Eglise Notre-Dame-de-l'Assomption

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Nuaillé-sur-Boutonne

L'église Saint-Brice de Nuaillé sur Boutonne fut vraisemblablement construite vers le milieu du 12e siècle, mais des mutilations ont, au cours des siècles, modifiées son aspect. Elle était une vicairie perpétuelle à la nomination de l'évêque de Saintes.

De la façade ouest, il ne reste que la partie inférieure : à une date inconnue, la partie supérieure a été remontée et coiffée d'un campanile, remplaçant ainsi le clocher qui s'est écroulé au 16e siècle. Cette partie inférieure est presque entièrement occupée par son portail roman avec la qualité de l’exécution de ses sculptures. Après la démolition des voûtes de la nef et du choeur ainsi que l'écroulement du clocher, l'église a subi la transformation de ses parties hautes qui ont été arasées au niveau des chapiteaux intérieurs de la nef.

Une chapelle latérale s'ouvrait au nord, on ne voit aujourd'hui que l'ouverture murée en arc brisé d'entrée pris dans la maçonnerie.L'église a été restaurée dans la deuxième moitié du 20e siècle, avec notamment la pose d'une voûte en châtaigner, et la découverte de fragments de peinture murale.

Le portail de l'église a été classé Monument Historique en 1894 et, à l'intérieur, une croix de procession du 18e siècle a été inscrite au titre d'objet en 1989.

Périodes

Principale : 12e siècle

Secondaire : 2e moitié 20e siècle

Le plan de l'église de Nuaillé sur Boutonne appartient à une importante famille d'églises romanes saintongeaises sans transept, avec une abside semi-circulaire sans absidiole, et une nef sans bas-côtés.

La façade occidentale est limitée de chaque côté par deux colonnes engagées dont une est dotée d'un chapiteau sculpté. Cette face est percée d'un portail à deux voussures : la première repose sur deux jambages cannelés flanqués dans la partie interne d'une colonne engagée et la deuxième sur deux colonnes ornées de spirales. Au-dessus du portail se situe une corniche à modillons simples et encore au-dessus, le mur, percé d'une étroite baie, se termine par un campanile dont l'ouverture accueille la cloche. On remarque, inclus dans la façade (à droite), un sarcophage vide et son couvercle utilisé comme remploi.

Détail des sculptures du portail : Portail principal présentant des colonnettes intérieures nues adossées sur des jambages à cannelures, et des colonnettes extérieures ornées de cannelures torses. Voussures sculptées de personnages debout. Voussure extérieure présentant diverses scènes de l'Enfance du Christ (l'Annonciation, la visite de l'ange à Joseph, la visite d'un ange aux Mages, le Massacre des Innocents, la visite des Mages à Hérode, l'Adoration des Mages, et un homme et une femme, peut-être Siméon et la prophétesse Anne). L'apparente désorganisation de ces scènes est peut-être le fruit d'un remaniement, à moins que l'auteur n'ait délibérément voulu faire coïncider les figures centrales des deux voussures (le Christ tenant le livre et la Vierge à l'Enfant). Voussure intérieure présentant le Christ entouré des apôtres discutant entre eux. Bandeau d'archivolte intégralement sculpté d'anges thuriféraires et adorateurs allongés (la présence d'un ange tronqué et d'une tête de démon tentaculaire se répondant aux bases de l'arc pourrait être le signe de remaniements). Sur le bandeau sur le reste de la façade, monstres et fauves que l'on retrouve sur les sommiers, et surtout à droite une femme couchée (qui n'est pas sans rappeller l'Eve d'Autun) et un personnage avec une bourse attachée au cou, peut-être des damnés. Chapiteaux sculptés : animaux fabuleux et petits personnages (notamment, à gauche du portail, un probable Saint Georges en armure à proximité de son cheval attaché à un arbre, terrassant le dragon, et à droite, deux fauves dévorant des êtres humains). Accolé à gauche du portail, un bas-relief, qui n'est sans doute pas à son emplacement d'origine, présentant deux démons torturant une âme.Première baie du mur sud ornée de chapiteaux à griffons affrontés et oiseaux assis sur des croupes de lions.

Sur la façade nord se trouvent deux fenêtres romanes (un est en arc brisé) encadrées de colonnes qui supportent une voussure et surmontées d'une archivolte. Du clocher disparu, il ne subsiste que l'ancien escalier d'accès compris dans l'épaisseur du mur nord, et les colonnes engagées renforcées par des dosserets qui supportaient son poids.

L'abside semi-circulaire est séparé en trois parties par des groupes de trois colonnes-contreforts montées sur un soubassement et ornées à leur base de demi-besants opposés et alternés. Les fenêtres qui s'ouvrent dans ces trois parties sont pourvues de colonnettes à chapiteaux simples et d'archivoltes en pointes de diamants, reliées par un cordon orné de feuillages.

A l'intérieur, les voûtes de la nef (aujourd'hui remplacées par une charpente lambrissée) sont portées par des colonnes engagées aux chapiteaux sculptés de feuillages et de têtes grotesques. En haut des murs se situent des corniches sculptées de dents de scies, de formes géométriques et de demi-besants. La travée du choeur est délimitée par deux piliers composés d'une pile rectangulaire accostée à l'intérieur d'une grosse colonne engagée et de chaque côté d'une plus petite. Les chapiteaux de ces colonnes sont sculptés de feuillages. L'abside, éclairée par trois fenêtres romanes ornées d'un boudin, est dotée d'une corniche sculptée de coeurs affrontés. Sur les murs, on peut également voir les vestiges de peintures médiévales à plusieurs endroits.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. tuile creuse
Plans

plan allongé

Étages

1 vaisseau

Couvrements
  1. fausse voûte en berceau plein-cintre
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

Décors/Technique
  1. sculpture
  2. peinture
  3. vitrail
Décors/Représentation
  1. Representations : personnages

  2. Representations : vêtement liturgique

  3. Representations : ornement végétal

  4. Representations : ornement animal


Précision sur la représentation :

Portail principal présentant des colonnettes intérieures nues adossées sur des jambages à cannelures, et des colonnettes extérieures ornées de cannelures torses. Voussures sculptées de personnages debout. Voussure extérieure présentant diverses scènes de l'Enfance du Christ (l'Annonciation, la visite de l'ange à Joseph, la visite d'un ange aux Mages, le Massacre des Innocents, la visite des Mages à Hérode, l'Adoration des Mages, et un homme et une femme - peut-être Siméon et la prophétesse Anne). L'apparente désorganisation de ces scènes est peut-être le fruit d'un remaniement, à moins que l'auteur n'ait délibérément voulu faire coïncider les figures centrales des deux voussures (le Christ tenant le livre et la Vierge à l'Enfant). Voussure intérieure présentant le Christ entouré des apôtres discutant entre eux. Bandeau d'archivolte intégralement sculpté d'anges thuriféraires et adorateurs allongés (la présence d'un ange tronqué et d'une tête de démon tentaculaire se répondant aux bases de l'arc pourrait être le signe de remaniements). Sur le bandeau sur le reste de la façade, monstres et fauves que l'on retrouve sur les sommiers, et surtout à droite une femme couchée (qui n'est pas sans rappeller l'Eve d'Autun) et un personnage avec une bourse attachée au cou, peut-être des damnés. Chapiteaux sculptés : animaux fabuleux et petits personnages (notamment, à gauche du portail, un probable Saint Georges en armure à proximité de son cheval attaché à un arbre, terrassant le dragon, et à droite, deux fauves dévorant des êtres humains). Accolé à gauche du portail, un bas-relief, qui n'est sans doute pas à son emplacement d'origine, présentant deux démons torturant une âme. Première baie du mur sud ornée de chapiteaux à griffons affrontés et oiseaux assis sur des croupes de lions. A l'intérieur, colonnes engagées contre les murs gouttereaux coiffées de chapiteaux à motifs végétaux, de têtes de goules et de figures humaines à longues barbes et cheveux rayonnants autour du visage. Sur les murs de la nef et du choeur, vestiges d'une litre et de peintures murales médiévales, dont la surface actuellement dégagée est trop faible pour pouvoir en déterminer le sujet. Un morceau de vitrail représentant la Vierge devant la baie du mur occidental.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Nuaillé-sur-Boutonne , rue de l'Eglise

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 1988 C2 551, 2016 C 551, 1834 C1 527

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