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Maison du prévôt de la collégiale d'Aubusson dite maison Jabouille
Historique
Cette maison a été rebâtie en 1771 (si l´on se réfère à la date gravée sur la clef du linteau surmontant sa porte d´entrée) sur un étage de soubassement plus ancien, datant vraisemblablement du 16e siècle (la date de 1590, quasi illisible, semble figurer sur le linteau d´une autre porte, au nord). Elle est signalée par Cyprien Pérathon, dans son Histoire d'Aubusson (1886), comme ayant appartenu à François Goubert (1735-1815). A l'angle ouest de son élévation antérieure figure en effet l´inscription : "GOVBER. P.D.L.C.D.O" - ce qui signifierait "Goubert, prévôt de la collégiale d'Aubusson". François Goubert fut le dernier prévôt de la collégiale d'Aubusson. Fils de Jean Goubert et de Marie Cartier, il appartenait à une famille de marchands de tapisseries. Maître ès-art et docteur en théologie, il fut élu prévôt de la collégiale Notre-Dame-du-Mont en 1763, en remplacement de Jean-François Garreau, curé du Moutier de Felletin. Il était également curé de l'église paroissiale de Saint-Sylvain-Bellegarde et official de Chénérailles. En 1789, il représenta le clergé pour la sénéchaussée de la Haute-Marche aux Etats Généraux. Après la nuit du 4 août 1789, il se démit de ses fonctions de prévôt en faveur de François Furgaud, curé d'Aubusson. La collégiale Notre-Dame-du-Mont ferma ses portes le 19 février 1790, après le décret de suppression des établissements monastiques. François Goubert prêta néanmoins le serment exigé par la Constitution civile du clergé, mais quitta toute charge officielle. En 1812, selon la matrice du cadastre napoléonien, sa maison comportait écurie et jardin. En 1815, à sa mort, François Goubert légua cette maison, ainsi que toute sa fortune, à l'hospice de la ville d'Aubusson. Les administrateurs de l'hospice la revendirent, en 1835, au docteur Joseph Delavallade (1792-1880). Ce dernier, qui avait fait la campagne de Russie (1812) puis ses études de médecine à Paris sous la direction du professeur Broussais (1813-1815), fut également un personnage important pour la ville d'Aubusson. Partisan de Charles-Jean Sallandrouze à l'élection législative de 1846, il fut lui-même brièvement maire d'Aubusson (1848) puis élu député de la Creuse la même année que Martin Nadaud (1849). Après le coup d'Etat de 1851, ses opinions républicaines le convainquirent de se retirer de la vie politique pour se consacrer à sa clientèle médicale. A sa mort (1880), la maison fut rachetée par le docteur Lebelle. Elle connut d'importants remaniements sous ces deux propriétaires : durant la seconde moitié du 19e siècle (restructuration de l´intérieur, avec création d´un escalier tournant à volées courbes en charpente et pose d´éléments de décor), puis à nouveau après 1880 (construction d'une resserre sur une partie du soubassement de l´ancienne écurie, vraisemblablement détruite à cette période). Par la suite, des garages furent bâtis peu avant la Seconde Guerre Mondiale pour clore le jardin, du côté de la rue Chateaufavier, ainsi qu´une buanderie. Longtemps habitée par le docteur Jabouille, qui y aménagea un cabinet d´ophtalmologie, la maison a été léguée par ce dernier à la commune d´Aubusson, par testament du 7 septembre 2007, « pour en faire un lieu d´exposition pour les artisans locaux », ainsi que « pour être louée au Théâtre National Jean Lurçat pour loger des artistes de passage ». Elle est actuellement en attente d´une réhabilitation.
Description
Cette maison, de plan rectangulaire régulier, a été bâtie sur une parcelle d´angle limitée, au sud, par la rue Chateaufavier et à l´ouest, par la rue de l´Echelle, entre rue et jardin attenant, à l´est - ce dernier surplombant l´arrière de la Grande Rue. Double en profondeur, elle se développe sur un étage carré et étage de comble, sous un toit à croupe recouvert de tuiles plates disposées en écailles, présentant un égout retroussé. Deux lucarnes à fronton-pignon devanture de bois et jouées bardées d´essentes s´ouvrent dans les versants nord et sud, une seule dans les versants ouest et est. La maison est construite sur un étage de soubassement, éclairé par deux étroits fenestrons ouverts à l´ouest, sur la rue de l´Echelle et accessible, de l´extérieur, par deux portes pratiquées dans cette même élévation ouest, l´une basse, à encadrement chanfreiné et l´autre, à deux vantaux, munie de chasse-roues et surmontée d´une imposte vitrée. L´élévation antérieure, sur la rue Chateaufavier, se développe sur cinq travées traitées en pierre de taille de moyen appareil. Bandeau entre les niveaux, appuis saillants des baies à l'étage, corniche moulurée et linteaux des fenêtres et de la porte piétonne traités en arcs segmentaires surbaissés à clef passante constituent les seuls éléments décoratifs de cette façade. A l´intérieur, depuis la porte piétonne, un couloir central mène à l´escalier tournant suspendu en bois à volées courbes, avec jour central, qui dessert les étages. Un autre escalier tournant en pierre conduit à l´étage de soubassement, qui comportent deux salles basses voûtées en plein cintre, l´une se développant sous la cuisine et l´autre sous l´espace de la bibliothèque et du salon. A l´ouest se trouve une autre pièce à usage de buanderie, dont les deux portes (celle d´accès et celle donnant sur la rue de l´Echelle) présentent des éléments de décor spécifiques à l´architecture civile 16e d´Aubusson (linteau monolithe triangulaire, linteau en accolade) Au rez-de-chaussée, la grande pièce orientée au sud (bibliothèque) a conservé ses lambris de revêtement, ses étagères intégrées, son plafond mouluré et sa cheminée en marbre, avec un trumeau orné d´un miroir et cantonné de deux pilastres à chapiteaux décorés de caducées. La pièce orientée à l´ouest (ancien cabinet d´ophtalmologie) présente des lambris de revêtement à motifs chantournés, avec niche et placard à deux vantaux dans chaque angle et une cheminée en pierre de Volvic aux jambages galbés, dont le linteau est décoré d´un trophée central accosté de deux trompettes, de volutes et de deux lions à la gueule ouverte. Dans la pièce orientée au nord se trouve, adossée au mur est, une cheminée en pierre, avec une hotte droite. A l´étage, dans la pièce orientée à l´ouest (cuisine), se situe une cheminée en bois avec un décor de pilastres cannelés sur les montants et le trumeau. La pièce orientée au sud offre une remarquable cheminée en pierre de Volvic de style Louis XV, avec un arc monolithe chantourné et un linteau timbré d´une coquille. Une autre cheminée de même profil est conservée dans la pierre orientée au nord. Dans l´alignement de la maison, du côté est, se trouvent deux garages couverts en appentis recouverts de tuiles mécaniques (dont l´un bâti sur cave, accessible par une trappe) et une buanderie. A l´angle nord-est du jardin se trouve une resserre, couverte d´un toit à longs pans, qui a manifestement été construite sur une partie de l´ancienne écurie, dont il subsiste, sur la rue Barrabant, une porte à encadrement chanfreiné.
Détail de la description
| Murs |
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|---|---|
| Toits |
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| Plans |
plan rectangulaire régulier |
| Étages |
étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble |
| Couvrements |
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| Élévations extérieures |
élévation à travées |
| Couvertures |
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| Escaliers |
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| Décors/Technique |
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| Décors/Représentation |
Précision sur la représentation : La date de 1771 est inscrite sur la clef passante qui surmonte la porte d'entrée. Lambris de revêtements au rez-de-chaussée et à l'étage. Les murs de l'ancien cabinet d'ophtalmologie sont recouverts de lambris de revêtement constitués d'une alternance de grands panneaux rectangulaires, droits ou chantournés, avec d'étroits panneaux oblongs ; le trumeau de la cheminée, de part et d'autre du miroir qui l'orne, porte un décor de chutes végétales et de coquilles. Un décor de pilastres à cannelures rudentées agrémente le trumeau d'une cheminée, à l'étage. La grille fermant l'imposte vitrée qui surmonte la porte d'entrée représente quatre serpents entrelacés accostant une tortue. |
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA23000573 |
| Dossier réalisé par |
Philippe Emmanuelle
Chercheur Inventaire, SRI Limousin de 2009-2012 |
| Cadre d'étude |
|
| Aire d'étude |
Aubusson |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2010 |
| Copyrights |
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, (c) Ville d'Aubusson |
| Citer ce contenu |
Maison du prévôt de la collégiale d'Aubusson dite maison Jabouille, Dossier réalisé par Philippe Emmanuelle, (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, (c) Ville d'Aubusson, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/b24dae5d-155f-4efe-b589-ea73391c1ad2 |
| Titre courant |
Maison du prévôt de la collégiale d'Aubusson dite maison Jabouille |
|---|---|
| Dénomination |
maison |
| Genre du destinataire |
de prévôt |
| Appellation |
maison Goubert, puis maison Delavallade, puis maison Lebelle, puis maison Jabouille |
| Parties constituantes non étudiées |
jardin garage écurie resserre buanderie |
| Statut |
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|---|---|
| Protection |
Site, secteur ou zone de protection : Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager |
Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Creuse , Aubusson , 15 rue Chateaufavier
Milieu d'implantation: en ville
Cadastre: 1812 C 403, 403 bis , 404, 2007 AN 266