Ferme dite la Maison aux volets bleus

France > Nouvelle-Aquitaine > Deux-Sèvres > Sansais

Au début du 19e siècle, vivent là André Arnault (1763-1823), sabotier, et son épouse Louise Charot (1770-1832). Une habitation apparaît ici sur la carte de la Sèvre Niortaise par Mesnager en 1818-1821, puis deux sur le plan cadastral de 1830. Entourées de fossés qui communiquent avec la Sèvre et qui délimitent les parcelles, elles font partie des cabanes Bergère, au bord de la conche du même nom. Après leur décès, et comme le confirme le cadastre, les deux habitations, séparées par un fossé, appartiennent aux héritiers d'André Arnault et Louise Charot, notamment leurs fils Jean Arnaud (1799-1841), époux de Madeleine Renou, et Louis Arnaud (1810-1886), époux de Louise Giraud, tous deux tour à tour cultivateurs, sabotiers et pêcheurs. Le 5 avril 1832, devant Me Ochier, notaire à Coulon, Louis Arnaud, encore célibataire, demeurant à Bergère mais domestique à Villefollet (Coulon), rachète à ses frères et soeurs la moitié ouest de la maison familiale dont il possède déjà l'autre moitié est, "consistant en une chambre basse, grenier par-dessus, plus un fournil au couchant, une fruitière au midi et une terrée à la suite". En 1861, Madeleine Renou, veuve de Jean Arnaud, fait le partage de ses biens entre ses enfants, parmi lesquels figure "une maison composée de deux chambres basses avec grenier au-dessus, d'une écurie avec fenil au-dessus, et d'un petit jardin". Ce lot est attribué au fils de Jean Arnaud et Madeleine Renou, Louis Arnaud (1831-1885), pêcheur, époux de Rose Jubien. Il pourrait s'agir de la ferme à l'est du fossé.

Selon le cadastre, la ferme à l'ouest du fossé est reconstruite en 1860 et 1863 pour le compte de Louis Arnaud époux Giraud. En 1860, celui-ci est autorisé par l'Etat à construire un hangar à piliers en bois le long de la conche Bergère, en arrière de sa ferme. Surtout, le 1er mai 1862, Louis Arnaud époux Giraud (reconnaissable à sa signature qui le distingue de son neveu, Louis époux Jubien) passe un marché avec Jean Jollet, maître maçon à Coulon, qui s'engage "à lui construire une maison au nord de celle qu'il habite actuellement", le mur nord de celle-ci devenant le mur sud de la nouvelle habitation (voir en annexe). Les travaux doivent être achevés avant le 10 juillet. L'habitation prend alors l'essentiel de son aspect actuel. Selon la tradition orale, elle réunit en fait deux logements, chacun composé d'une pièce au rez-de-chaussée et d'un grenier, et disposant d'une étable ou écurie à vaches à l'arrière. La ferme placée à l'est du fossé est quant à elle agrandie en 1878, selon le cadastre, puis réduite en dépendance (ou "bâtiment rural") en 1918, avant de disparaître. Le fossé qui séparait les deux fermes est quant à lui comblé.

Entre temps, à la fin du 19e siècle, le tout est passé au fils de Louis Arnaud époux Jubien, Honoré Arnaud (1872-1938), époux de Mélanie Martin, dont la fille Marie-Rose naît en 1897 dans la ferme placée à l'est du fossé. Elle-même apporte ensuite la propriété à son mari, Olivier Ravard (1895-1947), sabotier, puis à leur fils, Gilbert Ravard (1924-2003), cultivateur et éleveur. Dans les années 1950, la grand-mère Mélanie Martin veuve Arnaud habite la ferme à l'est, tandis que sa fille, Marie-Rose Arnaud veuve Ravard, occupe la partie ouest de la ferme ouest, et que son fils Gilbert, marié en 1949, s'installe dans la partie est. Un peu avant 1960, Marie-Rose Arnaud rejoint sa mère Mélanie (qui décède en 1960) dans la ferme est, et les deux logements qui composaient le logis de la ferme ouest sont alors réunis en un seul, avec la salle commune à l'ouest et une chambre à l'est. Divers aménagements de confort sont réalisés, aboutissant à la suppression de potagers et de cheminées. Une troisième habitation se trouvait au sud-est, accolée aux dépendances ; elle a été détruite en 1975. C'est pour répondre au souhait de son épouse, Christiane, originaire de Dieppe, en Normandie, que Gilbert Ravard peint les volets de son logis en bleu. Bien que la couleur ne soit pas caractéristique de la région, la "Maison aux volets bleus" est devenue un emblème du Marais poitevin. Elle est toujours le siège d'une exploitation d'élevage, tenue par Fabrice Ravard.

Périodes

Principale : 3e quart 19e siècle

Dates

1862, daté par source

Accessible uniquement par bateau, cette ancienne ferme dispose d'un petit port privé à l'avant de ses bâtiments. Ceux-ci sont construits sur une parcelle surélevée. Les différentes dépendances (étable avec fenil au-dessus, hangar...) sont placées en arrière du logis, autour d'une cour. Le logis comprend un rez-de-chaussée et un grenier. La façade présente quatre travées d'ouvertures, aux encadrements saillants.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. tuile creuse
Étages

rez-de-chaussée, étage en surcroît

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

Typologie
  1. Ferme à bâtiments séparés
  2. Marais mouillés
  3. 4

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Deux-Sèvres , Sansais , 5 route des Bords de Sèvre

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Bergère

Cadastre: 1833 A 540, 541, 2024 OA 120

Localiser ce document