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Peintures murales de la nef : Jésus et sainte Madeleine (Noli me tangere), Jésus et la Samaritaine, Saints et saintes, Vierges à l'Enfant et sanctuaires mariaux
France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Pontonx-sur-l'Adour
Historique
Un demi-siècle après l'exécution d'un premier décor peint par le Montois Duval et le Bordelais Jean-Henri Bonnet, l'abbé Joseph Cazaumayou (1870-1947), curé de Pontonx de 1909 à sa mort, souhaita décorer de toiles marouflées le mur d'entrée et les arcades de la nef de son église. Il passa alors commande au jeune artiste Jean Rigaud (Bordeaux 1912 - Paris 1999), futur peintre de la Marine, qui venait d'épouser en juillet 1936 sa nièce Françoise Cazaumayou (1916-2005). Après définition du programme iconographique (très certainement dû à l'abbé Cazaumayou), le travail fut effectué en deux temps, sans qu'il soit possible de préciser avec certitude les dates d'exécution. D'après la tradition orale, le peintre aurait réalisé les deux scènes évangéliques du mur d'entrée à Paris en 1938 ; le Noli me tangere porte toutefois la date de 1942, qui correspond probablement à son achèvement et à son installation à Pontonx, peu après la libération de Rigaud, qui avait été fait prisonnier de guerre en 1940 et interné au stalag de Moosburg. Les peintures des grandes-arcades, dépourvues de toute inscription, auraient été exécutées quant à elles à Urt (Basses-Pyrénées) dans les dernières années de la guerre ou peu après la Libération.
Détail de l'historique
Description
Le décor consiste en une série de onze toiles rectangulaires horizontales, peintes à l'huile, marouflées sur le mur et découpées pour épouser le tracé des arcades en tiers-point qu'elles entourent. Le panneau du mur d'entrée est constitué de trois lés (un pour chaque scène latérale, un troisième pour le fragment de paysage au centre), ceux des grandes arcades de deux lés.
Détail de la description
Catégories |
peinture murale |
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Structures |
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Matériaux |
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Iconographie |
Précision sur l'iconographie : Le programme iconographique se partage en deux ensembles distincts, sans lien thématique apparent. N.B. : bien que l'église ne soit pas orientée, on parlera ici, par convention, de côtés "nord" et "sud". Sur le mur antérieur de la nef, deux scènes évangéliques mettent en scène le Christ confronté à une femme : au sud, l'apparition de Jésus à Marie-Madeleine après sa résurrection (ou Noli me tangere) ; au nord, Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob. Les deux scènes ont pour thème commun la reconnaissance par le fidèle de la divinité du Christ et l'affirmation de la Foi comme seule voie possible pour approcher Dieu "en esprit et en vérité". Apparition à Madeleine : le Christ, encore drapé dans son suaire, écarte de la main Madeleine agenouillée à ses pieds et qui tend les bras vers lui ; derrière eux, un bouquet de cyprès (symbole de la vie éternelle) ; à l'arrière-plan, le tombeau ouvert et la colline du Golgotha avec les trois croix dressées. Jésus et la Samaritaine : le Christ assis sur la margelle du puits de Jacob, s'adressant à la Samaritaine debout et attentive ; derrière eux, un olivier (symbole de paix et de bénédiction) ; à l'arrière-plan, les maisons de Sychar en Samarie. Le paysage commun aux deux scènes est unifié par le fond de collines et le ciel. D'autres concordances visuelles relient les deux scènes : vêtements du Christ (en blanc) et des deux femmes (en rouge et blanc) ; récipients en terre cuite vernissée (le vase de parfum de Madeleine, la jarre de la Samaritaine) ; vert profond des arbres. Au-dessus des grandes arcades de la nef, chaque toile présente un couple de figures en pied, disposées en pendant devant un paysage stylisé où se profile un édifice ou une localité en rapport avec le personnage représenté. Les figures des trois premières travées sont six religieux (dont une religieuse), presque tous fondateurs d'ordre, un saint roi et une sainte laïque ; celles des quatrième et cinquième travées, des statues de la Vierge à l'Enfant vénérées dans de célèbres sanctuaires mariaux français ; celles de la cinquième travée, des anges. Les traits des saints du XIXe siècle sont inspirés de portraits contemporains (voir liens web). Première travée : au nord, saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (1786-1859), en surplis, rabat et étole dorée, devant le village d'Ars-sur-Formans, et le bienheureux (depuis 2015) Louis-Édouard Cestac (1801-1868), fondateur des Servantes de Marie d'Anglet, devant le couvent de Notre-Dame-du-Refuge (avec la chapelle bâtie en 1886, après la mort de Cestac) ; au sud, les deux co-fondateurs de la congrégation des Filles de la Croix, sainte Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges (1773-1838), devant le village de Maillé (?), et son mentor saint André-Hubert Fournet (1752-1834) devant le prieuré de La Puye (?). Deuxième travée : au nord, saint Vincent de Paul (1581-1660), fondateur de la congrégation de la Mission (lazaristes) et de la compagnie des Filles de la Charité, portant un nourrisson abandonné, et saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719), fondateur de l'institut des Frères des écoles chrétiennes, tenant la règle de son ordre, devant la cathédrale de Reims (sa ville natale) ; au sud, saint François Xavier (1506-1552), l'"Apôtre des Indes", devant un village (Javier en Navarre ?), et saint Michel Garicoïts (1797-1863), fondateur des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, devant le sanctuaire de Bétharram (Michel Garicoïts devait sa conversion à Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges, canonisée en même temps que lui le 6 juillet 1947, et dont l'effigie jouxte ici la sienne). Troisième travée : au nord, saint Dominique de Guzmán (vers 1170-1211), fondateur de l'ordre des frères prêcheurs ou dominicains, devant son village natal de Caleruega, et saint François d'Assise (1182-1226), fondateur des frères mineurs ou franciscains, devant la ville d'Assise ; au sud, saint Louis IX, roi de France (1214-1270), assis, sceptre en main, sous le chêne de Vincennes, et sainte Jeanne d'Arc (1412-1431) sur son bûcher, devant la cathédrale de Rouen. Quatrième travée : au nord, la statue de Notre-Dame de Sous-Terre devant la cathédrale de Chartres, et celle de Notre-Dame de Maylis devant le sanctuaire landais du même nom ; au sud, la statue de Notre-Dame de la Garde (par Eugène-Louis Lequesne, 1867-1870) devant la basilique du même nom à Marseille, et celle de Notre-Dame de Fourvière (par Paul-Émile Millefaut, 1882) devant la basilique homonyme à Lyon. Cinquième travée : au nord, de part et d'autre de la colombe du Saint-Esprit dans un cercle rayonnant, un ange à la robe et aux ailes roses, soufflant dans une trompette, et un ange en bleu, les mains jointes ; au sud, un ange orant en jaune, les mains croisées sur la poitrine, et un ange en bleu jouant de la mandoline. |
Inscriptions et marques |
Signature et date (en bas à droite de Jésus et sainte Madeleine) : JEAN RIGAUD 1942. |
État de conservation |
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Informations complémentaires
Type de dossier |
Dossier d'oeuvre objet mobilier |
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Référence du dossier |
IM40007882 |
Dossier réalisé par |
Maisonnave Jean-Philippe
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Cadre d'étude |
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Aire d'étude |
Tartas ouest |
Phase |
étudié |
Date d'enquête |
2019 |
Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
Citer ce contenu |
Peintures murales de la nef : Jésus et sainte Madeleine (Noli me tangere), Jésus et la Samaritaine, Saints et saintes, Vierges à l'Enfant et sanctuaires mariaux, Dossier réalisé par Maisonnave Jean-Philippe, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/a9aa15e2-a72c-44c2-98ce-9c7a48668cf9 |
Titre courant |
Peintures murales de la nef : Jésus et sainte Madeleine (Noli me tangere), Jésus et la Samaritaine, Saints et saintes, Vierges à l'Enfant et sanctuaires mariaux |
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Dénomination |
peinture monumentale |
Titres |
Jésus et sainte Madeleine (Noli me tangere), Jésus et la Samaritaine, Saints et saintes, Vierges à l'Enfant et sanctuaires mariaux |
Statut |
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Intérêt |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Pontonx-sur-l'Adour
Milieu d'implantation: en village