Prieuré Sainte Geneviève, puis presbytère, actuellement restaurant "Auberge du Prieuré"

France > Nouvelle-Aquitaine > Creuse > Colondannes

Un mémoire en date du 11 mars 1792 signé par une cinquantaine d'habitants de Colondannes retrace en ces termes l'histoire du bâtiment : "La paroisse de Colondannes a été érigée en cure depuis l'abolition du couvent de l'ordre de sainte Geneviève qui existait au temps jadis. Les recettes et autres devoirs furent créés au profit de cette communauté... Par la suite cette communauté fut convertie en prieuré". Un morceau de maçonnerie, conservé dans la façade orientale, a permis de confirmer l'existence d'un premier bâtiment qui pourrait avoir été construit en même temps que les parties les plus anciennes de l'église (les pierres en gros appareil sont de la même taille et la maçonnerie est la même). Il pourrait s'agir du reste des bâtiments conventuels primitifs. La tour située sur la façade ouest date de la fin du Moyen Age, du 15e siècle ou du début du 16e siècle. Sur le haut de la façade ouest de cette tour devait se trouver un cadran solaire du 15e siècle. En 1694, le prieuré était un prieuré de l'ordre des génovéfains. Au 18e siècle, le prieuré dépendait toujours de l'abbaye de Bénévent et c'est l'ordre des génovéfains qui en avait la charge, jusqu'à la mort de Mortesaigne en 1759. Le 21 juillet 1759, Jean Fossiat, prêtre, a été mis en possession du prieuré de Colondannes. Le procès verbal donne une description de la cure : "Maison consistant en deux bas et deux chambres et un grenier par-dessus". En 1790, le curé Fossiat a été sommé de faire état de ses biens. La cure se composait alors : "d'une maison avec une cuisine, d'un salon, d'une salle, cave dessous et grenier au-dessus, de trois petits cabinets, de deux chambres au premier étage et d'un grenier, l'escalier de l'étage est placé dans une tour ; d'une cour sur le devant de 4 ares 25 centiares, et d'une petite cour à côté ; d'un jardin de 12 ares 50 centiares et limité par des bornes, plus un autre petit jardin séparé du premier par un chemin à charrettes pour voiturer les dîmes ; d'un clos de terrain d'environ une sétérée appelé le Prieuré, et attenant au jardin et à la cour (chènevière, pacage et verger) ; de deux granges, dont l'une sert à mettre à l'abri le produit des dîmes ; les granges comme la maison sont couvertes de tuiles ; elles se composent d'une aire, d'une ou de deux étables les jouxtant, et d'un grenier au-dessus ; de biens non attenants à la cure".

En 1792, le jardin de la cure a été mis aux dimensions accordées par la loi, soit un demi-arpent. Le 6 août 1796, le presbytère a été vendu à Joseph ROUSSEAU, marchand boucher : "une maison composée de trois bas, un petit cabinet, deux greniers et deux chambres, une cave, une écurie, un toit à cochons ....".

Le 22 août 1833, la cure a été rachetée par la commune pour 3500 Frs.

Entre 1837 et 1857, la commune a effectué plusieurs réparations sur le presbytère.

En 1839, la construction en forme d'appentis qui était adossée à la côtière du derrière du presbytère a été démolie et les pierres ont été gardées pour la réparation des murs de clôture du jardin attaché au presbytère. La même année, un mur de séparation a été construit entre le jardin du presbytère et le jardin de Jean-Baptiste Pingaud.

En 1874, des réparations importantes ont eu lieu au presbytère, un escalier intérieur a été créé pour accéder aux chambres. Antérieurement, l'accès se faisait par l'escalier de pierre situé dans la tour.

En 1954, la cour de la façade orientale du presbytère a été détruite pour construire un parking.

En 2001, la restauration du presbytère a révélé des modifications importantes de l'ensemble de la structure au cours des siècles et a permis de mettre au jour un revêtement de sol en carreaux de terre cuite. L'escalier intérieur en bois a été supprimé. A la suite de cette restauration, l'ancien prieuré, propriété de la commune, a été transformé en restaurant. Un plan du jardin, non daté, a été retrouvé. Il aurait été dressé par René Desmaisons, curé de Colondannes, dans les années 1835 à 1840.

Périodes

Principale : 12e siècle (incertitude)

Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle (daté par source)

Secondaire : 19e siècle (daté par source)

Secondaire : 3e quart 20e siècle (daté par source)

Secondaire : 1er quart 21e siècle (daté par source)

Dates

1839, daté par source

1874, daté par source

1954, daté par source

2001, daté par source

L´ancien presbytère et prieuré, devenu restaurant, est accolé à la façade sud de la sacristie. Composé de trois bâtiments et d´une tour féodale, il a subi de nombreux remaniements au cours des siècles. Une avancée a notamment été créée à partir de la façade orientale du bâtiment principal pour accueillir le bar du restaurant. Édifiés en granite, les trois bâtiments forment une structure en L et sont couverts par un toit en tuile mécanique. Le bâtiment principal compte trois travées et s´élève sur deux niveaux. Les fenêtres ont des encadrements en pierre de taille. L´ancienne porte d´entrée du presbytère, sur la façade orientale, est encadrée par des piédroits en pierre et est surmontée d´un linteau en plein cintre. La clé de linteau et les impostes présentent un bossage en pointe de diamant. Entre la porte d´entrée et la baie nord subsiste un morceau de maçonnerie, en saillie, qui pourrait être le reste d´un bâtiment primitif construit à la même époque que les parties les plus anciennes de l´église. La façade occidentale du bâtiment principal présente également une porte encadrée par des piédroits en pierre de taille et un linteau en plein cintre. Entre la porte de la façade occidentale et la tour féodale une niche a été créée, formée d´un appui et d´un arc en plein cintre. Le deuxième bâtiment est accolé à la façade sud du bâtiment principal. Il est couvert d´un toit à croupe. Les façades ouest et sud comportent une unique baie avec un encadrement en pierre de taille. Aujourd'hui, ce bâtiment abrite la salle à manger du restaurant (dite la salle des chevaliers). Sous ce dernier subsiste une cave voûtée. Le troisième bâtiment est situé perpendiculairement aux deux précédents. Il est couvert d'un toit en à longs pans et abritait à l´origine deux granges appartenant au presbytère. La tour féodale, de plan carré, est accolée à la façade occidentale du bâtiment principal. Couverte d´un toit en pavillon retroussé (en ardoise) surmonté de deux épis de faîtage en zinc, elle a une hauteur supérieure à celle du bâtiment principal. Elle ne comporte que deux ouvertures dans la partie inférieure de la face ouest (meurtrières) et une ouverture plus haute dans la partie supérieure de la face sud. Cette dernière est une ouverture donnant dans ce qui était le pigeonnier, situé au dernier niveau de la tour. Dans ce pigeonnier, l'échelle en bois a été enlevée lors de la restauration du presbytère en 2001. Les angles de la tour sont marqués par des chaînages d´angle en pierre de taille. La plaque d´enduit rectangulaire, qui était située sur le haut de la face ouest de la tour, a été dissimulée lors de la restauration du presbytère. Il devait s´agir des restes d´un ancien cadran solaire du 15e siècle. Le jardin est clôt sur le côté sud et une partie du côté est par un mur en pierre sèche. Au centre du jardin, se trouve un puits construit en moellon de granite.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : granite

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

  2. Matériau du gros oeuvre : granite

    Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. tuile mécanique, ardoise
Plans

plan régulier en L

Étages

1 étage carré

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

  2. Forme de la couverture : toit en pavillon

  3. Partie de toit : croupe

Escaliers
  1. Emplacement : escalier intérieur

    Forme : escalier en vis

    Structure : en maçonnerie

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Creuse , Colondannes

Milieu d'implantation: en village

Lieu-dit/quartier: Bourg

Cadastre: 1846 C 277, 2008 AO 0037

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