Église paroissiale Saint-Hilaire

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Marennes

D'après Charles Connoué, une église aurait existé à cet emplacement dès le 11e siècle. La Statistique du département de la Charente-Inférieure fournit les éléments suivants : "Il paraît, d'après un factum de l'abbaye de Saintes, qu'au temps de la fondation de cette abbaye, en 1047, l'emplacement de Hiers était inculte et couvert de bois. Des particuliers y ayant construit un prieuré, attirèrent assez de population pour faire ériger l'église du prieuré en paroisse. Cette église fut presque entièrement détruite lors des guerres religieuses du milieu du 16e siècle au commencement du 17e. On n'a pu en réparer postérieurement qu'une partie ; les bas-côtés et la portion qui s'avançait jusqu'au chemin de Marennes à Rochefort ont totalement disparu. Une galerie, sous la voûte de laquelle passait ce même chemin, joignait cette église à l'ancien et vaste château des seigneurs de Hiers, dont les seuls vestiges consistent dans un angle de muraille que son extrême dureté a garanti de la dévastation générale et des atteintes du temps".

Dans son état actuel de conservation, plusieurs éléments d'architecture font remonter l'église au 15e siècle : la porte est, les baies à remplage de l'élévation ouest, ainsi que les voûtes à croisée d'ogives du bas-côté témoignent d'une interprétation du style gothique rayonnant.

Entre la fin du 16e et le 17e siècle, l'église, sans doute frappée par les guerres de Religion, est remaniée. Antoine Bourricaud, dans son étude Marennes et son arrondissement : études historiques publiée en 1866, écrit que l'église d'Hiers "a été presque entièrement détruite pendant les guerres civiles, et ce qui en reste fait regretter cet acte de vandalisme. On n'a pu en réparer qu'une partie ; les bas-côtés et la portion qui s'avançait jusqu'au chemin de Marennes à Rochefort, ont entièrement disparu". Sur le plan de Brouage et ses alentours daté de 1640, elle est représentée précédée d'un clocher-porche sur lequel est élevée une croix. À l'intérieur, le médaillon représentant deux angelots portant un blason orné de fleurs de lys rappelle la présence du pouvoir royal sur ce territoire.

Le tableau du retable représente une Crucifixion signée Beaulieu et datée 1771 (en bas à droite).

En 1833, l'église figurant sur le cadastre présente un plan identique à celui connu aujourd'hui. Sa façade et son élévation est sont cernées d'une parcelle occupée par un cimetière.

En 1846, la fabrique de la paroisse Saint-Hilaire déplore l'état de conservation de l'église, et notamment de la voûte, qui menace de s'effondrer. La même année, le conseil municipal vote une imposition extraordinaire afin de financer les travaux nécessaires et de lui rendre "la majesté qui lui est due", considérant que l'église "ayant été longtemps pour ainsi dire abandonnée aux intempéries des saisons, par la nonchalance des habitants faute de desservant". Les travaux sont engagés et, en 1848, un plafond en plâtre est réalisé à l'intérieur de l'église par l'entrepreneur Boujut. D'après les archives, ils semblent se prolonger jusqu'en 1850, pour y intégrer la réfection de "la chaire et quelques vitraux, avec la construction d'une paire de volets sous la cloche". En avril de la même année, le nom de Malin est mentionné pour exécuter les travaux complémentaires.

Quelques années plus tard, en 1858, le conseil municipal vote la reconstruction occidentale "de la muraille grossière dont il vient d'être paré et de l'édification d'un clocher". En 1859, les plans sont confiés à l'architecte Simon, "agent de travaux d'art à Marennes", et à Renord, entrepreneur à Rochefort. Le projet intègre la réalisation de la façade et du clocher-porche, mais également des "encoignures, contreforts et trèffles [sic]" reconstruits le long des murs gouttereaux dans un style néogothique. Toutes les pierres de taille proviennent des carrières de Crazanne et les moellons sont issus des carrières de Saint-Agnant. Quatre ans plus tard, les travaux sont achevés et la date 1862 est inscrite dans l'un des oculi aveugles de la façade.

En 1883, le conseil municipal vote le projet de transformation de l'ancien cimetière en place publique. Le marché est confié à Verdier.

Entre 1893 et 1921, l'église bénéficie de plusieurs travaux de réparations de la toiture et du clocher, restauré en 1904 à la suite de dégâts occasionnés par la foudre. Parallèlement, les murs intérieurs et le plafond sont blanchis en 1921 par Matignon, plâtrier à Marennes.

Des cartes postales réalisées entre 1900 et 1930 montrent que le mur-pignon du chevet était plus élevé, dépassait la hauteur du toit et comportait une fenêtre haute. Au moins l'une des baies de l'élévation ouest était comblée.

En 1956-1957, les baies sont ornées de nouvelles verrières réalisées par Seguin, architecte. Elles sont commandées par la commune en la personne de Martineaud, maire de l'époque, associé à l'abbé Paul Bourgeon, ancien curé de Bourcefranc. Les initiales "P.B" (Paul Bourgeon ?) et "Mme R.B" mentionnent probablement des donateurs locaux. Nous pouvons supposer que cette campagne de décoration est associée à la réduction du mur-pignon du chevet.

Périodes

Principale : 15e siècle

Secondaire : 3e quart 19e siècle

Secondaire : 3e quart 20e siècle

Dates

1862, porte la date

Auteurs Auteur : Renord

Désigné comme entrepreneur à Rochefort en 1859.

, entrepreneur (attribution par source)
Auteur : Simon

Désigné comme agent de travaux d'art à Marennes en 1859.

, entrepreneur, architecte (attribution par source)
Auteur : Seguin Octave, architecte (signature)

Située en contrebas du village, l'église Saint-Hilaire marque l'entrée du bourg par la rue Duc-Élie. Elle est précédée d'une place aménagée d'arbres, de jardinières et de bancs. À droite du chemin d'entrée se trouve un monument à Champlain sculpté par Sylvie Berry élevé en 2018.

Orientée vers le sud-est, l'église suit un plan allongé sans transept et se compose de deux vaisseaux à trois travées : une nef principale et, côté sud-ouest, un bas-côté dont la dernière travée est occupée par la sacristie. Elle est précédée d'une tour-porche et s'achève sur un chevet plat.

L'église est construite en pierre de taille et couverte d'un toit en ardoise. En façade, le bas-côté présente des moellons apparents recouverts d'un enduit. Le clocher-porche s'élève sur cinq niveaux délimités par des bandeaux moulurés. Il est inscrit dans la façade écran surmontée par un fronton triangulaire interrompu par la tour-clocher. Le fronton repose sur des colonnes engagées. On accède à l'intérieur de l'édifice par un portail en accolade surmontée d'une croix. Les deuxième et quatrième niveaux sont ornés d'un oculus aveugle, dont le premier porte la date 1862. Les trois niveaux supérieurs forment un clocher de plan carré aux angles coupés. Les troisième et cinquième niveaux sont percés de fenêtres en arc brisé à deux lancettes. La tour est surmontée d'une flèche polygonale cantonnée de pinacles et couronnée d'un épi de faîtage représentant un coq. Les murs gouttereaux sont rythmés par quatre contreforts, dont deux angulaires, ménageant trois travées. Les élévations est, ouest et le chevet sont ceints d'un bandeau en chanfrein double sculpté en relief. La toiture montre des reprises d'élévation.

À l'est, un ancien portail obturé occupe la première travée. Il est composé de cinq voussures sculptées en arc brisé. La voussure extérieure forme une accolade ajourée à décor de crochets en forme de choux frisés et repose sur deux culots figurés, dont l'un représenterait un ange. Les deux autres travées sont composées de baies en arc brisé à deux lancettes. Les contreforts sont couronnés d'un pinacle à crochets et de figures sculptées en acrotère. On devine également un personnage adossé au mur et assis à califourchon sur le faîtage du deuxième contrefort. Le chevet plat était autrefois percé d'une grande baie en arc brisé à remplages de style gothique flamboyant. Elle est aujourd'hui obturée. La partie d'élévation correspondant au bas-côté comprend une porte surmontée d'une fenêtre chanfreinée dont l'encadrement s'inscrit dans le bandeau chanfreiné qui règne sur les élévations.

Côté ouest, les deux premières travées sont percées d'une baie en arc brisé à remplages de style gothique flamboyant, de facture différente par rapport aux baies de l'élévation est. Elles réservent des compartiments en mouchette pour l'une et en soufflet pour l'autre. Elles reposent sur un appui de fenêtre chanfreiné se terminant par un ressaut formant larmier. L'élévation générale présente un état hétérogène : le parement en pierre de taille s'effrite et révèle à plusieurs endroits la maçonnerie en moellon. On trouve sur les murs des inscriptions ainsi que des graffitis représentant des bateaux.

On accède à l'intérieur de l'édifice par le clocher-porche inscrit à l'intérieur de la nef et percé d'une porte en arc brisé, surmontée d'une niche en accolade à fond bleu surmontée d'une croix latine. À l'intérieur est installée une sculpture de saint Hilaire, reposant sur une console ornée de frises de feuillages et d'oves. L'élévation ouest du massif de la tour-clocher est équipée d'un tronc surmonté d'un gâble sculpté surmonté d'une croix. A droite de l'entrée se trouve un bénitier gravé "MARTINAUD / A HIERS / SACRISTIN".

La nef est couverte d'une voûte en plâtre en anse-de-panier. Le bas-côté présente deux travées couvertes de voûtes d'ogives dont les nervures retombent, côté nef, sur deux colonnes et, côté ouest, sur une colonne angulaire, une console bûchée et en pendentif. Elles sont ornées de deux clefs de voûte dont l'une est sculptée en forme d'étoile composée de soufflets, et l'autre forme un médaillon. Ce dernier représente deux angelots portant un écusson enrubanné et orné de trois fleur de lys, entouré de guirlandes de fleurs et de fruits.

Le chœur est aménagé d'un décor lambrissé cintré en bois peint imitant le marbre, comprenant un retable accueillant une toile représentant la crucifixion datée 1771 et encadrée de pilastres supportant un entablement et un fronton triangulaire. L'espace du chœur était fermé par une clôture en fonte dont il ne reste que quelques éléments. Le sol est hétérogène et présente, en amont de la table d'autel, un damier disposé en bandeau rectiligne. Au centre, la table d'autel est posée sur un podium à trois degrés.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. ardoise, tuile creuse
Plans

plan allongé

Étages

2 vaisseaux

Couvrements
  1. fausse voûte en anse-de-panier voûte d'ogives
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à deux pans

    Partie de toit : pignon découvert

  2. Forme de la couverture : flèche polygonale

Décors/Technique
  1. sculpture
Décors/Représentation
  1. Representations : armoiries

  2. Representations : ange


Précision sur la représentation :

À l'intérieur :

Retable : huile sur toile signée Beaujeu représentant une Crucifixion. Il s'agit d'une copie datée 1771 d'un tableau de Antoon van Dyck (1599-1641).

Sculptures en plâtre : sainte Thérèse, saint Hilaire, sainte Vierge, saint Joseph et l'enfant en plâtre.

Verrières :

-Elévation est, 1ère travée : apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous à Lourdes : inscriptions : Monsieur Martineaud maire ; Mr L'Abbé Bourgeon curé ; 1956.

-Elévation est, 2e travée : apparition de la Vierge aux enfants à Fatima : inscription : 1956.

-Bas-côté ouest, 1ère travée : scène profane représentant un ostréiculteur et un saunier au travail.

-Bas-côté ouest, 2e travée : apparition de la Vierge à l'Enfant à Saint-Jean Eudes : inscriptions : P.B (Paul Bourgeon) ; Mme R.B ; Mr Seguin architecte ; 1957.

À l'extérieur, mur gouttereau sud-ouest : graffitis en forme de bateau.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Marennes , rue 19-mars-1962

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 1833 C1 217, 2024 189 C 55

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