Centre d'apprentissage de garçons, collège d'enseignement technique, actuellement Lycée professionnel Raoul-Mortier

France > Nouvelle-Aquitaine > Vienne > Montmorillon

Le lycée professionnel Raoul-Mortier a succédé à un centre d'apprentissage de garçons, installé en 1946 dans la partie sud du site actuel, et devenu collège d'enseignement technique (CET) en 1965. Les bâtiments de la fin des années 1960, édifiés en utilisant un procédé industrialisé de construction métallique validé par le ministère de l'Education nationale, ont été presque entièrement reconstruits entre 1995 et 2010.

En 1942, deux centres d'apprentissage sont créés à Montmorillon, l'un de garçons qui s'installe en 1946 dans des baraques d'un ancien camp militaire (27e régiment d'infanterie) de 1939 désaffecté, l'autre de filles logé au n° 10 rue des Récollets dans un bâtiment loué à la Ville. Le camp militaire, dénommé Quantin, est affecté en septembre 1954 à l'éducation nationale pour l'enseignement technique par le ministère de la défense. Les deux centres fusionnent en 1965 en un collège d'enseignement technique mixte ; depuis quelques années déjà, les filles, dont le nombre s'est accru, sont accueillies pour certains cours dans des baraquements du centre des garçons en raison du manque de place dans leurs propres locaux.

Le programme pédagogique et technique de construction proposé en 1966 et mis en oeuvre est celui d'un CET 432 mixte (288 garçons et 144 filles) du programme industrialisé 1967, un avant-projet de 1961 pour un établissement d'une capacité de 700 élèves n'ayant pas été approuvé. Ce programme prévoit les bâtiments d'ateliers, d'administration, de cours, d'internat et les logements de fonction. La commune de Montmorillon achète des terrains situés au nord de l'ancien camp militaire, qui sont desservis par une nouvelle voie, et les met à la disposition de l'Etat, auquel elle confie la construction. Celle-ci est assurée par l'architecte d'adaptation parisien Pierre-André Chauveau avec la Société Fillod, détentrice d'un procédé de construction métallique. A la même époque, cette firme construit trois CET de 432 élèves à Cambrai avec ce même architecte d'adaptation. Le procédé comporte une ossature en tôle d’acier nervurée, avec panneaux emboutis en tôle d'acier, de trame de 30 cm, constituant un mur-rideau (les ateliers présentent encore deux façades mises en oeuvre avec ce procédé). A l’intérieur des bâtiments, des panneaux rigides et isolants doublent la paroi extérieure. Huit mois sont accordés à la société pour la construction de la première tranche de travaux. Celle-ci (externat, internat de filles de 96 lits, demi-pension, administration, logements) est terminée pour la rentrée scolaire de 1968 et, la seconde (internat de garçons de 192 places, foyer) en 1972. Une sculpture et une mosaïque sont réalisées dans la cadre du 1 % artistique.

L'établissement propose une section économique et administrative, ainsi que des sections industrielles habillement, mécanique générale, électricité et forge-serrurerie. En 1975, la municipalité sollicite la jouissance auprès de l'Education nationale de la partie ouest de l'ancien camp militaire pour y implanter un gymnase, mis en service en 1979, et aménager des terrains de sport. A cette époque, l'établissement compte 530 élèves, alors qu'il est prévu pour 432, et utilise encore des bâtiments démontables de l'ancien camp, notamment pour les cours pratiques. Les ateliers de 1968 sont donc restructurés et agrandis du côté nord en 1976 sur les plans de l'architecte civraisien Olivier Gallot. En 1979, le CET devient un lycée d'enseignement professionnel (LEP) et prend le nom de Raoul Mortier (1881-1951), professeur, scientifique, historien et docteur ès-lettres, né à Vouillé dans la Vienne, qui a énormément contribué au développement de l'enseignement technique et professionnel en France.

Après avoir reçu la responsabilité du patrimoine des lycées, la Région Poitou-Charentes décide de reconstruire un certain nombre d'établissements scolaires réalisés en "ossature métallique", dont le lycée Raoul-Mortier. Ainsi, par phases et contrats successifs, entre 1995 et 2010, l'équipe parisienne Chomette-Lupi et Associés-Architectes, choisie par voie de concours, reconstruit-elle quasiment entièrement l'établissement, avec le cabinet poitevin Volatron-Daugan comme architecte de chantier : l'internat des filles en 1996, l'externat en 2002, la maison des étudiants en 2005, l'internat des garçons en 2009, l'administration et quatre logements de fonction en 2010... De la première construction subsistent donc seulement les bâtiments en rez-de-chaussée, ceux des ateliers, agrandis une seconde fois vers 1997, et de demi-pension réhabilités en 2014.

L'établissement est décoré par les oeuvres des élèves, réalisées lors d'ateliers en art plastique, comme les graffs du coin repos de la salle de permanence, ou avec l'interventions d'artistes, comme la peintre Isaure avec les élèves de la section commerciale pour la peinture en trompe-l'oeil de leur couloir en janvier 2024. En 2019, c'était un arbre en métal et céramique qui était installée pour indiquer les différentes directions avec l'aide des métallurgistes de Zo Prod et la céramiste Héléna Hita-Bravo.

Depuis 1983, le lycée possède une annexe située rue des Ateliers, au lieu-dit les Barres, à environ 4 kilomètres du côté est de Montmorillon. Les premiers bâtiments, qui ont été édifiés pour la section de monteurs de réseaux électriques, ont été complétés par une tour et servent pour la formation de maintenance des systèmes, option éolien.

En 2025, le lycée compte 286 élèves, dont une centaine d'internes, de la 3e à la terminale et pour des formations de CAP et de BTS, en électricité et domotique, maintenance et assistance, soin et service à la personne.

Périodes

Principale : 3e quart 20e siècle

Principale : 4e quart 20e siècle

Dates

1968, daté par source

1995, daté par source

2009, daté par source

Auteurs Auteur : Chauveau Pierre-André

Architecte d'adaptation du CET de Montmorillon en 1968 et 1971.

, architecte (attribution par source)
Auteur : Gallot Olivier

Architecte à Civray, associé à Pierre Gallot. Ont travaillé principalement dans la Vienne, la Charente et les Deux-Sèvres et ont réalisé notamment de nombreuses écoles (Availles-Limouzine, 1955 et 1960, Croutelle, 1957) et collèges (Saint-Savin, en association avec Boudoin, 1971), la maison de retraite des prêtres (aujourd'hui l'Oasis) à Montmorillon (1965), la mairie de Pleuville (1965), le bâtiment des Archives départementales des Deux-Sèvres à Niort (1970).

, architecte (attribution par source)
Auteur : S.A. Fillod

Procédé spécifique de construction métallique.

, entrepreneur (attribution par source)
Auteur : Chomette-Lupi et associés Architectes

Agence Ile-de-France, bd Saint-Germain, Paris.

, architecte (attribution par source)
Auteur : Volatron-Daugan, cabinet, architecte (attribution par source)

Le lycée s'élève sur un terrain relativement plat d'environ 6 ha environ, de forme allongée du nord au sud, et bordé du côté ouest par la route départementale 727. Le bâtiment d'administration ouvre directement sur l'espace public à côté de l'entrée réservée aux élèves. L'implantation des divers bâtiments est telle que les bordures des côtés est et ouest sont bâties laissant un vaste espace libre au centre et au sud. La forme des toitures à deux pans galbés et inversés des bâtiments d'administration et du CDI constitue un marqueur fort de cet établissement, dont l'architecteur semble inspirée par ailleurs du monde maritime : hublots, passerelles, couleur bleue... L'utilisation optimale de la lumière naturelle, notamment dans les couloirs, ainsi que la mise en oeuvre de bois en structure, mais aussi pour les escaliers par exemple, et de brique en parement, ou encore la présence de nombreuses colonnes sont aussi des éléments forts de la reconstruction des années 1995-2010. L'externat et les internats se caractérisent notamment par les grands volumes sur plusieurs niveaux des espaces de distribution, de type rues intérieures, les verrières ménagées dans les toitures apportant la lumière naturelle jusqu'au rez-de-chaussée.

Les ateliers de 1968 sont en pan de métal et parpaing de béton avec charpente métallique. Le toit en bac acier de la partie centrale comprend sept lanterneaux à deux pans en verre pour l'éclairage. Les façades ouest et orientale présentent encore leur mur-rideau d'origine constitué de panneaux en tôle d'acier de 30 centimètres de large, emboutis. L'agrandissement de 1975 est en parpaing de béton avec bac acier en couverture.

L'externat, le CDI, l'extension de 1997 des ateliers, les internats et l'administration sont à poteaux et poutres en béton armé, voiles et parpaings de béton. Une partie du bâtiment d'administration est en structure bois. La charpente du CDI est en bois lamellé collé, celle de l'extension des ateliers en métal, et celle de l'externat en bois. Les couvertures sont en tuile sur la majeure partie des bâtiments à l'exclusion des bâtiments du CDI et de l'administration ainsi que sur l'extension des ateliers en bac acier.

L'externat est une longue barre interrompue aux trois-quarts par le bâtiment du CDI qui en rompt la rectitude. Doté d'un étage carré au nord du CDI, il en présente deux au sud. Il est couvert par des toits en appentis de niveaux différents. A l'intérieur, quatre escaliers tournant à retours avec jour en maçonnerie desservent les étages, ainsi que deux escaliers droits en bois dans le couloir qui permettent l'accès à la galerie sur colonnes. Deux autres escaliers en bois, tournant ceux-là, sont présents dans le CDI pour accéder à la mezzanine sur colonnes de béton qui fractionne l'immense volume largement vitré qui lui est dédié.

Les internats présentent des parties à un étage carré, d'autres à deux et d'autres encore à trois. Des toits à deux pans ou en appentis les couvrent. La façade ouest est animée au-dessus du toit en appentis qui forme l'avant-toit au-devant de l'entrée, par une série de hublots et des petites ouvertures formant bandeau sous la corniche en métal. L'avant-toit, découpé en arc de cercle, repose sur deux colonnes en béton. A l'intérieur, les chambres de trois lits sont regroupées par deux avec une salle d'eau partagée.

Le bâtiment d'administration est en structure bois dans sa partie orientale et en béton dans l'autre partie. Il est doté d'un étage carré en retrait par rapport au rez-de-chaussée du côté ouest. Là, le large débord du toit repose sur des tirants métalliques inclinés qui s'ancrent dans la maçonnerie du rez-de-chaussée, alors que des colonnes précèdent les parois vitrées de l'étage. Les fenêtres sont dotées de pare-soleil en béton. A l'intérieur, un escalier droit central donne accès à l'étage qui présente une double rangée de poteaux métalliques, revêtus de bois à la manière de colonnes galbées, qui supportent les sablières centrales de la charpente du toit aux pentes inversées.

Le bâtiment de demi-pension, en rez-de-chaussée, conserve vraisemblablement sa structure métallique d'origine à laquelle a été ajoutée une isolation extérieure en pan de métal et panneaux enduits.

La maison des étudiants, en rez-de-chaussée, a reçu un discret décor constitué par la juxtaposition de 16 petits carreaux de faïence, formant un carré bleu à centre jaune apposé à une distance d'environ deux mètres les uns des autres, dans la partie haute des murs de façade. Six de ces mêmes éléments ornent la façade ouest du bâtiment du CDI.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : métal

    Mise en oeuvre : pan de métal

  2. Matériau du gros oeuvre : béton

    Mise en oeuvre : pan de béton armé

  3. Matériau du gros oeuvre : béton

    Mise en oeuvre : parpaing de béton

  4. Matériau du gros oeuvre : bois

Toits
  1. tuile creuse, métal en couverture
Étages

3 étages carrés

Couvrements
  1. charpente en bois apparente charpente métallique apparente
Couvertures
  1. Type de couverture : terrasse

  2. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : pignon couvert

  3. Forme de la couverture : appentis

Escaliers
  1. Emplacement : escalier intérieur

    Forme : escalier tournant à retours avec jour

    Structure : en maçonnerie

  2. Emplacement : escalier intérieur

    Forme : escalier droit

    Structure : en charpente

  3. Forme : escalier tournant

    Structure : en charpente

Autres organes de circulation
  1. ascenseur

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Montmorillon , 72 avenue de l' Europe

Milieu d'implantation: en ville

Cadastre: 2023 AD 531

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