Cimetière de Marennes

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Marennes disposait sous l'Ancien Régime de deux cimetières, l’un catholique autour de l’église et l’autre protestant vers le village de L’Aumone. Le déplacement des cimetières est examiné dès 1832. En 1838, l'amoncellement des corps et l'exhaussement du cimetière posent problème. Des terrains sont recherchés pour un transfert. Finalement, un arrêté du préfet du 10 décembre 1844 et une ordonnance royale du 30 juillet 1845 autorisent la commune de Marennes à acquérir de 28 propriétaires des parcelles au lieu-dit Fief de Tirepeux. Un cimetière est également établi au lieu-dit Pillache pour les habitants de Bourcefranc.

Les travaux de clôture du cimetière sont réalisés sous la conduite d'Adolphe Viaud par l'entrepreneur Fort. Le cimetière mesure 205 mètres de long sur 68 de large. Il est organisé en deux parties, à l'ouest pour les protestants et à l'est pour les catholiques. Les travaux sont achevés en 1847.

En 1860, le cimetière de Marennes est en mauvais état (herbes et ronces, les tilleuls dépérissent). La maison du gardien se dégrade.

Le 6 avril 1876, le conseil municipal demande qu'un terrain spécial, concédé à perpétuité, soit réservé dans chaque cimetière, afin d’y recevoir les corps des curés ou pasteurs de la commune, morts « en activité de service ». C’est ainsi qu’un monument est élevé à la mémoire de Jean Frédéric Brassaud, archiprêtre, décédé à Marennes le 2 avril 1876. Est également mentionné dans les archives le tombeau du sieur Gabiou, avocat, décédé en mars 1878, dont le legs permet l'entretien.

En 1877, il est nécessaire d'agrandir le cimetière. Des travaux sont réalisés en 1882-1883.

A noter également les sépultures réalisées par Sylas Alcide Ybard, né à Chadenac en 1870. Fils d’un tailleur de pierres originaire de Saint-Malo, il s’installe à Marennes et se marie avec une femme originaire de Saint-Just-Luzac. On retrouve sa signature sur 10 sépultures. Il est lui-même enterré dans le cimetière (tombeau avec plaque commémorative : A mon époux / Ybard Alcide / né le 25 janvier 1870 / décédé le 29 avril 1942). D'autres signatures d'entrepreneurs ont été relevées : G. Gombaud et J. Gabaret.

D'après Michelle Lallement, les Filles de la Charité, disciples de Saint-Vincent-de-Paul, qui ont occupé un couvent à Marennes, sont inhumées dans un carré spécial (aujourd’hui une seule pierre tombale où sont regroupés les restes des sœurs).

En 1888, il est proposé d'établir en pendant de la tombe du curé Brassaud un monument à la mémoire des enfants de Marennes tombés au champ d'honneur. Sont enterrés à côté du monument au curé Brassaud, Jean Alphonse André Faillofais, curé archiprêtre de Marennes décédé en 1898, et le chanoine Larchais, archiprêtre décédé en 1949.

Plusieurs maires officiers municipaux sont aussi enterrés dans le cimetière :

-Charles Etienne Dufaur (1777-1841).

-Philippe Généraud, maire de 1874 à 1880.

-Eugène-Charles Bourdeau / médecin vétérinaire / ancien maire de Marennes, 11 septembre 1841-24 juin 1920

-Louis Pommier / commandant en retraite / chevalier / de la légion d’honneur / maire de Marennes / de 1888 à 1922

-Pierre Voyer / ancien député-maire de Marennes / conseiller général / chevalier de la Légion d’honneur / officier du mérite agricole / 1852-1940

-William Bertrand / ancien ministre / de la IIIe République / sénateur / député de la / Charente Maritime / maire de Marennes / 1881-1961

La tombe de Jules Cheval évoque la tragédie du sous-marin Farfadet : Jules Cheval était quartier-maître mécanicien de 2e classe, né à La Tremblade le 21 mai 1884. Sa famille s’était installée à Marennes. Il fait partie des victimes du naufrage du sous-marin survenu le 6 juillet 1906 à la sortie du port de Bizerte en Tunisie.

Un carré militaire (carré H) réunit les tombes de soldats morts lors de la Première Guerre mondiale.

Un projet d'agrandissement du cimetière est présenté par l'architecte Seguin en 1932. Il propose également les plans d'un ossuaire et d'un dépositoire. L'agrandissement est prévu au sud-ouest du cimetière actuel, avec construction d'un nouveau mur de clôture. Des arbres (ormeaux et acacias) sont coupés pour permettre ces modifications. Les travaux sont adjugés en 1933 aux sieurs Barrière et Neau ; ils sont achevés en mars 1934.

Dans ce cimetière d'une commune littorale, plusieurs motifs d'ancre marine ont été recensés, principalement sur des tombes des 20e et 21e siècles. Ils sont principalement représentés sur des plaques funéraires ou en décor rapporté (en métal ou en céramique).

Périodes

Principale : 2e quart 19e siècle

Secondaire : 2e quart 20e siècle

Auteurs Auteur : Seguin Octave, architecte (attribution par source)
Auteur : Ybard [Sylas] Alcide

Sculpteur né à Chadenac en 1870 et décédé à Marennes en 1942. Il avait son atelier rue Clemenceau à Marennes. " Monuments funéraires en tous genres, autels et fonds baptismaux [...], monuments faits pour les communes aux morts pour la France " (papier à en-tête, 1923).

, sculpteur (signature)

Le cimetière se situe à l'ouest de la ville. De plan rectangulaire, il est entouré d'un mur de clôture. Deux portails y donnent accès au nord, de part et d'autre de la maison du gardien ; trois portails ont été aménagés côté sud, lors de l'agrandissement dans les années 1930. Le cimetière est organisé par carrés délimités par des allées. Le plan normalisé et actualisé du cimetière [voir le site internet : https://cimetiere.gescime.com/] identifie 8 carrés (de A à H) correspondant à l'ancien cimetière et 4 carrés (de I à L) pour l'extension au sud.

La maison du gardien est un bâtiment à étage. La façade s'organise selon 4 travées : les ouvertures du rez-de-chaussée sont surmontées d'arcs en plein cintre moulurés traités en continu et formant bandeau sur l'ensemble de la façade.

Le dépositoire est un large tombeau orné d'une stèle sculptée d'une urne, surmontée de l'inscription : DEPOSITOIRE.

Plusieurs chapelles funéraires ont été recensées (voir l'inventaire sommaire en annexe) : elles abritent pour la plupart un autel. Des monuments funéraires réunissent plusieurs sépultures souvent en rangées superposées, couvertes d'un toit à deux pans en pierre. Certaines sépultures sont encore entourées d'une cloture métallique. Des structures également métalliques pour accrocher les couronnes sont parfois conservées. Des prie-Dieu en pierre peuvent aussi être disposés devant les pierres tombales. Certaines tombes portent le portait photographique émaillé du défunt. Plusieurs tombes portent un décor évoquant la franc-maçonnerie (mains serrées, œil de la providence).

Les tombeaux de la famille Barbreau sont des sarcophages couverts en bâtière et reposant sur des socles galbés.

Des tables en pierre sculptées sont insérées dans les murs du cimetière, formant ainsi les stèles des sépultures situées sur le pourtour du cimetière.

Deux espaces pour accueillir un columbarium et un jardin du souvenir ont été aménagés dans les carrés C et G.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Marennes , avenue de Lattre de Tassigny

Milieu d'implantation: en ville

Lieu-dit/quartier: Fief du Tirpeux

Cadastre: 2025 AI 85

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