Aqueducs du canal de Marans à La Rochelle

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Marans

La nécessité de construire des aqueducs pour faire se croiser le canal de Marans à La Rochelle d'une part, les canaux de la Banche et de la Brune d'autre part, se fait jour dès qu'il est décidé, en 1824, d'abandonner le canal de Niort à La Rochelle et de le transformer en liaison entre Marans et La Rochelle. Les premiers plans des aqueducs nécessaires à cette opération sont élaborés dans les années 1840, préalablement à la décision ministérielle du 26 août 1847 qui entérine la création du nouveau canal.

Il faut toutefois attendre les années 1860 pour que les aqueducs soient construits. Le chantier de construction du canal est en effet extrêmement lent. Les portions de canal de part et d'autre des futurs aqueducs ne sont réalisées qu'entre 1861 et 1866. La construction des aqueducs n'est autorisée par décision ministérielle que le 18 juillet 1864, qui s'appuie sur les plans et pièces du projet présentés le 30 mars précédent par l'ingénieur des Ponts et chaussées de Beaucé (le même qui a conçu l'écluse de jonction du canal avec la Sèvre Niortaise). Selon le devis descriptif, le canal de Marans à La Rochelle passera dans une cuve en fonte de 5,20 mètres de large et 3,20 de haut, composée de panneaux assemblés et qui reposera sur des piles en pierres. Le canal de la Banche (comme celui de la Brune) passera à travers six pertuis, entre cinq piles et deux culées. Les chemins de halage seront supportés par des ponts à trois arches. Pour l’aqueduc de la Banche, le pont sera plus large sur la rive gauche que sur la rive droite de manière à absorber le trafic, plus important à cet endroit, entre la ferme de la Crapaudière et Marans. Pour l’aqueduc de la Brune, les deux ponts seront de même largeur. Les voûtes seront en arc de cercle surbaissé. Des murs en aile circulaire encadreront les entrée et sortie du canal de Marans à La Rochelle. L'essentiel de la pierre de taille utilisée proviendra des carrières de Crazanne ; les moellons seront tirés des carrières de Marans ; les pavés seront acheminés de Martrou, près de Rochefort, ou de Bretagne. Pour le siphon de la Pénissière, il est d'abord envisagé de faire passer le canal de la Brie (dévié) et celui de la Pénissière dans quatre tuyaux en fonte d’un mètre de diamètre intérieur. On préfère finalement un système d’aqueduc en maçonnerie, moins coûteux.

Parmi les derniers obstacles à lever, figure la nécessité de s'entendre avec les sociétés de marais de Taugon-La Ronde-Choupeau et de Saint-Michel, propriétaires des canaux de la Brune et de la Banche. C'est chose faite en 1867. Le 4 mars 1868, la construction des aqueducs, du pont de la route de Charron situé en amont, et de deux autres ouvrages sur le canal (le pont des Vieilles Brunes et le pont du Pavillon, à Andilly) est enfin adjugée pour près de 303.000 francs, somme à laquelle s'ajouteront près de 44.000 francs de dépenses supplémentaires. L'adjudicataire est Florent Boistelle, entrepreneur de travaux publics à La Rochelle. Le chantier prend ensuite lui-même beaucoup de retard : le site est difficilement accessible, la construction de la voie de chemin de fer, ouverte en 1871, complique les opérations, sans compter les inondations et les éboulements. Les métrés définitifs des ouvrages, assurant leur conformité aux plans, sont établis en mars 1872 pour le pont de la route de Charron, en août pour l'aqueduc de la Pénissière, en septembre et décembre pour les deux autres aqueducs.

Périodes

Principale : 3e quart 19e siècle

Dates

1872, daté par source

Auteurs Auteur : Beaucé, de

Ingénieur ordinaire des Ponts et chaussées du département de la Charente-Inférieure dans les années 1860.

, ingénieur des Ponts et Chaussées (attribution par source)
Auteur : Boistelle Florent

Entrepreneur de travaux publics à La Rochelle dans les années 1860-1870.

, entrepreneur (attribution par source)

Les aqueducs ou siphons de Puy Neuf ou Poisneuf sont situés à environ 2,5 kilomètres de l'écluse de tête du canal de Marans à La Rochelle, près du pont où se croisent ce canal et la route de Marans à Charron. Le rôle des deux aqueducs est de faire se croiser le canal, dédié à la navigation, et deux des principaux canaux de dessèchement du Marais poitevin côté Charente-Maritime : le canal de la Banche (au nord) et le canal de la Brune (au sud). Ceux-ci, circulant de l'est vers l'ouest, passent sous le canal de Marans à La Rochelle à l'aide de deux aqueducs ou siphons maçonnés. Le cours du canal de Marans à La Rochelle passe entre de hauts murs surmontés de chemins de halage sur chaque rive et de parapets en pierre de taille.

En contrebas, le canal de la Banche et le canal de la Brune passent à travers trois arcades surbaissées, perçant un appareillage en pierre de taille. Des murs en pierre de taille, courbés, encadrent les entrées amont comme aval de chaque aqueduc. L'aqueduc du canal de la Brune est d'une architecture un peu différente : côté amont, sous un garde-corps en métal qui a remplacé le parapet en pierre, le mur de l'aqueduc est doublé d'une seconde arcature dont les piles masquent les trois premières arcades. Cette arcature compte six arcades en arc segmentaire, avec un parement en moellons équarris. Elle permet d'élargir le passage du chemin de halage de la rive gauche. L'aqueduc du canal de la Brune est par ailleurs franchi par un pont à tablier droit qui permet de passer d'une rive à l'autre, d'un chemin de halage à l'autre, passage impossible à l'aqueduc du canal de la Banche.

Un troisième aqueduc se trouve à la limite de la commune de Marans, au sud des deux précédents. Il permet au canal de la Pénissière de passer sous le canal de Marans à La Rochelle, selon le même principe que les deux autres aqueducs.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Marans

Milieu d'implantation: isolé

Lieu-dit/quartier: Puy Neuf

Cadastre: 2016 OD 56, 60

Localiser ce document