Marais communal de Sansais
France > Nouvelle-Aquitaine > Deux-Sèvres > Sansais
Historique
Les origines du marais communal remontent probablement à la fin du Moyen Age et à l'octroi par le seigneur de Sansais aux habitants de la paroisse d'un droit d'usage dans cet espace inculte. Ce droit est exercé jusqu'à la Révolution et, à partir de 1791, un contentieux oppose la nouvelle commune de Sansais à l'ancien seigneur, Gabriel Henri de Villedon, au sujet de la propriété de ce marais. Un plan sommaire du marais communal est établi à cette occasion, vers 1807. Si les droits de Villedon sont reconnus, il lui est fait interdiction de cantonner le marais, c'est-à-dire de le diviser. Le marais communal apparaît sur le plan cadastral de 1830 et appartient alors à la commune. La partie ouest du communal est impactée en 1840 par le creusement de la rigole d'Amuré par le Syndicat des marais mouillés des Deux-Sèvres.
Pendant tout le 19e siècle et une grande partie du 20e, le marais communal est géré par une commission émanant du conseil municipal. Elle fixe les dates d'ouverture et de fermeture du marais, de fauchage de l'herbe que les animaux n'ont pas mangé (ou "refus"), le nombre d'animaux qui peuvent y être envoyés, etc. Peu à peu cependant, des portions du marais communal sont vendues, ou à tout le moins des arbres y poussant, pour financer les importants travaux auxquels la commune doit faire face (construction de l'église en 1879, de la mairie-école en 1894...). Par ailleurs, le marais communal finit par être divisé en petites parcelles numérotées et attribuées aux familles de la commune par un tirage au sort effectué tous les trois ans. Le 20 mars 1865, un plan du communal (repris en 1937) montre sa division en 600 portions ou tâches, chiffre réduit à 300 en 1886. En 1926, la durée de jouissance d'une tâche est portée à neuf ans.
Pendant longtemps, l'accès au marais communal est peu aisé, aucun pont ne permettant de franchir aisément le canal de ceinture, comme le montre le plan vers 1807. Le 28 juin 1866, est adjugée à Jacques Papot, entrepreneur à Prahecq, la construction d'un pont (probablement à l'entrée nord-est, vers la Garette) avec culées en maçonnerie, tablier en charpente et garde-corps en métal. Il faut attendre le 18 mars 1889 pour que soit adjugé, à Daniel Mainson, le même chantier pour un pont à l'entrée sud-est du communal, à la Chaume du Château, suivant le projet établi le 18 décembre 1888 par l'agent-voyer Charles Desessard (qui réaliser quelques années plus tard la mairie-école de Sansais).
Dans l'entre-deux-guerres, les autorités s'emploient à améliorer l'écoulement de l'eau, donc l'exploitation du marais communal. En 1919, un barrage à poutrelles est établi dans le principal fossé du communal (sans doute le fossé des Canards), afin de retenir les eaux en amont en période sèche. Ce barrage est officialisé en 1923. Allant plus loin encore, la commune, assistée des Ponts et chaussées, met en place en 1935-1937 un vaste programme d'assainissement du marais communal, avec création de chemins d'exploitation, creusement de 3 kilomètres de fossés, reconstruction du barrage sur le fossé principal, et redivision des parcelles. Les travaux sont réalisés à partir de septembre 1935 pour les fossés, puis à l'été 1937 pour les chemins, par des ouvriers venus de Sansais et d'Irleau, sous la direction de l'ingénieur Godin, de Niort. Ce vaste chantier est achevé dans les années 1950, avec aussi la réfection des ponts d'entrée du communal.
Dans les années 1970, avec la disparition de la plupart des anciennes petites exploitations familiales, le système de tâches disparaît, et le marais communal est redivisé en grandes parcelles de 3 puis de 6 hectares. En 2023-2024, l'ancien marais communal a fait l'objet d'une opération de réhabilitation : dévasement, défrichement, restauration des berges, plantations d'arbres...
Description
D'une superficie d'environ 110 hectares, l'ancien marais communal s'étend au nord-ouest du territoire de la commune, entre la Garette au nord-est, la Chaume du Château au sud-est, le canal du Chail à l'ouest et la Grande rigole de la Garette au nord. Sa partie ouest est traversée par la rigole d'Amuré. Sillonné de longs chemins d'exploitation et de fossés que longent des alignements d'arbres, il est accessible par un pont à la Chaume du Château et un autre à l'ouest de la Garette. Le tout forme un paysage très ouvert, formé de grandes prairies et de rideaux d'arbres à l'horizon. Une petite partie, à l'extrémité nord-est, est occupée par un terrain de camping.
Détail de la description
| Toits |
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| Dimensions |
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Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
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| Référence du dossier |
IA79005981 |
| Dossier réalisé par |
Suire Yannis
Conservateur en chef du patrimoine à la Région Poitou-Charentes puis Nouvelle-Aquitaine de 2006 à 2016, au Département de la Vendée à partir de 2017. |
| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2024 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Centre vendéen de recherches historiques |
| Citer ce contenu |
Marais communal de Sansais, Dossier réalisé par Suire Yannis, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Centre vendéen de recherches historiques, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/9d8a4a19-fe43-43a0-b3ea-5156e9d324a0 |
| Titre courant |
Marais communal de Sansais |
|---|---|
| Dénomination |
ensemble agricole |
| Parties constituantes non étudiées |
canal chemin pont |
| Statut |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Deux-Sèvres , Sansais
Milieu d'implantation: isolé
Lieu-dit/quartier: Marais communal de Sansais
Cadastre: 1833 F 1, 518, 2024 AL, 2024 AM