Ancien presbytère, aujourd'hui maison

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Nalliers

La pièce donnant sur la chapelle sud du chœur et la nef de l'église témoigne de l'occupation du presbytère par des sœurs qui assistaient aux offices à travers l'hagioscope et les claustras. Le presbytère devint donc un établissement religieux probablement au 16e siècle.

René Chasseloup, aumônier de l'abbaye de Saint-Savin, afferme les dîmes de Nalliers le 9 juillet 1634. La cure de Nalliers possède des biens dans les paroisses voisines : à la Ballangerie (aujourd'hui commune de Saint-Pierre-de-Maillé) en 1626, à l'Ajasseau (aujourd'hui l'Ajaccio, commune de La Bussière) en 1708.

La présence de chanfreins témoigne d'une phase de construction au 17e siècle.

Le presbytère a été remanié au 18e siècle, il a été agrandi vers le nord, sans doute en 1772, comme en témoigne la date inscrite sur le linteau d'une fenêtre de la façade occidentale. Durant cette même année, un terrain de 30 ares est donné par le seigneur Turpin d'Allemaigne, seigneur du château dont les armoiries d'un prédécesseur sont présentes de nombreuses fois dans l'église, pour compléter le jardin du presbytère. Les curés successifs logent dans le presbytère à cette époque (voir annexe n° 1).

Sur le plan cadastral de 1826, parcelle A1 1388 (et non 1488 comme inscrit sur la copie aux archives départementales de la Vienne), le corps de bâtiment du logement est jointif, par sa façade occidentale, avec l'angle nord-est de la grange. Le mur oriental de la grange a été refait de manière à ménager un passage entre les deux bâtiments vers la cour postérieure.

D'après le registre des augmentations-diminutions (Archives départementales de la Vienne, 4 P 2739), la commune fait inscrire en diminution une partie des bâtiments et de la cour en " cour et presbytère " sur une surface de 4,20 ares en 1869.

En 1880 commence un débat entre le conseil de fabrique et le conseil communal concernant la distraction d'une parcelle du terrain du presbytère, de vingt-un ares, pour devenir la propriété de la commune de Nalliers et y construire une mairie-école. En janvier 1880, le curé de l'époque, Léon Rigollet, s'oppose à cette distraction du jardin, écrivant au sous-préfet que ce jardin est resté la propriété de la paroisse, même après la révolution (voir annexe n° 1). De nouveau, au mois d'avril, le conseil de fabrique de la paroisse de Nalliers se réunit et s'oppose à la décision du conseil communal de s'approprier une partie du jardin du presbytère pour de multiples motifs (voir annexe n° 2). Le 16 mai de la même année, le conseil de fabrique se rassemble une nouvelle fois, le conseil est à ce moment-là divisé, une partie étant d'accord pour céder le terrain à la commune, l'autre souhaitant conserver ce morceau du jardin qui leur semble nécessaire et qu'ils pensent convoité par la commune par intérêt économique (voir annexe n° 3). Le 18 janvier 1881, le maire de Nalliers, Monsieur Massé, écrit au sous-préfet et donne le point de vue communal sur cette affaire, affirmant que la commune étant endettée et le jardin peu utile au presbytère, que le vote du conseil est favorable à la distraction et que cette parcelle est un bien communal et n'appartient pas à la paroisse. (voir annexe n° 4). Enfin, le 6 avril 1881, le terrain devient la propriété de la commune pour y construire la mairie-école (voir annexe n° 5).

À partir des années 1900, le presbytère est loué par la mairie, permettant une ressource financière pour la commune et le moyen d'entretenir l'édifice, les locataires devant prendre en charge les réparations et restaurations nécessaires.

Les contrats de location du presbytère de 1957-1968 sont conservés aux Archives départementales de la Vienne (600 W 175).

Périodes

Principale : 17e siècle (incertitude)

Principale : 18e siècle (porte la date)

Secondaire : 19e siècle

Dates

1772, porte la date

Auteurs Auteur : maître d'oeuvre inconnu,

L'ancien presbytère est implanté au sud de l'église, sur la rive droite de la Gartempe, à 230 mètres environ de la rivière.

Depuis la place, des sarcophages, provenant sans doute de l'ancien cimetière, sont disposés de chaque côté du portail à piédroits réguliers, couvert en arc segmentaire et mouluré en cavet. Il donne accès à la cour du presbytère. Cette cour est délimitée à l'ouest par un mur de clôture et par le portail, au nord par le clocher-porche et la première travée de la nef et au sud par une dépendance. À l'est et au sud du presbytère, le jardin se déploie jusqu'au niveau du chevet de l'église et est clos par une haie et un muret au nord. Le portail, vu depuis la cour est encadré de claveaux réguliers et surmonté d'un linteau de bois. À sa droite, une pierre d'évier est insérée dans le mur de clôture.

La parcelle du presbytère est occupée plusieurs bâtiments, le presbytère en lui-même et deux dépendances au sud de la cour.

Le corps principal du presbytère, en retrait par rapport à la place, a été remanié au 18e siècle et agrandi, comme en témoigne la rupture du chaînage d'angle visible près de l'actuelle porte d'entrée sur la façade occidentale. Une pierre de taille du piédroit droit de cette porte présente des tracés gravés au compas. Cette partie plus ancienne, aujourd'hui au sud du presbytère, présente une élévation à une travée avec deux fenêtres couvertes en arc segmentaire qui ont été agrandies également au 18ème siècle. La date " 1772 " inscrite sur le linteau de la fenêtre du rez-de-chaussée à appui saillant, est donc compatible avec ce remaniement. Cette façade occidentale de la partie ancienne du presbytère est percée d'une fenêtre chanfreinée qui coïncide avec cette datation.

Aujourd'hui l'ensemble du presbytère est couvert d'un toit à longs pans en tuile plate et présente une chaîne d'angle harpée sur ses angles de murs, sauf au nord-ouest. Au nord, le toit rejoint celui de l'église, trois souches de cheminées (une au nord, deux adossées l'une à l'autre au sud) correspondent aux trois cheminées 18ème siècle à l'intérieur. Un épi de faîtage en terre cuite orne l'extrémité du toit au sud. Les murs sont composés de moellons et de pierre de taille pour les claveaux réguliers entourant toutes les ouvertures. Le tout est partiellement enduit.

La façade occidentale de la partie nord du presbytère, correspondant à la partie plus récente, présente une élévation à une travée avec deux fenêtres couvertes en arc segmentaire de la même époque que celles de la partie ancienne qui ont été agrandies. Elle est percée d'un oculus muni d'un barreau en fer horizontal en son centre, au nord-ouest, près du mur de la première travée de la nef de l'église. La porte d'entrée actuelle, étroite et également couverte en arc segmentaire témoigne encore du remaniement datant du 18e siècle. Une lucarne en léger décalage par rapport à l'axe de la porte, est percée dans le toit de cette partie agrandie du presbytère. Cette lucarne a sans doute été modifiée, elle devait à l'origine être couverte en arc segmentaire en pierre. Une démarcation est visible entre cet encadrement en pierre et son actuel bâtière à deux pans.

Le mur pignon, côté sud du presbytère, est sans travée. Il est percé d'une fenêtre rectangulaire, qui donne accès aux combles et d'un jour, dans le même axe, à la base du mur. Les deux ouvertures sont entourées de claveaux réguliers. L'ensemble de cette face du presbytère présente encore plusieurs opes.

La façade orientale du presbytère est quant à elle enduite de crépi et de ciment. Au sud, la partie construite avant le remaniement 18e, présente une travée avec deux fenêtres, de même forme que celles de la façade occidentale : couvertes en arc segmentaire et entourées de claveaux réguliers. La fenêtre du rez-de chaussée de cette travée est aussi pourvue d'un appui saillant. Au-dessus et à gauche de la porte à encadrement en bois qui donne accès à ce côté du presbytère, une autre fenêtre, plus petite et rectangulaire est percée dans le mur. À l'extrémité nord de cette façade orientale, la partie remaniée est percée de deux ouvertures, dont une porte partiellement murée, toutes deux couvertes en arc segmentaire. Une fenêtre éclaire l'étage du presbytère, la seconde ouverture, en demi-cercle est munie de barreaux en fer et donne sur le rez-de chaussée. L'extrémité de cette élévation orientale est aveugle car elle est accolée et reliée à une construction couverte d'un toit de tôle en appentis.

Cette construction adossée à l'élévation sud de l'église et au nord-est du presbytère est accessible depuis la chapelle sud à l'intérieur de l'église, de l'extérieur par le jardin du presbytère grâce à une porte rectangulaire et également reliée au rez-de-chaussée du presbytère par une porte intérieure. Elle est percée de deux ouvertures superposées en son centre, une fenêtre rectangulaire et un jour sous le toit. Toutes ces ouvertures sont fermées par des volets en bois et entourées de claveaux réguliers. Cette pièce est liée à l'église architecturalement mais aussi par son fonctionnement puisque c'est elle qui permettait aux sœurs, vivant dans le presbytère autrefois, d'accéder à leur chapelle et d'assister aux offices sans être vues des fidèles par le biais de l'hagioscope, (l'ouverture) percée dans le mur de cette construction et donnant sur le chœur. Les autres bâtiments visibles du jardin du presbytère appartiennent à l'église.

À l'intérieur du corps central du presbytère, les escaliers ainsi qu'une porte au linteau décoré sont encore une preuve du remaniement 18e. Cette porte intérieure, au rez-de chaussée, semble avec son linteau mouluré à décor denticulé, être l'ancienne porte d'entrée du presbytère, déplacée ici lors de l'agrandissement. Un escalier en charpente tournant distribue les étages. Trois cheminées datant du 18e siècle sont intéressantes, elles sont placées au rez-de-chaussée et à l'étage. Au rez-de chaussée, la cheminée est décorée de fleur de lys et de feuillages.

Deux dépendances sont construites au sud-ouest du presbytère, en limite de parcelle, vers la place.

La première, une grange-étable, délimitée la cour, est de la même hauteur que le corps principal et son toit à long pans et croupes, à égout retroussé, est couvert de tuile plate. La porte d'accès, à piédroits en pierre de taille, sur le mur nord, vers la cour principale, présente une large pierre de seuil. Une fenêtre, également à piédroits en pierre de taille, est percée à sa droite et éclaire l'étable ; une fenêtre à encadrement en bois est percée sur le mur opposé et permettait d'aérer l'étable. Un jour rectangulaire est percée dans le mur à gauche de la porte et éclairait peut-être un évier. Cette dépendance présente deux fissures sur son mur nord, la plus importante s'étend sur tout le bâtiment à gauche du jour. Deux opes subsistent près de cette fissure. Construite en moellons partiellement enduits, avec au moins un élément en remploi, cette dépendance est pourvue de chaînes d'angles harpées. L'une des pierres de taille du chaînage de l'angle nord-est, sur la face est, porte des marques de tâcherons. Les assises dans l'alignement des opes sont composées de moellons plus réguliers et marquent d'anciens niveaux. À l'intérieur, l'étable est aménagée avec des crèches au rez-de-chaussée tandis qu'un fenil (réserve de foin) occupait l'étage.

Un cabanon, probablement d'anciennes toilettes, est adossé au sud de cette dépendance ; son toit en appentis est couvert de tuiles creuses Ce cabanon présente une chaîne d'angle harpée à gauche de sa porte à piédroits à claveaux réguliers. Cette construction vient s'imbriquer dans le mur de clôture de la cour qui se termine ici. La façade occidentale de la dépendance, qui abritait autrefois l'étable et le fenil, donne sur la place et est entièrement recouverte d'enduit et percée d'une unique fenêtre rectangulaire chanfreinée. La face orientale de la dépendance donne sur le jardin et est percée de deux ouvertures : une fenêtre rectangulaire au centre du mur, fermée par un panneau de bois, et un jour, en dessous, légèrement décalé de l'axe de la fenêtre et fermé par un volet de bois. Les deux ouvertures sont entourées de claveaux réguliers. Des opes subsistent ici aussi de part et d'autre des ouvertures.

Accolé au mur sud de cette dépendance, une ancienne écurie, de plan rectangulaire et dont toit en tuile mécanique est moins haut que la dépendance et le presbytère, donne sur le jardin à l'est et la place à l'ouest. Sa façade orientale est percée de deux portes encadrées de claveaux réguliers. Le mur est construit en moellons partiellement enduits et présente plusieurs opes. La face ouest, donnant sur la place, est percée d'une porte cochère couverte en anse de panier, à clef et impostes saillants.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. tuile plate, tuile creuse, tuile mécanique
Plans

plan régulier

Étages

1 étage carré

Élévations extérieures

élévation à travées

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe

  2. Forme de la couverture : appentis

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

    Forme : escalier tournant à retours

    Structure : en maçonnerie

Typologie
  1. logement à façade en gouttereau
  2. logement à étage

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Nalliers , rue des place

Milieu d'implantation: en village

Lieu-dit/quartier: le Bourg

Cadastre: 1826 c3 1388 ([Erreur sur la copie du plan conservé aux archives départementales : parcelle notée 1488]), 1955 AB 100 ([Idem en 2018])

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