Peinture de la voûte du chœur : Triangle trinitaire et apôtres

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Montsoué

Les mentions d'archives concernant les peintures murales exécutées au XIXe siècle dans l'église de Boulin sont trop imprécises pour permettre une attribution sûre du décor en trompe-l'œil qui couvre la voûte du chœur, seul subsistant à l'heure actuelle. Le 6 mai 1873 fut payée à "Fortuné, peintre" la somme de 70 francs "pour les deux niches (?) et [illisible]". Si l'artiste est certainement identifiable avec Léonard Fortuné, dit Fortuni (Bordeaux, 1839 - Pau, 1906), auteur de nombreux décors muraux dans les églises de Chalosse et du Béarn (il travaille la même année 1873 à Vielle-Tursan et à Urgons, communes situées respectivement à 10 et 14 kilomètres de Montsoué), la nature exacte de son intervention ne peut être précisée et la somme de 70 francs paraît bien faible pour un travail de cette ampleur. Cependant, de nombreuses affinités avec d'autres décors attestés de Fortuné incitent à lui attribuer également celui-ci : la forte ressemblance du cul-de-four avec celui de la chapelle du Sacré-Cœur à Baigts (notamment le réseau de nervures fleuronnées, exactement identique), exécuté en 1877, et celle de la fausse voûte caissonnée avec celles des chapelles latérales de l'église de Vielle-Tursan constitue presque une signature. A noter que le peintre avait servi d'intermédiaire en 1871 pour la livraison à l'église de quatre verrières du Toulousain L.-V. Gesta.

Les archives font encore état d'autres travaux, qui concernent apparemment des peintures aujourd'hui disparues : le 15 octobre 1877, "M. Sacreste, d'Aurillac", reçut 350 francs "pour les peintures de St J.", sans doute un décor destiné à la chapelle nord, consacrée à saint Jean. Enfin, un devis de réparation de l'église en 1885 prévoit l'exécution de "peintures décoratives autour des murs du sanctuaire", dont on ne sait si elles furent réalisées et qui sont actuellement indécelables. L'absence de mention de peintures à la voûte laisse supposer que celles-ci étaient déjà exécutées à cette date.

Périodes

Principale : 2e moitié 19e siècle

Auteurs Auteur : Fortuné Léonard

Louis Léonard Fortuné (dit Fortuni), peintre-décorateur né à Bordeaux le 14 février 1839, fils du boulanger Hippolyte ("Hypolite") Fortuné (Bordeaux, 1808-1863), enfant trouvé, et de Marie dite Célina Laporte (Castres-Gironde, 1815 - Bordeaux, après 1872), et frère ainé de Louis Léonard Charles Fortuné (1855-1928), également peintre-décorateur (à Arcachon). Léonard Fortuné épousa en premières noces à Gaujacq (Landes), le 8 octobre 1872, Catherine Marie Soubeste (Poyanne, 30 octobre 1850 - Lagelouse, Gaujacq, 9 août 1878), institutrice, fille d'Alexandre Soubeste, instituteur, et de Catherine Géral, dont il eut deux enfants, Blanche Olympe Fernande (1873-1873) et Auguste Maurice (1876), tous deux nés à Gaujacq (source : Geneanet). Le peintre habita d'abord à Gaujacq (au lieu-dit Lagelouse), lieu de résidence de sa première femme, puis s'installa à Uzein (Basses-Pyrénées), à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Pau, sans doute à l'occasion de son remariage avec Honorine Sarrailh. Il mourut à l'hospice de Pau (cours Bosquet) le 7 janvier 1906 à onze heures (AD Pyrénées-Atlantiques, Pau, décès, 1903-1908, n° 25 ; L'Indépendant des Pyrénées, 9 janvier 1906, p. 3). Actif dans la région de Lescar, dans le Vic-Bilh et le sud-est des Landes entre 1866 et 1902 au moins (dates d'activité attestées), il a laissé des peintures dans seize églises des actuelles Pyrénées-Atlantiques, ainsi que dans neuf églises des Landes au moins : Lacajunte (1866 ?), Saint-Loubouer (1866, détruit), Hauriet (1866-1867, détruit), Caupenne (1869-1870), Urgons (1873-1874), Vielle-Tursan (1873-1874), Mant (1878), Baigts (1879) et Poudenx (1880). Pour les travaux bien documentés de Vielle-Tursan, il employa le peintre Dupouy, de Saint-Sever (peut-être un collaborateur régulier), pour la préparation des murs (deux couches à l'huile).

, peintre (attribution par analyse stylistique (incertitude))

La peinture en trompe-l’œil, sans doute exécutée à l'huile, couvre la voûte en berceau de la partie droite du chœur et le cul-de-four de l'abside.

Catégories

peinture murale

Matériaux
  1. Matériau principal : plâtre

    Mise en oeuvre : support

    Techniques : peinture à l'huile

Iconographie
  1. Thèmes : Triangle trinitaire, apôtre, en buste, Saint-Esprit, colombe

  2. Caractère général : ornementation

    Thèmes : caisson, rosace, rinceau, palmette


Précision sur l'iconographie :

Le décor en trompe-l’œil et ses effets de perspective feinte sont conçus pour une vision depuis la nef. Il est composé de deux parties distinctes. Sur la voûte de la travée droite, trois caissons feints à angles coupés, dont la bordure en fausse pierre blonde se détache sur un fond gris bleuté, sont décorés de grands médaillons dorés, cantonnés de palmettes romaines (caisson central) ou encadrés de rinceaux d'acanthe (caissons latéraux) ; le médaillon central porte le triangle trinitaire (avec l'œil de Dieu) dans une gloire, les médaillons latéraux une effigie en buste d'homme barbu et à demi chauve (sans doute les apôtres Pierre et Paul, cofondateurs de l'Église) sur fond bleu roi. Le cul-de-four est peint, sur fond gris-vert, de caissons garnis de rosaces argentées (de trois modèles alternant) et entourés d'un réseau de nervures dorées, fleuronnées d'acanthes ; au sommet, un oculus feint montre la colombe du Saint-Esprit dans une gloire dorée.

État de conservation
  • oeuvre restaurée

Ensemble restauré en 1988, puis en 2017 par le peintre André Lamothe, de Montsoué.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Montsoué

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Boulin

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