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Historique
On ignore tout de l'origine du fief de La Queyrerie dont le siège se situe à faible distance de la confluence du Turançon avec la Vézère. Elle pourrait remonter au XIIIe siècle lorsque les seigneur-châtelains de Montignac avaient tout intérêt à resserrer leur emprise sur leur vaste territoire pour assurer le contrôle et la défense des axes de communication et des frontières, et pour accroître l’exploitation des terres nouvellement conquises. L'ancien repaire noble se dresse ainsi sur le flanc nord-est d'une colline à une altitude de 118 mètres d'où il domine la rive gauche de la Vézère et la vallée du Turançon. Cette implantation et cette position stratégique du site suggèrent une création ancienne. Mais faute de documents et de vestiges matériels repérables, rien de cela n'est attesté.
Il faut en effet attendre l'année 1484 pour voir mentionner la "fasion de La Queyrelie" et la décennie 1530 pour voir apparaître le nom d'un propriétaire : Jean de Royère est cité comme "seigneur de La Queyrerie" dans le "rôle" (la liste) de l'arrière-ban de la noblesse du comté de Périgord et vicomté de Limoges. Un peu plus tard dans le siècle, en 1583, on trouve mention de la famille Du Cheylard, qui est également seigneur du fief du même nom (Le Cheylard, aujourd'hui commune des Farges) et relève semble-t-il le nom de la terre de La Queyrelie : Jean Du Cheylard se fait appeler "Jean de la Queyrerie (ou Laquérerie)". Une première maison noble était sans doute déjà bâtie à cette époque : peut-être une tour à l'angle orientale de la cour actuelle, un corps de logis au nord (dont les caves présentent des soupiraux à cadre chanfreiné).
La famille de La Queyrerie du Cheylard, dont les membres possèdent dans la vallée de la Vézère les fiefs du Cheylard aux Farges, de La Salle, à Saint-Léon, et de La Fleunie, à Condat, en reste propriétaire jusqu'au XVIIIe siècle. En 1689, Jean "du Queylard, sieur de la Queyrelie" est déchargé du ban et de l'arrière-ban par le maréchal de Lorge ; il avait épousé le 17 janvier 1680 Marie de Vins (probablement la fille de Jean de Vins, seigneur du Masnègre), dont il eut un fils, Joseph, qui fut officier et marié (en 1699) à Marguerite de Vivant (des Vivant de La Salle, à Saint-Léon-sur-Vézère). En 1702 puis encore en 1737 Joseph de La Queyrerie du Cheylard en rend hommage. C'est précisément au cours de la seconde moitié de ce siècle qu'une très importante campagne de travaux apporte au château sa physionomie actuelle : la tour orientale est dérasée et la construction de nouveaux corps de logis vient régulariser l'ensemble, deux grands corps en pavillon venant encadrer un corps de logis haut d'un seul rez-de-chaussée au centre. Tous les critères internes marquent cette période : portes et fenêtres à linteau délardé en arc segmentaire, chambranle lisse et régulier, lucarne à devant à ailerons à volutes (analogue, par exemple, aux lucarnes de la dépendance du château de Campagne datée de 1762), murs en moellon entièrement enduits, garde-corps métallique, toits couverts en lauze, etc. Un jardin d'agrément – l'actuel avec son mur de soutènement semble être postérieur aux années 1950 (photographies aériennes) – bordait vraisemblablement directement au nord le bâtiment principal : le perron lui donnant accès de ce côté en atteste. Au nord-est, un pigeonnier circulaire de belle taille, qui bordait le chemin d'accès de côté (visible sur le plan cadastral de 1813), complétait l'ensemble. Au sortir de cette campagne de travaux, l'aspect du château de La Queyrelie n'est pas sans rappeler celui du château de Masnègre, au point de se demander si le premier n'a pas influencé le second. L'hypothèse est d'autant plus vraisemblable que les deux familles étaient liées : "Messire Jean du Cheylard des Bories, chevalier, seigneur de la Quérerie, paroisse de Valojoulx" se fait représenter par Marc-Antoine de Vins, chevalier, seigneur du Masnègre, aux Etats généraux en 1789.
Au moment de la Révolution, "Jean du Cheylard des Bories de La Queyrerie" devient officier municipal de la commune de Valojoulx. De manière assez piquante, c'est ainsi que cet ancien gentilhomme, devenu citoyen, se trouve à poser les scellés et à faire les inventaires de tous les châteaux et repaires nobles du district de Montignac.
Pendant la seconde guerre mondiale, le château servit aux résistants Francs-Tireurs et partisans français (FTP) de la Dordogne. C'est là, dans les allées du domaine, qu'est fusillé l'Amiral Charles Platon, tenant d'une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie, le soir du 28 août 1944.
Détail de l'historique
| Périodes |
Principale : Moyen Age (incertitude) (détruit) Principale : 2e moitié 16e siècle (incertitude) Principale : 2e moitié 18e siècle |
|---|---|
| Auteurs |
Personnalite :
Platon Charles, personnage célèbre (attribution par travaux historiques, attribution par source) |
Description
Juché sur le flanc nord-est d'une colline à une altitude de 118 mètres, le château domine la vallée de la Vézère au nord et la vallée du Turançon à l'est. Il se dresse à un peu plus d'un kilomètre à l'ouest du bourg de Valojoulx. Le site, stratégique, marquait ainsi autrefois la confluence du Turançon avec la Vézère.
Le château auquel on accédait au sud-est après une avenue droite bordée d'arbres longue de près de 250 mètres, est de plan en U autour d'une cour ouverte au sud-ouest. L'entrée se faisait par une porte-cochère en plein-cintre ouvrant sur un passage traversant une grande dépendance située au sud-est de la cour. En fond de cour, au nord-est, le bâtiment principal comprend un long corps de logis et deux courtes ailes en retour d'équerre au nord-ouest et au sud-est, hautes de seulement un rez-de-chaussée. Le long corps de logis nord-est comprend pour sa part deux grands pavillons rectangulaires de chaque côté d'un corps principal plus bas et en léger retrait côté jardin. En outre, les deux pavillons d'angle possèdent un toit plus haut que celui du corps central, de sorte qu'ils sont en saillie aussi bien en plan (côté jardin) qu'en élévation : l'ensemble forme une composition ordonnancée et à peu près symétrique côté jardin, au nord-est. Là, en effet, l'architecte a cherché à établir une symétrie qui n'existait pas auparavant : la porte-fenêtre qui donne accès au perron descendant au jardin n'est pas dans l'axe mais légèrement décalée (c'est le perron, qui est centré et apporte la symétrie) ; si les pavillons paraissent se répondre en miroir, c'est au prix d'un subterfuge : la fenêtre centrale du pavillon sud-est est une fausse-fenêtre.
Côté jardin encore, les façades sont percées de grandes fenêtres couvertes en arc segmentaire, dotées d'un chambranle lisse et d'une feuillure pour volets extérieurs. Tous les murs du bâtiment principal sont en moellon recouvert d'un enduit, tous les toits sont entièrement recouverts de lauzes, de sorte que les dépendances situées au sud de la cour se démarquent immédiatement avec leurs couvertures de tuiles plates ou mécaniques.
Un jardin s'étend au nord-est, aménagé en terrasses contrebutées par des murs de soutènement.
Détail de la description
| Murs |
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|---|---|
| Toits |
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| Étages |
étage de soubassement, rez-de-chaussée |
| Couvertures |
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Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA24006126 |
| Dossier réalisé par |
Pagazani Xavier
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| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Vallée de la Vézère |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2013 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Repaire noble, puis château de la Queyrerie, Dossier réalisé par Pagazani Xavier, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/b2fd3e56-b1f7-445b-a2c0-65543f96b4a1 |
| Titre courant |
Repaire noble, puis château de la Queyrerie |
|---|---|
| Dénomination |
manoir château |
| Appellation |
maison noble de la Queyrerie château de la Queyrerie maison noble de Laquérerie maison noble de la Queyrelie maison noble de la Querie |
| Destination |
maison |
| Parties constituantes non étudiées |
puits grange étable chai jardin avenue de jardin mur de soutènement |
| Statut |
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|---|---|
| Intérêt |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Dordogne , Valojoulx
Milieu d'implantation: isolé
Lieu-dit/quartier: la Querrerie
Cadastre: 1813 D1 26, 2025 ZD 49