Port et village ostréicole de la Cayenne

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Marennes

L'étymologie du toponyme désignerait un vieux navire servant de prison et de caserne flottante. Par extension, il se rapporterait à un pauvre ou à un paysan, mais également à une pauvre maison, un logis précaire, une cabane. Le toponyme apparaît sur la carte de Cassini dans la 2e moitié du 18e siècle, dans les marais salants et au milieu des méandres des chenaux.

Au début du 19e siècle, le lieu-dit la Cayenne (aujourd'hui Petite Cayenne) correspond au fond du chenal de délestage, où une une retenue et une écluse aménagées ont été aménagées pour dégager le chenal des vases qui s'y accumulent à chaque marée.

En 1835, l'ingénieur ordinaire Lessore propose la création d'un petit canal sur la rive gauche du chenal de délestage pour compléter le dépôt de lest et favoriser le service du bac. A cette époque, les terrains environnants sont des lais de mer ou sartières (de Badauge à l'ouest et de Chancrette à l'est). Le chenal est bordé d'un chemin de halage et de zones délimitées pour le dépôt de lest de part et d'autre. Un seul bâtiment est construit, un magasin construit par le sieur Bailly sur un terrain de deux hectares acquis de M. Leterme. Est également indiquée la "grave d'embarquement pour le passage de la Seudre ; la dite grave pouvant servir de cale de radoub".

Le port de la Cayenne est aménagé en lien avec la construction du canal maritime de Marennes entre 1842 et 1850. La route est prolongée en 1868. Sur le plan cadastral de 1870 n'y figurent encore que quelques bâtiments sur la rive gauche, notamment ceux de la douane.

Il est équipé progressivement de cales et de quais pour faciliter le passage vers le port de La Tremblade, de l'autre côté de la Seudre : une "jetée submersible" est ainsi construite en 1872, sur les plans de l'ingénieur ordinaire Lasne. Une auberge y est installée dès 1847. Dans les années 1890, une buvette ou débit de boisson est tenu dans une cabale par Mathurin Cheval, en lien avec le bac.

Dès 1876, il est prévu d'installer une caserne pour l'installation de la brigade maritime : l'administration des Douanes tarde à céder les parcelles ; en 1893, le demande de cession est à nouveau renouvelée. Sur le plan du port publié en 1884, la caserne de la douane est bien indiquée avec d'autres bâtiments à proximité d'une longue cale d'embarquement. Le chenal de délestage aménagé à l'est est doté d'un gril de carénage : un bassin de retenue et une écluse de chasse permettent son désenvasement. De part et d'autre du canal maritime et du port se trouvent des sartières. Dès cette époque, le secteur se développe en lien avec l'ostréiculture : ainsi en 1876, le sieur Besson, marchand d'huîtres à Marennes demande "l'autorisation d'occuper 30m2 de terrain près des claires qu'il possède à la Cayenne de Seudre, ce terrain devant servir à l'établissement d'un hangar en chaume et à faire quelques dépôts de marchandises". Des cabanes en planches et en bois sont construites par les ostréiculteurs locaux. Le chenal de délestage est aussi utilisé pour alimenter les claires qui sont progressivement aménahées dans les sartières à proximité : en 1892, le sieur Chaillé, ostréiculteur demeurant à Chatressac, demande l'autorisation d'occuper une parcelle de terrain de 70 m2 sur le domaine public maritime pour y établir une cabane d'expédition ; il souhaite poser dans la crique des délestages une buse en ciment comprimé pour alimenter les bassins qu'il y possède.

En 1894, des aménagements sont réalisés dans le cadre du projet de station de torpilleurs dans la Seudre. Un parc à charbon est prévu au port de la Cayenne en 1894. Un sémaphore y est également installé.

Au début du 20e siècle, la ligne de Tramway Saintes-Marennes est prolongée jusqu'à la Cayenne.

Un monument commémoratif rappelle les combats de la Seconde Guerre mondiale dans le secteur qui n'a été libéré qu'en avril 1945.

Depuis le début du 21e siècle, le port et le village de la Cayenne se tournent vers le tourisme : une école de voile y est installée, ainsi que des restaurants. L'activité ostréicole y est mise à l'honneur.

Périodes

Principale : 3e quart 19e siècle

Le port et le village ostréicole sont situés à l'extrémité du canal maritime de Marennes, à la confluence avec la Seudre.

Le port comprend un chenal de délestage formant aujourd'hui un havre avec cale inclinée (ancienne cale du passage de la Seudre et actuelle cale de mise à l'eau) et pontons en bois pour l'accostage des bateaux. Un bassin de retenue et une écluse au nord permettent son désenvasement. Une autre cale inclinée est construite au bout du terre-plein situé entre le chenal de délestage et le canal maritime, se prolongeant dans la Seudre par un ponton flottant avec duc-d'Albe. Sur le terre-plein sont installés parking, restaurants (Le Buccin) et école de voile. Une grue de manutention est conservée sur le quai du chenal de délestage.

Les bâtiments les plus anciens correspondent à la caserne de la douane accompagnées de logements.

Les cabanes ostréicoles sont implantées le long du chenal de délestage à l'est mais également le long du canal maritime, sur les rives est et ouest. Espaces de travail, elles sont tantôt en planches, tantôt en parpaings. Les plus modestes sont en rez-de-chaussée, de plan carré ou rectangulaire : elles présentent des ouvertures (porte/fenêtres) tantôt sur le pignon, tantôt sur le mur gouttereau. Les fenêtres sont souvent de forme rectangulaire et disposées en largeur ; elles ont un encadrement en bois. Les toitures en tuiles mécaniques peuvent être ornées de lambrequins en bois découpé. Traditionnellement recouvertes de goudron pour les isoler de l'humidité, elles sont aujourd'hui peintes de couleur vive. Les cabanes plus récentes sont plus grandes, parfois avec un étage. Des hangars sont également utilisés pour le travail de nettoyage et de conditionnement des huîtres. Les bâtiments sont accompagnés de bassins ou dégorgeoirs, maçonnés en béton, permettant le stockage des huîtres avant expédition. Les cabanes donnant sur le canal maritime sont dotées de cales inclinées avec rails facilitant le chargement et déchargement des barges ou chalands. De nombreux pontons en bois sont disposés perpendiculairement aux rives.

Alentours, dans les anciennes sartières, des bassins sont aménagés pour la pousse des huîtres, "affinées en claires".

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Marennes

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: la Cayenne

Cadastre: 2024 D.P. (Domaine publique maritime ; non cadastré)

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