Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Geaune

La bastide de Geaune fut fondée dans le territoire de la petite paroisse de Pantagnan par un acte de paréage signé à Saint-Sever le 17 novembre 1318 entre le roi-duc Édouard II d'Angleterre, représenté par son sénéchal, le Génois Antonio de Pessagno, et le seigneur du lieu, Pierre de Castelnau. La bastide ne semble pas avoir possédé d'église propre dans un premier temps, le culte étant célébré dans l'église Saint-Jean de Pantagnan (détruite en 1747), à trois cents mètres au nord-ouest du bourg actuel. Il faut attendre l'extrême fin du siècle (1393) pour trouver mention d'une église à l'intérieur de l'enceinte. Les travaux de construction sont attestés en 1401 (l'année où le seigneur local Raymond-Bernard III fonde un couvent d'augustins dans la ville) et le gros œuvre est terminé en 1415, à l'exception du massif occidental, dont l'achèvement en 1452 est documenté par une inscription sculptée sur un pilier du porche (toutefois, peut-être déplacée), qui fait aussi état de la construction de "la voûte". L'édifice connut encore plusieurs campagnes de travaux complémentaires dans la seconde moitié du XVe siècle, comme l'aménagement des quatre chapelles latérales ouvrant sur le transept et sur le chœur. Deux autres chapelles viennent se greffer au vaisseau à la fin du siècle. En 1483-1484, l'évêque de Bayonne Jean de Castelnau du Lau (petit-fils de Raymond-Bernard III) fonde la chapelle Saint-Loup (ou de la Sainte-Trinité), ouvrage à vocation funéraire accolé à l'angle sud-ouest de la nef. Enfin, une petite construction hexagonale (peut-être une sacristie à l'origine), dont la clef de voûte est sculptée d'une "rose du Quercy", vient épauler à la même époque le flanc sud du chœur.

L'édifice, désormais achevé, ne semble pas connaître de modifications jusqu'en septembre 1569, date à laquelle les troupes protestantes de Montgomery prennent la ville de Geaune et dévastent le couvent des augustins. L'église elle-même, contrairement à d'autres édifices cultuels de la région, n'est pas détruite ni incendiée, mais subit cependant quelques déprédations, comme le découronnement de sa tour-clocher et la destruction de son mobilier. Des restaurations importantes sont certainement réalisées dans le courant du XVIIe siècle. A la Révolution, les parties hautes du clocher sont à nouveau mutilées et, surtout, la voûte en pierre du vaisseau est abattue (celles des chapelles sont en revanche respectées). Quelques réparations mineures sont effectuées après le rétablissement du culte, mais il faut attendre les années 1875-1876 pour que la voûte soit rétablie, dans le style (anachronique) "du XIIIe siècle", par l'architecte Urbain Dupouy et l'entrepreneur local Despagnet. A la même époque, le chœur, à l'origine de plain-pied avec la nef, est surélevé de près d'un mètre et un escalier ménagé pour y accéder. Des peintures ornementales viennent couvrir la totalité des murs et des voûtes de l'église (détruites en 1987-1988).

Le clocher-tour a été classé au titre des Monuments historiques par arrêté du 18 juillet 1973, les autres parties de l'église étant inscrites en totalité à la même date.

Périodes

Principale : 1er quart 15e siècle

Principale : 2e quart 15e siècle

Principale : 3e quart 15e siècle

Secondaire : 4e quart 15e siècle

Secondaire : 4e quart 19e siècle

Dates

1401, daté par source

1415, daté par travaux historiques

1452, daté par source

1483, daté par source

1875, daté par source

Auteurs Auteur : Dupouy Jean Urbain

Prénom usuel : Urbain. Né le 25 mai 1830 à Bascons (Landes), mort le 21 janvier 1890 à Mont-de-Marsan ; fils de Jean Dupouy, tailleur d'habits (1799-1857) et de Françoise Duporté. Agent-voyer de première classe, puis architecte à Mont-de-Marsan. Il épousa le 26 juin 1861 à Mont-de-Marsan Joséphine Marie Françoise Sibien (Mont-de-Marsan, 24 février 1842 - Mont-de-Marsan, 18 novembre 1896), fille de Nicolas François Louis Joseph Sibien (Paris, 1814 - Mont-de-Marsan, 1860), architecte-agent voyer en chef du département des Landes, deuxième Grand prix de Rome, et d'Agathe Françoise Egérie Calixte Dupuy (1817-1855), et nièce de Jean Antoine Jules Sibien (1822-1881), architecte départemental des Landes.

"D'après le préfet des Landes (3 septembre 1881), l'architecte diocésain Sibien avait donné pour des raisons de famille le poste d'inspecteur sans le titre à Dupouy, qui était bonapartiste et recommandé par l'évêque Delannoy. Au départ de Sibien, le préfet propose Maumen comme successeur ; l'administration centrale ayant désigné Rochet, il souhaite que Dupouy soit remplacé par Maumen. De son côté, Sourigues, député des Landes (12 septembre 1881), écrit sur Dupouy qu'il a obtenu sa place grâce à l'évêque "dont le séminaire est encore peuplé de professeurs jésuites et qui est assez puissant pour faire accorder à un protégé des faveurs et des places du gouvernement qu'il combat". L'administration (24 octobre 1881) s'oppose à la nomination de Maumen ; elle n'a pas de crédits pour le rétribuer, Dupouy l'étant par l'architecte diocésain ; de plus, il n'habite pas Aire. Maumen est finalement désigné. A son décès en 1890, Dupouy lui succède officiellement aux appointements de 500 fr." Source : Répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle ; en ligne : http://elec.enc.sorbonne.fr/architectes/190?q=Dupouy [les renseignements biographiques sont erronément annexés à la notice de Jules-François Dupouy, fils d'Urbain.].

, architecte (attribution par source)
Auteur : Despagnet / Despaignet Bernard

Bernard Despagnet (ou Despaignet), entrepreneur de travaux publics rue Félix-Despagnet à Aire-sur-l'Adour (Landes) dans la seconde moitié du XIXe siècle. Né le 9 mars 1828 à Barcelonne-du-Gers et mort le 15 mars 1909 à Aire-sur-l'Adour. Fils de Pierre Bernard dit Arnaud Despagnet, dit Mirabel (1786-1846), cultivateur, et d'Anne Dubalen (1793-1867). Marié à Barcelonne-du-Gers, le 1er février 1853, avec Marie dite Laurence Sarrade (Aire-sur-l'Adour, 21 août 1823 - idem, 15 octobre 1870), fille de Jean Sarrade et de Marie Berdery, propriétaires à Barcelonne-du-Gers. Le couple eut plusieurs enfants, dont : Félix Jean Édouard (Aire, 8 juin 1854) et Octave Marie Raymond (Aire, 8 mai 1856), marié le 4 février 1885 avec Justine Berthe Dedeban.

Despagnet, d'abord qualifié de "tailleur de pierres" (1854) puis d'entrepreneur de travaux publics, travailla au cimetière du Mas à Aire-sur-l'Adour en 1864, à l'église de Subéhargues (Aire-sur-l'Adour) la même année et en 1904 et à celle de Geaune en 1875-1876, restaura en 1884 la crypte de l'église du Mas sur commande de l'évêque Victor Delannoy, bâtit la nouvelle église du Vignau en 1883-1888 et celle du Houga (Gers) en 1880.

, entrepreneur de maçonnerie (attribution par source)

L'église est construite à quelque distance à l'ouest de la place centrale de la bastide. De construction homogène, elle est bâtie en moyen appareil calcaire régulier et entièrement couverte de tuiles. Le massif occidental est constitué par un imposant clocher-tour de plan carré, doté d'épais contreforts et d'une tourelle d'escalier en vis englobée dans la maçonnerie du pilier sud-est. Un portail monumental à voussure brisée donne accès directement dans la nef. Ce vaisseau unique de quatre travées, long de 45,75 mètres et large de 10,35 mètres, raidie par des contreforts talutés, est prolongé à l'est par une travée droite de chœur (surélevée) et par une abside à cinq pans percée d'étroites baies à lancettes. Nef et abside sont couvertes de croisées d'ogives modernes (1875-1876). Sur le vaisseau se greffent, à la manière du gothique languedocien, quatre chapelles oblongues ouvrant par des arcades en tiers-point sur le transept (chapelles de saint Joseph et de saint Étienne) et sur le chœur (actuelles sacristies) ; toutes quatre ont conservé leurs croisées d'ogives d'origine. Deux autres chapelles étayent le flanc sud de l'église, l'une (chapelle Saint-Loup ou de la Trinité) de plan carré à l'extrémité sud-ouest, l'autre hexagonale contre le pan coupé sud de l'abside.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moyen appareil

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. tuile creuse
Plans

plan allongé

Étages

1 vaisseau

Couvrements
  1. voûte d'ogives
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe polygonale

  2. Forme de la couverture : toit en pavillon

Escaliers
  1. Emplacement : escalier dans-oeuvre

État de conservation
  1. bon état
Décors/Technique
  1. sculpture (étudié)
  2. peinture (étudié)
  3. vitrail (étudié)

Localisation

** Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Geaune , place de l' Église

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2017 AB 334

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