Cimetière
France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Saint-Savin
Historique
Plusieurs cimetières co-existaient à Saint-Savin, autour de l'abbaye (place de la Libération) et de l'ancienne église Notre-Dame (place de la République).
A la suite du pillage de juillet 1805, le sous-préfet Butaud, en visite dans la commune le 29 messidor an XIII [18 juillet 1805] pour constater les dégâts et chiffrer les réparations suite au pillage de l'église, de la sacristie et de la maison conventuelle par des habitants de la commune, signale dans son rapport au ministre de l'intérieur qu'il conviendrait de construire un nouveau cimetière pour les trois communes de Saint-Savin, Mont-Sain-Savin et Saint-Germain (Archives nationales, F/1bII/VIENNE/14). Le maire Pierre Frauchault-Corbinière et son adjoint Belléoux-Bonneuil, sont suspendus par le préfet le 9 thermidor an XIII [28 juillet 1805] et démis de leur fonction par le ministre de l'intérieur le 4 fructidor an XIII [22 août 1805].
Par arrêté du 2 fructidor an XIII [20 août 1805], le comte Delaage, nouveau maire de Saint-Savin, interdit les inhumations dans le cimetière sur la place qui ne présente " aucune des qualités prescrites par le décret impérial du 23 prairial an XII [12 juin 1804] sur les sépultures ". Le nouveau terrain, sablonneux, est jugé apte à recevoir des sépultures par Pierre Savin Dufour, docteur en médecine. La commune délibère le 17 janvier 1807 pour régulariser le transfert de propriété et indemniser le maire (absent de la séance). Comme la commune n'a pas les moyens de l'indemniser, elle propose un échange de terrain, le maire pouvant recevoir en échange une " espèce de petite place dite place de la Motte contigüe à [sa] maison ". En mars 1807, le conseil municipal demande au préfet la régularisation du transfert et la confirmation de l'interdiction d'inhumation place Notre-Dame. Ce terrain de 44 ares de superficie doit remplacer les cimetières de Saint-Savin, Mont-Saint-Savin et Saint-Germain, que la commune de Saint-Savin souhaite absorber, la suppression et la vente des églises et de leurs cimetières devant financer la restauration de l'abbaye.
Le ministre de l'intérieur demande le respect des conditions du décret, avec une enquête de commode et incommode et la construction par la commune d'un mur avant transfert de propriété. Il précise que la réunion des trois cimetières en un seul présenterait de nombreux inconvénients. Le 5 juillet 1809, le préfet de la Vienne ordonne l'enquête de commode et incommode et nomme M. Favinière, maire d'Antigny, commissaire enquêteur. L'enquête, réalisée les 29 et 30 juillet 1807, ne recueille que des avis favorables. L'échange de terrain entre la commune et M. Delaage est autorisé par décret impérial du 11 janvier 1808.
Le cimetière est figuré au même emplacement qu'aujourd'hui sur le cadastre de 1825. Il a été agrandi vers le nord.
Les murs sont régulièrement entretenus (voir annexe).
Les tombes en pleine terre, sans dalle funéraire, marquées ou non par une bordures surmontée ou non d'un enclos funéraire dominent parmi les tombeaux antérieurs à la Première Guerre mondiale.
Les épitaphes des tombeaux sur pied ou sur chevalet ne sont plus lisibles, des plaques plus récentes ont été apposées au pied de certains d'entre eux.
L'enclos funéraire de Sylvain Charré et de son épouse Magdelaine Boulitte, décédés en 1845 et 1861, est l'un des plus anciens conservés. Sa clôture en ferronnerie est un assemblage de motifs géométriques, sans barreau, avec un portillon surmonté d'une croix ; la stèle est couverte en plein cintre et surmontée d'une croix en pierre.
Le puits est construit en 1932.
Le cimetière est agrandi en 1951-1952 avec l'acquisition d'un nouveau terrain (165 200 francs) et sa clôture (216 348 francs).
Un nouveau cimetière a été aménagé à l'extérieur de la ville.
Description
Le cimetière ancien est implanté à l'extérieur des anciens remparts, rue du Mont.
Il est clôturé par un mur. Le portail, en pierre de taille, situé dans l'axe de la rue Hartley-Wintley, est surmonté d'une croix en pierre.
Une pompe des fonderies de Pont-à-Mousson, modèle déposé J. Bayard SGDC, se trouve à droite du portail en entrant.
La croix de cimetière est de dimensions modeste et se distingue peu au milieu des tombeaux.
Un nouveau cimetière a été implanté à l'extérieur de la ville, route de Nalliers, face au chemin menant au Mont-Saint-Savin.
Tombeaux à signaler
La tombe de Léon Édoux, inventeur de l'ascenseur hydraulique et habitant dans le logis abbatial, ainsi que l'enclos funéraire des anciens maires François Audiguier et Marc Auguste Maurice Demarçay, et celui de son adjoint Amédée Robin sont étudiés par ailleurs.
Quelques tombes portent des plaques commémorant des soldats morts des différents conflits.
Le fronton de la stèle du tombeau de Louis-Joseph Aubin, prêtre (1817-1896), est orné d'une croix ancrée, de l'alpha et de l'oméga encadrant un chrisme (lettres khi et rho). Il est surmonté d'une croix en pierre fissurée.
Chapelles funéraires
Cinq chapelles funéraires dominent le cimetière : voir la chapelle funéraire de la famille Coutant Berthon, la chapelle funéraire de la famille Pacaud, la chapelle funéraire de la famille Guillemin, la chapelle funéraire de la famille Desaux et une chapelle funéraire anonyme.
Les tombeaux en pleine terre, dont l'emprise au sol est marquée par une bordure en pierre ou en ciment plus ou moins large, parfois surmontée d'une grille en ferronnerie, sont nombreux.
Tombeaux de forme particulière
Tombeaux architecturés
Un tombeau en pleine terre, délimité par une simple bordure, présente une stèle à décor architecturé posée sur un socle qui porte une épitaphe. L'épitaphe principale est portée sur la stèle encadrée de deux colonnes à chapiteau à décor végétal qui supportent un arc brisé renfermant un trilobe. Le fronton triangulaire, souligné d'une bande ornée de fleurs et surmonté de crochets et de pinacles latéraux, supporte une croix. L'écoinçon entre l'arc brisé et le haut du fronton porte un décor végétal.
Un autre tombeau architecturé (famille Lamy), en pleine terre, délimité par une simple bordure, présente un socle avec une dalle funéraire en marbre noir (désolidarisée du socle), une stèle avec un médaillon ovale renfermant une plaque funéraire en marbre noir, souligné par des lys et surmonté d'une tête d'ange ailé en haut-relief. La stèle est surmontée d'un fronton échancré avec des volutes supérieures, dont les ailerons supportent une guirlande et qui encadrent une croix hendée posée sur un haut socle.
Les éléments du tombeau architecturé de Marie Céline Dorvau (née le 29 janvier 1864, décédée le 10 mai 1850), comprenant un socle, une grande niche qui contenait probablement une statue et des colonnes sont démontés et regroupés.
Quelques tombeaux présentent des frontons surmontés d'acrotères.
Tombeaux avec niche
Un tombeau avec niche des familles Martin, Meunier et Bozier (premier inhumé Raoul Martin en 1907) a une construction similaire au tombeau de la famille Lamy, avec l'épitaphe inscrite sur une dalle de marbre noir en médaillon, une niche qui a perdu sa porte et son contenu et un fronton échancré ; il est possible que la partie centrale ait supporté une croix.
Un tombeau de la famille Robin (premiers inhumés André en 1912 et Baptiste en 1915) avec dalle funéraire simple, présente une composition originale avec :
- un socle ;
- une stèle proprement dite renfermant une dalle en marbre blanc dans un médaillon portant l'épitaphe ;
- le sommet plus étroit de la stèle renferme une niche en plein cintre, fermée par une vitre maintenue dans un élément en ferronnerie, renfermant un Christ en croix (exposition)
- de part et d'autre de la niche, deux consoles soulignées par des volutes supportent un socle sur lequel reposent des vases en ferronnerie (celui de droite est détruit) ;
- une croix en pierre surmontait l'ensemble (détruite, reposant sur la dalle).
Pyramide
Une seule pyramide, posée sur un haut socle et surmontée d'une croix, a été repérée dans l'enclos funéraire de la famille Cuisinier-Delisle.
Obélisque
Un seul obélisque, avec un très petit pyramidion, est posé sur un piédestal à la tête d'une tombe en pleine terre délimitée par une bordure (famille Charpentier, 1883). Un Christ en croix est posé sur une petite console au centre de la face antérieure de l'obélisque.
Un autre monument funéraire, accosté à la stèle de la famille Meunier-Robin, peut être assimilé à un obélisque, de section carrée, de petites dimensions, la partie qui pouvait correspondre à un pyramidion est endommagée.
Colonnes brisées
Seules cinq colonnes brisées, symboles d'une vie brisée trop tôt, ont été repérées.
Une colonne brisée en marbre blanc, avec une épitaphe à Marguerite Jeanne Testard épouse Angély, décédée en 1887 à l'âge de 24 ans, inscrite sur le fût, se trouve sur un caveau double en pleine terre délimité par une bordure. La deuxième tombe est marquée par une croix ajourée en ferronnerie posée sur un socle.
Une colonne brisée est ornée d'une branche de lys fleurie. Une seconde tombe incluse dans un petit enclos funéraire renferme une colonne similaire, avec un décor de branche de lys, mais avec en plus une couronne funéraire sculptée, soulignée par une palme et une branche, sur le dé sous la base de la colonne (plaque Marie Anne Antigny, épouse Suire, décédée en 1900).
Piliers
L'enclos funéraire de la famille Lorillot Gauvinière, probablement daté de 1874, renferme deux sépultures en pleine terre marquées chacune par un pilier de section rectangulaire.
Tombeaux à dalles surélevées
Plusieurs tombeaux présentent des dalles funéraires surélevées :
- soit sur chevalet (une douzaine au total), comme les 3 tombeaux de l'enclos funéraire de la famille Belléoux Gauminière et de l'enclos funéraires non identifié ; l'un des tombeaux porte une tête d'ange sculptée en haut relief sur l'un des chevalets.
- soit sur quatre pieds, comme 3 tombeaux situés dans un enclos funéraire. Quatre autre tombeaux de ce type, regroupés, portent une croix latine en pierre similaire, posée sur un socle au décor sobre à la tête du tombeau. Un autre tombeau isolé porte le même type de croix ; ses pieds, galbés, sont différents. Un autre présente une dalle épaisse, bombée, qui repose sur des pieds de section circulaire.
La tête de ces tombeaux ne porte généralement pas de stèle, parfois une croix en métal ou en pierre.
Tombeaux les plus fréquents
De nombreuses tombes conservent des enclos, des porte-couronnes et/ou des croix en ferronnerie. L'association de ces éléments est indépendant de la forme du tombeau.
Les tombeaux les plus nombreux, notamment les tombeaux les plus récents en granite, comprennent une dalle funéraire posée directement sur le tombeau.
La tête du tombeau n'est pas toujours marquée par une stèle.
Les stèles peuvent porter l'épitaphe gravée à même la stèle, plus rarement sur une assiette en porcelaine, une dalle funéraire inscrite dans un cartouche rectangulaire ou un ovale.
Les stèles peuvent être surmontées :
- d'un fronton triangulaire, parfois orné de crochet
- d'une croix en ferronnerie ou en pierre.
Les décors les plus fréquents, qui peuvent être associés, sur la stèle ou sur les croix en fer ou en pierre sont les suivants : symboles et représentation de Marie (AM) et du Christ (IHS, INRI, cœur enflammé et/ou transpercé d'une épée, chrisme), Alpha et Oméga, Delta, Sacré-Cœur, gloire (croix rayonnantes), Tétramorphe, saints personnages, clefs, symboles de la passion du Christ, ange, angelot, objets de culte (autel, calice), autres objets (urne voilée, flambeau, étoile à cinq ou 8 branches, lance), motifs animaux (chien, ), mains serrées, couronnes mortuaires, motifs végétaux représentant des pieds, des branches, des feuilles, des fleurs ou des fruits (lierre, vigne, grappes de raisin, pomme de pin, palme, épi de blé, rose, marguerite, pensée, anémone, immortelle, lys, pavot, roseau, fleurs non identifiées, guirlandes), motifs géométriques (grecque, volute, anneau, boule), cœur (brisé).
L'épitaphe peut être portée sur la stèle, sur la dalle funéraire rectangulaire ou en médaillon, ou sur le pied de la dalle funéraire, gravée ou sur une plaque (rectangulaire ou circulaire) en porcelaine.
De rares plaques en porcelaine peinte ont été retrouvées, portant parfois juste l'épitaphe, plus rarement avec un décor sérigraphié, comme un tombeau dans un paysage pour la plaque à Marie Anne Antigny, épouse Suire, décédée en 1900.
D'autres illustrations sont disponibles dans la base de données images, en lien avec ce dossier.
Plaques funéraires
Le plus fréquemment, l'épitaphe est gravée sur le dessus de la dalle funéraire (tombeaux les plus anciens), sur la stèle ou sur une plaque funéraire scellée sur la stèle, en marbre blanc pour les tombes les plus décorées de la deuxième moitié du 19e siècle ou en marbre noir notamment dans les chapelles funéraires.
De nombreuses tombes en pleine terre ne son plus identifiées.
Quelques plaques métalliques portent les noms, prénoms et date de décès des défunts et parfois n° de concession ou la mention " concession perpétuelles. Quelques-unes sont fixées sur les croix en ferronnerie, parfois tombées sur la tombe du fait de la dégradation de la fixation en ferronnerie. Plusieurs types ont été retrouvés : moins fréquentes que dans les cimetières du Châtelleraudais, des plaques en forme de cœur ou de deux rectangles réunis au milieu, en zinc, avec l'inscription estampée. Quelques plaques sont en tôle émaillée ou moulées avec l'inscription en alliage zinc-aluminium. Les modèles en porcelaine, rectangulaires ou circulaires, produites dans la région de Limoges, portent une inscription peinte et un décor de série ou une chromophotographie du défunt.
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre architecture |
|---|---|
| Référence du dossier |
IA86010927 |
| Dossier réalisé par |
Dujardin Véronique
Chercheur, service Patrimoine et Inventaire |
| Cadre d'étude |
|
| Aire d'étude |
Vallée de la Gartempe, de Lathus à La Roche-Posay |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2019 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Cimetière, Dossier réalisé par Dujardin Véronique, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/780bddc3-433d-4bdd-9418-d85340be4368 |
| Titre courant |
Cimetière |
|---|---|
| Dénomination |
cimetière |
| Parties constituantes non étudiées |
tombeau mur de clôture portail puits chapelle funéraire |
| Statut |
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|---|
Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Saint-Savin , rue du Mont
Milieu d'implantation: en écart
Lieu-dit/quartier: le Bourg
Cadastre: 1825 E2 597, 2019 AB 166, 167, 208, 212, 213