Manoir de la Cochonnière

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Nalliers

Le logis de la Cochonnière conserve des éléments de la fin du Moyen-Âge (14e-15e siècles) : vestiges de créneaux et mâchicoulis dans l'angle nord-est du bâtiment, archère, archère-canonnière et canonnière dans la tour conservée au nord-ouest du bâtiment.

Le linteau d'une porte murée au rez-de-chaussée de l'élévation ouest du logis est gravé du profond tracé double d'une accolade qui n'a pas été évidée pour achever le relief ; une datation large, du 15e au début du 17e siècle, peut être proposée.

Les deux dépendances à l'est et à l'ouest de l'ancienne cour sud conservent des éléments (appui saillant mouluré, porte et jours chanfreinés) pouvant dater du 16e ou du 17e siècle.

L'arc surbaissé en anse de panier du portail aujourd'hui isolé, qui permettait le passage entre les deux cours, permet de proposer sa datation au 17e ou au 18e siècle.

La Cochonnière est citée parmi les biens de la seigneurie de la Roche-à-Gué à Saint-Pierre-de-Maillé en 1639 (Rédet, p. 129). Dans la première moitié du 17e siècle, c'était un ancien fief avec pouvoir de basse justice dépendant de l'abbaye de Saint-Savin. La Cochonnière est figurée sur la carte de Cassini.

Sur le plan cadastral de 1826, l'ensemble s'organise autour de deux cours successives s'étirant du sud vers le nord. Au sud de la parcelle (aujourd'hui figurée en arc de cercle) se trouvait une mare aujourd'hui remblayée. La première cour, au sud, cadastrée C1 4, est bordée par deux grands bâtiments (dépendances et logements secondaires), implantés à l'est et à l'ouest, chacun fortifié par une tour, une au sud-est de la dépendance sud-est et une au nord-ouest du bâtiment ouest, aujourd'hui disparues. Les autres bâtiments sont rattachés à la parcelle n° 5. Le portail aujourd'hui remonté n'est pas figuré. Le logis se trouve dans l'angle sud-est de la parcelle. Il est fortifié par deux tours sur son élévation ouest (il ne reste aujourd'hui que la tour nord-ouest). Un grand bâtiment aujourd'hui ferme la cour au nord. Un bâtiment adossé à l'est de cette grande grange est marqué comme " en ruine " (aquarellage jaune). Deux petits bâtiments dont l'un également en ruine sont figurés au sud-ouest de cette parcelle.

Le logis a été remanié après le lever du cadastre de 1826 et plus probablement à la fin du 19e siècle : suppression de l'une des tours, reprise des portes et des fenêtres, agrandies avec des piédroits harpés, porte murée au rez-de-chaussée.

La grange construite au nord de la cour n'est pas figurée sur le plan cadastral mais elle porte les dates 1955 sur un visage modelé en ciment au-dessus du linteau de la porte charretière et " 14 mai 1955 Bertoneau " dans le ciment contre le piédroit gauche de la même porte. Il s'agit d'une date de réfection ; cette grange aujourd'hui non cadastrée pourrait correspondre à la grange figurée sur le plan cadastral de 1826 ou à une grange reconstruite à son emplacement

Périodes

Principale : 14e siècle, 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle (incertitude)

Principale : 19e siècle

Principale : 3e quart 20e siècle

Dates

1955, porte la date

Auteurs Auteur : maître d'oeuvre inconnu,

Le manoir de la Cochonnière est isolé au nord de la commune de Nalliers, sur la rive droite de la Gartempe. Les bâtiments s'organisaient autour de deux cours séparées par un portail et un mur de clôture aujourd'hui détruit (voir plan de 1974 dans le dossier illustrations).

L'accès à l'ensemble se fait par la cour sud, qui était bordée au sud par une mare aujourd'hui remblayée et d'une fontaine surmontée d'un petit édicule. Autour de la cour, s'organisent les dépendances agricoles (granges, toit à porcs) et des logements secondaires. Le manoir est implanté au sud-est de la cour nord. Une grange (non cadastrée et non indiquée sur le plan de 1974) a été reconstruite au nord de cette cour en 1955.

Le manoir est constitué par un bâtiment de plan rectangulaire, implanté nord-sud. Construit en moellon enduit, le logis est composé d'un rez-de-chaussée, d'un étage et d'un comble, et couvert d'un toit à longs pans et croupes en tuiles plates. Des deux tours figurées sur le plan cadastral de 1840, il ne subsiste aujourd'hui que la tour nord-ouest, couvertes d'un toit conique en tuiles plates. La tour sud-ouest a été détruite. Il reste également quelques vestiges de créneaux et mâchicoulis dans l'angle nord-est du logis.

L'entrée dans le logis se trouve sur la façade ouest, percée de deux travées de portes et fenêtres remaniées à la fin du 19e siècle. Au sud de l'élévation se trouve une porte aujourd'hui murée, dont le linteau porte le tracé d'une accolade jamais évidée. En 1974, l'étage du logis servait d'espace de stockage pour les récoltes et la paille. La porte d'entrée était surmontée d'une porte haute desservie par une échelle.

La tour est d'angle est trois-quart hors-œuvre. Deux fenêtres de tir orientées vers le sud défendent l'entrée du logis. Une archère, une fente de tir et une autre canonnière défendent l'ouest et le nord du logis. Des jours éclairent la tour.

Une seule fenêtre éclaire le premier étage du côté oriental. Elle présente un appui saillant mouluré et des piédroits et un linteau moulurés. La fenêtre du rez-de-chaussée de cette élévation a été remaniée. Le mur pignon sud est percé d'une travée de fenêtres remaniées à la fin du 19e siècle ; le mur pignon nord est aveugle ; l'évacuation des deux cheminées est construite sur ce mur.

Une grande pièce occupe chaque niveau du manoir. Les deux cheminées du rez-de-chaussée et de l'étage ont des conduits parallèles.

Au nord de la cour nord, une grange non cadastrée a été reconstruite à l'emplacement d'une grange figurée sur le plan cadastral de 1826. Elle présente deux portes charretières sur le mur gouttereau sud. Une tête modelée en ciment et une reprise en ciment à gauche de son piédroit gauche portent la date de 1955.

Le portail qui séparait les deux cours se trouve dans le prolongement à l'est du toit à porcs. Sur son élévation sud, il est couvert en plein cintre et surmonté de créneaux et mâchicoulis. Son élévation nord est couverte en arc segmentaire.

L'ensemble de dépendances à l'ouest de l'ancienne cour est composé de plusieurs bâtiments, tous couverts de toits à longs pans en tuile plate. Du sud vers le nord se trouvent une grange à façade en gouttereau et, dans l'alignement en retrait d'une vingtaine de centimètres, un ancien logement converti en dépendance agricole, qui comprend une porte et deux jours à encadrements chanfreinés. En 1974, des clapiers étaient adossés en façade de cet ancien logement. Dans le même alignement mais moins profonde que les deux autres bâtiments se trouve une autre grange-étable à façade sur le mur gouttereau, surmontée d'une espace de stockage qui a conservé son encadrement en bois. Un toit à porcs en appentis, couvert de tuile plates, ferme l'ancienne cour sud sur son côté nord. Un enclos entouré d'un muret le borde au sud. Il était surmonté d'un poulailler, ainsi qu'en témoigne la pierre d'envol des poules sur le pignon oriental. Un bûcher couvert en appentis est adossé au nord de ce toit à porcs. Une petite écurie, courte en appentis, est alignée avec le bûcher, vers l'ouest ; elle est en partie adossée au mur pignon nord de la grange la plus au nord de l'ensemble ouest.

L'ensemble de dépendances à l'est de l'ancienne cour sud est composé de plusieurs bâtiments. À l'est, deux bâtiments sont construits en alignement, sous des toits différents, aujourd'hui couverts de tôle ondulée ; en 1974, le bâtiment nord était encore couvert de tuiles plates avec une porte haute d'accès à l'espace de stockage, porte aujourd'hui disparue. Un ancien logement secondaire, transformé en dépendance agricole et surmonté d'un espace de stockage se trouve au sud. Il conserve une porte et un jour (qui surmontait l'évier aujourd'hui disparu) à encadrement chanfreiné et deux fenêtres à appui saillant mouluré. Au sud de cet ensemble, en retour d'équerre, se trouve une grange très remaniée. Une porte charretière est percée sur le pignon ouest et une autre sur le mur gouttereau nord.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

Toits
  1. tuile plate, ciment amiante en couverture
Étages

1 étage carré

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe

  2. Forme de la couverture : toit conique

  3. Forme de la couverture : toit à longs pans

  4. Forme de la couverture : appentis

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

    Forme : escalier tournant à retours

Typologie
  1. grange à façade en gouttereau
  2. grange à façade en pignon
  3. manoir
Décors/Technique
  1. sculpture

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Nalliers

Milieu d'implantation: isolé

Lieu-dit/quartier: la Cochonnière

Cadastre: 1955 C1 3 ([Idem en 2016])

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