Chapelle Saint-Barthélemy, dite chapelle Saint-Rémy

France > Nouvelle-Aquitaine > Dordogne > Auriac-du-Périgord

Selon une configuration déjà rencontrée à la chapelle Notre-Dame à Saint-Léon-sur-Vézère, l'édifice bâti entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle était une chapelle seigneuriale et funéraire isolée, appartenant à des seigneurs locaux, en l'occurrence ceux du fief de La Faye. En effet, la clef de voûte la plus proche du maître autel à l'origine (voir Description), à l'est, porte un blason aux armes pleines (mais brisées) des La Cropte (D'azur à une bande d'or accompagnée de deux fleurs de lis de même, une en chef et l'autre en pointe ; brisure : une feuille de scie posée en fasce en chef), tandis que le seconde clef de voûte, à l'ouest, mi-parti (donc d'une épouse), porte les armes brisées, au premier des La Cropte et au second des La Faye (De gueules à une croix ancrée d'argent, accompagnées en chef d'un lambel de cinq pendants de même ; brisure : le lambel de la branche cadette est remplacé par un croissant). La présence d'armes pleines mais brisées des La Cropte s'explique : il s'agit de celles de Monot (Raimond) de La Cropte, écuyer, seigneur de La Faye par la donation que lui en fait son père Jean le 13 avril 1447 et qui meurt en 1459 ; placées au plus près du maître-autel, cela pourrait signifier qu'il en fut le commanditaire. En outre, la présence des armes mi-parti (d'une épouse) des La Cropte et des La Faye à l'autre clef de voûte suggère qu'il s'agit des armes de la fille de Monot, Antoinette de La Cropte, née vers 1448 et mariée à Raymond Arnal, seigneur de La Faye, qui a relevé les armes des La Faye après leur mariage vers 1468. Un scénario très plausible se dessine : Monot aura demandé dans son testament l'érection d'une chapelle à son héritière ; celle-ci la fit construire après la mort de son père et après son mariage avec Raymond Arnal, d'où les armes juxtaposées aux voûtes du père et de sa fille mariée. Soit après 1468 et avant 1505, année de la dernière mention où Antoinette La Cropte est vivante.

Toutefois, en l'absence des émaux des armoiries, on ne peut tout à fait exclure l'hypothèse traditionnellement admise jusqu'ici : à la clef de voûte à l'est seraient les armes pleines des La Cropte/La Faye (ce qui resterait à vérifier), tandis que les armoiries à la seconde clef de voûte, à l'ouest, seraient un mi-parti, à senestre, des La Cropte/La Faye et à dextre des Aubusson (D'or à une croix ancrée de gueules). Il s'agirait donc des armes de François Arnal de La Faye (armes pleines) et de celles de son épouse Souveraine d'Aubusson, qui se sont mariés en 1520. Dans ce cas, la construction de la chapelle serait un peu plus tardive – et archaïsante. En revanche, il faut tout à fait exclure que la clef aux armes pleines des La Cropte est le blason de Bertrand de La Cropte (+1446), curé d'Auriac et évêque de Sarlat, dont les dates ne correspond pas à celles de l'édifice – on l'a dit, la chapelle partage plusieurs points communs avec la chapelle Notre-Dame de Saint-Léon-sur-Vézère : plan rectangulaire orienté, construction en grande partie en pierre de taille, cantonnement par des contreforts disposés sur les angles (avec la même pénétration du talus des contreforts et de l'angle des murs) et éclairage par deux baies (au sud et à l'est) en arc brisé à remplage gothique flamboyant.

La chapelle est associée à un pèlerinage de tradition ancienne, qui se déroule encore aujourd'hui le jour de la Saint-Barthélemy, le 24 août, dont Eugène Le Roy a brossé un portrait vivant dans son Jacquou le Croquant publié pour la première fois en 1899 (voir Annexe). Ceci étant, la chapelle est appelée Saint-Rémi depuis au moins le XVIIIe siècle. De fait, c'est sous ce vocable (de "S.t Rémi") qu'elle figure sur la planche n° 23 de la carte de Belleyme levée en 1768, au bord de la route royale de Montignac à Périgueux.

A la Révolution, l'édifice fait partie de la vente des biens nationaux du district de Montignac. La chapelle fut adjugée le 3 frimaire an III (23 novembre 1794) pour la somme de 740 livres à Pierre Reynal.

Périodes

Principale : limite 15e siècle 16e siècle, 1er quart 16e siècle (incertitude)

Auteurs Auteur : La Cropte Raimond

Ecuyer, seigneur de La Faye à partir de la donation que lui en fit son père le 13 avril 1447. Il vend en 1459 les droits et rentes qui lui appartenaient dans les paroisses de Saint-Yriex et de Manaurie ; il ne vivait plus le 3 juin de la même année.

, auteur commanditaire (attribution par travaux historiques)
Auteur : La Cropte Antoinette (Anthonia, Anthonie, aussi appelée Thomasse)

Antoinette est l'héritière des seigneuries de La Faye et de l'Herm (à Rouffignac) ; elle est mariée à Raimon Arnal, "mercator et borgeys" de Montignac vers 1465, receveur des Aides pour le comte de Périgord en 1472, puis receveur des Tailles en l'élection de Périgord pour le roi de France au moins depuis 1473 (il est encore attesté à cette charge en 1493). Le couple donne une procuration à Antoine Marsac le 15 décembre 1494 ; elle était veuve en 1498 et vivait encore en 1505.

, auteur commanditaire (attribution par travaux historiques)

Cette chapelle isolée est située au bord de la Laurence et de la départementale 67 (route de Thenon), à moins de 700 mètres à vol d'oiseau du château de La Faye, auquel elle était liée. Le petit édifice rectangulaire, aujourd'hui désorienté, possède son entrée principale à l'est : la porte actuelle en anse de panier remplace l'allège et la base primitives de la baie du chœur primitive ; cette intervention a peut-être été exécutée dès le XVIIe siècle – elle correspond également à la surélévation des sols intérieur et extérieur. Il s'avère aussi que la partie occidentale, qui accueillait l'entrée d'origine flanquée par deux baies latérales, était peu propice au développement des processions. Au-dessus, une petite ouverture abrite une cloche. Les rampants des murs-pignons découverts, à l'est et à l'ouest, sont dotés de crochets ornés de feuillages régulièrement disposés et d'un fleuron sommital.

Le gouttereau sud présentait deux ouvertures, une porte chanfreinée aujourd'hui condamnée (une entrée secondaire d'origine), et une baie. Ce mur fait face à l'ancien chemin d'accès à la chapelle. Le gouttereau nord, aveugle, longe l'accès actuel, la route de Montignac à Thenon.

L'intérieur présente deux travées couvertes de voûtes d'ogives quadripartites formant une nef unique de 10 x 5 m. Les nervures à listel épais reposent sur des culots polygonaux disposés au droit des contreforts extérieurs. Le sol actuel, en pisé, est rehaussé d'au moins 1 mètre par rapport au sol d'origine.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moyen appareil

Toits
  1. tuile plate
Plans

plan rectangulaire régulier

Étages

1 vaisseau

Couvrements
  1. voûte d'ogives
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

Décors/Technique
  1. sculpture
Décors/Représentation
  1. Representations : armoiries


Précision sur la représentation :

Les clefs de la voûte porte, pour celle de l'est, un blason aux armes (pleines mais brisées) des La Cropte (D'azur à une bande d'or accompagnée de deux fleurs de lis de même, une en chef et l'autre en pointe ; brisure : une feuille de scie posée en fasce en chef), et pour celle de l'ouest un écu mi-parti, aux armes brisées, au premier des La Cropte et au second des La Faye (De gueules à une croix ancrée d'argent, accompagnées en chef d'un lambel de cinq pendants de même ; brisure : le lambel de la branche cadette est remplacé par un croissant).

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Dordogne , Auriac-du-Périgord

Milieu d'implantation: isolé

Lieu-dit/quartier: Saint-Rémi

Cadastre: 1813 B2 représentée mais sans numéro de cadastre, 2015 A3 857

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