Château de Puygarreau

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Saint-Genest-d'Ambière

Ancien fief de haute justice relevant de la vicomté de Châtellerault, le château de Puygarreau - podium garelli - est probablement édifié à partir du 12e siècle sur le plateau calcaire de la commune de Saint-Genest-d'Ambière. Une chapelle est probablement associée à la porte du château comme c'est le cas à Châtellerault ou à Angles-sur-l'Anglin.

La seigneurie appartient à la fin du 14e siècle à Pierre de Nepce dit Daliers dont la famille vend Puygarreau à Jean Barbin en 1433. Ce dernier, avocat du roi au Parlement de Poitiers, intendant général des finances, acquiert Puygarreau avec un certain nombre de terres où sont édifiés de petits fiefs sur le territoire de Saint-Genest (La Chinière, la Boutinière, le moulin de Chasseneuil, l’Aubonnière, les Caillaux, les Thomas) et d'Ouzilly (le Dognon). Il obtient l’autorisation de faire fortifier sa très belle maison en façon d’une tour carrée. Dix ans plus tard, un droit de gué et de garde lui est accordé. À son décès en 1469, la terre de Puygarreau reste attachée à la famille Gillier qui est celle de son épouse. Le château est entouré de douves sèches dont les parois en tuffeau sont creusées de nombreuses caves. Certaines portent des chronogrammes du 17e siècle. À cette époque, le château est déjà probablement abandonné par ses propriétaires, comme le suggère le procès-verbal de visite de 1684.

Le 23 juillet 1693, Urbain Gillier obtient l'union du fief de la Tour de Sossay à celui de Puygarreau. C'est certainement suite à cet évènement que plusieurs métairies et un moulin à Sossay, autrefois rattachés à la Tour, deviennent dépendants de Puygarreau (La Caillerie, L'Échelle, La Garde, la Sossaise et le moulin de Follet).

À partir du 18e siècle, le château appartient à la famille de la Bourdonnaye, comtes de Blossac. Deux membres de cette lignée, Paul Esprit Marie et son fils Charles Esprit Marie, furent intendants du Poitou. Les de la Bourdonnaye conservent la propriété de Puygarreau pendant la Révolution. En 1856, ils revendent le château en ruine et les terres alentours à Ernest Lafond. Celui-ci est alors propriétaire des châteaux du Pouët à Saint-Genest-d'Ambière, et de la Plaine à Savigny-sous-Faye. À Puygarreau, sur la partie de la propriété située à Sossay, Ernest Lafond transforme largement le domaine afin de pouvoir y résider dans un plus grand confort. Comme l'indiquent les matrices du cadastre, il fait construire un nouveau logis, une maison de concierge et transforme le haras du château entre 1865 et 1875. Après le décès d'Ernest Lafond, l'ensemble des bâtiments est acquis par la famille de Lastic-Saint-Jal vers 1910.

Depuis la fin des années 1980, plusieurs parties du château médiéval ont été protégées au titre des Monuments historiques et ont fait l'objet d'une restauration. Les dépendances du château contemporain ont aussi été réhabilités pour servir de chambres d'hôtes.

Périodes

Principale : 14e siècle, 15e siècle, 17e siècle

Principale : 3e quart 19e siècle (daté par source)

Le château de Puygarreau est construit au nord de la commune de Saint-Genest sur un plateau calcaire. Un mur d'enceinte est construit au sud.

L'espace castral est organisé autour de deux ensembles créés à partir du creusement du sous-sol et séparés par des douves sèches ou fossés creusées dans la roche.

Partie sur Saint-Genest-d'Ambière :

La chapelle et la tour de guet :

L'entrée s'effectue aujourd'hui à l'est par un pont-levis à la base duquel subsistent deux tours. La tour de guet se dresse à gauche du pont-levis à l'angle sud-est. De section circulaire, elle est construite en pierre de taille à assises régulières. Elle est en surplomb des douves sèches sur la partie sud-est. L'entrée s'effectue au nord-ouest par une porte surmontée d'une accolade. La partie haute de la tour est couronnée de consoles en pierre à ressauts et surmontée d'une cuve en béton (ancien château d'eau). Les murs sont percés de deux archères, l'une horizontale et l'autre verticale. Deux départs de voûtes, vestiges de la chapelle castrale aujourd'hui ruinée, sont visibles sur la partie extérieure de la tour. Un logis est édifié à droite du pont-levis. Flanqué d'une tourelle d'escalier à l'est, il conserve notamment des salles voûtées d'ogives au rez-de-chaussée.

Entre la chapelle et le logis, un escalier en vis, creusé dans la hauteur des douves, est partiellement comblé. Il permet d'accéder aux douves sèches et à une pièce creusée dans la roche faisant office de sacristie.

Le logis :

Le second espace aménagé à l'ouest du premier est dédié au logis. Flanqué par trois tours situées au sud-est, au sud-ouest et au nord-ouest, il prend la forme d'un U dont le corps de logis central, à l'ouest se prolonge par deux ailes au nord et au sud. Deux accès sont encore visibles. Le premier débouche en haut de la courtine orientale depuis un escalier extérieur, le second accès creusé à partir des fossés au nord, permet de relier le rez-de-chaussée de l'aile nord du logis aujourd'hui disparu. Le logis est édifié sur les courtines. L'élévation sud comporte trois travées et deux vaisseaux prolongés au nord par une galerie. La tour nord-ouest conserve la quasi-totalité de son élévation bien qu'elle présente une large brèche sur son flanc oriental.

Au sud-est des deux fossés, un pigeonnier circulaire, à la toiture effondrée comporte plus de 1000 boulins. L'ancienne forge présente des arcs de style perpendiculaire. Quand aux granges alignées sur le chemin d'accès au château, elles conservent des corbeaux et des départs de voûte pouvant dater du 15e siècle.

Caves :

Quatorze caves sont visibles depuis les douves sèches : certaines portent les traces d'extraction de blocs (caves-carrières), d'autres sont voûtées pour accueillir des pressoirs et des citernes. Enfin certaines entrées sont travaillées en boulins.

Partie sur Sossay :

Le chalet :

Le bâtiment est situé à droite de la route conduisant au logis contemporain. Le bâtiment datant du 15e ou du début du 16e siècle conserve deux fenêtres à encadrement chanfreinés et un décor sculpté polylobé sur l'élévation sud. Sur cette dernière, une galerie reposant sur deux poteaux en bois a été ajoutée. Le pignon est pourvu de lambrequins et de boiseries ajourées masquant la façade du comble.

Le haras :

Il est constitué de trois corps de bâtiment disposés au nord, à l'est et au sud d'une grande cour carrée. La plupart des ouvertures sont couvertes de plates-bandes, hormis deux portes cochères couvertes d'arcs segmentaires sur l'aile nord.

Le château contemporain :

Il est construit à plus d'une centaine de mètres au nord-est du château médiéval. Il est constitué de deux corps de bâtiments disposés selon un plan en T. L'aile principale présente six travées d'ouvertures sur son élévation sud. Cette façade est pourvue d'un léger avant-corps central sur lequel se trouve l'entrée. Elle est accessible par un petit escalier extérieur. L'intégralité des baies sont couvertes de plates-bandes délardées en arcs segmentaires.

L'aile secondaire dispose de lucarnes-pignons sur ses élévations nord, est et sud. Des lambrequins décorent les rives de la toiture sur cette partie du logis.

Les dépendances :

Les dépendances du château contemporain sont construites à l'est du logis. Elles sont constituées de trois ailes disposées en retour formant un plan en H. Les ouvertures sont constituées d'assises de calcaires et de briques alternées.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Revêtement : enduit

Toits
  1. ardoise, tuile plate, ciment amiante en couverture
Étages

sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble

Élévations extérieures

élévation à travées

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

    Forme : escalier tournant à retours avec jour

    Structure : en charpente

Décors/Technique
  1. sculpture
  2. menuiserie
Décors/Représentation
  1. Representations : fleur

  2. Representations : oiseau

  3. Representations : ornement géométrique

  4. Representations : volute

  5. Representations : fronton

  6. Representations : cuir découpé


Précision sur la représentation :

L'aile sud du logis médiéval conserve plusieurs pierres sculptées. Sur la galerie, l'une des retombées de voûte repose sur un culot sculpté en forme d'oiseau oiseau, (peut-être un hibou). La clé d'une des voûtes est aussi ornée d'une fleur.

Le chalet conserve une pierre sculptée d'un ornement polylobé au niveau du comble.

Le logis contemporain est pourvu de lucarnes flanquées d'ailerons à volutes et surmontées de frontons ornés de cuirs découpés.

Des lambrequins de rives décorent l'aile orientale du logis contemporain et le chalet. Ce dernier présente aussi des boiseries et d'un garde-corps ajourés en bois.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Saint-Genest-d'Ambière

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Puygarreau

Cadastre: 1826 A1 54-59 (Sur le plan parcellaire, les bâtiments cadastrés 55 et 56 sont représentés comme étant en ruine.), 2017 AD 53, 61-63, 159-160

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Sossay

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Puygarreau

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