Maison

France > Nouvelle-Aquitaine > Dordogne > Monpazier

La construction de l'édifice date sans doute du 14e siècle, comme l'indiquent les naissances d'arcs brisés et les fragments de cordons d'appui décelables dans l'élévation est du couvert, la porte à arc brisé cantonnée de jours haut placés du côté du "carreyrou" (à l'ouest) et l'arrachement de baie dans le comble. L'étage du couvert comporte une cheminée indiquant une reprise partielle de la demeure au début du 18e siècle. La façade tournée vers la place témoigne cependant d'un réaménagement intervenu dans le troisième quart du 18e siècle : la clef de l'arc plein-cintre du couvert porte la date "1773" et les étages affichent des baies à arc segmentaire. Un percement de même type est visible côté "carreyrou". La cour intérieure, elle, semble réaménagée au cours du 19e siècle (larges arcs, galerie en bois).

Périodes

Principale : 14e siècle

Secondaire : 1ère moitié 18e siècle

Principale : 3e quart 18e siècle

Secondaire : 19e siècle

Dates

1773, porte la date

L'édifice fait partie du "moulon" qui borde la place des Cornières, à l'ouest ; il est parfaitement inscrit dans le parcellaire médiéval, possède un androne au nord et au sud et est augmenté, vers l'est, d'un couvert qui enjambe la rue Saint-Jacques.

Une maison médiévale particulièrement importante...

L'édifice conserve en plusieurs endroits des vestiges médiévaux qui permettent d'apprécier son importance : à l'est, au rez-de-chaussée, le revers de la façade conserve encore la naissance de deux arcs brisés (dont la base a été retrouvée lors des fouilles archéologiques du sol du couvert), tandis qu'au premier étage de cette même élévation, près des angles, sont encore visibles les départs d'un cordon d'imposte (plus que d'appui, probablement, vu sa hauteur) aujourd'hui bûché. Au niveau du comble, le mur gouttereau nord présente l'arrachement d'un mur de refend (à l'aplomb du mur aligné sur la rue) dans lequel est encore visible un piédroit chanfreiné, signe qu'à l'origine un troisième niveau d'habitation existait.

Côté "carreyrou", la porte couverte d'un arc brisé et cantonnée de deux jours haut-placés signale l'existence d'un quatrième niveau, induit par la pente naturelle du terrain et placé légèrement plus bas que le rez-de-chaussée.

A ces vestiges, qui indiquent qu'au Moyen Âge la parcelle est occupée en totalité - de la place au "carreyrou" -, il faut ajouter les traces relevées dans la partie centrale de l'édifice, l'actuelle cour intérieure : au niveau du premier étage, au dessus d'une reprise assez évidente des maçonneries, le mur gouttereau nord présente une porte (communication ou ancienne latrines ?) et un arc brisé (ancien placard ou évier) ; ce dernier est partiellement masqué par le mur sur cour de la partie antérieure de la maison, signe d'un remaniement ultérieur. En face, le mur gouttereau sud, d'une construction plus belle et plus homogène, conserve une porte qui pourrait aussi signaler une communication vers la maison voisine ou l'accès à des latrines donnant sur l'androne. Ces équipements immobiliers, qu'on imagine faire partie de pièces d'habitation fermées, posent la question de l'existence de cette cour intérieure au Moyen Âge. Les reprises importantes qui ont perturbé le gros-œuvre aux 18e et 19e siècles ne permettent cependant pas d'apprécier plus en détail le programme résidentiel initial de la maison. Il faut toutefois garder à l'esprit que cette maison, bien que très remaniée, témoigne parfaitement de l'ampleur que certains édifices de Monpazier, et spécialement ceux bordant la place des Cornières, ont pu avoir au Moyen Âge avant d'être partiellement rabaissés et réaménagés à l'époque moderne.

... Largement réorganisée à l'époque moderne.

La maison médiévale est largement remaniée à l'époque moderne. L'étage du couvert illustre des modifications apportées au début du 18e siècle : de puissantes consoles sont placées en support de plafond et une cheminée (partiellement reprise ultérieurement) est adossée au mur gouttereau sud. D'autres remaniements interviennent dans la seconde moitié du 18e siècle (vers 1773, date portée par la clef de l'arc du couvert) : les modifications portent sur le gros-œuvre - modification de l'emprise de la cour intérieure dont un escalier tournant en bois dessert les galeries, suppression de divisions intérieures -, mais aussi sur les façades dotées de fenêtres à arcs segmentaires. Dans la partie postérieure de la maison, ces remaniements se sont traduits par l'aménagement d'un évier à l'étage de l'élévation ouest, côté "carreyrou".

La cour intérieure a manifestement été réaménagée dans la seconde moitié du 19e siècle : les grandes ouvertures du rez-de-chaussée ont peut-être été ouvertes pour faciliter une activité commerciale, tandis que, dans la partie postérieure du bâtiment, un grand escalier en bois associé à une galerie, assure la circulation dans l'ensemble de l'édifice.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

Toits
  1. tuile creuse
Étages

étage de soubassement, 1 étage carré, comble à surcroît

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe

Escaliers
  1. Emplacement : escalier de distribution extérieur

    Forme : escalier tournant à retours avec jour

    Structure : en charpente

Décors/Technique
  1. sculpture
Décors/Représentation
  1. Representations : étoile


Précision sur la représentation :

La cheminée de l'étage du couvert présente des jambages dont la base est frappée de motifs en étoile, tandis que la partie supérieure du manteau, bordée de cartouches, comporte un cadre central sommé d'une coquille saint-jacques et d'une corniche.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Dordogne , Monpazier , 35 rue Saint-Jacques

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 1845 SU 581, 584, 1986 AC 112

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