Église paroissiale Notre-Dame

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Audignon

Malgré l'absence de textes explicites, la proximité immédiate de la prestigieuse abbatiale de Saint-Sever est certainement liée à la fondation de l'église romane d'Audignon, comme le prouvent, entre autres indices, le style et les thèmes du décor sculpté de son abside. Celle-ci, construite dans un moyen appareil régulier, est - peut-être avec quelques parties du vaisseau central (unique à l'origine) - le seul vestige de l'édifice primitif, probablement érigé dans le second quart du XIIe siècle. Comme la plupart des constructions romanes de Chalosse, l'église a subi par la suite différents ajouts et remaniements qui en ont entièrement modifié l'aspect, tout comme les réparations consécutives au sac de l'édifice par les troupes protestantes de Montgomery entre les 8 et 20 septembre 1569. Le puissant clocher-tour date du XVe ou du XVIe siècle. Le collatéral sud, comme l'indiquent les dates portées sur deux clefs de voûte, a été achevé en 1550, peut-être à l'initiative du baron Paul d'Andouins, dont les armes figurent sur une autre clef. Le collatéral nord, non documenté et de construction plus fruste, est sans doute plus tardif (XVIIe siècle ?) ; il existait en tout cas avant 1725, date à laquelle les maçons associés François II Duplantier et Jean Biella, de Dumes, refirent "la fenêtre proche de l'autel de la chapelle Saint-Michel". Les registres de la fabrique, conservés pour les XVIIIe et XIXe siècles, font état de nombreuses réparations de détail à l'époque moderne ; ceux de la commune documentent les restaurations effectuées au clocher et à l'église après les dommages causés par la foudre en 1835 et 1840 et par un incendie en 1933 (voir annexes).

Le petit pavillon qui marque l'entrée du cimetière fut restauré une première fois en 1824 par le charpentier Pierre Lauqué (devis du 1er mai), puis à nouveau en 1909 par l'architecte Lauga de Saint-Sever et le menuisier Eugène Clabé, qui remplaça sa porte.

Périodes

Principale : 2e quart 12e siècle

Principale : 14e siècle

Principale : 15e siècle (incertitude)

Principale : 3e quart 16e siècle

Secondaire : 3e quart 18e siècle

Dates

1550, porte la date

1761, daté par source

Auteurs Auteur : Duplantier François II

Maçon à Dumes près Saint-Sever (Landes) dans la première moitié du XVIIIe siècle. Né à Dumes le 26 janvier 1692 et mort dans la maison Bibé au même lieu le 27 juillet 1745 ; fils du maçon Pierre I Duplantier (auteur de la chaire de l'église d'Audignon en 1718) et de son épouse et cousine Claire Duplantier, et petit-fils du maçon François I Duplantier (également son parrain). Qualifié de "maître masson" dès 1712, François Duplantier épousa en premières noces à Dumes, le 19 janvier 1712, Marie Diris (1688 - Dumes, 13 janvier 1715), dont il eut un fils, Pierre (1714-1715), et en secondes noces, à Dumes le 13 avril 1717, Marie Barrouilh ou Barrouillet (1691 - Dumes, 12 septembre 1756), dont il eut aussi un fils, le maître-maçon Pierre II Duplantier (Dumes, 15 décembre 1718 - Dumes, 19 octobre 1747).

, maçon (attribution par source)
Auteur : Biella Jean

Maçon à Dumes près Saint-Sever (Landes) dans la première moitié du XVIIIe siècle. Associé et parent par alliance des maçons de la famille Duplantier (il avait épousé Thérèse Duplantier), il fut en juillet 1706 le parrain de Jean, fils du maître-maçon François Duplantier.

, maçon (attribution par source)
Auteur : Larroucan Jean Pierre

Plâtrier à Saint-Sever (Landes) dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Né à Saint-Sever le 2 septembre 1712 ; fils du maître-maçon Pierre Larroucan et de Jeanne Lussagnet, neveu des tailleurs de pierre et maçons Jean et Bernard Larroucan (AD Landes, 4 E 282/2) ; épouse à Saint-Sever, le 18 octobre 1732, Gracie Chatanier, de la paroisse Saint-Étienne de Bayonne (AD Landes, 1 MIEC 282/5).

, plâtrier (attribution par source)
Auteur : Gachard

Qualifié de "maître-architecte" à Arzacq (actuellement Arzacq-Arraziguet, Pyrénées-Atlantiques) en 1767.

, architecte (attribution par source)
Auteur : Fauthoux-Pailheau Pierre

Maître-maçon à Audignon près Saint-Sever (Landes) au milieu du XIXe siècle.

, maçon (attribution par source)
Auteur : Larrieu François

Maître charpentier à Audignon (Landes), documenté en 1824 (Eyres-Moncube) et 1853 (Audignon).

, charpentier (attribution par source)
Auteur : Lauqué Pierre

Pierre Lauqué dit Pinton, charpentier à Doazit (Landes), activité documentée en 1811 et 1829. Il appartenait à une famille de "cagots" ou "gésitains" de Chalosse. Né à Doazit le 25 novembre 1768 et mort à Sainte-Colombe le 4 mai 1840 ; fils du charpentier Bernard Pinton Lauqué (1726-1800/03) et de Jeanne Ducasse, frère et homonyme du charpentier Pierre Pinton Lauqué (1755-1803) ; marié le 27 novembre 1789, à Sainte-Colombe, avec Anne Larrieu (Sainte-Colombe, 28 mai 1771 - Sainte-Colombe, 2 septembre 1821), dont il eut une fille, Marie (1804), mariée en 1844 à son cousin le meunier Jean Lauqué.

, charpentier (attribution par source)
Auteur : Lauga Pierre Vincent

Pierre Vincent Lauga, né à Saint-Sever le 22 janvier 1856 et mort dans la même ville le 19 novembre 1927, fils de Jean Lauga, tisserand, et de Catherine Langlade, il épousa en premières noces à Saint-Sever, le 19 septembre 1881, Marie Claire Saillard (Saint-Sever, 11 septembre 1855 - id., 15 mai 1893), fille de l'ébéniste Bernard Nestor Saillard et de Jeanne Octavie Faudouas et arrière-petite fille de Sylvestre Saillard (1744-1811), architecte communal de Saint-Sever jusqu'à sa mort. Le couple eut un fils, Robert Joseph Léon Gustave Saillard, lieutenant-colonel. Dauga se remaria à Argelos (Landes), le 12 février 1895, avec Françoise Adèle Capdeville (Argelos, 13 avril 1870 - Saint-Sever, 25 décembre 1959), fille de Jean Capdeville, officier de santé puis médecin, et de Marguerite-Rose Ducastaing. Pierre Dauga et ses deux épouses sont inhumés au cimetière de Saint-Sever (carré 7, tombe 7).

Pierre Lauga est qualifié de conducteur des ponts et chaussées dans les actes de ses deux mariages, d'architecte à Saint-Sever dans celui de son décès, d'architecte et de sous-ingénieur lors de ses travaux à Eyres-Moncube en 1908 et à Bahus-Juzanx en 1910. Il travailla en outre (avec le titre d'architecte) à Audignon en 1909, à Doazit en 1910 et à Banos en 1912.

, architecte (attribution par source)
Auteur : Clabé Julien Eugène

Le menuisier Julien Eugène Clabé (Saint-Sever, 10 novembre 1850 - id., 2 décembre 1919), fils de Dominique Clabé ou Clavé, menuisier, et de Jeanne Peyrau, épousa à Saint-Sever, le 16 juin 1885, Marie Eugénie Cassagne (née à Saint-Sever le 7 octobre 1860 - 10 décembre 1931 ?), fille de Jean-Pierre Cassagne et de Marie Laclaverie, dont il eut un fils, Dominique Marie Félix (1888-1915), menuisier à son tour. Eugène Clabé est inhumé au cimetière de Saint-Sever (carré 6, tombe 312).

, menuisier (attribution par source)
Auteur : Larrieu Jean

Jean Larrieu, charpentier, né le 15 juin 1853 à Audignon (Landes) et mort dans la même commune le 9 juillet 1917, fils de Bernard Larrieu, charpentier, et de Marie Mouney ; marié à Audignon, le 8 février 1877, avec Marie Laborde (Toulouzette, 28 février 1855 - Audignon, 17 novembre 1918), fille d'Étienne Laborde (1810-1871), tailleur de pierre et maçon, et de Catherine Daugreilh, dont il eut un fils, Jean Paul (1880-?), cuisinier.

, charpentier (attribution par source)

L'église, entourée par le cimetière, est un édifice à trois vaisseaux bâti en calcaire (sans doute local) appareillé, en moyen appareil régulier pour le chevet, entièrement crépi pour le reste des élévations. La couverture est en tuiles creuses, à l'exception de celles du clocher et de sa tourelle d'escalier, en pierre.

Le chevet roman se caractérise par une corniche en surplomb, surmontée d'un mur nu de cinq assises et supportée par une série de modillons sculptés et par deux contreforts-colonnes à chapiteaux également sculptés.

Le vaisseau central et le collatéral sud sont composés de quatre travées, le collatéral nord en compte une de moins à l'ouest. Le chœur architectural, surhaussé de trois marches, est prolongé par une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. L'arc triomphal du chœur, en plein cintre, repose sur des chapiteaux sculptés qui couronnaient à l'origine des colonnes engagées (supprimées). La travée droite, couverte d'un berceau plein-cintre, est séparée de l'abside en hémicycle par un retable-refend gothique percé d'une porte au sud. Le chœur et l'abside présentent une surépaisseur du mur à partir d'une hauteur de 2,50 m ; ce surplomb, décoré (dans l'abside seulement) de quatre rangs de billettes repose en alternance sur sept colonnes adossées à chapiteau (trois subsistent) et sur huit consoles (trois subsistent). Dans le mur nord de la travée de chœur est percée une niche (armoire eucharistique ?) au décor extérieur bûché, couverte intérieurement d'une petite croisée d'ogives.

Le vaisseau central communique avec les collatéraux par des grandes arcades brisées. Il est couvert d'une voûte en berceau brisé, divisée par des doubleaux retombant sur des piliers engagés à cinq pans, dont la base cubique comporte des congés sculptés ; un bandeau d'imposte règne à la naissance du berceau. Le collatéral nord est voûté de croisées d'ogives simples (moulurées d'une plate-bande entre deux cavets) retombant sur des culots ou sur des colonnes engagées (mur oriental). Le collatéral sud possède un voûtement d'ogives plus complexe, à liernes pour les deux travées occidentales, à liernes et tiercerons pour les deux orientales ; les nervures, formerets et doubleaux pénètrent dans des colonnes engagées de part et d'autre du collatéral ; les clefs de voûte sont toutes sculptées. Des fenêtres ébrasées en arc brisé éclairent les deux collatéraux. Une sacristie rectangulaire (moderne) s'adosse au mur oriental du collatéral nord et au mur nord du chevet.

Le clocher-porche est une tour à trois niveaux surmontée d'une flèche et raidie du côté ouest par d'épais contreforts angulaires. Les deux premiers niveaux sont de plan carré, le troisième est octogonal ; des trompes angulaires rachètent la différence de plan. Un escalier en vis hors-œuvre, logé dans un cage de plan trapézoïdal, est accolé à l'angle sud-est. La tour et la tourelle d'escalier sont coiffées de flèches octogonales en pierre (celle du clocher ornée de crochets).

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : crépi

Toits
  1. tuile creuse mécanique, pierre en couverture
Plans

plan allongé

Étages

3 vaisseaux

Couvrements
  1. voûte d'ogives voûte en berceau plein-cintre cul-de-four
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe ronde

  2. Forme de la couverture : flèche polygonale

Escaliers
  1. Emplacement : escalier hors-oeuvre

Décors/Technique
  1. vitrail (étudié)
  2. sculpture (étudié)
  3. peinture (étudié)

Localisation

** Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Audignon

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2016 F 220

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