Verrière figurée (baie 0) : l'Arbre de Jessé

France > Nouvelle-Aquitaine > Creuse > Saint-Michel-de-Veisse

La verrière date de 1522, comme le montre la date qu'elle porte. Elle a été réparée à la fin du 16e ou au début du 17e siècle, réfection visible dans les têtes de certains rois et dans celle de Jessé. Par l’abbé Texier, on sait que l’œuvre subit un important remaniement en 1844, pratiqué par « un vitrier peu intelligent » en un temps où les ateliers rompus à ce type d’opération étaient, il est vrai, fort peu nombreux. L’anomalie que constitue l’agencement des bustes de sibylles répartis dans les quatre ajours principaux du tympan pourrait résulter de cette restauration. Le fond bleu sur lequel sont peintes ces figures indique, quoi qu’il en soit, qu’il s’agit d’éléments rapportés et réadaptés. Ces panneaux fragmentaires, qui paraissent contemporains de l’Arbre de Jessé quoique de facture assez différente, peuvent logiquement provenir d’une autre verrière de la chapelle. Si les panneaux modernes des têtes de lancettes, le buste de la Vierge à l’Enfant de la lancette centrale et les deux sibylles supplémentaires qui l’entourent, ont été réalisés au cours de la même campagne, celui qui en avait été chargé n’était pas le simple vitrier que dénonçait l’abbé Texier mais un peintre verrier assez expérimenté, peut-être l’un de ceux qui dirigeaient les premiers ateliers clermontois, Émile Thibaud ou Étienne Thévenot. Une restauration mieux documentée, la principale, a été confiée par l’architecte Darcy en 1917 à Francis Chigot, qui a effacé une partie des traces qu’avaient laissées les précédentes ; Louis et Albert Lacrocq purent à cette occasion examiner l’œuvre en atelier et en nourrirent leurs publications. L’intervention la plus récente date de 1984, la verrière étant à nouveau déposée à Limoges, dans l’Atelier du Vitrail.

Périodes

Principale : 2e quart 16e siècle

Secondaire : limite 16e siècle 17e siècle

Secondaire : 2e quart 19e siècle

Secondaire : 1er quart 20e siècle

Secondaire : 4e quart 20e siècle

Dates

1522, porte la date

1844, daté par source

1917, daté par source

1984, daté par source

Auteurs Auteur : Chigot Francis

Francis Chigot est élève au lycée Gay-Lussac de Limoges, puis à l'École nationale supérieure des arts décoratifs. Il commence à travailler pour les Monuments Historiques en 1917, et continue avec les restaurations d'églises du nord de la France, détruites par les combats de la Première Guerre mondiale. Il meurt en 1960. À la suite de son décès en 1960, les ouvriers de son atelier fondent l'Atelier du Vitrail à Limoges, qui poursuit son œuvre. Il a réalisé de nombreux vitraux parmi lesquels les vitraux de l'opéra de Vichy, de l'église Saint-Pierre de Montluçon, de la gare de Limoges-Bénédictins, de la basilique de la Visitation à Annecy, de l'église de Conques et du prieuré de Million à Paris.

, peintre-verrier, restaurateur (attribution par source)
Auteur : L'Atelier du Vitrail

Créé en octobre 1960 sous la forme d’une Société Coopérative et Participative (SCOP), l’Atelier du Vitrail, successeur du peintre-verrier limougeaud Francis Chigot, perpétue l’aventure du vitrail limousin. L’entreprise a acquis sa notoriété au gré de différentes campagnes de restauration des Monuments Historiques et participe ainsi à la sauvegarde du patrimoine national sous l’égide du Ministère de la Culture. L’activité se diversifie de plus en plus vers la création d’œuvres originales, notamment à destination d’une clientèle privée, explorant les multiples possibilités techniques et créatives du verre, tout en respectant un savoir-faire ancestral. L’atelier du Vitrail conserve la technique traditionnelle du vitrail au plomb (coupe, peinture à la grisaille, gravure à l’acide, émaillage, jaune à l’argent, montage Tiffany), tout en développant des procédés innovants (fusing). Des artistes, salariés de l’entreprise, réalisent eux-mêmes les maquettes et les projets de création.

, peintre-verrier, restaurateur (attribution par source)
Lieux d'exécution

lieu d'exécution

Édifice d'origine : Atelier Chigot

Localisation : Haute-Vienne , Limousin , Limoges

lieu d'exécution

Édifice d'origine : Atelier du Vitrail

Localisation : Haute-Vienne , Limousin , Limoges

Ce vitrail est composé de trois lancettes et d'un tympan à quatre trilobes imbriqués et quatre écoinçons.

Il représente l'Arbre de Jessé. Sur un fond rouge sans peinture :

- Au 1er registre, Jessé endormi, étendu sur toute la largeur des trois lancettes (panneau central moderne, tête refaite vers 1600) ; sous son coude, dans la lancette gauche, une inscription relative à la donation est peinte : MA FEIT FERE FRERE FRANçOIS VIARSAC CHAMBRIER DE CHAMBON, suivie du chronogramme MVXXII (partiellement restituée ; date : pièce restaurée en 1917 d’après l’originale). À droite, dans l’angle inférieur, figuré à petite échelle, le commanditaire agenouillé, tonsuré et vêtu d’une robe violette, François de Viersac, présenté par un saint abbé en coule brune, muni de la crosse, probablement saint François d’Assise représenté sans stigmates ; un phylactère issant de ses mains exprime sa prière à la Vierge : O MATER DEI MEMENTO... Devant lui, son écu armorié, d’argent à six fusées de sable accolées en bande, peint sur des cuirs enroulés et suspendu aux branches de l’arbre ; en symétrie, au registre inférieur de la lancette gauche, l’écu de la famille d’Aubusson, d’or à la croix ancrée de gueules (d’authenticité douteuse).

Plus haut, les douze rois en buste, émergent de corolles multicolores, répartis sans symétrie exacte.

- Au 2e registre, de part et d’autre de la souche de l’arbre, à gauche, DAVID R[EX] (tête restaurée vers 1600), à droite ROBOAM R. de profil.

- Au 3e registre à gauche, SALOMON R. (tête ancienne, ensemble du panneau très restauré en 1984) ; au centre, ABIAS R. (obscurci), et à droite PHARES.

- Au-dessus 4e registre à gauche, IOHATAN R. (manche restaurée à gauche). Au centre, MANASSES R., et ASSA R., jeune homme imberbe, aux longues manches roses à crevés pendant de part et d’autre.

- Au registre supérieur à gauche, OSIAS R. (les feuilles vertes sont peintes au jaune d’argent sur son chapeau bleu clair) et son voisin .. IORAN (restauré vers 1600, peinture de facture plus grossière, comme celle des têtes de David et de Jessé ; désordres subsistant dans le buste). À droite, AMON (tête moderne, de bonne facture, 1917) et IECANIAS R. (peu restauré). Au centre, la Vierge à l’Enfant est présentée dans une mandorle de feuilles de laurier ornées de fleurs blanches (panneau inférieur d’origine : robe damassée d’or, fond rouge, mandorle verte ; panneau supérieur formant la tête de lancette, restitué, sans doute en 1844). Les têtes de lancettes latérales contiennent, sur fond bleu, deux bustes de sibylles modernes, dotées d’attributs mal définis (1844 ?).

Au tympan : dans les panneaux des trilobes retaillés pour entrer dans ces ajours (vers 1844 ou dès le 17e-18e sièles ?), les fragments de quatre figures féminines exécutées à partir de deux cartons différents, originaires d’une verrière à fond bleu qui réunissait les sibylles d’après les attributs authentiques qui accompagnent deux d’entre elles (1520-1525 d’après le style des costumes). À gauche, la sibylle Delphique tenant la couronne d’épines, figurée de profil, une tresse prise dans son atour de tête, vêtue d’une robe à corsage rouge et jupe rose, au décolleté carré et à la ceinture nouée (panneau bien conservé, avec ses pièces de fond). Au centre, une autre sibylle de profil, tirée du même modèle graphique, coiffée et vêtue à l’identique, tenant un fer de lance (attribut moderne ainsi que les pièces voisines du fond). À droite, la sibylle Phrygienne tenant la colonne de la Flagellation, figurée de trois-quarts face, les cheveux épars teintés de jaune d’argent, en robe rouge aux manches retenues par un bourrelet à crevés (visage corrodé ; fond complété). En haut, d’après le même carton que la précédente, une sibylle à l’attribut indistinct – dans laquelle Albert Lacrocq crut reconnaître l’Hellespontique tenant la croix - (fond complété à droite). Les écoinçons contiennent du verre vert non peint.

Catégories

vitrail

Structures
  1. lancette, polylobé, 3, en arc brisé
  2. jour de réseau, polylobé
Matériaux
  1. Matériau principal : verre

    Mise en oeuvre : coloré

    Techniques : peint, grisaille sur verre, jaune d'argent

  2. Matériau principal : plomb

    Mise en oeuvre : réseau

Dimensions
  1. Type de mesure : h

    Valeur : 525

    Unité : cm

  2. Type de mesure : la

    Valeur : 230

    Unité : cm

Iconographie
  1. Caractère général : Arbre de Jessé

  2. Caractère général : homme

    Thèmes : agenouillé

Inscriptions et marques
  • inscription concernant le commanditaire, français, sur l'oeuvre
  • date, sur l'oeuvre
  • inscription concernant l'iconographie, latin, sur l'oeuvre
  • armoiries, sur l'oeuvre

Inscription concernant le commanditaire, en bas à gauche : "MA FEIT FERE FRERE FRANçOIS VIARSAC CHAMBRIER DE CHAMBON", suivie du chronogramme : "MVXXII".

Armoiries : écu armorié de François de Viersac, suspendu aux branches de l'arbre en bas à droite, d’argent à six fusées de sable accolées en bande, peint sur des cuirs enroulés ; écu armorié de la famille d’Aubusson, suspendu aux branches de l'arbre en bas à gauche, d’or à la croix ancrée de gueules, dont l'authenticité est douteuse.

Inscriptions concernant l'iconographie : "O MATER DEI MEMENTO..." dans le phylactère tenu par saint François d'Assises (?) en bas à droite ; et "DAVID R[EX]", "ROBOAM R.", "SALOMON R.", "ABIAS R.", "PHARES", "IOHATAN R.", "MANASSES R.", "ASSA R.", "OSIAS R.", "[...]IORAN", "AMON", "IECANIAS R." dans les différents phylactères.

État de conservation
  • oeuvre restaurée
  • grillage de protection
  • plombs de casse
  • oeuvre recomposée

Seul le tympan de cette verrière a été recomposé.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Creuse , Saint-Michel-de-Veisse

Milieu d'implantation: en village

Lieu-dit/quartier: La Chapelle

Cadastre: 2014 AS 01 81

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