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Historique
Fondation antique et contraintes naturelles
Le nom de Dax (de Aquae « les eaux ») évoque le milieu humide sur lequel la ville est fondée. Issues de l'élévation des Pyrénées entre – 40 et – 20 millions d'années, les résurgences d'eau thermale sont un atout majeur dans l'installation des premières populations en bord d'Adour. Avant l'époque romaine, Dax (Aquae Tarbellicae) est la capitale des Tarbelles. Le nom de la principale source, la Nèhe (dérivé du celte Nehae), à la Fontaine Chaude, témoigne de cette occupation ancienne.
L'établissement de la ville sous le règne de l'empereur Auguste (27 av. J-C – 14 ap. J-C) répond aussi à un choix géographique stratégique lié au franchissement de l'Adour. À cet endroit, le fleuve et ses plaines inondables (les barthes) se rétrécissent, facilitant le passage d'une rive à l'autre. Ainsi, la ville est le principal point de contrôle du fleuve sur la route de Bordeaux, de Toulouse et de la péninsule Ibérique. L'Adour constitue aussi une voie commerciale essentielle : à Dax transitent les marchandises redistribuées dans toute l'Europe via le port de Bayonne (grains, résines, vin). Au 14e siècle, beaucoup de documents attestent que la majeure partie du territoire autour de Dax était planté de vignes et de pommiers à cidre.
Cependant, ce territoire humide pèse aussi comme une contrainte sur le développement urbain. Le rempart du 4e siècle constitue autant une barrière militaire, qu’une digue contre les inondations. Aussi, certains quartiers restent longtemps inoccupés, faute d'assainissement.
Un centre administratif
À l'époque romaine, Aquae est une cité de taille moyenne, chef lieu d'un vaste territoire qui s'étend du sud de la Gironde au Béarn en passant par le Pays basque. Malgré les nouvelles divisions administratives, Dax conserve sa position de ville centre et devient siège de la Sénéchaussée des Lannes en 1255, alors sous domination anglaise. Dax reste fidèle à la couronne d'Angleterre de 1152 à 1451, date à laquelle la ville finit par capituler, non sans une lutte acharnée face aux troupes de Charles VII. À partir de 1552, la ville devient siège du Présidial, dont dépendent les sénéchaussées de Tartas, Saint-Sever et Bayonne. Au cours de son histoire, la ville acquiert divers droits, privilèges et exemption de taxes, qui ont contribué à son développement (voir annexe). La création des départements en 1790 relègue Dax au rang de sous-préfecture.
Un centre religieux
Le premier sanctuaire chrétien attesté à Dax est celui érigé par l'évêque Gratien vers 506, à l'emplacement de l'église Saint-Vincent-de-Xaintes. Pour plus de sécurité, le siège du diocèse est transféré à l'intérieur de la ceinture de rempart entre 1052 et 1057, avec la construction d'une cathédrale romane. Celle-ci aurait été détruite en 1295 suite au siège de Dax par l'armée anglaise. À l'édifice roman succède une cathédrale gothique, dont la construction débute vers 1300. La position privilégiée de Dax, ville étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, attire les congrégations religieuses. Aux 12e et 13e siècles : elles s'installent aux entrées de la ville (les Carmes, les Clarisses, Saint-Pierre-de-Vic) ou intra-muros, dans des espaces encore non urbanisés (les Cordeliers).
Au 17e siècle s'établissent des ordres de la Contre-réforme : Capucins et Ursulines. Dès lors, on ne compte pas moins de 13 églises et couvents à Dax.
Après l'effondrement de la cathédrale gothique en 1646, la cathédrale néo-classique actuelle est rebâtie de la fin du 17e siècle à 1894. En 1801, le Concordat supprime le diocèse de Dax déplacé à Bayonne puis à Aire en 1823. Pendant plus d'un siècle, le monument n'est plus qu'une église paroissiale, avant la restauration du diocèse de Dax en 1933.
Les ordres monastiques et mendiants disparaissent à la Révolution, et des congrégations enseignantes les remplacent au 19e siècle : les Lazaristes au Pouy, l'Institution Saint-Joseph, l'Institution Sévigné, l'école les frères de la doctrine chrétienne.
Une place forte
Dax constituant un point hautement stratégique, les fortifications érigées dès l'Antiquité structurent le paysage et marquent l’identité de la ville pendant 1500 ans. Les remparts sont bâtis dès le 4e siècle. Au Moyen-âge, le passage de l'Adour est également défendu par le pont fortifié et le château fort auxquels vient s'ajouter le bastion Sainte-Marguerite au 16e siècle.
Dans les années 1660, lorsque l'enceinte de Bayonne est complètement remaniée et renforcée par Vauban, Dax devient une place secondaire qui assure toujours le contrôle du passage de l'Adour mais sert surtout de point de repli et de ravitaillement.
L’image de Dax comme place forte n'est bousculée qu'à partir du 18e siècle lorsque la pensée hygiéniste s'introduit dans les projets urbains. À partir de 1775, la municipalité réclame au ministère de la guerre une ville plus ouverte pour plus de commodité et de salubrité. Le débat se concrétise au siècle suivant lorsque la ville est déclassée comme place de guerre en 1850 et que débute alors la démolition des remparts jusqu'en 1872. En 1891, c'est le château fort qui tombe.
L'expansion urbaine de Dax est flagrante à partir de la démolition des remparts. Une nouvelle périphérie se met en place avec la construction de boulevards et de lotissements. La croissance démographique de la deuxième moitié du 19e siècle et l'arrivée du chemin de fer en 1854, accélèrent aussi la croissance de la ville qui passe également aussi par l'assainissement des zones inondables. Les travaux d'exhaussements des berges, de digues, d'installation de pompes et batardeaux s'accélèrent dès la fin du 19e siècle.
Entre 1870 et 1900, la rive gauche, vitrine de la ville, se métamorphose : d'une ville fortifiée à une ville thermale.
Dax et le thermalisme
L’intérêt pour la source, à la fois cultuel et curatif, semble être l'un des atouts déterminant l’urbanisation des zones marécageuses des rives de l'Adour par les Tarbelles puis par les romains. Si la "légende du légionnaire" dont le chien retrouve la santé après une baignade dans les eaux limoneuses de l'Adour, attribue abusivement la fondation romaine de la ville à ce seul facteur, elle témoigne néanmoins de son importance.
Le thermalisme n'a pas toujours eu la même importance dans l'identité de la ville. Pendant des siècles, l'activité thermale semble se concentrer uniquement autour de la Fontaine Chaude, ce qui n'empêche pas la ville de jouir d'une grande renommée pour son efficacité curative : aux eaux chaudes s'ajoutent les limons de l'Adour (le péloïde). L'économie de la ville reste cependant bâtie sur le commerce jusqu'au dernier quart du 19e siècle. À cette époque, les édiles politiques (notamment le maire Raphaël Milliès-Lacroix), soutenus par des investisseurs privés, font du thermalisme le premier moteur de développement de la ville, en construisant des thermes modernes, à la pointe en matière d'hydrothérapie et proposant le confort recherché par la clientèle : Les Grands Thermes (1871), Dax-Salin-Thermal (1894), modernisation des Baignots (à partir de 1894). Le deuxième âge d'or du thermalisme dacquois se situe pendant l'Entre-deux-guerres avec, en 1926, la création de la Société Immobilière et Fermière des Eaux thermales et minérales de Dax (SIFED) par Eugène Milliès-Lacroix, conseiller municipal puis maire de Dax. L'objectif est de développer l'industrie thermale en harmonisant sa gestion. De là sont construits les deux monuments Art déco : l'Atrium Casino (1928) et l'hôtel thermal Splendid (1929).
Après la crise des années 1930 et la guerre, la ville reprend la main sur l'activité thermale en rachetant la totalité des biens de la SIFED en 1968 et en créant une société d'économie mixte, la Compagnie Thermale de Dax (CTD). Le remboursement des cures par la sécurité sociale joue considérablement sur la fréquentation des stations. Dans profite de cet élan sous la mandature de Max Moras, notamment grâce à son adjoint Yves Goussebaire-Dupin qui devient maire en 1977. Commence alors une grande campagne de rénovation du patrimoine thermal et la construction de nouveaux établissements qui hissent la ville à la première place des villes thermales françaises (22 586 curistes en 1970 et 57 314 en 1999).
Démographie
Un précieux document conservé à la bibliothèque de la société de Borda, intitulé "État des communiants qui sont dans la ville d'Acqs", donne un premier aperçu de la population dacquoise en 1741, avec 2 140 âmes. Ne s'agissant que des personnes ayant communié, le chiffre doit être un peu gonflé. Les chiffres du recensement de 1793 portent la population à 3 391 habitants. On note une augmentation significative en 1821 avec 4 948 habitants. 20 ans plus tard la ville a pris 1 000 habitants de plus.
Une croissance démographique importante a lieu entre 1856 et 1861, où l'on passe de 6 125 à 9 856 habitants (+ 61 % en 5 ans). Elle correspond au rattachement de la commune de Saint-Vincent-de-Xaintes à Dax en 1861 et peut-être aussi à une nouvelle accessibilité du territoire grâce à l'arrivée du chemin de fer à Dax en 1854.
Dax atteint 10 250 habitants en 1876 et la population reste relativement stable jusqu'en 1906 (11 210 habitants), puis 1926 (12 385). La population augmente ensuite régulièrement pour atteindre 14 557 habitants en 1954 avant le babyboom d'après-guerre qui fait passer la population dacquoise à 19 348 habitants en 1968. La ville s'étend donc considérablement sous la mandature de Max Moras avec la construction de centaines de logements HLM et nombreux lotissements en accession à la propriété.
Faute de réserve foncière constructible, le population dacquoise reste stable autour de 20 000 habitants depuis 50 ans. De 20 810 habitants en 2006, les dernières données portent ce chiffre à 21 716 en 2022. Ce sont les autres communes de la Communauté d'Agglomération du Grand Dax (créée en 2007 à la suite de la communauté de communes de 1993) qui continuent de se construire et de gagner des habitants. La population de la CAGD est de 57 582 habitants en 2021.
Description
Dax s'étend sur 19,7 km², en grande partie sur la rive gauche de l'Adour, qui marque la limite nord de la commune. Seul le quartier du Sablar se situe sur la rive droite et est délimité par la voie ferrée. Au sud-est, le Luy constitue aussi une limite communale. La commune est la ville centre du Grand Dax, communauté d'agglomération de 20 communes sur 345,25 km² pour 57 582 habitants (2021). Elles est entourée des communes de Saint-Paul-lès-Dax, Mées, Tercis-les-Bains, Oeyreluy, Seyresse, Saint-Pandelon, Narrosse et Yzosse.
Le bassin de l'Adour matérialise une frontière entre deux paysages des Landes : au nord et à l'ouest, un territoire plat couvert par la forêt des Landes avec une majorité de pins maritimes ; au sud et à l'est, un territoire vallonné marquant le début du massif des Pyrénées avec une végétation diversifiée et beaucoup d'agriculture. Le seul point "haut" du territoire communal est le Tuc d'Eauze (46 mètres).
L'identité de la ville est fortement marquée par l'eau. 833 ha, soit 42% de la commune, se trouvent en zone inondable. Les habitants ont profité de ces zones humides, enrichies par les limons du fleuve, pour aménager des prairies de pacage sur les barthes basses et cultiver les barthes hautes. Les "barthes" sont le nom donné dans les landes à ces zones humides du bassin de l'Adour (zone Natura 2000), drainées par l'homme pour permettre l'élevage et l'agriculture. Aujourd'hui, les barthes dacquoises n'ont plus cet usage mais constituent des espaces naturels protégés dédiés à la promenade.
Au niveau du sous-sol, Dax profite de la lame thermale qui s'étend sur environ 1km de long pour 30 à 50 m de large, sur la rive gauche de l'Adour. Il s'agit d'une roche fissurée et aquifère (la dolomie) laissant passer l'eau réchauffée par la géothermie. L'eau est captée par 5 forages puis distribuée aux 12 établissements thermaux et à l'hôpital thermal.
Dax est traversée par la D824 (Mont-de-Marsan-Bayonne) et la D947 qui relie les autoroutes A63 (à Castets), et A64 (à Orthez). La voie ferrée relie Dax à Paris et Irun (par Bordeaux et Bayonne), et Tarbes (par Pau).
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'aire d'étude, aire d'étude |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA40002100 |
| Dossier réalisé par |
Fascianella Linda
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| Cadre d'étude |
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| Date d'enquête |
2020 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Ville de Dax |
| Citer ce contenu |
Présentation de la commune de Dax, Dossier réalisé par Fascianella Linda, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Ville de Dax, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/cefd3e9a-52f3-41bb-a64e-ead1ef8f1728 |
| Titre courant |
Présentation de la commune de Dax |
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