25 janvier 1794, le citoyen Vincent Pouchan, ex-curé jureur, présidant l'assemblée, constate que "le local des séances se trouve encore souillé d’un nombre infini de bénitiers et d'un fonts baptismal, il s’offre à faire disparaître "ces signes affreux" ; en 1796, les quatre cloches sont fondues.

Au début du 19e siècle, l'état de l'église est fortement dégradé, comme en témoigne en 1830 Pierre de Manchoulas, architecte à Bayonne, auteur d'un rapport sur l'élévation des murs latéraux qui "présente un aspect peu rassurant". Quatre ans plus tard, une souscription produit 300 francs pour la réparation de l'église. Au milieu du 19e siècle, la paroisse de La Bastide est considérée comme l'une des plus ferventes du diocèse.

Le 12 mai 1850, décision est prise de démolir le clocher qui menace de s'écrouler, reconstruit en forme de tour carrée. Le décor de terres cuites architecturales de la façade, issu de la manufacture Virebent Frères, à Toulouse, date de la même période. Ce chantier est réalisé sous l'autorité de l'abbé Saint-Guily, qui entreprend également le réaménagement du chœur néo-classique.

La fausse-voûte de la nef étant devenue dangereuse, un projet est élaboré en 1937 par l'architecte Henri Barrès pour la remplacer par un plafond à caissons. Les travaux, financés par une souscription ayant permis de collecter 10 000 francs dans la paroisse, complétés par un emprunt de 22 705 francs voté par délibération du 10 avril 1938 du conseil municipal, ont été réalisés par le charpentier du village, Sylvain Dhospital, et le staffeur Émile Fraisse.

La deuxième moitié du 20e siècle apporte quelques modifications intérieures. Les travaux de restauration réalisés de 1995 à 1999 ont surtout concerné la façade et le clocher, avec les décors en terre cuite ainsi que les décors peints intérieurs.

Périodes

Principale : 1er quart 14e siècle (détruit)

Principale : 3e quart 18e siècle, 4e quart 18e siècle

Principale : 2e quart 19e siècle

Secondaire : 2e quart 20e siècle

Dates

1315, daté par source

1715, porte la date

1937, daté par source

Auteurs Auteur : Barthe Philippe

Architecte à Bidache (d'après La Bastide Clairence, Jakintza, p. 93).

, architecte (attribution par travaux historiques)
Auteur : Bidart Jean

Architecte à Hasparren au milieu du 18e siècle, connu pour avoir dirigé les travaux de reconstruction de l'église de La Bastide-Clairence de 1769 à 1775.

, architecte (attribution par source)
Auteur : Dibarbourre Pierre

Maître maçon à Jatxou (64), attesté dans le 3e quart du 18e siècle.

, maçon (attribution par source)
Auteur : Barrès Henri

Architecte notamment connu comme auteur de plusieurs villas à Pau et au Pays basque dans l'entre-deux-guerres.

, architecte (attribution par source)

L'église, située dans la partie haute du village, orientée au sud-est, présente un plan allongé à nef unique et à chevet plat encadré des sacristies. Elle est entourée au droit du chevet et sur ses longs côtés de galeries extérieures couvertes en appentis, dont le sol est constitué de pierres tombales organisées en deux lignes : l'une longeant les murs gouttereaux de l'édifice et l'autre le bord extérieur des galeries.

En façade, l'élévation tripartite pyramidale ouvre en son premier niveau par trois arcs en plein-cintre. L'arcade centrale, de dimensions plus importantes, est encadrée par deux contreforts en moyen appareil terminés en glacis. Les deux arcades latérales sont surmontées d'une niche abritant une statue, couronnée d'un fronton en attique. La base du clocher-tour carré, délimitée par un entablement au-dessus de l'arc central, est encadrée par deux pyramidions de briques, alors que deux autres pyramidions surmontent les angles de la façade. L'étage du clocher comporte une niche plus importante que les deux autres, abritant une statue de la Vierge, sainte patronne de la paroisse. Elle est surmontée par l'horloge. Un cordon sépare le deuxième du troisième niveau composé du beffroi orné de pilastres corniers en brique et percé sur ses quatre faces d'une baie campanaire en plein-cintre en brique. L'entablement est souligné par des modillons soutenant la corniche en-dessous du toit en pavillon. L'ensemble de la façade présente un décor en terre cuite architecturale, apportant une touche polychrome.

L'arcade centrale ouvre sur le porche voûté d'une croisée d'ogives donnant sur le portail sculpté. A l'intérieur, de part et d'autre de l'entrée, deux puissantes colonnes en calcaire, disposent chacune d'un bénitier incorporé en bague. La nef est entourée de trois étages de tribunes ou "galeries" en charpente. Elle est couverte d'un plafond à caissons. Au premier niveau, une rangée de corbeaux engagés dans les murs gouttereaux servait probablement de supports aux aisseliers soutenant le dans une configuration ancienne le premier étage de tribunes.

Le chœur à décor néo-classique est couvert d'un plafond en anse de panier et d'un chevet à fausse-voûte plein-cintre.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : grès

    Mise en oeuvre : moellon

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moyen appareil

  3. Matériau du gros oeuvre : brique

Toits
  1. tuile creuse
Plans

plan allongé

Étages

1 vaisseau

Couvrements
  1. voûte d'ogives
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : pignon couvert

  2. Forme de la couverture : toit en pavillon

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

    Forme : escalier droit

    Structure : en charpente

Énergies
Décors/Technique
  1. décor stuqué
  2. peinture
  3. vitrail
  4. céramique (étudié)
Décors/Représentation
  1. Representations : raisin, vigne, buste humain, animal, pinacle, blason


Précision sur la représentation :

Portail : la deuxième archivolte est sculptée de rinceaux, de grappes de raisins, d'animaux et de personnages ; la dernière archivolte, reposant sur des piédroits aux motifs de pinacles, était originellement sculptée mais le décor n'est plus identifiable.

Les caissons du plafond de la nef sont décorés de blasons peints.

Localisation

** Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Pyrénées-Atlantiques , La Bastide-Clairence

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2016 A 437

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