Église paroissiale Saint-Pierre

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente > Segonzac

Selon P. Dubourg-Noves, le mur ouest du clocher-porche remonterait au début du 11e siècle et ce même clocher-porche aurait pour l'essentiel été édifié dans la première moitié du 12e siècle et pourvu d'un portail et d'une arcature haute à la fin du 12e siècle ou au début du 13e. Les arcatures aveugles nord et sud sont postérieures à la construction du portail. En grande partie détruite par les protestants en 1562, l'église a été sommairement réparée vers 1600.

Jusqu'en 1635, l'église dépendait de l'abbaye de Bourgueuil-en-Vallée (Indre-et-Loire).

Elle a été restaurée et, pour ce qui est de la nef et du chœur, presque totalement reconstruite entre 1865 et 1868. La plus grande partie des verrières figurées a été commandée lors de cette campagne de travaux, en 1867, à Auguste Charlemagne, maître-verrier à Toulouse, à l'exception de la verrière de la fenêtre nord de la chapelle des fonds baptismaux, qui représente le baptême du Christ et a été commandée à un verrier inconnu à la fin du 19e ou au début du 20e siècle.

Périodes

Principale : 1er quart 11e siècle

Principale : 1ère moitié 12e siècle

Principale : limite 12e siècle 13e siècle

Principale : limite 16e siècle 17e siècle

Principale : 3e quart 19e siècle

Auteurs Auteur : Sadoux Noël, maître de l'oeuvre

L´église Saint-Pierre est située dans le bourg de Segonzac, dans l´ancien diocèse de Saintes. Elle se compose d´un clocher porche, d´une nef de trois travées, flanquée de collatéraux qui s´arrêtent à la hauteur du chœur d´une travée à chevet plat.

La façade ouest, en légère avancée par rapport au clocher-porche, comprend trois niveaux. Le rez-de-chaussée est construit en pierre de taille, le second niveau en moellons partiellement enduits. Au rez-de-chaussée, le portail à trois rouleaux en plein cintre est encadré par deux arcatures aveugles qui abritent chacune un enfeu. Ces deux arcatures ont été construites après le portail, en détruisant en grande partie l´extérieur des piédroits, et les enfeus mis en place dans un troisième temps (ils ne sont pas maçonnés avec la base des piédroits des arcatures).

Les trois rouleaux du portail présentent des arêtes taillées en tore. L´espace compris entre le premier et le deuxième rouleau porte un petit décor composé sur chaque claveau de deux demi-cercles se rencontrant sur la partie courbe de l´arc. Le rouleau extérieur est orné de demi-cercles. L´archivolte est ornée de pointes de diamant. Les chapiteaux du portail sont sculptés de feuillages et de rinceaux, les tailloirs de deux lignes de triangles gravés chacun de deux traits et placés en vis-à-vis de part et d´autre d´une ligne horizontale sur le piédroit gauche et d´un motif en damier sur le piédroit droit.

L´arc de l´arcature nord est orné de carrés posés sur l´angle, et l´archivolte, de demi-cercles accolés, arcs vers le haut sur la partie en biais, opposés à des demi-cercles accolés et plus petits, arcs vers le bas, sur la partie plate.

L´arc de l´arcature sud est orné de grands triangles et son archivolte de dents de scie.

Le second niveau, sans décor et légèrement en retrait, est uniquement percé en son centre d'une grande baie en plein cintre. Il est sommé d´une corniche en léger relief au-dessus d´une rangée de pierres ornées de feuilles.

Le troisième niveau, surmonté d'une corniche, est décoré de six arcades aveugles séparées par des colonnes. Légèrement en arrière de la façade s'élèvent les deux étages supérieurs du clocher-porche. Chaque face du premier niveau présente deux arcades percées de baies géminées. Le second étage, séparé du précédent par une corniche portée par des modillons nus, est éclairé par deux baies sur chaque face. Au-dessus des angles, constitués de faisceaux de colonnes, s'élèvent quatre clochetons, tandis que la flèche conique est couverte d'écailles en pierre.

Le portail ouvre, sous une tribune haute, sur un étroit couloir, voûté en berceau, qui permet d'accéder à la nef séparée des collatéraux par deux lignes de piliers carrés à colonnes adossées sur chaque face et chapiteaux à feuilles d´acanthe. Celle-ci est constituée de trois vaisseaux de trois travées. La nef est voûtée de croisées d'ogives reposant sur des piliers carrés avec colonnes adossées. Dans le prolongement du vaisseau central, le chœur de plan carré est couvert d'une voûte d'ogives avec liernes.

L'arc à double rouleau couvrant la baie de la tribune retombe de chaque côté sur une demi-colonne engagée dans un dosseret. Seuls, les chapiteaux des demi-colonnes et ceux de la partie du dosseret se trouvant du côté de la nef (sa partie est par conséquent) portent un décor sculpté.

Les colonnes de l'arc ouvrant de la tribune vers la nef portent des chapiteaux romans. Au nord, sur le chapiteau de la demi-colonne, deux personnages masculins dos à dos, l'un barbu, à droite, et l'autre non, enfoncent l'une de leurs mains dans la gueule d'un monstre dont on ne voit que la tête, placée à l'angle supérieur de la corbeille ; un troisième personnage, dans une posture semblable aux deux autres, occupe le petit côté droit de la corbeille, tandis qu'un large décor végétal garnit le petit côté gauche. Le chapiteau du dosseret est orné d'un monstre entrelacé à une longue tige feuillue qu'il mord.

Au sud, deux lions semblent se poursuivre sur les faces nord (la grande) et est de la corbeille ; sur le dos du second, dont la tête occupe l'angle supérieur gauche de la corbeille, est grimpé un petit dragon ; le petit côté droit (face ouest) n'est pas sculpté. Sur le chapiteau du dosseret gesticule une femme à longs cheveux, main droite levée, main gauche sur la hanche. Selon P. Dubourg-Noves (1975-1976), ces chapiteaux remonteraient aux années 1125-1135 environ.

Dans la sacristie est conservé un fragment sculpté de 19 sur 25 cm environ, avec les vestiges d´un décor en bas-relief comprenant des traces de polychromie ocre jaune dans les parties en creux et ocre rouge pour les parties en relief. Il a été découvert dans un caveau funéraire situé sous la troisième travée du collatéral sud de la nef et fouillé en 1974-1975 sous la direction de M. Pierre Dubourg-Noves. Pour lui (1975-1976), la partie plate pourrait correspondre à l'astragale d'un chapiteau, et les parties en relief soit à « deux naissances de palmettes verticales à tiges plates » (les stries verticales), soit à un « motif en relief » (trois cercles concentriques). Il s´agirait d'un « chapiteau engagé d'assez grandes dimensions », et il pourrait être daté assez « tôt dans le 11e siècle ».

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

  2. Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. tuile creuse, pierre en couverture
Plans

plan allongé

Étages

3 vaisseaux

Couvrements
  1. voûte d'ogives voûte en berceau
Couvertures
  1. Forme de la couverture : flèche conique

  2. Forme de la couverture : toit à longs pans

  3. Partie de toit : pignon découvert

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

    Forme : escalier en vis sans jour

État de conservation
  1. restauré
Décors/Technique
  1. sculpture
  2. vitrail
Décors/Représentation
  1. Representations : ornement géométrique, dent de scie, carré, losange, pointe de diamant, damier, rinceau

  2. Representations : ornement figuré, homme, femme

  3. Representations : ornement animal, lion

  4. Representations : animal fantastique, dragon

  5. Representations : ornement végétal, palmette

  6. Representations : armoiries


Précision sur la représentation :

Sur les voûtes, armoiries des Valois-Orléans et des prélats angoumoisins.

Localisation

** Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente , Segonzac

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 1812 D1 97bis, 1849 G4 560, 2011 AB 112

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