Ferme dite le Logis des Grèves, actuellement maisons

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Taugon

Il est possible que ce domaine existait déjà lorsque les marais alentour ont été desséchés au milieu du 17e siècle. Selon la tradition orale, il aurait servi de relai de chasse, et un souterrain partirait de la cave située sous la partie sud du logis. Lors du partage des marais desséchés entre les membres de la Société des marais de Taugon-La Ronde-Choupeau-Benon, en 1665 et 1675, les marais au sud de l'ancienne île de Taugon, dont ceux des Grèves, sont attribués à Anne Sanguin, veuve de Guillaume Raoult de la Guibourgère, conseiller au parlement de Bretagne (fils de Jacques Raoult de la Guibourgère, devenu le dernier évêque de Maillezais puis premier évêque de La Rochelle).

Le logis apparaît sur une carte de la région établie par l'ingénieur du roi Claude Masse en 1720. On y voit les bâtiments répartis sur les trois côtés d'une cour, avec aussi un jardin ou parc au sud. La carte donne au domaine l'appellation de "la Tremblais", peut-être par confusion avec le nom du propriétaire d'alors, probablement François Jouin de la Tremblay, époux de Marie-Marguerite Marchand. Directeur de la Société des marais desséchés en 1698-1700, il demeure à La Rochelle (actuel Muséum d'Histoire naturelle). L'essentiel du logis actuel a sans doute été construit à cette époque, avec la cheminée d'époque Louis XIV qui s'y trouve. François Jouin de la Tremblay est inhumé en l'église de Taugon le 19 juillet 1722. Dans les années 1740-1760, les Grèves appartiennent à son fils, François-Louis Jouin de la Tremblay, seigneur de Périgny, demeurant à La Rochelle, directeur de la Société des marais desséchés de Taugon à plusieurs reprises entre 1743 et 1774.

Les Grèves apparaissent sur le plan cadastral de 1812 et appartiennent à cette date à Pierre-Charles Martin de Chassiron (1753-1825), gendre de François-Louis Jouin de la Tremblay. Député sous la Révolution, baron d'Empire, il est par ailleurs propriétaire de nombreux marais dans la région, et promoteur des dessèchements des marais en France sous la Révolution et l'Empire. Le plan cadastral de 1812 montre que les bâtiments du Logis des Grèves sont disposés, comme en 1720 et comme aujourd'hui, sur les trois côtés d'une grande cour ou jardin : le logis au sud-est, avec un corps de bâtiment en retour d'équerre au sud ; des dépendances au nord-est et au sud-ouest. Après Pierre-Charles Martin de Chassiron, les Grèves passent à son fils, Alexandre-Charles, sous-préfet à Paris.

En 1867, le Logis des Grèves est vendu par la famille de Chassiron à Thomas Jacques Richard (1820-1895), cultivateur, époux de Rosalie Brodu. Originaire de Courçon, il décède au Logis des Grèves en 1895. Auparavant, en 1885, selon le cadastre, son fils Joseph, époux d'Emilienne Rateau, fait reconstruite une partie du logis, soit probablement sa partie sud actuelle, sans doute pour s'y établir. Neveu de Joseph, Fernand Richard inscrit son nom et une date (1808 ? par erreur ? plutôt 1908 ?) sur le montant de la porte de l'étable située au nord de la cour (Fernand Richard sera propriétaire de la boucherie au 3 rue du Marais, et de la demeure au 24 rue du Marais). C'est sans doute à la même époque que le reste du logis, du début du 18e siècle, est abaissé. Après Joseph Richard, les Grèves passent à son autre neveu (frère de Fernand), Valentin Richard (1879-1937), époux de Valentine Dehaud. Ils y demeurent encore au recensement de 1926. Le 13 juin 1935, lors d'une vente aux enchères (devant Bechaud, notaire à Saint-Sauveur-d'Aunis) à l'encontre de Louise Nalin, épouse de Roger Laurence, la ferme est achetée par André Jourdain et son épouse Louise Boucard, cultivateurs. Elle est aujourd'hui divisée en deux parties et a perdu sa vocation agricole.

Périodes

Principale : limite 17e siècle 18e siècle, 4e quart 19e siècle

Dates

1885, daté par source

L'ancienne ferme est située au sud du bourg de Taugon, à la limite avec les marais. Ses bâtiments sont d'ailleurs construits sur une petite hauteur qui descend en pente douce vers le sud et dont le sol est sablonneux. Ces bâtiments, aujourd'hui partagés en deux propriétés, sont répartis en trois ensembles autour d'une grande cour. Au nord-est se trouve notamment une grange-étable et, au sud-ouest, entre autres, une écurie, un poulailler (remaniés) et un hangar.

Le logis est principalement constitué de deux corps de bâtiments. Celui au nord (partagé entre les deux propriétés actuelles) a sans doute été construit à la fin du 17e siècle ou au début du 18e. Il ne comprend qu'un rez-de-chaussée et un grenier habitable, mais celui-ci résulte manifestement d'un abaissement du bâtiment, avec suppression d'un étage, sans doute à la fin du 19e siècle. C'est ce que semble démontrer le positionnement du plancher entre le rez-de-chaussée et le grenier, désormais placé au milieu du trumeau d'une haute cheminée d'époque Louis XIV (jambages et linteau moulurés, sous une corniche également moulurée). Cette partie du logis présente en façade trois travées d'ouvertures, réparties symétriquement autour de la porte centrale. Celle-ci, large, est à ébrasement. A l'intérieur, un couloir parallèle au mur de façade dessert les différentes pièces situées en arrière. La partie sud du logis, quant à elle, a conservé son étage, sous un toit avec une seule croupe. Reconstruite à la fin du 19e siècle, elle a succédé à un autre édifice visible sur le plan cadastral de 1812 et dont il reste une cave voûtée, accessible par une descente de cave.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. tuile creuse
Étages

sous-sol, 1 étage carré

Élévations extérieures

élévation ordonnancée

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe

Typologie
  1. Ferme à bâtiments séparés
  2. Ferme de plan en U
  3. Maison de maître
  4. 3

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Taugon , route D 109

Milieu d'implantation: isolé

Lieu-dit/quartier: Logis des Grèves (le)

Cadastre: 1812 B 467, 2020 ZD 53, 77, 78, 79, 80

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