Tombeau de Louis Marie Olivier Épivent, évêque d'Aire et de Dax

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Saint-Vincent-de-Paul

Louis Marie Olivier Épivent (Pordic près Saint-Brieuc 1805 - Aire-sur-l'Adour 1876), archiprêtre de la cathédrale de Saint-Brieuc, fut nommé évêque d'Aire et de Dax le 30 juillet 1859, après la mort de Mgr Hiraboure. C'est à lui qu'incombèrent la reprise et l'achèvement des travaux de construction et de décoration du sanctuaire de Buglose. Par concession du pape Pie IX, il procéda le 9 septembre 1866 à la translation et au couronnement solennel de la statue de Notre-Dame. Décédé à Aire le 22 juillet 1876, il fut, selon ses dernières volontés, inhumé le 26 dans la chapelle du Rosaire à Buglose (à l'exception de son cœur, déposé au Carmel d'Aire), choix qui fut adopté par ses successeurs jusqu'au milieu du XXe siècle.

Son tombeau, inauguré dès le 2 mai 1877 par son successeur Mgr Delannoy, fut exécuté par le sculpteur Aristide Belloc (Nantes 1827 - 1888/1908), alors actif à Niort (après avoir travaillé à Bordeaux et à Angers). Comme dans le cas des clefs de voûte livrées par l'artiste en 1861-1862, la commande de la sépulture Épivent fut certainement facilitée par la parenté du sculpteur avec le Père Antoine Lamaison, supérieur de Buglose de 1855 à 1888, dont il avait épousé la nièce Françoise en 1858.

L'artiste sculpta la même année 1877 les autels de l'église landaise de Lesperon (réf. IM40002171 et IM40002172), sur l'un desquels la Vierge de Buglose est figurée. Il reproduisit aussi vers 1870 la célèbre statue pour l'ancien couvent des ursulines d'Aire-sur-l'Adour (peut-être la copie actuellement conservée dans l'église de Geaune).

Du même sculpteur, le monastère de Buglose conserve un bas-relief en plâtre, daté de 1877, et un buste du même matériau, daté 1878, du successeur de Mgr Épivent, Victor Delannoy, évêque de 1876 à 1905.

Périodes

Principale : 4e quart 19e siècle

Dates

1877, porte la date

Auteurs Auteur : Belloc Aristide

François Aristide Belloc, sculpteur né à Nantes le 23 août 1827, mort entre 1888 et juillet 1908 (dates des premier et second mariages de son fils), deuxième fils des sept enfants d'Aristide Philimé Belloc (1804-?), chapelier à Nantes (rue de la Casserie puis rue d'Orléans), et de Jeanne Eugénie Rousseau (1806-?). Il épouse à Saint-Paul-lès-Dax, le 6 juillet 1858, Françoise dite Francine Lamaison (Laurède, 27 novembre 1829 - ?), fille de Jean-Baptiste Lamaison, tonnelier à Laurède, et de Marie Lagraulet, et nièce du Père Antoine Lamaison, supérieur du sanctuaire marial de Buglose près de Dax. Françoise Lamaison était depuis 1854 la belle-sœur du sculpteur bordelais Vincent Saint-Sébastien (1829-1892), qui succédera en 1863 à Belloc sur le chantier de Buglose. L'un des témoins du mariage de Belloc fut le sculpteur Joseph Fradel.

Élève des sculpteurs nantais Suc et Grootaers, puis de Rude, Aristide Belloc fut d'abord actif dans sa ville natale, où il travailla pour le Théâtre, pour plusieurs églises et pour l’hôtel de Ville (tête colossale de Judith), œuvra ensuite à Bordeaux dans les années 1850 (deux Renommées tenant les armes de la ville au Grand-Théâtre), avant de s'installer à Perpignan (où il semble faire faillite en 1866-1867), à Angers (rue des Deux-Haies, où naît sa fille Eugénie Néméa en juin 1870), à Niort (avant 1877), enfin à Reims (50, rue du Faubourg de Laon), où il est signalé en 1885 (renseignements biographiques communiqués par l'abbé Dominique Bop, 2019). Il exposa à Toulouse en 1858 et à Bordeaux en 1859. Il donna des modèles à des fabricants-mouleurs tels que Dominique-Michel Vidiani, de Poitiers, ou Giovannetti et Pieraccini, de Tours (Saint Michel terrassant le dragon, 1876). Sur l'artiste, voir : Émile Maillard, L'art à Nantes au XIXe siècle (E. Monnier, 1888), et Pauline Carminati, "Enquête sur la vie et l’œuvre du sculpteur Aristide Belloc", Raffl & Cie [en ligne], 08/08/2017. URL : https://raffl.hypotheses.org/810 (consulté le 09/11/2017).

, sculpteur (signature)
Lieux d'exécution

lieu d'exécution

Le tombeau est sculpté en pierre calcaire d'Angoulême, à l'exception des deux plaques de marbre noir qui portent l'épitaphe. Il se compose d'un haut sarcophage formant piédestal - sur lequel sont fixées les plaques de marbre - percé sur les côtés de deux évents (l'un circulaire à la tête, l'autre quadrilobé au pied) et supportant un gisant en haut relief ; derrière le gisant, appliqué au mur, un édicule, également en pierre d'Angoulême, composé de colonnettes jumelées portant un arc surbaissé couronné d'un fronton à acrotères et croix sommitale ; le fond de l'édicule est gravé d'une tenture feinte, peinte en mauve sur fond rouge sombre, destinée à mettre en valeur la silhouette du gisant.

Catégories

sculpture, marbrerie

Structures
  1. plan, rectangulaire
  2. élévation, droit
  3. colonne, 4
Matériaux
  1. Matériau principal : calcaire

    Techniques : décor en haut relief, décor en bas relief, décor dans la masse, peint

  2. Matériau principal : marbre uni

    Mise en oeuvre : noir

    Techniques : gravé

Dimensions
  1. Type de mesure : h

    Valeur : 300

    Précision sur la mesure : hauteur totale approximative

  2. Type de mesure : la

    Valeur : 247

    Précision sur la mesure : largeur totale


Précision sur les dimensions :

Sarcophage : h = 103 ; la = 247 ; pr = 125,5. Gisant (avec le matelas) : h = 86 ; la = 229 ; pr = 96. Édicule : h = 170 (avec les acrotères, sans la croix sommitale).

Iconographie
  1. Thèmes : gisant, évêque, mitre, crosse, coussin, armoiries

  2. Caractère général : ornementation

    Thèmes : croix, acrotère, colonnette


Précision sur l'iconographie :

L'évêque est figuré en gisant, les mains jointes, couché sur un matelas à franges, la tête (mitrée) reposant sur un coussin damassé, la crosse posée à son côté ; il est revêtu d'une soutane et d'une aube recouvertes par une ample chasuble de forme gothique, aux orfrois ornés de cabochons en pointe de diamant, sur laquelle se détache la croix pectorale. Au centre de la face du sarcophage, sur un panneau en léger ressaut, les armoiries du prélat en bas relief. L'édicule appliqué au mur derrière le tombeau comporte des colonnettes jumelées avec chapiteaux à volutes et feuilles, des palmettes à l'antique en acrotère aux extrémités du fronton et une croix fleurdelisée et nimbée au sommet de celui-ci ; le panneau de fond est garni d'une tenture feinte aux plis cassés, suspendue par des anneaux blancs à une tringle.

Inscriptions et marques
  • épitaphe, français, gravé
  • armoiries, en relief
  • signature, gravé
  • date, gravé

Épitaphe (sur deux plaques de marbre noir fixées sur la face du sarcophage) : ICI REPOSE LE CORPS / DE / LOUIS MARIE OLIVIER ÉPIVENT / ÉVÊQUE D'AIRE ET DE DAX / NÉ À St BRIEUX (sic) / LE 30 JUIN 1805 [1ère plaque] / SACRÉ ÉVÊQUE / LE / 20 NOVEMBRE 1859 / DÉCÉDÉ / À AIRE LE 24 JUILLET 1876 / ET INHUMÉ À / BUGLOSE LE 27 JUILLET / 1876.

Armoiries de Mgr Épivent (en bas relief au milieu de la face du sarcophage, entre les deux plaques de marbre) : [D'azur] à une molette [d'or] accompagnée de trois croissants [du même] ; cimier : mitre, crosse, couronne fleuronnée, chapeau d'évêque ; collier de la Légion d'honneur ; support : deux rameaux d'olivier en sautoir ; devise sur banderole : FIDE ET CARITATE.

Signature et date (gravées sur le matelas, à gauche) : A. BELLOC NIORT 1877 [les initiales A et B reliées].

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Saint-Vincent-de-Paul

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Buglose

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