Ferme dite Saint-Rémi, exploitation viticole

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet

Selon la tradition orale, Saint-Rémi aurait été à l'origine une abbaye ensuite transformée en logis noble. En 1669, celui-ci appartient à Jean Pelletant, président de l'élection de Saintes. Sa fille, Marie Pelletant épouse en 1708, dans la chapelle du logis de Saint-Rémi, Elie de Beaupoil, seigneur du Petit-Mareuil. En 1717, Elie de Beaupoil, chevalier, seigneur de la Guillardrie, Berne, Mareuil, en partie Saint-Rémy, les Salles de Riou aussi en partie, le Petit Fléac et autres lieux, demeure en son logis noble de Saint-Rémy, paroisse de Chenac. En 1734, son petit-fils, Alexandre de Beaupoil, écuyer, seigneur de Saint-Rémi, Besne en partie et autres places, lieutenant au régiment de la Vielle marine, demeure à son tour au logis de Saint-Rémi. En 1778, un procès-verbal de visite mentionne une ancienne chapelle, une fuie sans échelle, une glacière et un petit pavillon couvert en tuiles plates, placé dans l'axe de la grande allée du jardin.

A la Révolution, les biens de Pierre-Charles de Beaupoil de Saint-Aulaire, émigré, sont saisis comme biens nationaux. Parmi eux figurent le logis de Saint-Rémi qui comprend plusieurs chambres basses, une salle de compagnie, une salle à manger, des chambres hautes, une antichambre, un vestibule, une ancienne chapelle, une cuisine, une fournière, un pavillon, des chais, une fuie, des écuries, des greniers, des granges à boeufs et à foin, des cuviers, treuils et pressoirs, une brûlerie "où il y a deux chaudières montées, tout ce qui est utile et nécessaire pour l´utilité et usages des bouilleries de vin et eaux de vie, bassiots et pièces à serpentin", la maison de métayer, des toits à brebis, à cochons, à volailles "et autres servitudes", une cour et une avant-cour "avec une très belle mare", un puits, une glacière, un hangar et une remise, un jardin derrière le corps de logis, un champ fruitier ou jardin du métayer, une pièce de pré artificiel er de nombreuses autres terres, bois et vignes.

En 1833, selon le cadastre, Saint-Rémi appartient à Pierre Gousseland dit Renaud, qui y demeure (ses descendants y tiennent encore aujourd'hui une exploitation viticole). Le plan cadastral de cette époque montre deux ensembles de bâtiments : le principal, de plan en L autour d'une grande mare, à l'emplacement du logis actuel et de ses dépendances ; une petite métairie de l'autre côté du chemin, à l'est, à l'entrée de la propriété actuelle, et dont il ne reste qu'un pan de mur.

A la fin du 19e siècle encore, l'entrée du domaine est marquée par un porche surmonté d'un pavillon carré et couvert de tuiles plates, sans doute celui mentionné en 1778. Des vestiges de ce porche étaient encore visibles il y a quelques décennies. La mare a été comblée, le logis remanié et les dépendances transformées. Vers le milieu du 20e siècle, elles comprenaient une distillerie, un chai, une grange et une étable. A l'arrière du logis, une remise occupe ce qui devait être une habitation : on devine encore des ouvertures réparties en quatre travées et sur deux niveaux ; les ouvertures du rez-de-chaussée sont larges et ébrasées, et pourrait remonter au 18e siècle.

Une légende raconte qu'à la Révolution, une servante aurait caché le trésor de ses patrons dans un souterrain, d'où le dicton "Saint-Rémy dort sur un trésor". Ce trésor aurait été découvert à la fin du 19e siècle par Jean Vion, cultivateur brusquement enrichi, propriétaire notamment de la ferme de la Girauderie et bienfaiteur de la paroisse.

Périodes

Principale : 19e siècle

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

  2. Revêtement : enduit

  3. Mise en oeuvre : moellon

  4. Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. tuile creuse
Étages

1 étage carré

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

Typologie
  1. ferme à bâtiments jointifs en L

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet , chemin de Saint-Rémi

Milieu d'implantation: isolé

Cadastre: 1833 B 109, 110 et C 400, 2009 OC 979

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