Fortification d'agglomération

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Saint-Savin

L'histoire du bourg de Saint-Savin est marquée par la présence de l'abbaye, lieu de pèlerinage, avec deux enceintes fortifiées : l'une au plus près de l'abbaye, l'autre qui enfermait la plus grande partie du bourg. L'existence d'un castrum carolingien « Cenobiam Sancti Savini et castrum inquo est », cité dans la Chronique de Saint-Maixent, rédigée au 12e siècle, et la datation de la fortification du bourg de Saint-Savin ont été discutées notamment par Bourgeois et al., 2000 (cf infra) et Marie-Pierre Baudry (2011).

En 1113, Manasses donne sa part du péage du château de Saint-Savin et de toute la châtellenie relevant dudit château : « partem meam de pedagogio castri Sancti Savini et in tota castellania ejusdem castri de rebus ipsorum propriis » (Sanchez, 1978, p. 81, n° 140).

Pendant la guerre de Cent Ans, l'abbaye est prise par les Français en 1369 puis reprise par le prince de Galles qui la pille en 1371. Le " fort de Saint-Savin " est gardé par Guillaume de Naillac (1371). L'impact exact de ces évènements sur les fortifications de la ville et le château aujourd'hui détruit est inconnu.

Dans le contexte de la Ligue, les fortifications de la ville et de l'abbaye ainsi que certains bâtiments de l'abbaye, dont le cloître, sont détruits en 1591-1592 sur ordre du vicomte de la Guerche, gouverneur du Poitou, par le sieur de Champagne, prévôt des marchands de Montmorillon (dom Fonteneau, manuscrit Ms 479, folio 629). Cependant, tout n'a pas été détruit et il existe toujours des vestiges de ces fortifications. En 1631, la porte Notre-Dame existe toujours puisque les habitants refuse l'entrée par cette porte au prévôt de Paris venu inspecter l'abbaye.

L'enceinte de l'abbaye a été partiellement reconnue lors de sondanges de diagnostic archéologiques menés en 2010 par Jean-Paul Nibodeau, qui a repéré deux fossés successifs au sud et à l'ouest de l'actuelle place de la Libération.

Le tracé nord des fortifications est toujours visible avec des éléments présents soit dans le bâti, soit sur le tracé des parcelles du plan cadastral de 1825 soit sur la représentation sommaire de la ville sur l'Atlas de Trudaine (2e moitié du 18e siècle) et sur le cadastre de 1825 : au sud de la rue des Tanneries et de la rue des Grandes Murailles (ancienne rue des Egouts sur le tracé du fossé extérieur), à l'ouest, le rempart longeait ensuite la limite orientale de la place Notre-Dame. Le tracé est ensuite hypothétique, rejoignant au sud la limite de la commune d'Antigny. La défense à l'est était constituée par la Gartempe avec une porte au niveau du vieux-pont. Un portail (porte fortifiée) ou " portal du pont " est mentionné pour la vente d'une rente en février 1664 (Archives départementales de la Vienne, 1 H 7/13).

En 1760-1761, les habitants de Saint-Savin, dans l'élection du Blanc, portent réclamation à l'intendant du Berry pour le mauvais état de la porte du port (la porte près du pont) et la porte au milieu de la ville (probablement la porte près du carrefour des Bans) ; les autorités hésitent entre sa destruction ou sa remise en état (Archives départementales du Cher, C 14, Lettres, 6 décembre 1760 et 17 février 1761). Sur le plan cadastral de 1825, deux maisons sont représentées entre la maison aujourd'hui 1 Grand'Rue (AC 282) et les piles amont du vieux pont, parcelles E2 352 et 353 : il est possible qu'elles aient fait partie de la porte du pont.

Deux tours du front nord sont conservées, l'une (AC 195) donne rue des Jardins et rue des Murailles, l'autre (AC 190) dans une impasse donnant sur la Grand-Rue et rue des Murailles. Il ne reste aucun vestige visible de la porte de la Trahizon qui fermait l'accès à la rue des Bans (aujourd'hui rue Léon-Caillon). La maison aujourd'hui cadastrée AC 468 suit le tracé du rempart.

Discussions sur l'évolution du tracé des fortifications

Marie-Pierre Baudry (2001, p. 37) s'interroge sur le sens à donner au Castrum cité dans la Chronique de Saint-Maixent, rédigée au début du 12e siècle.

Pour l'enceinte rapprochée de l'abbaye, Luc Bourgeois propose de la faire passer au niveau de la façade orientale des maisons de l'actuelle rue des Halles, et de placer une première fortification urbaine occidentale à la limite ouest des parcelles AC 347 et 348 en le prolongeant le long de la façade postérieure de l'hôtel particulier situé 3 rue du Château (AC 245). P. Vendeville, sur la base des masses des îlots figurés sur l'Atlas de Trudaine, fait passer, comme Jean-Paul Nibodeau (2011), cette fortification au niveau de la façade occidentale de ce même hôtel particulier et sur la limite est de la parcelle AC 351, qui correspond au bord de l'ancienne placette occupée ensuite la halle et l'hôtel de ville. Il interprète comme une porte deux " tours " figurées rue Saint-Louis, au croisement des rues du Château et des Halles.

Le mur qui borde la parcelle AC 351 à l'est correspond au mur occidental des anciennes halles qui constitue désormais le mur est de la galerie de l'hôtel de ville. Ce mur est sans aucun doute un mur appartenant à d'anciennes fortifications : la surépaisseur du mur est nettement indiquée sur les plans de la construction de l'hôtel de ville par Duchêne en 1911 et le témoignage de maçons qui ont réalisé des travaux sur ce mur en atteste. La présence de ce mur confirme davantage l'hypothèse de Pol Vendeville que celle de Luc Bourgeois, à moins qu'il n'ait existé une enceinte autour du château disparu et une enceinte plus large pour le bourg.

Périodes

Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Le vieux pont et les tours rue des Jardins et rue des Tanneries participent à ces fortifications (voir ces dossiers).

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Saint-Savin

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2018 AC, AB, AD, AE

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