Village de Hiers

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Marennes

Le village de Hiers s'est développé avec l'activité des marais salants environnants et la proximité du port et de la citadelle de Brouage. D'après Charles Connoué, une église aurait été implantée dès le 11e siècle. La prévôté d'Hiers attestée avec certitude en 1220 s'étendait sur toute la paroisse (cf Bertrand Beauvoit) et relevait des seigneurs de Broue. Les prévôts étaient des agents assermentés chargés de la gestion des seigneuries foncières et banales de leur seigneur, et en contrepartie recevaient une partie des profits seigneuriaux et bénéficient de biens fieffés.

Un château d'Hiers attesté en 1492 (cf Bertrand Beauvoit). Selon la Statistique du département de la Charente inférieure (1839), "une galerie, sous la voûte de laquelle passait ce même chemin, joignait cette église à l'ancien et vaste château des seigneurs de Hiers, dont les seuls vestiges consistent dans un angle de muraille que son extrême dureté a garanti de la dévastation générale et des atteintes du temps". Les ruines de bâtiment voûté conservées dans un jardin en bas de la rue Duc-Élie pourraient être des vestiges de ce château ?

Des parties de l'église datent du 15e siècle. Des éléments d'architecture de cette époque ont également été repérés dans les maçonneries de plusieurs maisons, sans doute en remploi (moulures à baguettes croisées, accolade). Plusieurs maisons à tour d'escalier en vis ont été identifiées.

Le plan de Brouage et des environs de 1640 représente le village indiquant quelques points de repère : l'église (en face de celle-ci sont représentés des bâtiments disposés en U qui semblent en ruine), les domaines de Montboileau et de la Blanchardière ainsi que trois moulins à vent. Est également signalée la chapelle Saint-Roch, située en contrebas de la Blanchardière en lisière du marais.

Le cardinal de Richelieu achète la châtellenie d'Hiers par acte du 24 juillet 1627. Son héritier, Jean-Armand du Plessis, duc de Richelieu, pair de France, en fait le dénombrement, le 26 novembre 1659 : "Le domaine, terre et seigneurie d'Hiers, dit-il, est composé de divers marais salants, sur lesquels il a le droit de prendre le tiers ou douzain des fruits, qui est la trentiesme partye des revenus et rentes sur toutes les maisons, terre et héritage dudit Hiers et Brouage, des fours à ban dudit Brouage et Hiers, chargez de 328 livres par an envers les officiers de la saline, ventes et honneurs, château, pré, jardin et autres terre audit bourg d'Hiers, confrontant d'ung costé à la mer et hâvre dudit Brouage, d'autre costé au canal qui sépare les terres et seigneuries de Sainte-Gemme et de Marennes ; d'un bout à un autre canal qui fait la même séparation, d'autre à ladite seigneurie de Marennes. Plus les droits de 4 deniers pour livre sur le sel, et 10 et 20 sels qui se livrent sur chaque tonneau de bled, vin, vinaigre, eaues de vie et légumes qui se chargent audit hâvre de Brouage, rivière de Seudre, coureau et baronnie d'Oleron, droits de coste et naufrage., droits de marchés, minage audit Brouage, et foires et marchés audit Hiers. Et sont les droits et domaines cy-dessus d'environ 30,000 livres de revenus" (cité par, Lételié, 1890, p. 185-186).

Le territoire est marqué par les importants travaux hydrauliques menés pour valoriser et exploiter les marais. La fontaine établie à Hiers dans la première moitié du 17e siècle en est un beau témoignage. A partir de 1684, Vauban initie des travaux d'aménagement des marais et des chenaux : le havre de Brouage et les chenaux du marais sont récurés pour assurer la navigation.

Toutefois, à, partir du 18e siècle, la crise des sels de Brouage conduit à l'abandon progressif des marais et du territoire. Le village de Hiers a sans doute bénéficié du déclassement de Brouage, dont les constructions ont été en partie démantelées. Cela explique peut-être le nombre important d'éléments d'architecture en remploi repérés dans les maçonneries des bâtiments du village de Hiers. Plusieurs dates portées ont été repérées (certaines en remploi) : 1632, 1634, 1714, 1788, 1908, ainsi que les vestiges de portails ou de portes-cochères condamnées.

A la Révolution, la place forte de Brouage est érigée en commune. Elle ne dispose toutefois pas de revenus suffisants et aucun candidat ne se propose pour être maire en 1812. Une ordonnance royale du 31 mars 1825 réunit les deux communes de Hiers et Brouage. Dès 1838, des pétitions demandent la séparation des deux communes.

La commune d'Hiers-Brouage renferme une population totale de 804 habitants (Joanne). Sur le plan cadastral de 1833, plusieurs bâtiments signalés en bleu correspondent à des "masures", c'est-à-dire des bâtiments ruinés. Mairie et écoles sont installées dans l'ancienne maison de M. Bouilleau dans la première moitié du 19e siècle. Le bâtiment est couronné en 1897 d'un campanile équipé d'une horloge.

L'église est remaniée au milieu du 19e siècle ; le clocher est ajouté en 1862. L'ancien cimetière situé autour de l'église est transféré au nord du bourg en 1871 et une place publique est aménagée en 1883 à cet emplacement.

Le château d'eau (route de Montboileau) est construit sur les hauteurs du village entre 1971 et 1974.

Depuis 2018, la commune de Hiers-Brouage a fusionné avec celle de Marennes : Hiers est désormais mairie-déléguée.

Périodes

Principale : 15e siècle

Principale : 17e siècle

Principale : 18e siècle

Principale : 19e siècle

Principale : 20e siècle

Dates

1632, porte la date

1634, porte la date

1714, porte la date

1788, porte la date

1908, porte la date

Le village est situé sur une hauteur qui domine les marais de Brouage, sur la route reliant Marennes à Brouage et au-delà à Rochefort. L'habitat s'est établi à l'ouest de cette route qui opère plusieurs virages entre la butte de Hiers et celle de la Guilleterie. Si l'église se trouve au bord de cette route principale, les maisons sont construites de long de chemins secondaires qui se croisent au niveau de la mairie.

La rue Duc-Elie est bordée de maisons. La plupart présentent le mur gouttereau en façade. Quelques-unes sont accessibles par le pignon, la porte étant dotée d'un degré en pierre. Certaines façades forment un décrochement.

Dans la rue de Beaugeay, un portail avec porte piétonnière est conservé. Les maisons sont alignées sur la rue ou bien disposées perpendiculairement. Elles sont tantôt à étage, tantôt en rez-de-chaussée. A noter, une maison avec tour d'escalier, une autre avec une porte datée 1634 dont l'encadrement sculpté a été manifestement remonté.

Des remplois (bateau et initiales) et des éléments sculptés (baie avec moulures à baguettes croisées) sont également conservés sur la façade d'une maison de la rue du Canada.

Des parcelles de jardins sont entourées de murs ; plusieurs puits ont été repérés.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Marennes

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 1833 C1 et A3, 1937 C1, 2025 189 C et 189 A

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