Ensemble canonial de clarisses, puis hôpital, usine textile, actuellement centre culturel

France > Nouvelle-Aquitaine > Dordogne > Montignac

Les Clarisses s'installent à Montignac au XIVe siècle certainement sous l'impulsion et grâce à une donation de terrains faite par les châtelains de Montignac. Selon toute vraisemblance, elles construisent leur couvent dès ce moment. En 1717 et en 1729, les mères supérieures du couvent rendent encore l'hommage au seigneur de Montignac. En 1739, les Clarisses font faire des réparations sur les bâtiments, avant de quitter définitivement la ville pour s'installer à Sarlat (1757). Selon un plan ancien de la ville du milieu du XVIIIe (antérieur à leur départ) sur lequel le plan masse du couvent est représenté, celui-ci se composait d'un vaste jardin et d'un seul grand bâtiment auquel une petite chapelle était accolée à l'est : ce sont le corps principal et l'aile nord dans laquelle se trouvaient les dortoirs. Si leurs fenêtres du rez-de-chaussée ont subi des modifications, celles du premier étage avec leur plate-bande en arc segmentaire datent bien de ce siècle. Peu après, le marquis d'Hautefort négocie avec l'intendant de Guyenne Tourny l'autorisation pour la communauté de Montignac d'acheter le terrain du couvent afin d'y installer l'hôpital, créer une place et faire construire des casernes pour les troupes de passage. Une partie de l'ancien couvent est achetée en 1758 par la communauté de Montignac, qui obtient le droit d'imposer les paroisses environnantes pour payer cette acquisition. Aussitôt, les bâtiments font l'objet de vandalisme de la part des habitants. L'hôpital y est installé peu après, tandis que la place Tourny est créée sur la partie orientale de l'ancien jardin. Des lettres patentes du roi sont accordées à l'hôpital en novembre 1762. Par traité du 24 février 1763, l'hôpital fusionne avec l'établissement qui s'occupait des pauvres de la rive droite, la Miséricorde. En 1765, l'intendant de Guyenne Boutin décide d'installer des manufactures de tissu dans plusieurs villes du Périgord, dont Montignac. La fabrique est installée dans une partie des locaux de l'ancien couvent, mais l'affaire périclite rapidement : dès 1767, les productions existantes sont vendues à Moïse Gradis fils et Abraham Gradis junior, négociants à Bordeaux. En 1770, les ouvriers ont quitté la manufacture qui ne fonctionne plus. En 1771, la totalité des bâtiments existants est allouée à l'hôpital après un âpre conflit avec la communauté. Dans son testament du 2 octobre 1773, Pierre de Bouilhac, abbé commendataire de Souillac (en Quercy), lègue à l'Hôtel-Dieu le moulin de Bleufond et tous les fonds qui en dépendent. En 1781, le prieur Pomarel fait prolonger le corps de logis d'environ vingt à vingt-cinq pieds (6,5 m à 8,125 m) pour loger une chapelle, un escalier principal (sans doute celui encore en place) et l'escalier privé desservant l'appartement des sœurs ; le cloître et l'église, qui prolongeaient les bâtiments à l'ouest, ont aujourd'hui disparu. La chapelle et le cimetière des sœurs sous le cloître sont bénis le 3 janvier 1782. L'aile sud a été ajoutée au XIXe siècle en respectant l'architecture existante, tout comme la loge et la nouvelle église qui pourrait dater des années 1830. Le bâtiment reste un hôpital jusqu'au milieu du XXe siècle. Dans ses dépendances est installée une école maternelle jusqu'en 1901. Il abrite également aujourd'hui la bibliothèque municipale. En 1952, une souche de cheminée du 14e siècle provenant de l'ancienne école des garçons est installée au sud du corps de bâtiment principal.

Périodes

Principale : 18e siècle

Secondaire : 19e siècle

L'ensemble comprend trois bâtiments liés entre eux et orientés nord-ouest/sud-est : deux sont au même alignement, le corps principal double en profondeur et l'aile sud, simple en profondeur, tandis que l'aile nord, également simple en profondeur, est décalée légèrement plus à l'ouest. Tous comprennent un rez-de-chaussée et deux étages carrés couverts par un haut toits d'ardoises. Les murs sont en moellons et les parties vives (baies et chaînes d'angle) sont en pierre de taille.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

  2. Mise en oeuvre : moellon

Toits
  1. ardoise
Étages

2 étages carrés, étage de comble

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

  2. Partie de toit : croupe

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

    Forme : escalier tournant à retours sans jour

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Dordogne , Montignac , rue du Quatre-Septembre

Milieu d'implantation: en ville

Cadastre: 1813 D1 54, 55 et 56, 2011 AP 725

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