Les maisons et les fermes de la commune d'Archignac

France > Nouvelle-Aquitaine > Dordogne > Archignac

Très dispersé, l'habitat est fixé dès le XVIIIe siècle comme en témoigne la carte de Belleyme où on compte plus d'une cinquantaine de lieux-dits sur le territoire paroissial. Bien que quelques fermes se trouvent isolées dans l'espace (moins de 18% des repérés), elles sont principalement regroupées en écarts composés de plusieurs exploitations, exception faite de quelques hameaux parfois presque aussi importants que le bourg lui-même, tels Embes, Mons ou Maison Selves. Jusqu'au début du XXe siècle, on y a pratiqué une polyculture vivrière où le rôle des bois était très important. Sur les coteaux les mieux exposés, la vigne a été cultivée autour des domaines de Pech Jouan, les Escures ou la Péchaude, puis le tabac, autour du bourg, à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, ces productions ont disparu.

Seul le bourg présente un édifice avec des vestiges ténus datant probablement du XIVe siècle (cf. IA24001664) : un reste de baie murée et un fond de cheminée saillant sur le gouttereau. D'autres logis datent du XVIe siècle. Là encore, ce sont les vestiges de baies, essentiellement des demi-croisées ou des portes avec des linteaux décorés d'accolade qui autorisent un essai de datation. Ces éléments se rencontrent sur des logis de ferme, peut-être d'anciennes demeures nobles, comme à Arty, Péchaude Haute, ou de simples maisons très modestes, telle celle de la Contie (IA24001710), qui est équipée de latrines en surplomb.

De manière générale, une grande majorité du bâti date du XIXe siècle, mais souvent reconstruit sur les bases de l'existant des XVII et XVIIIe siècles, encore bien présent. L'histogramme des dates portées (104 dates relevées), montre cette tendance avec une manifestation marquée dans le quartile 1776-1800 et surtout, une fréquente très importante entre 1826 et 1875, soit plus de 43 % des dates portées. Ce pic correspond à l'optimum démographique avant la crise phylloxérique et l'exode rural. Ces dates sont très majoritairement portées sur les logis (plus de 60 %), plus particulièrement sur le linteau des portes de ces logis. Ces millésimes sont ainsi les reflets des variations démographiques révélées par les différents recensements depuis le début du XVIIIe siècle (cf. IA24001494).

Périodes

Principale : Fin du Moyen Age

Principale : 16e siècle

Principale : 17e siècle

Principale : 18e siècle

Principale : 19e siècle

Principale : 20e siècle

Le corpus des maisons et des fermes repérées sur le territoire communal représente au total 113 édifices dont 25 ont été sélectionnés et bénéficient d'une notice individuelle. Ce corpus est composé de fermes dans une très large majorité (plus de 85%), essentiellement organisées en écarts, comme expliqué dans l'historique. Les maisons stricto sensu se rencontrent uniquement dans le bourg. D'un point de vue typologique, plus des deux-tiers des fermes présentent un logis individuel, isolé des bâtiments agricoles (65,5%). Les modèles dissociés où logis et grange ont un mur ou une partie de mur en commun restent rares (14,2%). Les modèles de type "bloc", où logis et grange-étable sont situés sous le même toit, sont anecdotiques (moins de 3% des types de ferme). Le "balet", escalier extérieur d'accès au logis menant sous un auvent, est également rarement rencontré sur la commune et n'équipe que deux édifices du corpus. La topographie implique parfois la présence d'un étage de soubassement lorsque l'habitation est implantée à flanc de coteau. Les caves sont peu présentes (plus de 15%) et concernent principalement des habitations cossues et servent le plus souvent de chai. Plus de 40% des logis comportent un étage. Les plus anciens sont coiffés d'un simple comble, le surcroît (un quart des édifices) étant plus tardif (XVIIIe et XIXe siècles). L'étage de comble se rencontre dès le XVIIe siècle sur les demeures les plus prestigieuses et sur des réhabilitations récentes. Sur le plan des matériaux de gros-œuvre, l'ensemble des maisons et fermes repérées est bâti en moellons de calcaire liés avec de la terre maçonne. La pierre de taille est réservée aux chaînages et à l'encadrement des baies. Un enduit, probablement à la chaux, est présent sur près de 26% d'entre elles. Corniches et génoises sont rares et concernent moins de 7% des logis du corpus. On rencontre cependant sur plus de 60% des édifices, un couronnement des murs réalisé à l'aide de trois rangs de lauzes posés en encorbellement. Les matériaux de couverture sont divers, avec prédominance de la tuile mécanique (29%) sur la tuile plate (26%) et l'ardoise (17%). La lauze de calcaire est encore présente sur 24% des toits, mais de nombreux indices architecturaux, visibles notamment sur les pignons, montrent qu'elle fut employée beaucoup plus massivement jusqu'au début du XXe siècle. Elle a ensuite été remployée pour rehausser les murs de bâtiments agricoles, couverts alors en tuile mécanique. Le phénomène est plus rare sur les logis. Sur la commune, l'usage de la tuile creuse reste très anecdotique (moins de 3%). Les dépendances agricoles reflètent la culture vivrière, avec la forte prédominance du binôme classique grange-étable, du four à pain très répandu, des porcheries et des poulaillers, souvent associés dans un bâtiment commun. Les dépendances liées à la viticulture sont moins aisées à identifier que celles de la tabaculture qui montre encore quelques séchoirs, en bois pour la plupart.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Typologie
  1. ferme au logis individuel
  2. ferme bloc en gouttereau
  3. ferme dissociée
  4. ferme à balet
  5. ferme hybride
  6. maison pavillon
  7. maison classique
  8. maison de ville
  9. habitation hors typologie

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