0 avis
Historique
Le meuble est l'œuvre du sculpteur tarbais Dominique Ferrère (1723-1809), qui l'exécuta pour 2200 livres entre le 18 juin 1785, date du contrat passé avec la supérieure Rutan, et décembre 1787 (il aurait pourtant dû être achevé dès le mois de mai 1786 aux termes de la convention). Il fut peint et doré après le 17 décembre 1787 (date du contrat de sous-traitance) par le doreur Antoine Laussatte (1755-1791), de Lescar. Si le galbe de l'autel et son décor sont encore dans la tradition rocaille, dans laquelle Dominique Ferrère et son frère Jean II avaient été formés, le tabernacle, d'une conception originale, présente des lignes droites et des motifs (comme les draperies festonnées) plus proches des réalisations néoclassiques contemporaines ; on retrouve des compositions identiques coffre-ailes-pilastres par D. Ferrère dans les églises haut-pyrénéennes de Cheust (1760-1770) et de Barbazan-Debat. Quant à l'autel-tombeau, il est quasiment identique à celui du maître-autel de l'église Saint-Pierre de Soues (Hautes-Pyrénées), exécuté par l'artiste à la même époque.
L'ensemble dacquois a subi plusieurs altérations : le dais d'exposition du tabernacle et plusieurs éléments décoratifs (angelots) furent supprimés dès avant 1866 ; le tombeau d'autel a été détaché du gradin et avancé au milieu du chœur après le concile de Vatican II. Une photographie de R. Labat datant du début des années 1950 montre l'ensemble dans son état originel (l'exposition en moins).
Détail de l'historique
Description
L'autel au tombeau galbé est composé d'une structure en bois dans laquelle sont encastrés des éléments en marbre (incarnat de Caunes-Minervois pour le grand panneau frontal, gris veiné pour le cartouche central, griotte rouge du Languedoc pour les gorges supérieure et inférieure) ; sans doute par souci d'économie, la plinthe et les panneaux des côtés sont en bois peint faux marbre vert et noir ; le bandeau supérieur doré, sous la gorge sommitale, présente un décor d'apprêt gravé ; la table d'autel, peinte en blanc crème, est à angles adoucis en quart-de-rond.
Le massif postérieur, formant gradin droit, est flanqué de deux hauts piédestaux parallélépipédiques (qui portaient autrefois des statues d'anges adorateurs) aux panneaux garnis de brèche rouge ; une petite crédence en console demi-lune, en bois doré, est fixée sur la face de chaque piédestal. La partie supérieure du massif (le gradin proprement dit) est garnie de trois panneaux en marbre gris de Bigorre. La partie inférieure a été revêtue, après le détachement de l'autel, d'un panneautage provenant du revers du tombeau, peint en faux marbre rouge veiné.
Le tabernacle, d'une composition originale, comporte une armoire eucharistique entièrement en bois doré, étroite et très haute, à face concave, dont la porte est fermée par un battant cintré également concave. Une exposition aujourd'hui disparue, qui accentuait encore l'élan vertical du coffre, était constituée d'un panneau peint en rouge, orné d'épis et de pampres dorés et sommé d'un dais porté par un ange à la draperie flottante (selon la description du contrat). De part et d'autre, des ailes à découpe en cavet renversé, revêtues de panneaux en marbre turquin du Languedoc, relient l'armoire à de hauts pilastres latéraux plaqués de griotte rouge (ils devaient l'être de brocatelle violette aux termes du contrat) qui supportaient originellement des "groupes d'enfant" en bois peint au naturel ; des motifs décoratifs en bois doré souligne le sommet des ailes et les angles des pilastres.
Détail de la description
| Catégories |
menuiserie, marbrerie, sculpture |
|---|---|
| Structures |
|
| Matériaux |
|
| Dimensions |
|
| Iconographie |
Précision sur l'iconographie : Sur la face du tombeau d'autel, au centre, un cartouche ovale et bombé en marbre gris entouré d'un cadre en bois doré à couronne de laurier, volutes affrontées et guirlandes de fleurettes, sommé d'un couple d'angelots ; aux angles antérieurs du tombeau, des consoles à palmes et volutes amorties d'une autre tête d'angelot ; la moulure en bois doré sous le panneau de marbre est ornée d'une course de laurier, le bandeau qui le surmonte, de rosaces et de tables échancrées en apprêt gravé. Sur le soubassement du massif postérieur a été plaqué, après son remaniement, un cartouche en bois doré (au décor identique à celui du tombeau) avec le monogramme SVP (= saint Vincent de Paul) entre deux draperies. Les motifs de couronne de laurier, de palmes et de volutes sont repris sur le support des crédences en console, celui des draperies nouées en festons sur le pourtour des piédestaux latéraux. Sur la porte du tabernacle est sculpté le triangle trinitaire dans une gloire de nuées et de rayons (relief dans la masse) ; au-dessus de la porte, un couple d'angelots en haut relief ; des draperies à franges, nouées au sommet de l'armoire, retombent en plis nombreux de part et d'autre de la façade ; des chutes de laurier occupent les étroits panneaux des faces latérales de l'armoire. Masquant le sommet des ailes en cavet, un relief de bois doré représente trois angelots dans des nuées ; les angles antérieurs des pilastres latéraux sont soulignés de branches de palmier aussi en bois doré. |
| État de conservation |
Le tombeau d'autel, qui était originellement séparé du gradin par un étroit espace destiné à laisser le passage à une seule personne, a été avancé au milieu du chœur après Vatican II ; il ne reste que quelques fragments des guirlandes en bois doré qui reliaient son cartouche central aux consoles angulaires. Le "marchepied à trois marches" en noyer de 1785 est remplacé par un degré moderne. La face du massif postérieur, après le déplacement de l'autel, a été décorée des panneaux remployés du revers de l'autel. L'exposition du tabernacle a été supprimée avant 1866. Les statues d'anges adorateurs qui surmontaient ces piédestaux de part et d'autre de l'autel (visibles sur une photographie du début des années 1950) ont disparu, de même que les deux "groupes d'enfants" (mentionnés dans le contrat de 1785) qui couronnaient les hauts pilastres de marbre griotte aux extrémités des ailes. |
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre objet mobilier |
|---|---|
| Référence du dossier |
IM40004574 |
| Dossier réalisé par |
Maisonnave Jean-Philippe
|
| Cadre d'étude |
|
| Aire d'étude |
Dax sud |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2012 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Autel, gradin et tabernacle du maître-autel, Dossier réalisé par Maisonnave Jean-Philippe, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/2821fc93-044d-4694-a81a-58c6334e38cd |
| Titre courant |
Autel, gradin et tabernacle du maître-autel |
|---|---|
| Dénomination |
autel gradin d'autel tabernacle |
| Précisions sur la dénomination |
maître-autel |
| Statut |
|
|---|---|
| Protection |
|
| Intérêt |
|
- MICHOU Lucienne. L'art baroque et la famille des Ferrère.
- Pour comparaison avec le tabernacle de Dax. : Le maître-autel de l'église de Cheust (Hautes-Pyrénées), par Dominique Ferrère, 1760-1770
Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Dax , 1 rue Labadie
Milieu d'implantation: en ville