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Ensemble de l'autel de la Vierge (autel, gradin, tabernacle)
Historique
Un passage des mémoires de l'abbé Vincent Foix (1857-1932) conservés aux Archives départementales des Landes et exploitant un document (aujourd'hui disparu) des archives de Nerbis, fournit des renseignements essentiels sur l'ancien maître-autel de l'église Saint-Pierre, malgré certaines imprécisions (voir annexe). Entre le mois de juillet 1679 et le 2 septembre suivant, François de Larroque, religieux dominicain au couvent des Jacobins de Saint-Sever et doreur amateur, exécuta pour 180 livres la dorure d'un tabernacle pour l'église de Nerbis, puis, dans le courant de l'année suivante, celle du retable pour la somme de 620 livres (travail que le doreur dacquois Pierre Breton, chargé de l'expertise, jugea défectueux). "Dans le même temps" (1679 ou 1680 ?), le sculpteur Berrichon, de Tartas, réclamait 80 livres à la fabrique pour solde de l'exécution du "grand autel de Saint-Pierre". De cette chronologie un peu embrouillée, il ressort que les quatre reliefs anciens remployés dans le meuble actuel sont probablement l’œuvre de Berrichon, praticien que l'on peut identifier à coup sûr avec Philippe Limosin dit Berrichon, peintre et sculpteur qui travailla en 1656 pour l'église Saint-Michel de Sabres et qui était encore vivant en 1683.
Le devenir de cet ensemble aux XVIIIe et XIXe siècles est connu par les archives de la fabrique et par les procès-verbaux des visites pastorales des évêques d'Aire. En janvier 1751, le marguillier Barthélemy Darzacq remit 12 livres au peintre Delors pour prix du travail "fait au tableau du grand authel", et 29 livres au menuisier Lamirande "pour avoir fait le marchepied du grand authel". En août 1755, l'évêque François de Sarret de Gaujac trouva un ensemble complet et bien entretenu (un "tabernacle sculpté et doré, vieux mais encore en état", un "retable en état"). La Révolution et l'abandon que subit l'église jusqu'au rétablissement du culte après 1801 entraînèrent sans doute d'importantes dégradations, car l'autel "tombe de vétusté" dès le milieu du XIXe siècle. En mai 1862, le menuisier (?) Lapierre présenta un devis de restauration (1.600 francs) qui semble avoir été mis à exécution. Dès 1865, toutefois, le curé Adolphe Ponse, fraîchement nommé, commanda un nouveau maître-autel à la fabrique toulousaine Virebent et l'autel-retable du XVIIe siècle fut démonté et entreposé au fond de la sacristie. Un inventaire du 3 mai 1885 mentionne, sous les n° 32 et 33, les "débris nombreux et importants par la masse de l'ancien contre retable", dont "deux statues en bois doré [de] St Pierre et St Paul" (seules conservées aujourd'hui), "6 colonnes torses, le tout vermoulu, pourri ou en mauvais état", "douze petites statuettes [...] autres débris de cet autel, ainsi que 6 chapiteaux d'un joli travail, bois doré".
Dès 1871, cependant, quatre bas-reliefs provenant de cet ensemble (sans doute ses éléments les mieux conservés) avaient été remployés dans un nouvel autel dédié à Notre-Dame, fabriqué par un nommé Dupouy pour la somme de 446 francs, puis peint et doré pour 355,75 francs par Louis Ponse (1844-?), peintre et doreur à Tartas (et sans doute parent du curé Adolphe Ponse). Le meuble resta en place dans le bras nord du transept jusqu'en 1983, date à laquelle le menuisier Dartiguelongue de Mugron, à la demande de l'abbé Devillers, curé de Mugron et Nerbis, restaura les panneaux sculptés et déplaça le tombeau d'autel dans le chœur pour en faire un autel "face au peuple". A l'occasion de la restauration intérieure de l'église en 2000-2002, le meuble a été reconstitué dans son état de 1871, à nouveau restauré et installé dans l'absidiole sud après son inscription au titre des Monuments historiques.
Détail de l'historique
Description
Meuble en chêne entièrement polychromé et doré ; tombeau d'autel rectangulaire, à la face scandée par quatre colonnettes au fût renflé (celles du centre jumelées) encadrant deux bas-reliefs carrés encastrés ; gradin droit ; tabernacle composé d'une armoire eucharistique de plan trapézoïdal, aux faces scandées par une arcature en plein cintre sur colonnettes baguées, avec porte rectangulaire ornée de fausse ferrures en laiton ; de part et d'autre, des ailes de même hauteur, flanquées de colonnettes et ornées en leur centre de bas-reliefs rectangulaires verticaux encastrés ; amortissant l'armoire, une exposition en dôme pyramidal.
Détail de la description
| Catégories |
menuiserie, sculpture |
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| Structures |
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| Matériaux |
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| Dimensions |
Précision sur les dimensions : Autel : h = 102 ; la = 201 ; pr = 98,5. Gradin : h = 14,5. Tabernacle : h = 108 ; la = 185,5. Armoire eucharistique : la = 55. Reliefs de l'autel : h = 61 ; la = 62. Reliefs du tabernacle : h = 36 ; la = 24. |
| Iconographie |
Précision sur l'iconographie : Le programme iconographique du tabernacle est dédié à la Vierge, titulaire de l'autel de 1871 ; celui du tombeau d'autel, qui remploie deux reliefs de localisation imprécise dans l'ancien maître-autel, développe le thème eucharistique par le biais d'une représentation typologique du Sacrifice d'Abraham et de l'Agonie du Christ ; le décor peint du gradin (colombes becquetant des grappes de raisin) s'inscrit dans la même thématique. Décor du tombeau d'autel. Quatre colonnes au fût renflé et au chapiteau "roman" orné de palmettes et d'entrelacs encadrent deux grands bas-reliefs carrés (en remploi) représentant, à gauche, le Sacrifice d'Abraham (un ange saisit le couteau d'Abraham prêt à frapper Isaac), à droite, l'Agonie du Christ au jardin des Oliviers (un ange dans les nuées, exact pendant de celui de la scène vétérotestamentaire, tend au Christ la croix symbolisant sa Passion à venir). Au-dessus des reliefs, six consoles ou modillons soutenant la table d'autel sont sculptés de symboles christiques : de gauche à droite, un calice, un poisson, le chrisme entre l'alpha et l'oméga, une croix tréflée et nimbée, le Pélican mystique, un calice. Le fond doré des montants de l'autel est gravé d'un quadrillage losangé (sur les côtés) et d'un faux appareil fleuronné (au centre). Les faces latérales du tombeau sont ornées de grands quadrilobes en relief peints de croix et de rinceaux Décor peint du gradin. Au centre, un vase godronné d'où sortent des branches de vigne, dont dix colombes becquètent les grappes, le tout se détachant sur un fond doré. Décor du tabernacle. Sur la porte, une croix latine à bras tréflés et des fausses ferrures en laiton doré. Sur le tympan doré au-dessus de la porte et sur les tympans bleus des faces latérales de l'armoire eucharistique, le monogramme MA entouré de douze étoiles et de rinceaux. Sur les ailes, deux reliefs (en remploi) figurant, à gauche, l'archange Gabriel, à droite, la Vierge de l'Annonciation. Sur les pans latéraux de l'armoire et de part et d'autre des reliefs des ailes sont peints, dans des médaillons en amande superposés deux à deux, les symboles des Litanies de la Vierge : Vierge des vierges (croix tréflée entre deux lys), tour d'ivoire, tour de David, arche d'alliance (châsse gothique), maison d'or (église), porte du ciel (porte fortifiée), étoile du matin, refuge des pécheurs (cœur crucifère et croix de procession), Vierge vénérée (lys dans un vase), Vierge puissante (lys dans un vase), siège de sagesse (cathèdre gothique), vase insigne de dévotion (calice), vase honorable (reliquaire gothique), vase spirituel (ciboire), miroir de justice, rose mystique. Les consoles (ou modillons) au-dessus des reliefs sont sculptées de palmettes ou de motifs végétaux romans. Le dôme pyramidal de l'exposition est peint sur chaque face de couronnes royales dans des médaillons, dont la bordure porte d'autres noms de Litanies : reine des anges, reine des vierges, reine des confesseurs, reine des martyres, reine de tous les saints. |
| Inscriptions et marques |
Inscriptions concernant l'iconographie (peintes de part et d'autre des médaillons en amande avec les symboles des Litanies, sur les pans latéraux de l'armoire eucharistique et sur les ailes du tabernacle), de gauche à droite et de haut en bas : STA VIRGO VIRGINVM, TVRRIS EBVRNEA, TVRRIS DAVIDICA, FŒDERIS ARCA (pan gauche de l'armoire) ; DOMVS AVREA, IANVA CŒLI, STELLA MATVTINA, REFVGIVM PECCATORVM (pan droit de l'armoire) ; VIRGO VENERANDA, VIRGO POTENS, SEDES SAPIENTIÆ, VAS INSIGNE DEVOTIONIS (aile gauche) ; VAS HONORABILE, VAS SPIRITVALE, SPECVLVM IVSTITIÆ, ROSA MYSTICA (aile droite). Autres noms de Litanies sur la bordure des médaillons du dôme de l'exposition : REGINA ANGELORVM, REGINA VIRGINVM, REGINA CONFESSORVM, REGINA MARTIRVM, MATER REGINA SANCTORVM OMNIVM. |
| État de conservation |
Le meuble est une création composite remployant quatre bas-reliefs anciens (voir historique). Il a été restauré en dernier lieu en 2000-2002. |
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre objet mobilier |
|---|---|
| Référence du dossier |
IM40006025 |
| Dossier réalisé par |
Maisonnave Jean-Philippe
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| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Mugron |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2014 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Ensemble de l'autel de la Vierge (autel, gradin, tabernacle), Dossier réalisé par Maisonnave Jean-Philippe, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/13874807-4f8d-4923-9af3-3fc2d3d6bfa6 |
| Titre courant |
Ensemble de l'autel de la Vierge (autel, gradin, tabernacle) |
|---|---|
| Dénomination |
autel gradin d'autel tabernacle |
| Précisions sur la dénomination |
autel secondaire |
| Appellation |
de la Vierge |
| Statut |
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|---|---|
| Protection |
Précision sur la protection : Arrêté d'inscription : "Autel (chœur), bois peint et doré, grands bas-reliefs (61 x 62), petits bas-reliefs (24 x 26), XVIIe, XIXe et XXe siècles." |
| Intérêt |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Nerbis
Milieu d'implantation: en village