Historique
Probablement en raison de la richesse de son ornementation, cet hôtel est réputé être celui du duc Claude de Rouvroy de Saint-Simon, gouverneur de Blaye au 17e siècle, qui l'aurait habité de 1689 à sa mort en 1693, ainsi que par son fils, le mémorialiste, gouverneur de Blaye à la suite de son père, selon une plaque apposée sur la façade. A ce jour, aucun élément historique probant ne vient confirmer cette tradition. Le monogramme sculpté sur le cartouche du fronton (M ?), pas plus que celui figurant sur la grille d'imposte de la porte d'entrée (AP ?), ne paraissent, en tous cas, correspondre au chiffre du duc ou du marquis de Saint-Simon, qui auraient plutôt affiché les armoiries familiales. Dans son état actuel, la façade, de même que les élévations sur cour, semblent datables du 3e quart du 18e siècle. Des investigations dans les archives permettent d'attribuer sa construction à la famille Taillasson, notables et négociants de la ville, et vraisemblablement à Jean-Joseph Taillasson et son épouse Jeanne Sermansan dans les années 1760.
La maison passe en 1803 dans les biens de la famille Binaud, l'une des principales lignée de notables de Blaye depuis l'Ancien Régime. Le plan cadastral de 1832 montre le bâtiment principal sur rue et des dépendances à l'arrière, sur cour. La maison est détenue selon les états de section du cadastre par les frères Bineau (sic). L'ensemble est mentionné dans le registre des augmentations et diminutions en possession du courtier Charles Lalande en 1845, qui bénéficie à cette date d'une réduction d'imposition (Jean-François Charles Lalande, né à Blaye en 1823, est marié dans ces mêmes années avec Marie Estelle Hélène de Laage de Meux, fille d'un négociant saintongeais).
Les garde-corps des balcons et balconnets ont été remplacés dans la seconde moitié du 19e siècle ; ceux du premier étage portent le monogramme JT. A la fin du 19e siècle, Georges Émile René Wenck, négociant, et son épouse Jeanne Marie Rambaud, fille du propriétaire du château de La Grave à Bourg, sont domiciliés à cette adresse.
La demeure est aujourd'hui divisée en plusieurs appartements. Seule une cheminée du second étage subsiste des anciens aménagements intérieurs.
Détail de l'historique
| Périodes |
Principale : 3e quart 18e siècle |
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Description
Hôtel construit sur une parcelle en lanière relativement étroite. La façade ne comporte que deux travées mais elle est la plus richement décorée de la rue, voire de la ville.
Le rez-de-chaussée à bossage continu comporte une grande arcade de boutique en arc plein-cintre, accostée d'une porte au nord, dont le chambranle est mouluré d'un tore. Le châssis de tympan est protégé par un grille en ferronnerie. Un cordon régnant et très saillant délimite l'étage ; il sert d'appui aux deux balcons des portes-fenêtres. Sur un parement à bossage continu, trois pilastres coiffés de chapiteaux ioniques, deux qui encadrent la façade et un dans l'axe central, structurent les niveaux supérieurs. Les fenêtres sont rectangulaires à chambranle saillant et mouluré. Une frise géométrique délimite les deuxième et troisième étages. Une corniche à denticules coiffée d'un imposant fronton cintré couronne l'élévation.
L'élévation postérieure sur cour, de deux travées en pierre de taille, est en revanche dépourvue d'ornementation. Les fenêtres comportent un tableau saillant avec appui et larmier. Le larmier des fenêtres du dernier niveau ressaute sur la corniche moulurée.
L'escalier prend place sur le côté nord de la cour, dans le prolongement de la porte d'entrée. Abrité sous un toit en appentis, il est ajouré d'arcs et d'arcades en plein-cintre.
Une cheminée subsiste au second étage adossée au mur nord. La hotte présente un cadre circulaire mouluré et un couvrement cintré.
Le bâtiment sur l'arrière présente une élévation identique à celle sur cour du corps principal.
Détail de la description
| Murs |
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| Toits |
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| Étages |
2 étages carrés |
| Élévations extérieures |
élévation à travées |
| Couvertures |
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| Escaliers |
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| État de conservation |
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| Décors/Technique |
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| Décors/Représentation |
Précision sur la représentation : Les pilastres de la façade sont coiffés de chapiteaux ioniques à cornes (comparables à ceux d'une maison de la rue Jaufré-Rudel). Le centre du fronton est occupé par un cartouche sur des rinceaux végétaux (palmes ?), sculpté d'un monogramme (non déchiffré). La grille d'imposte en ferronnerie de la porte d'entrée comporte un motif qui est peut-être un monogramme (non déchiffré), ou une enseigne professionnelle (ciseaux de maître tailleur ?). L'élévation de l'escalier sur la cour est ornée de pilastres. La hotte de la cheminée est sculptée de motifs géométriques et végétaux et de deux pots à feu latéraux ; le motif central est masqué par le faux plafond. |
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA33009211 |
| Dossier réalisé par |
Beschi Alain
Chercheur et conservateur du patrimoine au sein du service du patrimoine et de l'Inventaire en Aquitaine, puis Nouvelle-Aquitaine (1994-2023). |
| Cadre d'étude |
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| Aire d'étude |
Estuaire de la Gironde (rive droite) |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2011 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Conseil départemental de la Gironde |
| Partenaires |
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| Citer ce contenu |
Hôtel dit maison de Saint-Simon, Dossier réalisé par Beschi Alain, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Conseil départemental de la Gironde, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/4656dac1-4e37-42af-96a0-4ed51a915b51 |
| Titre courant |
Hôtel dit maison de Saint-Simon |
|---|---|
| Dénomination |
hôtel |
| Appellation |
maison de Saint-Simon |
| Destination |
immeuble à logements |
| Parties constituantes |
Etable et remise |
| Statut |
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| Intérêt |
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Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Gironde , Blaye , 15 rue Saint-Simon
Milieu d'implantation: en ville
Cadastre: 1832 B3 1658, 2017 AM 52