Bourg de Nalliers

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Avant la Révolution

Le bourg de Nalliers se développe à partir du Moyen Âge autour de l'église, sur la rive droite de la Gartempe. Il ne reste pas de traces de ces constructions, en matériaux périssables (bois et terre). Parmi les édifices conservés, les plus anciens peuvent être datés du 15e siècle et le plus grand nombre du 16e et du 17e siècle, comme en témoignent les accolades qui ornent les linteaux des portes et des fenêtres et les nombreuses ouvertures chanfreinées (à bord abattu).

Le linteau en arc segmentaire d'une fenêtre de l'élévation sud du logement de l'ancien relai de poste, 6 rue des Écoles, porte une inscription et une date difficilement lisibles, peut-être 1762.

Le corps principal du presbytère est implanté en retrait de la place, au sud de l'église. La partie sud du bâtiment est la plus ancienne ; une fenêtre à encadrement chanfreiné (17e siècle?) et l'ancienne chaîne d'angle visible au milieu de la façade en témoignent. Il est agrandi en 1772.

Sur la rive gauche de la Gartempe, reliée par un bac, se développe un autre noyau de population, entre le manoir de la Caillerie (qui porte une date 1610) et le château. Les deux rives sont reliées par un bac, figuré sur la carte de Cassini et dans la liste des bacs du département de la Vienne du 17 thermidor an XII (5 août 1805).

Rue du Moulin existait au n° 5 une petite ferme de type bloc en longueur, dont la toiture laisse supposer une datation à la fin du 18e ou au début du 19e siècle.

Un moulin est figuré sur la carte de Cassini. L'enquête générale sur les moulins à blé menée dans toute la France en 1809 mentionne un moulin à Nalliers. Il possède quatre roues et produit une mouture à la grosse. Il peut produire 1600 kg de farine par jour ; les meules sont tirées de La Trimouille. Sur le plan cadastral de 1826, le bâtiment d'eau est figuré dans le cour de la rivière, avec quatre roues (deux de chaque côté du bâtiment d'eau).

19e siècle

En 1817, le cimetière est déplacé à l'extérieur du bourg, il était auparavant sur l'actuelle place publique près de l'église. Les sarcophages encore présents sur la place témoignent de cet ancien emplacement. D'autres sarcophages sont déposés au bord de la Gartempe rive droite, sur l'aire de repos. Le nouveau cimetière est implanté au nord-est du bourg.

En 1837, un nouveau bateau est construit pour assurer le passage du bac. Au milieu du 19e siècle, le service est assuré par trois bateaux : - un grand bac de 10m30 de longueur, 3m20 de largeur au milieu, 2m50 de largeur aux chevets, appartenant à l’État ; un bateau passe-cheval de 6m50 de longueur, 1m80 de largeur au milieu, 1m25 de largeur aux levées, appartenant à la commune ; un batelet de 6m de long sur 1m41 de large, appartenant au sous-fermier Antoine Bruneau. Les cales d'abordages sont empierrées en 1865. Les deux anciens embarcadères sont aujourd'hui aménagés en aire de loisir.

Au milieu du 19e siècle, la mairie est indiquée sur un plan des accès au bac comme étant installé dans le manoir de la Caillerie. C'était probablement son emplacement jusqu'à la construction de la nouvelle mairie-école en 1884 sur la rive opposée de la Gartempe, où se trouve également l'église. Cela explique la demande du marie en 1857, d'introduire la franchise de passage pour les conseillers municipaux allant au conseil, pour les électeurs allant aux élections, ainsi que pour les répartiteurs appelés à fournir des renseignements. Il insiste également sur l'inconvénient des délais d'attente pour la traversée.

Au milieu du 19e siècle, le moulin a été détruit et est reconstruit : d'après le registre des augmentations-diminutions (Archives départementales de la Vienne, 4 P 2739), M. Berthon construit un moulin à grains sur la parcelle D 407 " non bâtie " en 1854, avec imposition à partir de 1857, ce qui implique des travaux importants de transformation dans ce moulin au milieu du 19e siècle. Sur un plan de 1856, il est représenté avec quatre roues motrices. Sa propriété passe quelques années plus tard à Auguste Fruchon. Situé très près du bac, des conflits d'usage interviennent entre le fermier du bac et le meunier.

Depuis la loi d'avril 1867 de Victor Duruy, les communes de plus de 500 habitants devaient créer une école de filles. À Nalliers, faute de moyens, la classée donnée dans le bâtiment loué par la commune est mixte ; la commune est rappelée à l'ordre en 1874 par le directeur de l'enseignement primaire. Un projet de nouvelle école-mairie avait été approuvé en 1870, mais la nouvelle école n'est construite qu'à partir de 1883. Après un débat houleux entre le curé et le maire, une partie du jardin du presbytère devient propriété de la commune à cet effet. Une demande de subvention du maire au préfet pour obtenir du mobilier scolaire permet de savoir la date approximative de fin des travaux de la mairie-école en 1884. Cette école, aujourd'hui bureau de poste, mairie et salle des fêtes, est active de 1885 à 1955.

Un plan d'alignement est arrêté en 1867 pour la rue longeant la Gartempe sur la rive gauche.

En août 1876, le conseil général délibère en faveur de la construction d'un pont sur la Gartempe entre la Bussière et Nalliers. Le service du bac de Nalliers est supprimé en 1882 suite à la mise en service du pont.

Le chemin de grande communication de Sauzé à Tournon fait l'objet d'un plan d'alignement en 1887.

En 1885, la commune compte 567 habitants, dont 90 enfants d'âge scolaire.

En 1895, d'après l'Annuaire de l'arrondissement de Montmorillon, la commune de Saint-Savin compte :

- 1 instituteur, 1 institutrice, 1 secrétaire de mairie, 1 garde-champêtre, 1 curé,

- 3 aubergistes, 1 marchand de tabacs, 1 marchand de vin

- 4 épiciers-merciers,

- 1 charron, 2 forgerons, 1 maréchal-ferrant, 2 taillandiers

- 1 carrier, 3 charpentiers

- 1 rouennier (marchand de toile de coton peinte, que l'on fabriquait surtout à Rouen)

- 2 distillateurs, 1 minotier

- 8 jardiniers (maraîchers)

- 1 marchand de graines

- 2 sabotiers.

Plusieurs maisons et fermes sont édifiées ou remaniées à la fin du 19e siècle. Dans le bourg, suite à la crue de 1896, dont la hauteur est indiquée sur une pierre du chaînage d'angle d'une maison dans la rue du Moulin (n° 7), une nouvelle maison est construite dans la même rue : la date 1896 est portée au-dessus du linteau d'une grange au n° 1.

Ce moulin à blé est reconstruit et transformé en minoterie en 1895 pour Louis-Alély Noiron. L'entreprise est rachetée en 1896 par les frères Gigaud.

Nalliers au 20e siècle

Le puits de la place est creusé en 1902. D'abord doté d'une pompe à godets, il est ensuite équipé d'une pompe de marque Briau, modèle qui se retrouve à plusieurs reprises dans la commune.

La maison dite " La Filouterie ",  4 rue du Moulin, porte la date 1907 sur l'arc d'une fenêtre à l'étage. La maison du n° 4 rue de Paizay-le-Sec porte la date 1910. La clef d'un arc d'une porte charretière d'une grange située 3 rue du 31 juillet 1944 porte la date 1920.

À partir de 1911, un maçon du nom de Georges Robin construit plusieurs maisons à Nalliers. La mairie possède encore aujourd'hui une grande scie qui lui appartenait et servait à couper des quartiers de pierre. Dans les années 1920-1930, plusieurs maisons présentent des caractéristiques très semblables et pourraient coïncider avec l'activité de ce maçon Georges Robin :

- maison 4 route de Saint-Savin à lucarne datée 1920 ;

- maison 17 route de Saint-Savin à lucarne datée 1920 ;

- maison 15 route de Saint-Savin à lucarne datée 1923 ;

- maison 4 rue des Écoles à lucarne datée 1928.

Ces maisons sont toutes implantées dans le bourg, elles sont couvertes d'un toit en ardoises, présentent une élévation à trois travées et une lucarne centrale. Toutes les ouvertures sont couvertes en arc segmentaire. La lucarne de la travée principale porte la date de construction sur le linteau et ses piédroits sont ornés de volutes.

La mise en place du monument aux morts est décidée par une délibération du conseil municipal le 6 juin 1920 et approuvée par décret présidentiel le 25 janvier 1921. En 1922, le monument aux morts est érigé par l'entrepreneur G. Robin et la réalisation des grilles qui l'entourent est confiée au forgeron Aristide Mazereau, résidant à Nalliers.

Grâce au limon déposé par les crues de la Gartempe, la commune est propice au maraîchage. La plupart de ces maraîchers sont installés dans le bourg, sur les deux rives de la rivière. Ce n’est donc pas un hasard de voir s’y implanter une entreprise d'horticulture, les Pépinières Teillet père et fils, qui investissent ces terrasses alluviales de 1860 à 1960, comme en témoignent les traces de l’enseigne publicitaire « Teillet horti » peinte sur les murs de deux maisons.

En 1924, la commune compte au moins treize « jardiniers » (maraîchers), pour lesquels plusieurs maisons de même modèle sont construites sur la rive droite de la Gartempe. Les terrains à l'arrière des maisons, sur la zone inondable de la rivière, servent au maraîchage, activité qui participe au commerce avec les communes voisines.

Depuis le 1er juin 1931, le moulin est en chômage. M. Pineau souhaite " abandonner l'exploitation de l'ancien moulin, pourvu de deux roues hydrauliques, et y substituer une dans une construction adjacente deux turbines devant actionner deux alternateurs ", transformant en 1932 la minoterie en usine hydroélectrique avec la construction d'un bâtiment d'eau et l'installation.

Le linteau de la fenêtre du comble d'une ferme rue de Paizay-le-Sec porte la date " 1933 " encadrée de représentations de faucilles et marteaux.

En 1939, 1 119 habitants de Creutzwald en Moselle sont évacués à Saint-Savin et répartis sur les communes voisines, dont Nalliers. Aujourd'hui encore se trouve à Creutzwald une impasse Nalliers en hommage à cet événement, et une plaque commémorative offerte par la commune est exposée à la mairie de Nalliers.

Le 31 juillet 1944, trois jeunes résistants FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français), Robert Canuel, Jules Six et Auguste Portenart, venus à Nalliers pour se ravitailler, ont été tués par des soldats allemands ; une plaque commémorative leur rend hommage, apposée sur une maison de la rue du 31 juillet 1944, à proximité du pont.Le pont a été partiellement détruit par les FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français) le 2 septembre 1944 pour empêcher la traversée de la Gartempe par les troupes allemandes. Il est aujourd’hui à tablier métallique et repose sur deux piles maçonnées implantées dans le lit de la Gartempe.

En 1945, un autre maçon est actif à Nalliers et laisse une empreinte architecturale dans le bourg encore visible. Fernand Robin a construit plusieurs maisons avec des parpaings pleins, qu'il produisait lui-même grâce à une machine, aujourd'hui exposée au fond de la cour de la salle des fêtes de la commune. Le sable nécessaire à leur confection provenait d'une carrière située sur place, non loin de la mairie et d'un accès à la Gartempe.

En 1946, H. Pineau adjoint à son usine une usine de décolletage et une usine de nickelage et de chromage qui ferment en 1987, et dont ne subsistent actuellement que les bâtiments de l'usine de décolletage et le logement du gardien.

En janvier 1946, un couple d'instituteurs, André et Madeleine Rossignol, créent à Nalliers un matériel pédagogique nouveau : les Éditions Rossignol, publiées sous le label « La coopération pédagogique ». L'imprimerie est installée au sein même de l'école. Après un conflit avec les parents d'élèves, la famille Rossignol quitte Nalliers et installe son entreprise à Montmorillon en 1953.

L'école du bourg étant devenue trop petite et n'étant plus aux normes, une nouvelle école primaire, l'école « André Cavard », est construite sur un terrain acquis à l'entrée sud du bourg, rive droite de la Gartempe, en 1951. En 1950, un premier avant-projet est fourni par l'architecte de Roger Boisard, qui avait dressé les plans par l'agrandissement de la mairie-école en 1930. Finalement, l'établissement est réalisé par la société d'exploitation de l'entreprise Netter, sur les plans des architectes Alfred Douvin et Jean-Louis Léonard en 1956.

Les anciennes classes de l'école ont été transformées en partie en logements (à gauche de l'actuelle agence postale) et en partie, en salle des fêtes depuis 1959.

En 1962, suite à la construction de la nouvelle école, un stade est aménagé, attenant à l'établissement scolaire, au sud du bourg, sur la rive droite de la Gartempe.

Périodes

Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Auteurs Auteur : maître d'oeuvre inconnu,

Une sablière, figurée sur le plan cadastral de 1826 à l'entrée sud du bourg, sur la rive gauche de la Gartempe, fournit toujours des matériaux au milieu du 20e siècle notamment à Fernand Robin, maçon qui y utilisait une machine à agglomérer les parpaings.

Le bourg de Nalliers se développe sur les deux rives de la Gartempe : l'église, la mairie, l'école et le monument aux morts sont situés sur la rive droite tandis que le château et le moulin se trouvent rive gauche. Avant la construction du pont, les deux rives étaient reliées au 19e siècle par un bac. Sur la rive gauche comme sur la rive droite de la Gartempe, l'habitat s'organise autour d'une rue parallèle à la Gartempe avec un seul axe perpendiculaire.

Les maisons construites le long de la rue du 31 juillet 1944, côté impair, sont pour beaucoup perpendiculaires à la rue, façade du logement tournée vers le sud, avec des terrains inondables entre le logement et la Gartempe. Elles correspondent à des maisons avec granges ou simples petites dépendances agricoles, habitées par des " jardiniers " (horticulteurs / maraîchers) dans les années 1920.

Une entreprise d'horticulture, les Pépinières Teillet père et fils, qui investissent ces terrasses alluviales de la Gartempe de 1860 à 1960, faisait sa publicité « Teillet horti » peinte sur au moins deux murs, l'un à l'angle de Guy-Lejeune, qui mène au pont, et de la route de Savin, l'autre sur le pignon postérieur du n° 7 rue du Moulin, visible depuis la rue Lejeune et le chemin piéton qui relie celle-ci à la rue du Moulin.

Maisons n'ayant pas fait l'objet d'un dossier individuel, illustrées à la fin de ce dossier :

- 10 rue du 31 juillet 1944 : maison construite au début du 20e siècle sur une vaste parcelle non bâtie en 1826 (C2 898) ; logement perpendiculaire à la rue, avec un deuxième corps de bâtiment en retour d'équerre, construit en retrait ; toit à longs pans et demi-croupes sur les pignons, en tuiles plates ;

- 19 rue du 31 juillet 1944 : maison construite au début du 20e siècle sur une vaste parcelle non bâtie en 1826 (C2 868, la Pièce du Château) ; logement perpendiculaire à la rue ;

- 5 route de Saint-Savin : cette ancienne ferme bloc en longueur, construite très en retrait de la route sur une parcelle non bâtie en 1826 (D1 309), rassemblait sous un même toit un logement et une grange à façade sur le mur gouttereau ; a été remaniée mais conserve un portail à piles maçonnées ;

- 6 route de Saint-Savin : cette ancienne ferme est figurée sur le plan cadastral de 1826 (parcelle D1 388) comprend un logement en fond de cour, parallèle à la rue, et une dépendance implantée perpendiculairement au logement et orientée sud-ouest - nord-ouest. Le logement est masqué par les arbres qui envahissent la cour. La dépendance, couverte d'un toit en appentis, a probablement été reconstruite lors de la construction du logement voisin au début des années 1920, mais conserve sur son mur pignon un jour à encadrement chanfreiné et abrite désormais également un logement.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Nalliers

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2018 AB

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