Tombeaux avec enclos et/ou décors en ferronnerie

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Saint-Savin

Aucun fabricant de grille pour enclos n'a pu être identifié, même si certaines grilles sont présentes en plusieurs exemplaires. Quelques fabricants des croix en ferronnerie ont pu être identifiés. Les croix en ferronnerie sont posées principalement sur des tombeaux datés des années 1880-1910.

Certaines croix portent le nom de la fonderie et parfois le numéro du modèle :

- fonderie d'Alfred Corneau à Charleville-Mézières (Ardennes), avec le numéro du modèle : " Corneau Alfred 133 " (Catalogue de 1893, pl. 23) ; " Corneau Alfred 134 " ; " Corneau Alfred à Charleville 140 " ; " Corneau Alfred 174 " (Catalogue de 1893, p. 28) ; sur des tombes des années 1900-1008 ; une croix à la marque recouverte de rouille semble être le modèle n° 137 de ce fondeur (catalogue de 1891, pl. 26) ; une croix corrodée avec la marque " Corneau [suite illisible] " ;

- fonderie de Dammarie-sur-Saulx (Meuse), dirigée par Salin : " A.R. Dammarie 5 ", sur une tombe de 1883. Une croix similaire, sans les éléments figurés, porte la marque D au dos et est probablement de la même fonderie ;

- fonderie de Tusey : " Tusey " sur une croix ajourée avec des clochers à la base du pied, sur un tombeau de 1928 ;

- fonderie Rosières, commune de Lunery (Cher), probablement vers 1930-1935 : marque Rosières.

Quelques croix non signées ont pu être attribuées à ces fonderies.

Périodes

Principale : 2e moitié 19e siècle, 20e siècle

Auteurs Auteur : Corneau Alfred

Henry Alfred Corneau, fondeur industriel né à Charleville-Mézières le 28 août 1825 et mort dans la même ville le 14 avril 1886. Co-fondateur avec son frère et associé Émile (1826-1906) de la fonderie Corneau, devenue ensuite la fonderie Deville, Pailliette et Cie à la fin du XIXe siècle. Fils de Louis Henry Joseph Corneau, armurier et cafetier, et de Catherine Renauld ; marié le 6 novembre 1851 à Hilbringen, Merzig-Wadern (Allemagne) avec Émilie Marie Anne Barbey (1823-1907), dont il eut deux filles : Juliette Marie Corneau (1852-1916), épouse en 1873 d'Albert Deville (1844-1913), successeur de son beau-père ; et Anna Corneau (1854-1935), mariée en 1873 à Charles-Louis Forest (1842-1907), notaire (grands-parents maternels d'Yvonne Vendroux, Mme Charles de Gaulle).

Voir COLLINET René-Pierre. La Belle Fonte, la fonderie Corneau de Charleville à la fin du XIXe siècle, 2014.

Voir le dossier d'inventaire du patrimoine https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA08000354 [dernière consultation 06/08/2024].

, fondeur, fabricant (signature)
Auteur : Fonderies de Dammarie-sur-Saulx

Le premier fourneau est attesté dès 1590 à Dammarie-sur-Saulx (Meuse). Un haut fourneau est construit en 1751. Au 19e siècle, fonderie des frères Vivaux (1847) puis de la famille Salin (vers 1860). Société des Usines de Dammarie-sur-Saulx et Ecurey (Meuse), A. SALIN et Cie, de 1848 à 1987. Aujourd'hui (2024) Société Nouvelle des fonderies et Ateliers SALIN à Dammarie, groupe SLF (Somborn Lang Ferry).

Voir le dossier d'inventaire du patrimoine https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA55000559 et le site de l'entreprise https://www.f3tec.com/fr/fas/ [dernière consultation 06/08/2024] et biographie de Auguste Salin.

, fondeur, fabricant (signature)
Auteur : Rosières

Fonderie du Cher. Première forge en 1836. L'usine compte 1200 employés au milieu du 19e siècle, 600 à la fin du 19e siècle. La fonderie ferme en 2006. Voir Guillaume Etienne, Comment rester vigilant face à l’oubli ? Le musée de la fonderie à Rosières, commune de Lunery près d'Issoudun, Conserveries mémorielles [En ligne], # 11 | 2011, mis en ligne le 02 décembre 2011, consulté le 28 décembre 2017. URL : http://journals.openedition.org/cm/946

, fondeur, fabricant (signature)
Auteur : Fonderie de Tusey

L'une des importantes entreprises spécialisées dans la fonte d'art, active au hameau de Tusey à Vaucouleurs (Meuse). Créée en 1832 par Pierre Adolphe Muel, issu d’une famille de maîtres de forges vosgiens, elle porta successivement les noms de Muel, Muel et Wahl (1840), Zégut (1862-1874), Louis Gasne (1874-1896), Paul Dufilhol et Gaston Chapal, Dufilhol (1898), Laurent Chevailler (1906-1935), Pierre Esch (1935), avant de fusionner avec les Ateliers et Fonderies de Meuse (ancienne Fonderie Jeanne d’Arc à Vaucouleurs), qui deviennent Fonderies de Vaucouleurs en 1961.

, fondeur, fabricant (signature)
Auteur : Salin Auguste

Fondeur né le 20 mai 1848 à Abainville (Meuse), fils du maître de forges Pierre Hyacinthe Félix Salin (de Joinville) et d'Henriette Capitain ; rachète en 1875 la fonderie de Dammarie-sur-Saulx, en 1876 celle d'Écurey (Meuse) aux frères Vivaux, en 1888 la fonderie Colas à Montiers-sur-Saulx, enfin, en 1897, les modèles de la fonderie d'art de Denonvilliers à Sermaize-les-Bains. Fonde en 1894, en association avec son oncle maternel Edmond Capitain (1835-1919), le Comptoir général des fontes de bâtiment, avec siège au 78, quai de Jemmapes à Paris Xe. A sa mort, l'entreprise devient "Salin P. E. et Cie" sous la direction des deux fils d’Auguste, Pierre et Édouard et de leur sœur Marie-Henriette.

, fabricant (attribution par source)

Une majorité de tombeaux, notamment ceux antérieurs à la Deuxième Guerre mondiale, ont conservé des éléments en fonte : croix, enclos et/ou porte-couronne.

Enclos funéraires avec clôtures de monument

Nous avons repéré :

- 7 enclos funéraires à 3 tombes

- 1 enclos funéraire probablement à 3 ou 4 tombes

- 1 enclos funéraire à 2+1 tombes

- 6 enclos funéraires à 2 tombes ou stèles

- l'enclos funéraire des anciens maires François Audiguier et Marc Auguste Maurice Demarçay

- plus d'une quarantaine d'enclos funéraires à 1 tombe

- des grilles déposées provenant d'enclos funéraires.

Les clôtures peuvent être constituées de grilles ou de bordures plus basses en ferronnerie, de chaînes portées par des poteaux, d'un assemblage de barres parfois associées à des porte-couronnes. Les grilles peuvent être constituées de barreaux soutenus par des traverses ou des assemblages de motifs (volutes en particulier). Les portes et les grilles portent rarement un décor, principalement des croix, quelques anges ou les monogrammes de la Vierge (AM) ou du Christ (IHS). Les barreaux et les poteaux peuvent être surmontés de boules, de pommes de pin, de pointe, d'une urne voilée, d'un flambeau.

Les illustrations des enclos sont classées par type de grille de clôture : assemblages de volutes, grilles constituées de barreaux avec plus ou moins de décor, grilles en croisillon, assemblages de barres et chaînes.

Enclos funéraires à trois tombes

Deux enclos funéraires clôturés par une clôture en fer forgé identique, portant la même croix et le même décor sur la grille antérieure, renferment chacun trois tombeaux composés chacun d'une pierre tombale reposant sur deux chevalets, sans stèle. Les épitaphes sont portées sur chaque pierre tombale. L'un d'eux est - l'enclos funéraire de la famille Belléoux Gauminière ; les épitaphes du second ne sont plus lisibles et le chevalet de la tombe gauche s'est effondré.

L'enclos funéraire de la famille de Moussac renferme trois tombeaux composés chacun d'une pierre tombale reposant sur quatre pieds et est flanqué de part et d'autre d'une croix en métal posée sur un petit socle, probablement de défunts apparentés.

Un enclos funéraire renfermant trois tombeaux, envahi par la végétation, avec des croix creuses posées sur les stèles, a les grilles ornées d'un ange agenouillé en prière dans un décor de volutes et de rinceaux.

Un grand enclos funéraire aux dimensions de trois tombes est envahi par le lierre. Il conserve au moins une dalle sur chevalet ou sur pieds, une grande croix en pierre et une plus petite marquant une tombe en pleine terre à droite de l'enclos. Les barreaux de la grille en ferronnerie sont surmontés de pointes en fer de lance.

L''enclos funéraire de la famille Cuisinier Delisle renfermait d'abord deux tombeaux (une pyramide et une croix) et a été complété par une troisième tombe (une croix) cernée par une clôture supplémentaire.

Enclos funéraires à deux tombes

L'enclos funéraire de la famille Lorillot Gauvinière, probablement daté de 1874, renferme deux sépultures en pleine terre marquées chacune par un pilier. La clôture est composée de simple barres rigidifiées par des barres en X avec une porte ornée d'une croix, sur lequel repose un important porte-couronne en bâtière.

L'enclos funéraire d'Amédée Robin et sa famille est étudié séparément. Le centre des croisillons des grilles est orné d'un visage (Christ ?), les angles sont ornés de flambeaux et le portillon est surmonté d'un couronnement avec une croix.

Un enclos funéraire renferme deux tombes. Il est clôturé par une grille en ferronnerie aux barreaux surmontés de pointes enfer de lance, avec un décor composé de volutes à la base et des demies volutes formant des cœurs inversés sous une traverse ; au sommet, des anneaux sont insérés entre les deux traverses et les barreaux. Cet enclos renferme deux tombes en pleine terre marquées l'une par une stèle, l'autre par un Christ en croix en ferronnerie.

Enclos funéraires à une tombe

Un certain nombre de tombeaux en pleine terre aujourd'hui simplement encadrés par une bordure en pierre ou en ciment plus ou moins large, ont pu être autrefois surmontés d'une grille en ferronnerie, ainsi qu'en témoignent quelques vestiges d'ancrage de ces grilles.

Deux types d'enclos se distinguent :

- les enclos en ferronnerie entourant complètement la tombe ;

- les enclos entourant trois côtés de la tombe (comme par exemple le tombeau de Léon Edoux), parfois fermés par une chaîne sur le quatrième côté ; à la tête, la grille peut être interrompue par la stèle.

Dans un cas, la clôture est constituée uniquement de chaînes accrochées à six poteaux en ferronnerie, avec des vases en ferronnerie au pied de la tombe.

L'enclos funéraire de Sylvain Charré et de son épouse Magdelaine Boulitte, décédés en 1845 et 1861, est l'un des plus anciens conservés. Sa clôture est un assemblage de motifs géométriques, sans barreau, avec un portillon surmonté d'une croix.

Quelques clôtures sont constituées de grilles plus basses voire très basses.

Trois clôtures sont composées d'un assemblage de volutes insérées entre des barreaux et s'appuyant sur des tiges verticales surmontées du même motif de fleur.

Plusieurs grilles provenant d'enclos démantelés sont éparpillées dans le cimetière.

Croix funéraires

Les croix peuvent constituer l'élément principal de la tête de la tombe, posées directement en pleine terre, sur une stèle ou sur un socle quadrangulaire, généralement à la tête du monument.

Les croix associent de multiples éléments et décors sur la base, le pied, le croisillon : symboles et représentations du Christ (IHS, INRI, chrisme, cœur enflammé ou transpercé d'une lance) ou de Marie (AM), Annonciation, Vierge à l'Enfant, alpha, omega, delta (triangle divin symbolisant la Trinité), gloire (croix rayonnantes), Tétramorphe, saints personnages, clefs, symboles de la passion du Christ, anges, angelots, objets de culte (autel, calice), autres objets (urne voilée, étoile à 5 ou 8 branches), motifs animaux (chien, ), mains serrées, couronne mortuaire, motifs végétaux représentant des pieds, des branches, des feuilles, des fleurs ou des fruits (lierre, vigne, grappes de raisin, pomme de pin, épi de blé, rose, marguerite, pensée, anémone, immortelle, lys, pavot, roseau, fleurs non identifiées, guirlandes), motifs géométriques (grecque, volute, anneau, boule), cœur brisé.

De très rares exemplaires ont été recouvertes d'une couche argentée ou dorée.

Les illustrations sont présentées en commençant par les croix avec une marque de fondeur, puis par type (ajourées, plates, creuses) et thème de décor.

Croix plates, généralement ajourées

Les croix ajourées sont de loin les plus nombreuses : environ 75 plus une dizaine de bases dont la croix a disparu. Elles cumulent le plus de symboles.

Les croix de la fonderie Alfred Corneau à Charleville-Mézières

Les croix de la fonderie Alfred Corneau à Charleville-Mézières sont toutes des croix ajourées :

- Corneau Alfred [n°] 133 : croix ajourée argentée avec des mains qui se serrent dans un anneau au niveau du croisillon. D'après le catalogue (pl. 25), elle mesure 73 cm de haut, 41 cm de large et pèse 5,5 kg.

- Corneau Alfred [n°] 134 : croix ajourée à bras tréflés, avec initiales AM sur le pied et cœur enflammé transpercé d'une épée au croisillon ;

- probablement modèle 137 de Corneau (la marque au dos est trop rouillée) : croix ajourée décorée de motifs végétaux sur le pied et les bras, quadrilobes aux extrémités des bras, urne voilée au centre d'une couronne végétale au croisillon, angelot au milieu du pied. D'après le catalogue (pl. 26), elle mesure 1 m de haut, 53 cm de large et pèse 7 kg ;

- deux croix sans marques visibles, du modèle n° 139 : Annonciation sur le croisillon ; personnage debout se tenant le menton de la main droite au milieu du pied. D'après le catalogue (pl. 26), elle mesure 95 cm de haut, 58 cm de large et pèse 7 kg ;

- Corneau illisible : Annonciation et décor du croisillon identique au modèle n° 139, mais avec un Delta en gloire à la place du personnage debout ;

- deux variantes identiques de ce modèle, avec le même travail des bras et du pied de la croix, mais avec Vierge à l'Enfant assise devant une mère et son enfant sur le croisillon et une femme agenouillée tenant une rose dans la main droite et une couronne mortuaire dans la main gauche à la base du pied ;

- une autre variante avec la même jeune fille que la précédente à la base du pied mais une Annonciation surmontée d'une croix sur le croisillon ;

- Corneau Alfred à Charleville [n°] 140 (croix ajourée) ;

- Corneau Alfred [n°] 174 : grande croix ajourée, décorée de motifs géométriques, cœur ceint d'une guirlande de fleurs sur gloire sur le croisillon, fleurs à la base du pied et urne funéraire voilée au milieu du pied. D'après le catalogue, elle mesure 1,205 m de haut, 69,5 cm de large et pèse 14,2 kg.

Les croix des autres fonderies identifiées

Les deux croix ajourées de la fonderie de Dammarie, identiques à l'exception de la marque, sont ornées d'une étoile à 8 branches sur le croisillon et un décor de fleurs sur les bras. Une Vierge aux mains jointes est rapportée devant le croisillon et deux anges encadrent le pied de la croix. Une croix similaire mais sans les éléments figurés (anges, Vierge) rapportés, scellée sur la stèle d'une tombe en pleine terre qui ne porte pas d'épitaphe, avec la marque D au dos, est probablement de la même fonderie.

La croix ajourée de la fonderie de Tusey porte un décor géométrique avec un quadrilobe orné d'une fleur au croisillon et deux clochers à la base du pied.

La croix ajourée portant la marque Rosières est de style années 1930, posée sur un socle sur une tombe en pleine terre avec un important effondrement, sans épitaphe lisible. Un Christ en croix occupe le croisillon tandis que deux anges sont agenouillés à la base du pied.

Une autre croix plate porte la mention IHS en gloire sur la gloire et un ange appuyé sur un autel à la base de son pied.

Croix creuses

Six croix creuses de type " écorce d'arbre " nt été repérées, dont trois dans le même enclos envahi par la végétation, avec un pied de lierre qui s'enroule autour du pied et des bras de la croix. Trois de ces croix portent en outre un Christ sur le croisillon. Trois de ces croix, dont deux dans l'enclos, sont argentées.

Les autres croix creuses sont composées de cylindres et étaient entourées de perles enfilées sur des fils en fer, parfois disparues ou partiellement disparues. Il s'agit plutôt de croix déposées sur les tombeaux mais quelques-unes, de plus grandes dimensions, se trouvaient à la tête du tombeau. Un décor de S et de volutes est ajouté autour des bras, du croisillon et du pied.

Croix forgée

Une seule croix très simple, en fer forgé torsadé, a été repérée.

Autres décors en ferronnerie : porte-couronne, jardinières, vases...

De nombreux autres éléments en ferronnerie ont été repérés : des porte-couronnes mortuaires, une fermeture de niche creusée dans une stèle, des vases, des jardinières, des supports de croix.

D'autres illustrations sont disponibles dans la base de données images, à rapprocher de ce dossier.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Saint-Savin , rue du Mont

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: le Bourg

Cadastre: 1825 E2 597, 2019 AB 166, 167, 208, 212, 213

Localiser ce document