Hôtel des Pyrénées

France > Nouvelle-Aquitaine > Pyrénées-Atlantiques > Eaux-Bonnes

Relevant de la deuxième vague de construction de la station après les abords immédiats de l'établissement thermal, cet édifice endosse dès l'origine la fonction d'hôtel de voyageurs. Il fut construit entre 1854 et mai 1855 par Pierre Sécula. Il s'agit non seulement du premier édifice de l'entrée d'Eaux-Bonnes mais aussi d'une construction passant singulièrement au-dessus de la cascade de la Sourde, rivière faisant l'objet d'un canal souterrain artificiel situé sous le jardin Darralde.

La bâtisse est citée sous l'appellation maison Sécula durant la seconde moitié du 19e siècle, en particulier dans le Guide Jam de 1869 et le plan du quartier de 1874, puis elle est rebaptisée hôtel des Pyrénées, nom qu'elle conserve encore, certainement dans les années 1920, en attestent les nombreuses cartes postales la représentant à l'époque. En 1894, l'établissement, alors tenu par Mme veuve Capjuzan, est endommagé par un violent incendie, sans toutefois faire de victime, le charpentier Henri Sécula ayant notamment pu extraire des flammes une touriste originaire de Paris.

Benjamin Sécula, probablement frère du dénommé Pierre, érige quant à lui une seconde maison Sécula dans la rue de la Cascade en 1866 mais celle-ci sera rapidement démolie en raison de l'aménagement de la place de l'Espérance (actuelle place Valéry Meunier) entre 1870 et 1875 sous la direction de l'architecte départemental Pierre Gabarret.

Durant l'entre-deux-guerres, l'hôtel des Pyrénées, bénéficiant d'écuries et de remises, est tenu par P. Saban, qui pratique des tarifs concurrentiels avec des chambres à partir d'1 franc. Ayant conservé sa vocation d'hébergement, il abrite de nos jours des logements de tourisme.

Périodes

Principale : 3e quart 19e siècle

Dates

1854, daté par source

Situé à proximité du jardin Darralde, l'hôtel des Pyrénées s'inscrit dans le contexte des constructions urbaines de la seconde moitié du 19e siècle, participant de ce fait au singulier ensemble architectural d'Eaux-Bonnes. Son architecture mêle les prérogatives de l'urbanisme haussmannien naissant et les influences vernaculaires ossaloises.

Il tire sa renommée de sa localisation particulière, car il est suspendu au bord du précipice du Valentin et implanté au-dessus de la cascade de la Sourde, qui émerge à cet endroit du canal souterrain artificiel passant sous le jardin Darralde. C'est en outre le premier édifice visible à l'issue de la route montagneuse menant à la station, constituant en quelque sorte la porte d'entrée d'Eaux-Bonnes.

Pensé sur un plan carré, l'hôtel des Pyrénées déploie ses trois niveaux de chambres et un niveau de combles au-dessus du précipice. La façade principale, donnant sur la rue Louis-Barthou, a été surélevée et adopte ainsi les caractéristiques d'une façade-écran masquant les combles et la couverture à l'arrière. Ses six travées sont percées de baies disposées de façon symétrique et dotées de petits garde-corps en fer forgé, l'ensemble correspondant à la morphologie habituelle de l'architecture haussmannienne. Au rez-de-chaussée, en revanche, le porche-galerie et son auvent recouvert d'ardoises renvoient davantage aux constructions vernaculaires ossaloises.

Véritable outil de communication, la façade latérale, qui surgit au détour du dernier virage de la route montagneuse, est entièrement recouverte d'ardoises des Pyrénées sur lesquelles le nom de l'hôtel est peint en lettres blanches immenses.

En ce qui concerne la façade postérieure, intégralement recouverte d'ardoises des Pyrénées, elle épouse la pente naturelle et abrupte de la montagne, ce qui implique nécessairement un soubassement profond et donna l'opportunité d'aménager un niveau supplémentaire en galerie couverte. A l'instar des constructions haussmanniennes et, plus particulièrement, en Béarn, on observe un important contraste entre le soin de la façade sur rue destinée à l'apparat et l'élévation postérieure plus négligée, dont les percements de baie sont moins symétriques que fonctionnels.

Murs
  1. Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

  2. Matériau du gros oeuvre : pierre

    Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. ardoise
Plans

plan carré régulier

Étages

3 étages carrés, étage de comble, étage de soubassement

Élévations extérieures

élévation à travées

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Pyrénées-Atlantiques , Eaux-Bonnes , 1 rue Louis-Barthou

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2018 AN 3

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