Ecole primaire de garçons et mairie, puis bureau de poste, actuellement maison

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Saint-Jean-de-Liversay

Ce bâtiment a abrité la mairie et l'école de garçons puis le bureau de poste. L'école de garçons résulte, comme celles des filles, d'une fondation réalisée par testament le 23 avril 1739 par l'ancien curé René Ayrault (1657-1742) (il a officié de 1686 à 1738) en faveur des pauvres de la paroisse. Par cet acte, le curé Ayrault donne à la paroisse la cabane de Prétebeau et ses revenus, ainsi que de l'argent pour la création d'une école de filles et l'achat ou la construction d'une maison devant abriter une école de garçons et un maître d'école, "afin qu'il enseigne les pauvres pour rien, qui sont en grand nombre, et que les autres paient moins qu'ils ne feraient s'il n'y avait point de fondation". Ainsi créée probablement dès les années 1740, l'école de garçons, comme celle des filles, est gérée, grâce au don du curé Ayrault, par la paroisse puis, au 19e siècle, par le bureau de bienfaisance communal.

L'école de garçons apparaît à cet endroit sur le plan cadastral de 1811, entre un jardin au nord et le cimetière, qui recouvrait alors la place, au sud. Il semble qu'à la même époque, la mairie soit logée dans un petit habitant jouxtant l'église (devenu ensuite prison puis chaufferie, à droite de la porte ouest de l'église). En 1842, l'école est dans un état de dégradation et d'insalubrité avancés, malgré les relances faites par la commune au bureau de bienfaisance. Le 27 décembre 1843, le conseil municipal refuse pourtant de participer aux travaux envisagés par le bureau de bienfaisance, estimant que c'est du seul ressort de celui-ci. Tout juste consent-il à payer le salaire de l'instituteur et à céder une bande de terrain à prendre sur le cimetière qui va être transféré de la place de l'église au nord du bourg. Mais cette cession est accordée à la condition que les enfant de la commune auront accès à l'école à perpétuité. Les 25 janvier et 15 septembre 1844, M. Viaud, architecte, présente un devis et un devis complémentaire pour reconstruire et agrandir l'école, avec création au rez-de-chaussée d'une grande salle de classe à l'est et d'un logement pour l'instituteur à l'ouest, et à l'étage d'un dortoir pour dix pensionnaires. Suivant adjudication du 24 mars 1844, les travaux sont réalisés par Joseph Pouvreau, menuisier à Saint-Jean-de-Liversay.

Mais dès 1845, les services de l'Etat constatent que, bien que reconstruite, l'école reste insuffisante : la cour, au sud, doit être plus nettement séparée de l'ancien cimetière à l'aide d'un mur de clôture ; un préau couvert ainsi que des servitudes pour l'instituteur doivent aussi être construits. Avant d'obtenir l'aval de l'Etat, la municipalité engage de premiers travaux, ce qui lui vaut les remontrances de la préfecture, amoindries sur intervention du baron Pierre Martin de Chassiron, très investi dans l'aménagement des marais de la région. Présenté en 1847, un nouveau projet de reconstruction et d'agrandissement se heurte au fait que le cimetière n'a été fermé que deux ans auparavant ; or la réglementation impose de ne pas réutiliser son emplacement avant cinq ans, ce qui empêche tout empiètement sur son ancien périmètre. Un compromis est finalement trouvé : l'extension sera pratiquée sur la cour de récréation au sud, laquelle occupe une portion du cimetière qui n'était déjà plus utilisée depuis trente ans. Suivant un projet de l'agent-voyer cantonal secondaire, le projet, approuvé par le conseil municipal le 9 août 1849, est mis en oeuvre en 1850. Il incorpore la mairie à l'école, laquelle mairie quitte donc son ancien local jouxtant l'église.

D'autres travaux sont menés à l'école de garçons (aménagement d'une salle de classe et d'un hangar-préau) en avril 1856, sous la direction d'Achille Fragneau, agent voyer à Courçon (qui vient aussi d'oeuvrer à la reconstruction de l'école de filles). Au terme de tous ces travaux, au corps de bâtiment principal en fond de cour (qui comprend une salle de classe à l'est et le logement de l'instituteur à l'ouest), s'ajoutent désormais deux ailes en retour d'équerre : un préau à l'ouest, des communs à l'est. Une seconde classe est créée en 1878 et on aménage alors une partie de l'aile est pour la recevoir. Elle est transformée en école enfantine (ou maternelle) en 1910 de manière à soulager l'école des filles, aux effectifs trop importants. Un garage lui succèdera par la suite dans cette même aile est.

En 1923, la mairie quitte les lieux pour s'installer dans ses locaux actuels. Les pièces qu'elle occupait sont réutilisées en salle de musique. L'école déménage à son tour en 1958 pour s'établir dans le nouveau groupe scolaire. Il est alors décidé de réutiliser le bâtiment ainsi libéré en bureau de poste (jusque là établi dans une maison louée, 27 rue Saint-Jean), plutôt que de réaménager l'ancienne halle. C'est chose faite en 1959-1960, suivant les plans dressés le 6 février 1959 par Jean Osten, architecte à La Rochelle. Après la mort de celui-ci, survenue en 1960, les travaux sont dirigés par Jean Salmas. Outre le réaménagement intérieur, l'opération consiste à reculer le mur pignon est de façon à respecter l'alignement de la rue. La poste restera là jusqu'en 2016, avant qu'une agence postale soit installée à l'ouest, de l'autre côté de la rue. Depuis, l'ancienne école-mairie puis bureau de poste sert de logements.

Périodes

Principale : milieu 19e siècle

Dates

1850, daté par source

1856, daté par source

Auteurs Auteur : Fragneau Achille

Agent voyer à Courçon (Charente-Maritime) au milieu du 19e siècle.

, agent voyer (attribution par source)
Auteur : Osten, architecte (attribution par source)

L'ancienne école est située au coeur du bourg, près de la mairie et de la place de l'église. Son ancienne cour, devenue parking, est intégrée au reste de la place. L'ancienne école puis bureau de poste comprend un corps principal de bâtiment et, en retour d'équerre à l'ouest, une aile composée d'une remise et d'un préau (une seconde se trouvait à l'est). Le corps principal de bâtiment, à un étage, est couvert d'un toit à croupes. Sa façade, marquée par un bandeau d'appui, présente quatre travées d'ouvertures, sans autre élément de décor particulier. Le préau, à l'extrémité de l'aile ouest, présente sa façade sur le mur pignon, couronné par un large fronton mouluré.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit

Toits
  1. tuile creuse
Étages

1 étage carré

Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

    Partie de toit : croupe

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Saint-Jean-de-Liversay , 2 rue du Vanneau

Milieu d'implantation: en village

Lieu-dit/quartier: Bourg

Cadastre: 1811 B 932 et 933, 2019 OB 2200

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