Église paroissiale Saint-Pierre-ès-Liens

France > Nouvelle-Aquitaine > Dordogne > La Bachellerie

L'ancienne paroisse s’appelait le Cern et son église était située à proximité de la rivière du même nom, non loin du moulin du Muguet - un acte de 1746 précise que "l'ancienne église du Cern était dans le vallon du présent bourg où les murailles de la dite église en partie subsistent encore" et le cadastre de 1825 mentionne encore le lieu-dit "L'église" proche du ruisseau.

A suivre Bernard Fournioux, la création de la paroisse remonterait entre le Ve et le VIIe siècle, c'est-à-dire lors de la première période d'évangélisation du territoire autour de Montignac caractérisée par des églises fondées sous le vocable de Saint-Pierre-ès-liens. Un premier édifice cultuel aurait donc été construit lors de cette première période d'évangélisation. Rien ne semble subsister de celui-ci, ni de ceux qui lui ont succédé au cours des siècles suivants. Aucune fouille archéologique n'est venue à ce jour confirmer cette datation dont l'ancienneté ne repose pour l'instant que sur la dédicace de l'église au proto-martyr, tout comme les églises de Montignac, Bars et Thonac. Selon une bulle de 1153 et une autre de 1170, Saint-Pierre du Cern ("Sancti Petri de Corno") appartenait à l'abbaye de Sarlat, avant de passer aux moines de Saint-Amand-de-Coly. Le Cern relevait de l'archiprêtré de Saint-Méard (près d'Excideuil) et du diocèse de Périgueux. L'église est encore mentionnée "Ecclesia de Cerno" en 1382 ou "de Sern" en 1400.

Sujette aux inondations peut-être produites par la rupture de la digue rocheuse naturelle de l'étang de Badefol, l'église du Cern est abandonnée dans les dernières années du XVIIe siècle au profit d'un nouvel édifice situé à La Bachellerie qui devient alors le nouveau chef-lieu paroissial et prend son nom à ce moment-là. La première église située à La Bachellerie est construite à l'initiative et grâce au financement de François Chapt, chevalier, seigneur marquis de Rastignac. Dans son testament en date du 23 mars 1723, le marquis déclare "vouloir estre enseveli dans l’esglize paroissialle de La Bachellerie que j’ay faicte bastir à mes despant dans l’estat qu’elle est à présent et dans mon tumbeaux où repoze le corps de deffuncte ma très chère et honnoré espouze, dame Jeanne de Touchebouf-Clermond [Jeanne Gabrielle de Clermont Vertillac]" (AD Dordogne, 3 E 3421, étude Lalande). Le cadastre napoléonien de 1825 montre le plan de l'édifice, caractérisé par un chevet plat et trois chapelles, dédiées à Notre-Dame, saint Blaise et sainte Madeleine, l'une d'elles en saillie au nord.

Cette église paroissiale est entièrement rasée vers 1854 sur proposition de l'architecte Auguste Bouillon (1805-1864), élève de Léon Vaudoyer, qui compte bâtir une église a novo au même emplacement. Le projet de l'architecte est approuvé par l'évêque de Périgueux le 27 janvier 1859 et par le préfet de Dordogne le 4 avril de la même année ; les travaux de l'église actuelle commencent peu après. Selon les archives, la pierre de taille utilisée provient de la carrière locale des Bouilleries. La nef et le chœur semblent toutefois avoir été surélevés dans un second temps, avant 1900, date de la première carte postale où l'église apparaît déjà avec sa surélévation. Ces travaux ont peut-être été faits suite à l'effondrement de la voûte en berceau érigée par Bouillon : elle est indiquée comme "tombée" au crayon à papier, en surcharge de son projet de 1859. D'ailleurs, les collatéraux, aujourd'hui couverts par un lambris de couvrement, étaient sans doute eux-aussi couverts différemment à l'origine : des voûtes d'arêtes sont indiquées sur le même plan. Celui-ci indique également l'emplacement d'une tombe sous l'autel du collatéral sud, orientée différemment du sanctuaire : il s'agit du tombeau de la famille Chapt de Rastignac, les fondateurs de la première église du lieu.

L'église est restaurée dans les années 1920.

Périodes

Principale : 1er quart 18e siècle (daté par source) (détruit)

Principale : milieu 19e siècle (daté par source)

Secondaire : 4e quart 19e siècle (incertitude)

Secondaire : 1er quart 20e siècle (daté par source)

Dates

1859, daté par source

1921, daté par source

Auteurs Auteur : Bouillon Auguste Louis

Architecte départemental de la Dordogne.

, architecte

De plan rectangulaire (env. 23,5 x 17,5 m pour la nef et ses collatéraux), cette église de style néo-médiéval est précédée d'un clocher-tour sur porche en façade érigé entièrement en pierre de taille, au sud-ouest. Intérieurement, un escalier étroit en vis et construit en bois permet d'accéder à la chambre des cloches. Précédant la nef, le narthex présente une voûte d'arêtes. La nef centrale, accompagnée de bas-côtés, est voûtée en berceau plein-cintre. Elle mène à l'abside du chœur coiffée d'un cul-de-four. Les collatéraux présentent un lambris de couvrement.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. ardoise
Plans

plan allongé

Couvrements
  1. voûte en berceau plein-cintre lambris de couvrement voûte d'arêtes cul-de-four
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

  2. Forme de la couverture : toit en pavillon

  3. Forme de la couverture : appentis

Escaliers
  1. Emplacement : escalier demi-hors-oeuvre

    Forme : escalier en vis

    Structure : en charpente

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Dordogne , La Bachellerie

Milieu d'implantation: en village

Lieu-dit/quartier: Bourg

Cadastre: 1825 A2 630, 1958 AB 91

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