École maternelle et primaire, groupe scolaire

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Mortagne-sur-Gironde

L'actuel groupe scolaire, ancienne école de garçons et de filles et mairie, occupe l'emplacement d'une maison mentionnée avec ses dépendances sur le plan cadastral de 1832. Cette propriété appartient alors à Pierre Métrau, boulanger, pour la partie ouest, à Etienne Besson pour la partie est. L´ensemble est acheté en 1853 par Michel-Alexandre Parias, négociant en grains demeurant au Taillis, qui donne la maison en dot de mariage à sa fille, Victorine, épouse de Victor-Marc Gibeaud, négociant, en 1856.

A la même époque, la municipalité de Mortagne décide de faire aménager ses propres bâtiments scolaires, dans un premier temps pour les garçons seulement, avec mairie. En effet, la commune possède déjà depuis quelques décennies une école publique de garçons et une autre de filles, en plus d´une école privée ("le Couvent", rue Gambetta) et d´un établissement d´enseignement secondaire également privé (58 Grande Rue). Faute de posséder ses propres locaux, la municipalité en loue auprès de particuliers. En 1859, elle décide donc d´aménager ses propres bâtiments et, pour ce faire, d´acheter la maison des époux Gibeaud. En 1860, elle reçoit un prêt de la part de Louis et Alexandre Amblard, frères, négociants en fer à Saintes. Le 2 mai, la maison Gibeaud est achetée par la municipalité, et le 15 juillet, les travaux d´aménagement sont adjugés à Pierre Martial, charpentier au bourg de Mortagne. La maison est transformée en mairie et logement pour l´instituteur. Une petite salle de classe de 10 mètres sur 7, pouvant accueillir 70 garçons, est construite au fond de la cour (il s´agit de l´extrémité sud du bâtiment de classes de l´ancienne école de garçons, actuelle école primaire). Ces travaux sont achevés en mars 1861.

Pour ce qui concerne les filles, la municipalité continue à louer un local auprès de particuliers (une maison appartenant à Angélique Vérat veuve de Jean Serra, est ainsi louée en 1862). Côté garçons, dès 1873, l´augmentation du nombre d´élèves et des incertitudes sur le devenir de l´école privée poussent la municipalité à construire une seconde classe dans le prolongement gauche de la première. Les plans en sont dressés par Aimé Bonnet, architecte-voyer d´arrondissement de Saint-Jean-d´Angély. Les travaux, adjugés le 7 juin 1874 à Théophile Augeron, entrepreneur de travaux publics à Royan, sont reçus le 28 février 1875.

Entre temps, en novembre 1874, le conseil municipal décide d´acheter une maison contigüe à la mairie, à droite, appartenant à la famille Metreaud, pour construire à la place une nouvelle école de filles. Le bail de la maison où celle-ci est installée, vient en effet à expiration. En août 1875, l´architecte Bonnet est de nouveau sollicité afin d´établir les plans du nouveau bâtiment. Le projet prévoit aussi, à terme, la reconstruction de la mairie-logement d´instituteur, à gauche, aménagée en 1860 mais déjà vétuste. Le 14 novembre 1875, le conseil municipal précise sa demande : le nouveau logement d´institutrice, sur la rue, dans le prolongement à droite de l´ancienne mairie-logement d´instituteur, comprendra au rez-de-chaussée, sur la grande rue, un corridor de deux mètres de large, une cage d´escalier au fond, au-dessous de laquelle il y aura une porte pour communiquer à la classe, à droite une chambre ou salon, et à gauche une cuisine qui communiquera au chai par une porte ; la classe des filles et le chai seront situés à l´arrière, au sud ; le premier étage se composera de trois chambres, une au-dessus du salon, une autre au-dessus de la cuisine, et une troisième au-dessus du corridor ; des lieux d´aisance et une petite buanderie seront placés au fond de la cour. Le 25 février 1877, la construction de la nouvelle école de filles est adjugée à François Brunet, tailleur de pierres et entrepreneur de travaux publics à Mortagne. L´opération prend toutefois du retard : il se trouve en effet que le vendeur de la maison à la place de laquelle l´école doit être construite, est Eugène Louvet, négociant à la Rive mais aussi maire de Mortagne, d´où un conflit d´intérêt. Le contentieux perdure après que Louvet ait quitté ses fonctions de maire, et ne s´achève qu´en 1879.

Pendant ce temps, la reconstruction de l´ancienne mairie-logement d´instituteur tarde, alors que le bâtiment continue à se dégrader. La construction de l´école des filles le fragilise encore plus. Le 14 août 1878, le conseil municipal adopte les plans de l´architecte Bonnet : une nouvelle mairie doit voir le jour, soit un bâtiment central encadré à droite par l´école de filles et à gauche par le nouveau logement pour l´instituteur de l´école de garçons, l´ensemble présentant la même architecture. Financés par une souscription, les travaux sont adjugés le 1er juin 1879 à Henri Perrineaud, entrepreneur de travaux publics à Jonzac, et reçus le 13 octobre 1880. En 1882, le bâtiment de classes des garçons, au fond de la cour, est de nouveau prolongé vers la gauche. On en profite pour reprendre et harmoniser les ouvertures des anciennes classes avec celles de la nouvelle salle, chacune recevant un larmier en accolade (encore visible). Par ailleurs, deux préaux sont construits, l´un pour les filles (accolé à la classe, à l´arrière du logement), l´autre pour les garçons (en face du bâtiment de classes). Conçu à nouveau par l´architecte Bonnet, le projet est réalisé par Auguste Ruth, entrepreneur à Jonzac.

Le nombre croissant d´élèves, notamment pour l´école de filles, pousse de nouveau la municipalité à envisager une extension en 1909. L´école accueille en effet au total entre 120 et 130 élèves, et les plus petits sont accueillis dans le salon de l´institutrice. Les préaux également sont trop petits. L´architecte Georges Baustert, de Saintes, propose alors de construire dans les jardins, perpendiculairement à l´école de filles, un nouveau bâtiment pour les filles, comprenant 3 classes de 8,5 mètres de long sur 6,2 de large chacune. La première salle de classe de filles, à l´arrière du logement, sera transformée pour partie en logements pour les enseignantes adjointes, et pour l´autre partie en « salle à manger pour les enfants de la campagne apportant eux mêmes leurs provisions » (elle deviendra plus tard une cantine). Deux nouveaux préaux de 112 mètres carrés de superficie seront également construits, l´un, pour les garçons, adossé au nouveau bâtiment, face aux classes de garçons, l´autre, pour les filles, en face du nouveau bâtiment. Ces préaux seront orientés au nord-est "pour abriter les enfants du vent d´ouest qui souffle très violemment sur cette partie du coteau". Cet agrandissement est autorisé par un arrêté du ministre de l´Instruction publique du 21 mars 1910. Le nouveau groupe scolaire est inauguré en grandes pompes le 23 juillet 1911, en présence du ministre de l'Agriculture, M. Pams, venu par ailleurs inaugurer le port récemment élargi ainsi que le château d'eau de Fontaury.

En 1936, un dernier prolongement vers la gauche du bâtiment de classes des garçons est confié à Robert Castincaud, entrepreneur à Mortagne. Après la Seconde Guerre mondiale, le nombre d'élèves augmente encore quelques temps, puis recule. Les locaux de la mairie étant vétustes et insuffisants, la mairie déménage en 1973 de l'autre côté de la rue, dans ses locaux actuels.

Périodes

Principale : 2e moitié 19e siècle

Principale : 1er quart 20e siècle

Dates

1860, daté par source

1874, daté par source

1882, daté par source

1910, daté par source

Auteurs Auteur : Baustert Georges, architecte (attribution par source)
Auteur : Bonnet Aimé

Architecte de la Ville de Saint-Jean-d'Angély dans la seconde moitié du 19e siècle. Père de Arthur Bonnet, également architecte.

, architecte (attribution par source)

L'ensemble est constitué de plusieurs bâtiments qui relient la Grande Rue et le chemin des Tulipes. Le bâtiment principal, en alignement sur la Grande Rue, est construit en pierre de taille. Il comprend un corps central encadré par deux ailes identiques. Le toit, couvert en tuile mécanique, est masqué par la corniche à modillons qui couronne la façade et par les quatre pignons découverts. Ces derniers sont surmontés de cheminées en brique et pierre. Le corps central et les deux ailes sont réunis par un solin et un bandeau d'appui mouluré, en plus de la corniche. Chacun présente trois travées d'ouvertures réparties de manière symétrique. Leur autre point commun est la forme des linteaux, en arc segmentaire, et les larmiers qui les surmontent. Le corps central se distingue par les deux dosserets qui séparent les travées d'ouvertures, et par le décor supplémentaire de l'encadrement de la porte, constitué de deux piliers engagés à chapiteaux sculptés.

Les deux cours qui s'étendent à l'arrière de ce bâtiment principal, sont accessibles de deux manières : soit par la Grande Rue, via une porte piétonne à gauche du bâtiment ou un portail couvert à sa droite ; soit par le chemin des Tulipes. Chacune des deux cours est délimitée à l'ouest par un préau, et à l'est par un bâtiment de classes. Au nord, à l'arrière du bâtiment principal, se trouvent notamment la cantine, qui lui est perpendiculaire, et une salle de classes, en appentis. Le bâtiment de classes de la cour ouest (ancienne cour des filles, actuelle école maternelle) se distingue par son toit en tuile mécanique et par ses onze grandes ouvertures. Chacune possède un encadrement saillant et un linteau en arc segmentaire, alliant brique et pierre de taille. Le bâtiment de classes de la cour est (ancienne cour de garçons, actuelle école primaire), plus bas que le précédent, est couvert en tuile creuse. Sa façade, en pierre de taille cette fois, est percée de trois portes en arc segmentaire, de quatre larges fenêtres et d'une plus étroite, à gauche. Les quatre larges fenêtres possèdent chacune un larmier en accolade et, comme pour la cinquième fenêtre, un appui mouluré. Les deux préaux ont en commun une charpente en bois et métal, supportée par de fines colonnes également en métal.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

  2. Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. tuile mécanique
Étages

1 étage carré, étage de comble

Élévations extérieures

élévation ordonnancée

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

  2. Partie de toit : pignon découvert

Décors/Technique
  1. sculpture
Décors/Représentation
  1. Representations : trèfle

  2. Representations : feuillage


Précision sur la représentation :

Les édicules qui scandent la ligne de toit et la façade du corps central, et ceux qui décorent le portail, sont ornés de motifs trilobés. Les chapiteaux qui encadrent la porte du corps central portent un décor feuillagé.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Mortagne-sur-Gironde , 16, 18 et 20 Grande Rue

Milieu d'implantation: en village

Lieu-dit/quartier: le Bourg

Cadastre: 1832 D 1164 à 1167, 2009 AC 33

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